Édition du
22 May 2019

Que faire maintenant?

Tahar SI SERIR

Dans l’histoire des révolutions internes toute victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite, car elle est momentanée. Donc, dans notre cas la révolution pacifique est la seule transition efficace car le pouvoir algérien est comme un virus, il préfère évoluer dans les milieux malsains pour faire profit et cacher tout, il maîtrise parfaitement la politique de la violence c’est son climat préféré pour rester le plus longtemps au pouvoir.

Aujourd’hui, la nouvelle politique des oligarques consiste à privatiser les profits pour faire profiter la mafia au pouvoir et leurs ami(e)s et socialiser les pertes, la misère, les échecs, les souffrances, les difficultés et les sacrifices dans un esprit de vengeance envers, leur premier ennemi, à savoir le peuple.

Donc, s’indigner ne suffit plus, on doit se montrer déterminés à mettre un terme à la dictature et instaurer un Etat de droit pour nous, pour nos enfants et pour les générations à venir. Dans toutes les révolutions les événements, les slogans, les mots d’ordre, les discours et les chants structurent un langage nouveau, pour une politique différente, un langage révolutionnaire. A cet égard, pour donner un nouveau souffle au mouvement, une phrase connue, remonte à chaque étape cruciale à la surface, pour ramener les militants à la réflexion, c’est la fameuse question « que faire maintenant » ?

Aujourd’hui, le peuple algérien n’a personne en qui espérer, personne sur qui compter, hormis lui-même. En effet, personne ne délivrera l’algérien de la misère s’il ne casse pas les chaines de la dictature et se délivre lui-même. Les citoyens doivent créer un véritable rapport de force et l’utiliser pour que toutes les chaînes tombent, toutes et à jamais. Et pour se libérer de cette dictature, les algériens doivent se rassembler dans tout le pays, s’unir et réfléchir ensemble pour trouver un dénominateur commun.

En effet, Agir ensemble pour le bien commun est un élément phare dans toutes les révoltes car « Quand on ne veut rien pour soi-même on est bien fort » disait un célèbre écrivain, poète et philosophe suisse Henri-Frédéric Amiel. C’est pourquoi notre combat quotidien vise à débarrasser notre peuple de ceux qu’ils l’ont toujours volé, écrasé, exploité, méprisé, bâillonné. Honte à ceux qui maltraitent leur peuple !

Une lutte pour :

Le droit du peuple à disposer de lui-même.

La démocratie et les droits de la personne humaine.

Le développement économique et la justice sociale.

Mettre fin au système des généraux.

Une assemblée constituante qui mettra en place la première vraie constitution algérienne.

L’instauration d’un Etat dont lequel la puissance publique est soumise au droit (L’État de droit).

Nous militants révolutionnaires, nous savons tous que l’occident se rangera inévitablement au côté de la dictature jusqu’à la perte totale du pouvoir. Aujourd’hui, on doit se mettre debout nous-mêmes, c’est tout ce qui nous reste pour lutter contre le néocolonialisme, le moment est venu pour mettre fin au système mafieux car l’irréparable s’entasse depuis un bout de temps et le peuple ne choisit rien mais il subit tout et tout le temps.

Nous savons aussi que les opportunistes, les égoïstes et les lâches se rangeront au côté des oligarques et se mettront contre le peuple dès que seront satisfaits leurs intérêts mesquins et égoïstes. Seul le peuple est capable d’aller avec fermeté et sans recule jusqu’au bout. Car il va bien au-delà de la révolution pour un changement démocratique.

C’est pourquoi le peuple doit être aussi un acteur et au premier rang pour mettre en place et défendre la deuxième république. Pour aller jusqu’au bout d’une façon conséquente, notre mouvement démocratique doit s’appuyer sur la force des militants déterminés car c’est la seule force capable de paralyser l’inconséquence inévitable de la mafia en place.

La révolution que traverse l’Algérie est une révolution populaire. Un conflit irréductible oppose les intérêts du peuple et ceux de la poignée des sous-traitants qui composent et soutiennent la mafia en place. Un pseudo-opposant, par son essence sociale, ne peut manquer d’exprimer la volonté de défendre les oligarques et mettre en place des moyens pour les protéger. Donc, Il est absurde de confondre les objectifs et les conditions d’une révolution populaire intelligente, résolue et pacifique avec ceux d’un changement de façade.

Ces deux luttes sont différentes, rappelez-vous, tant par leur caractère que par la composition des forces sociales participantes. Déjà l’algérien ne peut plus ne pas voir que ce qui l’opprime, c’est le Système en place, qu’il faut lutter contre ce système. Pour vaincre, pour créer et consolider les conditions de la lutte, le peuple doit accomplir une double tâche.

Premièrement, entraîner par l’héroïsme indéfectible de sa lutte révolutionnaire contre la mafia au pouvoir les masses populaires et des exploités, l’organiser, la diriger pour mettre fin à la dictature.

Deuxièmement, mener à sa suite la masse populaire, dans la voie de la nouvelle construction économique, de l’établissement des relations sociales nouvelles, d’une nouvelle discipline de travail, d’un Etat de droit, de la liberté de la presse, des libertés individuelles et collectives, le droit d’avoir des droits, une Algérie forte, une Algérie moderne etc.


