Édition du
24 May 2019

LES VENDREDIS DE LA DISSIDENCE

Jour de repos, le Vendredi est celui de la piété pour les musulmans. En ce jour, les fidèles se retrouvent à la mosquée pour la prière collective hebdomadaire.

Depuis 1962 et à l’image des Etats post-indépendance, le régime algérien a multiplié la construction des mosquées. Au fil des années, ces espaces ont été utilisés politiquement pour pervertir le religieux. Réduit à de la religiosité populiste, le religieux a été l’instrument de propagation d’un discours idéologique aliénant.

Ainsi, une rivalité mimétique entre les tenants du pouvoir et les porteurs de cette religiosité a été mutuellement nourrie.

Cette instrumentalisation du religieux a servi au régime d’alibi pour s’assurer une impunité couverte par l’espace « françalgérie » quant à la guerre contre les civils qu’il a menée durant les années 1990. La violence de cette « sale guerre » a détruit en profondeur des segments entiers de la société algérienne. L’ampleur des dégâts a été telle que rares étaient celles et ceux qui croyaient le peuple capable d’un sursaut Seulement, depuis le 22 février dernier, le peuple algérien a ouvert une nouvelle page de l’histoire récente du pays.

Et pour cause ! Les vendredi du repos et de la piété sont devenus ceux d’une dissidence citoyenne, nationale et pacifique. Après la prière du Vendredi, algériennes et algériens, pratiquants et non-pratiquants, croyants musulmans, fidèles d’autres croyances, agnostiques et non-croyants se retrouvent dans la rue pour un seul objectif : signifier au régime la fin de son mandat ininterrompu depuis le crime fondateur dont a été victime Abane Ramdane et la conspiration contre les résolutions de la Soummam, notamment, celles de la primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur. Un mouvement de sécularisation semble ainsi traverser en profondeur la société algérienne. Ce mouvement est porteur d’espoir autant que la situation actuelle que traverse le pays recèle beaucoup d’inquiétude. Mieux encore, le peuple algérien est entrain de faire de ses malheurs et de ses traumatismes des sources de libération. Ainsi, sa résilience rend possible la métamorphose démocratique en Algérie.

Le régime peut faire dans le chantage au terrorisme. Il peut multiplier les provocations, les tentatives de désinformation, de manipulation, de diversion de division…Il peut faire le procès du politique, ses décideurs sont discrédités, son discours est désuet et ses pratiques,caduques. La société algérienne semble avoir identifié en elle des sources de pouvoir. De ces sources, il lui appartient de tirer les instruments de construction d’un leadership populaire à même de lui permettre d’exercer sa souveraineté. Certes, le chemin est encore long. Il est également parsemé d’embûches. Seulement, une chose est sûre : une nouvelle Algérie est entrain de naître. Cette Algérie, nous avons le devoir historique de lui offrir la beauté d’une nation diverse et plurielle, d’un Etat de droit, d’une gouvernance saine et d’une citoyenneté ouverte sur l’espace nord-africain et l’espace méditerranéen.
Hacène LOUCIF.


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4 Commentaires sur cet article

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  • ammou
    1 mars 2019 at 12 h 28 min - Reply

    nansourou allah yansorna wa yansorna ala aadaaina wa aadaa al djazair allah akbar djazair horra moustaquila democratia wa naziha yahya chaab wa tahya djazair la main dans la main yad fi lyad anasre an karib in chaallah bientot la victoire

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  • Ali Verin
    1 mars 2019 at 12 h 39 min - Reply

    « algériennes et algériens, pratiquants et non-pratiquants, croyants musulmans, fidèles d’autres croyances, agnostiques et non-croyants se retrouvent dans la rue pour un seul objectif » – très bien dit. La pression populaire doit continuer jusqu’au 19 Avril et au-delà pour sauver l’Algérie de la clique gouvernementale qui s’est arrogé, au service du néocolonialisme des puissances orientales aussi bien qu’occidentales, le droit de remplacer la volonté de tout un peuple, derrière l’image d’un pauvre vieillard qui n’exite vraiment plus. COMMENT MAINTENIR CETTE PRESSION? COMMENT EVITER LA MAIN-MISE DES PARTIS FOURBUS ET DES INFLUENCES ETRANGERES?
    Je crois que les différentes tendances de la Presse Algérienne a la possibilité de créer un centre cohérent de contestation unifiée et représentative de la volonté populaire.

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  • Dria
    1 mars 2019 at 19 h 23 min - Reply

    Le Peuple 2 – la Mafia 0

    Pour ceux qui doutais du mouvement, la lecture et la tournure des évènements ne peut être que positive. Le peuple est sorti une nouvelle fois, des Hommes et surtout des Femmes et des enfants qui ont pris part massivement à la fête en ce vendredi béni.

    J’ai pris le risque de prendre avec moi mon fils de huit ans. Une leçon pour braver la peur et briser son mur à jamais. Yahia saura un jour qu’il avait participer a l’écriture d’une nouvelle page de l’Algérie contemporaine. Certes, les retombées de ce mouvement même si elle ne seront pas immédiates, profitera plus a sa génération qu’à la notre. Au moins, il sera fier de son père et de ses aînés, comme on fut fière de nos parents et de nos chouhaddas.

    Notre peuple doit oublier et effacer la bande de voyous qui a pris le pays en otage depuis deux décennies en utilisant la mémoire des chouhaddas et de leur parti le FLN historique.

    Le combat continu, il faut remettre les pendules a l’heure، rattrapper le retards , redonner espoir et surtout affronter des vérités historiques, choisir un nouveau mode de gouvernance. Il ne faut surtout pas crier victoire , même si s’en est une. La vigilance est de mise, n’oublion pas l’exemple égyptien et le retour de Sissi en moins d’une année.

    Le 5 ème mandat n’aura pas lieu, il vient d’être enterré aujourd’hui 01 mars. Ceux qui veulent marcher demain 02 mars qu’ils le fassent. Ils peuvent recruter même des chinois. Ils ne rivalisent jamais avec la notre. Et ceux qui attendent dimanche 03 mars pour valider leur candidature. Devant le rejet du peuple et les dépassements qu’on subi certains candidats et leur mise en résidence surveillée , nous refusons cse scrutin et pour preuve , le peuple à décider d’en faire une journée de désobéissance civile. En attendant une réponse claire des tenants du pouvoir

    Le scrutin ne peut avoir lieu dans des conditions pareil, absence de crédibilité, administration corrompue, des institutions et un gouvernement illigitime.

    Le peuple demande la transparence et une justice indépendante, et surtout l’éviction des voyous et des médiocres avant d’entamer de vraie élections.

    Le combat pacifique continu.

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  • Bettache
    1 mars 2019 at 20 h 58 min - Reply

    Après ce qu’on vu ce jour dans toutes les villes et villages d’Algérie, je pense que Ali Ghediri candidat « le plus crédible » par rapport aux autres candidats devrait ne pas déposer sa candidature officielle le 3 avril 2019 ! Le devenir politique et institutionnel devient plus importants que l’élection présidentielle à présent. Maintenant que le pouvoir est acculé,il faut commencer à réfléchir ensemble et sérieusement à la meilleure manière d’aller vers une constituante, de réfléchir à la transition démocratique et à la construction d’un Etat de droit! j’espère qu’il aura l’intelligence de le faire !

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  • Congrès du Changement Démocratique