Édition du
23 March 2019

Le Washington Post met en garde contre la répétition du scénario égyptien en Algérie


TSA

Par: Yacine Babouche 14 Mars 2019 à 12:20

Un article publié sur le journal américain le Washington Post ce jeudi a effectué le parallèle entre la situation que vit actuellement l’Algérie avec celle vécue par l’Egypte durant ces dernières années, estimant que « les manifestations et la réaction du régime en Egypte en 2011 peut offrir quelques leçons aux Algériens » et mettant en garde contre la répétition du scénario égyptien en Algérie.

« En Égypte et en Algérie, l’armée est la force la plus puissante dans les coulisses et le degré de centralisation du régime est essentiel pour comprendre la capacité de ces régimes à s’adapter et à surmonter les crises politiques », souligne le Washington Post.

« Comme lors de la période qui a précédé le départ de Hosni Moubarak en Égypte, le ‘’Deep state’’ algérien cherche des moyens de sortir d’une situation précaire. Il tente de donner l’illusion de concessions et une transition qui permettent à ceux qui en font partie de préserver le système et leur place au sein du système », affirme l’article.

« Le rôle dominant de l’armée et des élites politiques et économiques liées signifie que le ‘’Deep state’’ algérien ne disparaîtra pas du jour au lendemain », estime le Washington Post, ajoutant que « les manifestants peuvent éviter deux erreurs clés commises en Egypte ».

« La première, en insistant sur des réformes réelles et en refusant d’être apaisés par le retrait de personnalités du régime. Deuxièmement, en ne quittant pas les rues avant que leurs demandes soient satisfaites », préconise le journal américain.

En Egypte en 2011, « les manifestants avaient réagi avec fureur lorsque Moubarak n’avait pas démissionné durant son discours du 10 février. L’armée, comprenant la volatilité de la situation, finit par retirer son soutien, et le président a démissionné le lendemain. Les manifestants ont quitté la Place Tahrir et sont rentrés chez eux avec la promesse que l’armée mettrait en place un pouvoir civil. Ils s’étaient trompés », rappelle le Post.

« En 2019, le ‘’Deep state’’ égyptien est plus fort que jamais. Le régime d’Abdel Fatah al-Sissi a montré qu’il pouvait grandement s’adapter, et il est souvent décrit maintenant comme ‘’pire que Moubarak’’ », affirme le journal, indiquant que al-Sissi « cherche à prolonger son règne au-delà de ce que permet les amendements de la constitution et qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’en 2034, démantelant le gain ultime de la révolte de 2011, la limite à deux mandats présidentiels ».

« L’annonce de Bouteflika, cette semaine, qu’il ne sera pas candidat à un nouveau mandat, emprunte une pièce du cahier de jeu égyptien », explique le Washington Post.

« En annulant la prochaine élection, l’octogénaire Bouteflika a dans les faits prolongé son mandat présidentiel pour une durée indéterminée, permettant ainsi au pouvoir de mettre en place une transition favorable ne menaçant pas ses intérêts », explique également le journal américain. « La désignation par Bouteflika au poste de Premier ministre de son ministre d’Intérieur Noureddine Bedoui, loyaliste de longue date au régime, est exactement ce que Moubarak a fait lorsqu’il a nommé Ahmed Shafik au poste de Premier ministre durant les manifestations de 2011 », affirme le Post.

« La capacité du régime algérien à s’adapter et survivre cette crise politique est grande. En d’autres termes, un scénario égyptien est très probable. Des concessions seront effectuées et des personnalités majeures du régime seront sacrifiées », affirme le Washington Post.

« Mais la question se pose : le peuple algérien acceptera-t-il cela ? », s’interroge le journal américain, pour qui le pouvoir des manifestants « vient de la présence. Quitter les rues sans résultats concrets signifiera probablement qu’un nouveau Bouteflika viendra et que le pouvoir restera en place », estime le journal américain.

« Les semaines à venir seront critiques pour montrer si les Algériens seront capables d’aller de l’avant ou s’ils se retrouveront avec une révolte avortée comme en Egypte », conclut le Washington Post.


