Édition du
20 April 2019

Les écrivains algériens disciples de BHL et la « Révolution joyeuse »

TSA
Par: Bekhti Ould Abdallah 
24 Mars 2019 

Entretien croisé entre Kamel Daoud et Boualem Sansal Paris le 20/11/2018 Photo François Bouchon / Le Figaro

Chronique livresque. Quel joli pied de nez, vraiment adorable, qu’a fait la Révolution joyeuse, appelons-là ainsi faute de mieux, aux écrivains algériens de là-bas, pas tous, bien sûr, mais bon nombre d’eux

Le premier et non des moindres étant Boualem Sansal. Dans ses écrits et ses interventions médiatiques, le miroir qu’il nous tend est déformant, hideux même : l’Algérien est un impulsif, un nerveux, un cogneur qui cherche la bagarre. Un homme peu fréquentable, peu fiable. Un vaurien qui ne mérite que la bastonnade.

Cette image prisée par les schémas éditoriaux des grandes maisons d’éditions et la presse hexagonale ne voit l’Algérien que sous un angle qui relève d’une vision néocolonialiste. Il faut dire qu’elle fait vendre en assouvissant les bas instincts de tous les nostalgiques de l’Algérie coloniale. Ce que n’ont pas fait naguère les Feraoun, Mammeri, Dib, Kateb, Djebbar et même Roblès et Camus, pourtant français, Sansal l’a commis avec délectation.

On jouit comme on peut. Certains en s’enivrant, d’autres en forniquant, d’autres encore en fumant. Sansal, lui, jouit en vomissant. Même la glorieuse Révolution de Novembre n’a pas échappé à sa rage. Il fait d’elle, que les martyrs lui pardonnent, un repère d’ex-Nazis ! Ce n’est donc que ça Novembre de Ben M’hidi et Boudiaf, un ramassis de nazis ! La bataille d’Alger et ses poseuses de bombes ? De l’héroïsme ? Pftt : terrorisme !

Il ne voit aucune différence entre les héroïques poseuses de bombes et le terroriste qui a semé la mort à Nice en juillet 2016. Les nostalgiques de l’Algérie coloniale ont sablé le champagne durant toute une année. Ils ont trouvé en Sansal leur « bicot », le parfait harki des temps modernes. Un harki cultivé, couvert de prix comme autant de médailles pour ses actes contre ses frères.

Quand l’inquisiteur de Cologne découvre l’Algérien

Kamel Daoud qui slalome sur le même territoire éditorial que Sansal a dû être étonné par cette révolution souriante de musulmans où il n’y a ni viols ni violence. Il vante son pacifisme et son civisme alors qu’hier, seulement il poussait, à la suite de « La nuit de Cologne », des cris d’inquisiteur contre tous les musulmans, tous des violeurs en puissance qui pour être fréquentables devraient subir d’abord des cures de désintoxication sexuelle. Une race de dégénérés, quoi.

L’enquête de la justice allemande prouvera par la suite que les pauvres diables de musulmans n’y sont pour rien. Rien que des boucs émissaires. Et tout ça n’était que manipulation sur fond de xénophobie ! Daoud est tombé dans le panneau. Il n’en est pas ressorti. On n’a pas entendu un mot d’excuse de sa part. Il a jeté l’opprobre sur tous les musulmans comme l’aurait fait son gourou BHL sans s’interroger un seul instant sur les différences qu’il pourrait y avoir entre un extrémiste de Daech et un Algérien lambda qui pratique l’islam de son père, son père à lui, le défunt Daoud.

Daoud n’a cure des nuances. Pour lui, le musulman est coupable dès la naissance, coupable de pratiquer une religion qui n’est pas agréée par les milieux intellectuels qui font l’opinion en France et qui peuvent briser d’un coup les réputations les plus établies.

Taper sur les musulmans est un sport facile qui rapporte gros. Chiche : qu’il tape sur Israël, par exemple, et on verra le sort qui lui sera fait. Il ne gagnera plus aucun prix, aucun média ne lui ouvrira ses colonnes. Il finira pestiféré, mis au banc de la société française. Il redeviendra l’arabe, le musulman. Il redeviendra ce qu’il a lui-même écrit sur ceux de sa race. Il faut un vrai courage et des convictions fortes pour s’opposer aux tenants de la pensée dominante. Daoud doit tout à ces penseurs. Il doit donc continuer à faire ce qu’eux pensent. Pensent à sa place.

En vérité, la vision de Sansal et de Daoud est héritée du « primitivisme », la doctrine des psychiatres de l’école d’Alger, comme le rappelle Alice Cherki : « Selon cette doctrine, les indigènes nord-africains se caractérisent par un développement psychique primitif : leur vie psychique est dominée par les instincts et fait peu appel aux facultés mentales les plus développées. Abouliques, ils manquent de curiosité intellectuelle, présentent une inappétence native pour le travail, sont incapables de soin et de logique dans leurs activités professionnelles. Manifestant une tendance marquée pour le mensonge et l’insolence, ils sont soumis à une impulsivité criminelle qui les rend potentiellement dangereux… L’origine de ces traits est à rechercher dans une immaturité génétiquement fixée du développement cérébral : chez l’indigène, le cerveau inférieur (diencéphale) prédomine sur les structures corticales supérieures. ». Moins qu’un primate nous sommes.

Voici la révolution pacifique et joyeuse qui donne une leçon au monde entier en montrant le vrai visage de l’Algérien : pacifique, sympathique, empathique, ouvert et tolérant. C’est vrai que ce n’est pas un bon fonds de commerce pour les professionnels des clichés et des outrances. Comme des rapaces, ils attendent que ça dérape. Pour foncer becs ouverts sur l’Algérie. Alors on entendra les mêmes clichés surgir pour faire payer aux jeunes leur formidable élan de vitalité.


