Édition du
20 June 2019

« L’APPLICATION DE L’ARTICLE 102 SIGNIFIE QU’IL N’Y AURA PAS DE TRANSITION DÉMOCRATIQUE » (POLITOLOGUE)

PAR LYNDA ABBOU
www.maghrebemergent.info
26 MARS 2019

Photo Abdelkader Bensalah

 « Une  transition démocratique signifie un changement profond du système politique. Et l’application de l’article 102 de la Constitution algérienne signifie une seule chose, c’est que le Chef de l’Etat actuel, Abdelaziz Bouteflika sera destitué et que tout le reste sera maintenu », a déclaré à Maghreb Emergent la politologue Louisa Dris Ait Hamadouche.

Elle signale que l’activation de l’article 102 de la Constitution, comme proposé par le chef d’Etat-major, Gaïd Salah, signifie sur le plan politique  le rejet de toute transition démocratique. « La transition démocratique doit comprendre un certain nombre d’opérations et implique un processus de réformes juridiques et politiques et doit être menée par un gouvernement politiquement neutre. Il faut des reformes au niveau des lois relatives aux libertés individuelles et collectives », a-t-elle souligné.  « Tout ce processus est totalement exclu si nous organisons une élection dans 90 jours », a-t-elle assuré.

Louiza Ait Hamadouche a aussi rappelé que la contestation populaire n’est pas contre le président lui-même mais contre tout le système et, selon elle, le président n’est pas le systéme, mais il en est le produit.

« Primauté du militaire sur le politique »

La politologue a enregistré  un problème de forme quant à la proposition de Gaid Salah.  « La convocation où l’application de l’article 102 n’est absolument pas de ses prérogatives. Cette décision peut venir soit du Conseil constitutionnel où d’un parlement réuni et on n’est pas dans ces deux cas de figures », a-t-elle expliqué.  Elle a aussi souligné que le fait que cette demande vienne de l’institution militaire signifie la « primauté du militaire sur le politique », ce qui est, selon elle, en contradiction avec toutes les lois algériennes.

Sur le fond, notre interlocutrice estime que la demande du  chef d’État-Major de l’ANP, est anachronique. « L’application de l’article 102 est une demande qui est venue de l’opposition il y a plusieurs années, et l’opposition, ces derniers mois, a déclaré que nous n’étions plus dans une logique de vacance du pouvoir d’autant plus que le président en reportant l’élection présidentielle sans motif valable a déjà fait entrer le pays dans l’anti-constitutionnalité. Donc cette demande est anachronique», a-elle précisé.  

La nationalité marocaine de Ben Salah !

Elle a notamment mis l’accent sur le fait que ce qui vient de se passer est une réponse juridique à un problème politique.  Elle a noté également que, si les choses se confirment, toutes les procédures liées à l’article 102 seront appliquées et le chef du Sénat deviendra le chef de l’Etat et aura en tout 90 jours pour organiser l’élection présidentielle. « Sauf que l’actuel président du Conseil de la nation,  Abdelkader Bensalah, n’est juridiquement pas apte à remplacer le Chef de l’Etat car sa nationalité d’origine n’est pas algérienne. Il a eu la nationalité algérienne en 2e lieu. Donc, même cette solution juridique pose problème », a expliqué la politologue.

Il faut noter que  la Constitution dans sont article 87, stipule que «  Pour être éligible à la Présidence de la République, le candidat doit : ne pas avoir acquis une nationalité étrangère et  jouir uniquement de la nationalité algérienne d’origine et attester de la nationalité algérienne d’origine du père et de la mère ».  


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10 Commentaires sur cet article

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  • Si Tchad
    26 mars 2019 at 23 h 08 min - Reply

    Va-t-on assister à un autre tube du printemps:

    « Bensalah, yal marroki, makash 3ouhda oula »?

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  • massi
    26 mars 2019 at 23 h 17 min - Reply

    on voit ces pourris a l’œuvre ils tentent par tous les moyens de renvoyez 20 millions d’algériens chez eux sans répondre clairement a leur exigence..notre réponse a ces connard du système qui ignore les exigences du peuples que le peuple ne bougera pas de la rue tant qu’ils n’auront pas accepter ces revendications et s’ils veulent mettre le feux dans le pays qu’ils le fasse mais ne pas oublier qu’ils seront les grand perdants ….un patriote contre le système

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  • ammou
    26 mars 2019 at 23 h 34 min - Reply

    khiana odhma li chaab el adhim ils veulent pas quités el mouradia pacifiquement sobhane allah ou sent ils nos representent qui représente se peuple zaim le heros ahachmou ya djianine asoifais de pouvroir ses hanteux laissez nos jeunes chercheures intelectueles travaillez antouma TAAB DJENANKOUM .