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4 Commentaires sur cet article

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  • elji
    14 mars 2019 at 17 h 34 min - Reply

    Non non les deux situations se distingues! en egypte fut les frères musulmans et d’autres partis démocratique a l’origine des manifs, en Algérie ce n’est pas le cas, c’est le peuple avec un mouvement en particulier de Mahdi  » le premier a descendre sur le terrain » qui ont fait bouger les choses, ce dernier ne possède aucun parti…bon par la suite et après les agression qu’il a eu a tlemcen M.Nekaz a aussi participer dans ce hirak.

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  • Djorf Lakhdar
    14 mars 2019 at 17 h 36 min - Reply

    Pas de jew-state en Algerie ….

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  • Dria
    14 mars 2019 at 19 h 47 min - Reply

    Arrêtons de présenter les américains comme des anges et des donneurs de leçons, ce sont les premiers qui ont reconnu l’intronisation du sanguinaire Sissi et aucun mot sur les assassinats de civil désarmé à Rabe3a. D’ailleurs ils soutiennent à ce jours le régime dictatorial d’Égypte même après des condamnations à mort injuste que les Nazis n’ont pas fait.

    Alors que ce soit le Washington-post ou le New York-Times, ce sont leurs intérêts qui priment avant tout comme nous le rappel Trump avec son fameux « America First ».

    Nous voulant de nouveau dirigeants qui pensent « Algéria First » et un état de droit c’est aussi simple que cela. En rappellant que nous sommes un pays musulman. Alors qu’il nous foutent la paix avec la carte de  » l’islam politique » et « l’Hydre du terrorisme », qu’il essayent de nous coller des qu’on parle de changement, n’ont il pas voulu déstabilisé la Turquie et par la suite la diabolisation d’Erdogan.

    le peuple algérien sait ce qu’il veut، on ne veut Surtout d’ingérence et on ne va pas sombrer dans un état théocratique et user de terrorisme. Il y a « terrorisme d’état » qui sévit dans les pays du tiers-monde et arabo-musulmans surtout. Un terrorisme sous l’égide et le contrôle des service secrets des puissances occidentales.

    Alors Mr messieurs Macron,Trump and Co, sachez que les Algériens n’accepterons plus jamais ces scénari catastrophes que vous brandissez. Des scénari que nos dictateurs arabes appliquent à leur population avec la bénédiction de ces puissances qui ferment l’oeil sur leur mode de gouvernance, dans un seul but , celui de spolier les richesses de ces pays et c’est le cas en Algérie malheureusement, la plaisanterie n’a que trop durée.

    Le seul rempart contre cette hégémonie est le pacifisme des revendications avec l’utilisation des TIC internet et réseau sociaux, pour contrecarrer les désinformations des médias affilé au pouvoir en place et aux media internationaux.

    Alors après le Figaro, le sunday Times les américains prennent le relais, on les comprend, mais il faut bien qu’ils se rendent à l’évidence que ça peut durer éternellement, pacifiquement on y arrivera inch’Allah. Notre cause et juste et notre combat est noble. Certes Y a beaucoup de chemin à faire encore , mais il ne fait point douter de la justesse de notre combat même si le monde entier s’allient avec nos despotes, le peuple algérien finira par vaincre.

    Je marcherais demains avec mes frères et sœurs Algériens, peu importe leur ethnie , leur religion , leur tendance politique, leur couleur de peau, leur langue ou leur dialecte, nous avons le même but , nous aimons le même pays, nous aspirons au même rêve et avenir.

    God Bless Algeria , we trust in Allah et ne me traiter surtout pas de terroriste.

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  • lyes Laribi
    14 mars 2019 at 23 h 49 min - Reply

    À la veille de la grande manifestation, les importateurs de la cocaïne ou plus exactement les narco-terroristes veulent faire couler le sang. Attention cher peuple et soyez vigilants demain. l’Algérie aux Algériens.

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  • Congrès du Changement Démocratique