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8 Commentaires sur cet article

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  • Meriem
    20 février 2019 at 17 h 15 min - Reply

    vous ecrivez « Dans l’histoire des révolutions internes toute victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite » Mais leur victoire a eux a été obtenu en 1962 soit plus de 50 ans et elle dure toujours, qu en dites vous?

    5
  • Si serir
    20 février 2019 at 23 h 18 min - Reply

    Merci pour l’article vous avez tous dite

    5
  • mohamed
    21 février 2019 at 0 h 48 min - Reply

    Le temps n’est plus à la palabre mais à l’action !

    La question n’est plus « quoi faire » mais « comment faire » !

    On est plus au stade de la réflexion mais à la concrétisation.

    7
  • Kamal Mammar
    21 février 2019 at 9 h 59 min - Reply

    une tres bonne analyse et un appel de coeur de la part d’un militant sincere et loyal.

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  • tarak
    21 février 2019 at 19 h 44 min - Reply

    On doit faire comme les iraniens avec leur Chah en 1978, manifestations pacifiques jusqu’à la fuite de tous les malfaiteurs vers leur pays la France.

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  • Dria
    21 février 2019 at 19 h 52 min - Reply

    Maintenant il faut agir, du moment que la marmite mijote à petit feu et qu’on commence à sentir une bonne odeur qui se dégage. Cependant, il faut se méfier de ceux qui veulent renverser la table, le peuple ne voulant plus d’eux comme des serveurs ou des serviteurs.
    Dans ce menu qui va osé encore prendre du Boutef, ça fait vingt ans qu’on nous le force et à toutes les sauces. Bref, c’est pas encore gagner donc demain le 22 on vous invite à notre table. Il faut se présenter et montrer que nous avons chacun sa cuillère, on ne veut plus faire de « jeune » alors que la table est « garni ». L’essentiel c’est de préserver « la table » et de l’embellir et se méfier de ceux qui veulent gâcher la fête.

    Que faut il faire maintenant? Personnellement, j’étais contre la tenu d’élection dans des condition pareil, absence de justice, risque de fraude majeur, candidature du cadre sois disant en dernière minutes alors que c’était leur plan …Nous présenter la momie puis le discréditer en dernière minutes pour raison de santé et laisser leur poulain candidat prendre le relais nous faire sortir leur poulain, un autre militaire plus jeune et en bonne santé. « فمكروا و مكر الله و الله خير الماكرين ». Les vents semblent prendre une autre tournure avec deux candidats que le peuple à apprivoiser d’une façon intuitive GHANI Mehdi et surtout Rachid NEGGAZ qui des BUZZ et rassemble des marées humaines la ou il passent. GHEDIRI le peuple ne l’a pas vu ni entendu avant ces élections, alors vouloir en faire un martyr avant meme que la campagne ne débute, c’est poussé le bouchon un peu loin, BENFLIS on connait on a déja déja vu on veut du neuf…..

    Que faut il faire maintenant, il faut descendre demain marcher pacifiquement et faire attention aux « perturbateurs » et « casseurs » les « baltagia » des services et des recrues qui ne seront pas payer au « cachir » mais recevront des sommes conséquentes, entre autres les fidéles de « tliba » et les agents de « tartag » et « said » qui seront en mission pour foutre la pagaille…donc il faut sortir , il faut marcher et surtout veillez à ce qu’il n ‘y est aucun dérapage…Marchons c’est déjà un début, brisons le mur de la peur et laissons les idolâtres du « Cadre » et de la « Chita » songer à préparer leurs valises et compter leur devises.

    Mais maintenant que les plans des tenants du pouvoir semble vaciller, il faut maintenir la pression, nous sommes sur la bonne voie.
    maintenant que nous savons ce qu’il faut faire , faisons le bien et dans les regles de l’art…
    ARKAB POUR UNE FOIS MATESKUTCH, IL NE RESTE PAS BEAUCOUP DE CHEMIN A FAIRE…

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  • wahid
    21 février 2019 at 20 h 44 min - Reply

    Les Algériens doivent comprendre à leur dépens que ce système politique qui dure depuis 1958 ne doit pas prolonger le drame du pays.

    Devant ce déni de droit – la liberté aux Algériens d’élire ceux qui les gouvernent- injuste et similaire a l’attitude de la gouvernance de la France coloniale de 1832-1962, ne peut mener que vers un scénario dramatique pour changer radicalement de système de gouvernance.

    Un scénario catastrophique à défaut d’une opposition forte et unie, la révolte serait le seul et unique moyen d’arracher le droit de choisir ceux et celles qui méritent la confiance de gérer la chose politique et la demeure des Algériens, c’est de la rue que nous allons voir venir le changement, et c’est résolument elle qui aura la charge de changer les rapports de forces, ces corrompus corrupteurs, insoucieux et irresponsables poussent vers une confrontation inévitable entre le peuple, les forces de sécurité et les militaires.

    Espérant que ce scénario catastrophique ne dure pas longtemps, que ce régime ne résiste pas longtemps et ira vers sa chute sans trop de pertes humaines.

    Que diable les emportent droit vers l’enfer.

    In cha alah

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  • Dria
    22 février 2019 at 21 h 31 min - Reply

    Votre texte a été publié en article. Merci.

  • Congrès du Changement Démocratique