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  • lyes Laribi
    27 mars 2019 at 6 h 57 min - Reply

    Il n’y a pas que ça. Supposant que la rumeur que le clan Bouteflika n’a pas été associé à la décision et ils veulent enfoncer le clou en prononçant la destitution du chef d’état major. Alors là, ça serait le clou des clous. Allez trouver la solution.

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  • Dria
    27 mars 2019 at 13 h 22 min - Reply

    « RÉAPPROPRIATION DE LA JUSTICE, استرجاع العدالة » parmi les slogans du vendredi 29 mars.

    Aux puissances occidentales, vous voyez bien que le problème est algéro-algérien, alors laissez nous le régler une fois pour toutes. On fera tous pour le régler pacifiquement. Et la rue ne désemplira qu’une fois la légitimité du pouvoir résolu. Au départ, c’était un conflit entre trois belligérants le peuple, la présidence (services de sécurités et oligarques) et l’armée (l’état-major et quelque 500 généraux qui acceptent d’avoir Gaid Salah à leur tête).
    Le clan présidentiel vient d’être lâché par l’armée. Donc le conflit est désormais entre le peuple et l’armée. Une armée qu’on qualifié de muette, avec une oreille lourde pour preuve, ce n’est que maintenant qu’elle brandit l’article 102 que le peuple demandait depuis le quatrième mandat, tant mieux même si ca vient en retard.
    Mais le peuple demandait et demande encore le départ de tout le système, et surtout la levée de la main de l’armée sur la vie politique des Algériens. La sortie de Gaid Salah de Oaurgla, nous confirme que c’est l’armée décide de tout. C’était au Conseil constitutionnel de le faire. Belaiz s’il te reste un millionième de dignité prend ta valise, sachant que tout ce que tu vas dire ultérieurement te sera dicté par les militaires d’en haut ou par le clan présidentiel. on ne veut plus de ces interventions, ni de cette vie politique.

    En résumé, on n’est encore sortie de l’auberge, tant que l’armée n’assure pas son rôle constitutionel. En appliquant l’article 102, il faut avoir un gouvernement en place donc il faut, appliquer avant l’article 104, de plus la présidence reviendrait au sieur Bensalah , un jeune de 77 ans portant des couches également et qui a acquis la nationalité algérienne en 1965. Le bon choix quoi ! la continuité avec un octogénaire marroqui (tout le respect pour mes frères marocains, comme si un Algérien de souche n’avait pas le droit à la présidence). Et si la clan présidentiel force le conseil constitutionnelle à refuser le 102 …Donc, l’application de l’article 102 dans les conditions actuelles aboutirait à un autre imbroglio dans tous les cas.

    La réponse du peuple vous l’aurait demain vendredi 29 mars et vous la connaissez, car elle ne risque pas de changer, et circule déjà sur les réseaux sociaux « application de l’article 2019, Yetnahaw Gaa3 ». Djedou Gaid, la balle est dans votre camp, ou bien vous êtes issu de ce peuple, et vous répondez aux appels légitimes de cette jeunesse qui représente 70 % de la population, ou bien vous serez appeler à disparaître avec ceux qui font la sourde oreille, les octogénaires de services, les 500 généraux, les 1000 oligarques, et quelques 4000 opportunistes qui profitent du système. Vous n’avez plus le droit de décider à la place de toute une nation. On vous dit pacifiquement de « DÉGAGER ». On est prêt à assumer le chaos du vide,il sera mieux que le vôtre. Il n’y aura plus jamais de Harragas, c’est à vous de partir et non pas au peuple.

