Édition du
22 May 2019

Un vent de liberté souffle sur l’Algérie!

Le peuple a reconquis ses droits à l’autodétermination en ce grand jour de 22 février, en déjouant les pronostics de ceux qui veulent le retenir en otage. Il a choisi la rue et l’a dit à voix haute et de façon pacifique : «Non au cinquième mandat». Par ce message clair, solennel et laconique, les Algériens ont prouvé au monde entier qu’ils sont mûrs au changement et qu’ils peuvent relever eux-mêmes le défi de la démocratisation de leur pays. Le cri de la jeunesse est si fort et si pacifique que les forces de répression ont reculé.

Qui l’eût cru? Il y a quelques semaines seulement, le cortège des thuriféraires du clan présidentiel : partis-godillots, syndicats et organisations estudiantines parasites, personnalités fantoches à la solde des rentiers mafieux s’est emballé, en tablant sur la reconduction au forceps le 18 avril prochain d’un système «gérontocratique» et en se préparent même à garder le cap jusqu’au 2024. Erreur dans le casting dans la mesure où le niet est catégorique. Il vient des tréfonds d’une société fatiguée par tant d’années de corruption, de prédation des biens publics, d’injustice sociale et d’incurie. Plus qui est, dégoûtée par un pouvoir atone et grabataire. Cela est d’autant plus frustrant et explosif pour elle, que le haut magistrat du pays, en l’occurrence Bouteflika ne lui a pas adressé la parole depuis au moins sept ans, soit depuis son fameux discours  «Tab djenanou» à Sétif, où il a promis une alternance au pouvoir, jamais suivie d’effets. C’est énorme! Des jeunes de toutes les régions d’Algérie et de toutes tranches d’âge, des hommes, des femmes, des enfants, des vieux sont descendus à Annaba, à Tébessa,  à Relizane, à Béjaia, à Oran, à Tlemcen et partout ailleurs sur le territoire national avec des slogans hostiles à ceux qui les dirigent, hostiles à la manipulation de leurs voix, à la patrimonialisation familiale du pouvoir, à la mascarade qui se joue sous leurs yeux. Jamais il n’y a eu un tel consensus en Algérie, une telle fédération de forces, un tel engouement pour l’action collective depuis la révolution de novembre 1954.

C’est une manifestation historique qui restera, sans doute, à jamais dans les annales et les archives des conquêtes démocratiques de notre pays. La combine des rentiers est déverrouillée et les dés sont jetés : pas de système par procuration. C’est le peuple qui décide et décidera de son sort. Les semaines à venir seront, sans aucun doute, décisives pour les Algériens et l’institution militaire, jusque-là soutien indéfectible du candidat Bouteflika, devrait assumer ses missions et surtout ses responsabilités devant l’histoire. En tout cas, quelque soit la réaction des pouvoirs publics à ce déferlement populaire inédit, la révolution pacifique des Algériens est en marche, et personne ne peut l’arrêter.

Kamal Guerroua


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4 Commentaires sur cet article

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  • lyes Laribi
    26 février 2019 at 23 h 06 min - Reply

    Oui un vent de liberté souffle sur l’Algérie et il est soufflé par tout son peuple. Le vendredi appartient à tous les Algériens et pas seulement à ceux qui croient qu’ils ont un mandat divin. Cela même qui pendant des décennies proposent leurs services en jouant à la prostitution politique. Alors, chères prostituées laisser le peuple tranquille car sa voie à travers ses voix est toute autre que la vôtre.

    6
  • promo
    27 février 2019 at 10 h 12 min - Reply

    Qui l’eût cru?! vous nous preniez pour des idiots?! Méfiez toi »vous » de l’eau qui dort »! ce n’est que le début, cette révolution elle et celle du peuple tous le peuple algérien…

    3
  • Dziri
    28 février 2019 at 14 h 45 min - Reply

    J’espère que ce vent ne se détournera pas contre nous! Sinon, ce sera la catastrophe pour le pays et la population.

    1
    • Dria
      28 février 2019 at 16 h 23 min - Reply

      Cher compatriote, il ne faut surtout pas laisser le doute s’installer dans un moment pareil. C’est ce type de raisonnement qui nous a laisser pantois et général des inhibitions durant un demi siècle,

      Il faut agir, il ya une injustice, une Hogra que seule les Algériens connaissent et c’est à eux seuls de relever le défi. On ne peut inviter des chinois ou des étranger pour le faire a notre place.

      Et entre nous, si nous sommes solidaires déterminés et unis , je ne vois pas ce que peuvent faire les vents en se retournant contre nous. Ya pas pire que le vent de la Hogra, alors on est prêt a affronter tous types de vent. Au pire, ca passe ou ça casse de plus choisir entre mourir par la qunta de l’injustice ou essayer de briser le mur de la peur et instaurer un changement, j’opterais pour le second.

      Notre mouvement est pacifique, nos revendications sont justes , la catstrophe pour le pays et pour la population y est déjà , on essaye de sauver ce qu ‘il ta a sauver. Alors vive le vent de la liberté et il ne peut tourner que positivement pour nous.
      Alors a demain vendredi qu’il pleuve qu’il vente nous marcherons et  » dés que le vent tournera Je repartira
      Dès que les vents tourneront
      Nous nous en aillerons »
      ARKAB ATKAL 3LA RABI U MATKHACH ERIH.

    Congrès du Changement Démocratique