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8 Commentaires sur cet article

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  • Si Tchad
    24 mars 2019 at 21 h 59 min - Reply

    Les animateurs des plateaux TV français vont donc brandir devant Sansal et Daoud des pancartes où l’on pourra lire: « Dégage ! », « Pas de prolongation ! », « 20 ans ça suffit ! », « Date de péremption largement dépassée »…tiens ça rappelle quelque chose de vachement récent…

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  • Dria
    24 mars 2019 at 22 h 25 min - Reply

    Faisant tous pour que ca ne dérape pas et que la révolution reste incha’Allah pacifique et joyeuse. Faisant tout pour maintenir le vrai visage de l’Algérien pacifique et sympathique. Faisant tout pour gardez leurs becs fermés et autant les avoir parmi nous que d’être exploité par d’autres nations.

    Ce sont des Algériens qu’on le veuille ou non il faut qu’on apprenne à être ouvert et tolèrent dans notre quotidien et non pas en faire des slogans qu’on écrit. Le vivre ensemble et l’acceptation de l’autre est une exigence voir une nécessité pour construire une nouvelle république, ou chacun à le droit de dire ce qu’il pense haut et fort dans un état de droit ou nous serons tous égaux devant la justice , seule à trancher en cas de dépassement des uns et des autres.

    oui je rêve d’une nouvelle république ou Ali Belhadj et Boualem Sansal vivent côte à côte dans le meme pays ou chacun defend ces idées sans les imposer à l’autre, dans un respect mutuel et que chacun d’eux nous présentent un projet de société qu’on choisiras par des urnes et que le choix de la majorité soit respecter.

    Je rappel cependant que nous avons pas le droit de rêver tant qu’on n’a ne s’est pas débarrasser du pouvoir vereux qui a diviser les Algériens et continuent de le faire pour se maintenir en place. Alors débarrassons nous de ceux qui nous ont diviser pour régner , pour que règne de nouveau la justice, la tolérance , la quiétude et vivre ensemble libre et indépendant.

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  • Kadi
    25 mars 2019 at 9 h 14 min - Reply

    Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec les écrits dans cet article. Ce n’est peut-être pas dans leurs livres qu’on trouve leurs attitudes très négatives vis-à-vis de leur peuple, mais dans leurs sorties médiatiques. Kamel Daoud fait rire sur les Algériens et sur leur religion. Quant à Boualem Sansal, il vomit l’Islam.

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  • bendi
    31 mars 2019 at 17 h 18 min - Reply

    Bonjour,
    Il est vraiment désolant de lire le contenu de cet article, en effet la chasse aux sorcières est déclarée par l’auteur dit le chasseur.
    Voilà quelqu’un qui voue aux gémonies Kamel Daoud et Boualem Sansal, et si j’ai bien compris , lui c’est un patriote honnête et fidèle, et les deux écrivains sont quasiment des traîtres!
    Monsieur le patriote , que les écrits et déclarations de ces 2 algériens ne vous plaisent pas c’est votre droit, mais de là à sonner l’hallali pour les chasser c’est autre chose, c’est navrant et pathétique.
    Personnellement je trouve les prises de positions générales de Boualem Sansal fort discutables, mais il a le droit de dire ce qu’il dit!
    Autre chose, vous trouvez soudainement que le peuple algérien est « pacifique, sympathique, empathique, ouvert et tolérant » du calme, raison gardée il faut relativiser l’enthousiasme que génère en nous ce qui se passe en ce moment, car la régression culturelle dont nous souffrons en Algérie ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique, il faudra du temps, de la liberté de la justice et de l’éducation , même si ce soulèvement populaire sincère nous redonne espoir en l’avenir, car Bouteflika et ceux qui l’ont précédé ont toujours voulu nous rendre incultes ignares et bigots.
    Note ennemi est l’injustice le mépris et les prédateurs de tout acabit.

    Salam

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  • Liamine Mohammed
    3 avril 2019 at 17 h 03 min - Reply

    Merci pour cet article – oh combien instructif -sur certains mercenaires de la plume qui s’attaquent à tout ce qui est authentique et s’en prennent à leur concitoyens qu’ils accusent de tous les maux , pour faire plaisir à leurs mentors neo colonialistes . Oseront -ils dénoncer les exactions et forfaits de l’Etat sioniste et le critiquer comme ils le font contre tout ce qui a trait aux musulmans , j’en doute car leur réputation d’écrivain et les consécrations ou titres qu’on leur fait miroiter en pâtiront .

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  • Reka
    4 avril 2019 at 12 h 33 min - Reply

    Daoud et Sansal ont une structure mentale Nazis, ces derniers accusaient les juifs de race de primates, comme le font la paire de guignols Daoud et Sansal. S’ils sont des hommes comme ils le prétendent je croiserai le fer volontiers et avec plaisir.

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  • Benserenda Ahmed
    5 avril 2019 at 9 h 45 min - Reply

    Si tu penses pour moi,et, si je me laisse dominé par les pensées autre que les miennes surtout si elles s’avère dominantes …c’est que je me trouverais honteusement bien loti sur le terrain des autres et moralement je ne serais plus MOI-MEME

  • BORHAN Zikun
    5 avril 2019 at 16 h 04 min - Reply

    Malheureusement un grand écrivain non médiatisé meurt écrivaillon,tandis qu un écrivaillon médiatisé devient grand écrivain(in: »témoin des ombres:med nadhir sebaa).

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  • Congrès du Changement Démocratique