Édition du
24 May 2019

Appel d’intellectuels et d’universitaires algériens établis à l’étranger

TSA
07 Mars 2019 à 18:00

Ayant émigré pour des raisons liées à l’histoire, nous, universitaires et intellectuels établis à l’étranger, suivons avec inquiétude l’évolution récente de
la situation politique du pays. Nous appelons les fonctionnaires des forces de l’ordre et les membres de l’armée nationale à être lucides devant les risques qui menacent l’Algérie.

Ni le personnel des forces de sécurité ni la population n’ont intérêt à revivre les affres de la tragédie nationale des années 1990. Les officiers ne doivent jamais oublier qu’ils appartiennent à une armée issue de la valeureuse ALN qui, avec le soutien de son peuple, a défait les forces d’occupation coloniale pour libérer le pays. Une armée n’est pas forte seulement avec la puissance de feu de ses armes ; elle l’est avec le soutien de son peuple. Face à la tourmente qui s’annonce et qu’il faut à tout prix éviter, l’unité de l’ANP est à sauvegarder comme la prunelle des yeux. En même temps, la solidarité de corps ne doit pas prévaloir au prix de tirer sur les civils. Si l’ordre de tirer était donné, il faut se rappeler que les armes de l’ANP auront tiré sur les petits-enfants des glorieux colonels BenBoulaid, Amirouche et Lotfi.

Nous voulons croire que l’armée algérienne n’est ni un corps de janissaires, ni une milice armée au service d’un régime impopulaire. Les officiers de l’armée sont les fiers descendants des maquisards de l’ALN et sont des soldats de la république prêts à défendre leur peuple. Entre Algériens, il n’y a pas d’ennemis que l’armée combattrait. Il y a seulement des divergences idéologiques et politiques au sein de la société qui devraient et pourraient être résolues par le débat libre et l’alternance électorale. Nous appelons nos frères officiers à être à la hauteur de l’éthique de l’honneur de l’ALN et à ne pas être l’instrument de répression des revendications légitimes des jeunes générations pour la construction de l’Etat de droit et de la démocratie.

Signataires :

Lahouari Addi, Professeur émérite, Sciences Po Lyon, France, former fellow at the Institute for Advanced Study, Princeton, Etats-Unis

Rachid Ouaissa, Professeur de science politique, Directeur du Centre d’Etudes sur le Monde Arabe, Université de Marburg, Allemagne

Youcef Nedjadi, chercheur en physique nucléaire à l’université de Lausanne, Suisse, former fellow at University of Oxford, membre de l’Institut de Physique britannique, Grande Bretagne

Hasni Abdi, Global Studies Institute, Université de Genève, directeur du CERMAM, Suisse

Youcef Bouandel, professeur de science politique, Qatar University, Doha, Qatar

Abdelkader Charef, professor of political science, State University of New York, Etats-Unis

Abdelouahab Dahbi, enseignant-chercheur à l’Ecole Polytechnique de Zurich, Suisse

Lakhdar Ghettas, PhD, LSE, Grande Bretagne, Conflict Transformation Advisor, CFG, Suisse,

Kaddour Hadri,  Professeur émérite, Queen's University Belfast, Irelande Haoues Seniguer, maître de conférences à Sciences Po Lyon, France

Abbas Aroua, Privat-Docent, Faculté de Médecine, Université de Lausanne, Suisse

Mohamed Amara, professeur de mathématiques, université de Pau, France

Mohamed Benbaali, Médecin anesthésiste-réanimateur, Languedoc-Roussillon, France

Farida Djelloul, médecin, Haut Fonctionnaire des Nations Unies à la retraite, Suisse

Razika Adnani, philosophe et islamologue, membre du conseil scientifique du Centre civique d’étude du fait religieux (CCEFR), France

Sabrina Zeghiche, doctorante en sociologie à l’Université d’Ottawa, Canada

Ghalya Djelloul, enseignante-chercheure, CISMOC, Université Catholique de Louvain, Belgique

Azzedine Boussekssou, Directeur de recherche au CNRS, Membre de l’Académie des Sciences, Paris, médaille d’argent du CNRS, France

Yacine Chitour,  Professeur, Université Paris Sud, membre senior de l’IUF, France

Nour Meddahi; Professeur, Toulouse School of Economics, fellow de la Econometric Society

Raouf Boucekkine, Professeur, directeur de l'Institut d'Etudes Avancées d’Aix- Marseille (IMéRA), membre senior de l’Institut Univeristaire de France

Tahar Khalfoune, juriste, affilié à l’université Lyon3, France

Abdelakader el Mokhtar, Language Tutor, University of Glasgow, Grande Bretagne

Réda Bensmaia, Professor of Francophone Studies and Comparative Literature, Brown University, Etats-Unis



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4 Commentaires sur cet article

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  • lyes Laribi
    7 mars 2019 at 23 h 34 min - Reply

    C’est mal connaître le régime algérien pour lui de ne plus être criminel. Je n’ai pas à vous rappeler tout ce qu’il a fait subir à ce peuple depuis 62. Être naïf de croire qu’il changera parce qu’il y a des centaines de milliers d’Algériens qui manifestent ce jours-ci dans le pays. Je peux me tromper mais voilà comment je vois la chronologie des évènements les jours à venir :
    1) manifestation de millions d’Algériens demain vendredi
    2) déclaration d’état d’urgence
    3) altercation avec les forces de l’ordre
    4) arrestation de jeunes
    La question que je me pose iront ils jusqu’à ouvrir le feu sur le peuple. Oui, ils sont capables de le faire.
    La révolté basculera t elle vers une révolution. Possible à condition qu’il y ait un leader qui sortira de la masse populaire que personne ne connait où ne s’attend.
    J’espère que vous avez raison de croire dans votre lettre et de me tromper dans mon raisonnement.

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  • benallal
    8 mars 2019 at 12 h 17 min - Reply

    nous saluons nos doctes qui sont en dehors du pays il est vrai que se sont les enfants de l Algérie libre démocratique et fraternelle ils représentent une force sans pareille pour une pérennité il est souhaitable qu ils se constituent en une association de defense des principes de l Algérie moderne libre et démocratique pour faire un + en tant que force dans l échiquier institutionnel démocratique
    je vous remercie et vous souhaite bcoup de réussite vive l Algérie Démocratique et Populaire

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  • lyes Laribi
    8 mars 2019 at 21 h 13 min - Reply

    Erreur : il faut lire:
    1)Pour lui demander de ne plus être criminel
    2) ces jours ci

  • mimi
    24 mars 2019 at 12 h 44 min - Reply

    Comment peut on ajouter son nom a cette petition?

    Merci de me repondre!

  • Congrès du Changement Démocratique