    On continue de jouer avec la constitution et les institutions, que le slogan « RÉAPPROPRIATION DE LA JUSTICE » « استرجاع العدالة » soit le slogan pour ce vendredi 29 mars. Faisons en notre leitmotiv, et laissons les robes noires Juges, Avocats, Procureurs, Greffiers à la tête des marches et nous suivrons tous derrière. Afin de montrer notre solidarité et notre soutien avec le corps judiciaire. Notre seul rempart pour le moment, ce sont ces hommes de droit intègres qui peuvent mettre à nu, toutes ces pratiques illégales et anticonstitutionnelles que l’institution militaire instrumentalise à sa guise. Il faut les aider à se débarrasser du règne de l’impunité, de Tayeb louh et de ses pions comme la Fatiha Boukhers présidente de la cour de Tipaza et épouse du commandant de la gendarmerie national le général Ghali Belkecir.

    Basta, il faut leur faire face pacifiquement et légalement, LA LOI DOIT ÊTRE AU DESSUS DE TOUS, le chemin sera long pour qu’ils partent tous, alors autant avoir une justice opérationnelle le plutôt possible.

    ARKAB Said ne sera plus à la barre, il va essayer de créer avec ses services la « Zizanie » lors des marches, la vigilance est plus que de mise…

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    • Dria
      27 mars 2019 at 18 h 46 min - Reply

      Un Fake news émis à l’origine par un pseudo quotidien algérien de désinformation en langue arabe sous le titre fallacieux de:
      قائد الجيش « ينهي » مسيرات و مضاهرات الجمعة
      Un Fake que le « dubab électronique » tente de relayer vainement et que seul des naïfs avaleront. Le peuple Algérien depuis le 22 février sort instinctivement en attendant que ces doléances soient satisfaites.

      Qui est ce « générale » derrière ce journal Al Hayet vient de signer sa mort sur les Kiosques.

      دعوة خاصة إلى قراء جريدة التضليل « الحياة »
      انتم مدعوون من « فخامة الشعب » الى الالتحاق بمسيرات و مضاهرات يوم الجمعة 29 مارس2019 كما « ينهى » فخامة الشعب اقتناء هذه الجريدة الكاذبة و التابعة للنظام..زيدوها لقناة الزيقوا

  • batni
    27 mars 2019 at 14 h 10 min - Reply

    Bensalah et Belaiz ont étés aperçus au 8 étage des HUG de Genève (Hôpitaux Universitaires de Genève) pavillon gérontologie. Ils souffrent d’Alzheimer, Bensalah jure sur ses grands dieux qu’il est né hier en Algérie et non au Maroc il y’a un siècle.
    Belaiz demande a être transférer d’urgence en Algérie, les couches et le manger mou ne lui conviennent pas. Leurs états se trouve sous menace vitale permanente.

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  • yacine
    27 mars 2019 at 15 h 33 min - Reply

    on est plein dans un truc de sociologue, les divers Couches Tribu qui forment nos société sont à l’origine de cette crise de confiance! certains parlent d’un scénario à l’egyptienne avec l’intervention de l’armée personnellement rien a foutre pour moi c’est égale ceux qui ont peurs sont les plus grands profiteurs de ce pays qui le voit leurs portefeuilles se fondent! conclusion c’est le peuple qui décident je vous promis qu’on arrivent a quelques chose c’est une question de temps….

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  • miloud benyagoub
    29 mars 2019 at 0 h 00 min - Reply

    EL HIRAK JUSQU’A PRESENT N’A RIEN EU CES REVENDICATIONS. C’EST CLAIRE EL HIRAK DEMANDE UN CHANGEMENT RADICAL ET UNE 2EME REPUBLIQUE EL HIRAK DEMANDE AUSSI RENDRE COMPTE TOUT CE QUI EST IMPLIQUER DANS LES VOLS DU TRESOR PUBLIC ET LES BIENS D’ETATS, DES DETOURNEMENTS DES SOMMES COLOOSSALES EN DINAR OU EN DEVISE,BLANCHISSEMENT D’ARGENT SERA POURSUIVI EN JUSTICE PLUS QU’IL REMBOURSE TOUT CE QUI A PILLE

    • Dria
      29 mars 2019 at 9 h 38 min - Reply

      Ça ne fera pas en une journée, le Hirak te permet deja de dire tout cela à voix haute ya si BENYGOUB Miloud, sauf si c’est un prête nom, alors se sera perçu comme un message demobilisateur du « Dubab électronique » qui n’affectera en rien notre détermination pour le changement radical et une deuxième République.

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    Congrès du Changement Démocratique