Édition du
20 April 2019

« Système dégage », Sba7 oula la3chiya ?

Ghania Mouffok

Ne pas lâcher, ok, mais pour quelles alternatives? je ne comprends pas ce radicalisme sans autre perspective que de marcher en disant « système dégage » et « donne nous les clefs » ce n’est pas sérieux, infantile. La grave crise que traverse notre pays dans une grande complexité institutionnelle, politique et géopolitique sur fond de crise économique grave déjà à l’oeuvre exige mieux que cette fuite dans une radicalité qui ne se donne pas les moyens de s’organiser pour vaincre.

Si cette grave crise a mis à nu l’opacité, l’incurie, la folie de ce système prêt à tout pour durer, elle a aussi révélé la grave crise des oppositions virtuelles et réelles, les graves contentieux qui traversent la société. Des contentieux idéologiques, des intérêts contradictoires entre les possédants très possédants et les exclus d’un modèle économique ultra libéral, une guerre intérieure non réglée, le tout porteur de violences prêtes à s’exprimer. La vraie question n’est pas de leur dire dégage et d’attendre de la tyrannie qu’elle organise la transition, mais de nous demander par quoi sommes nous capables de la remplacer, quel est notre projet collectif et individuel, comment transformer cette formidable énergie populaire en liberté de s’organiser, de parler librement dans des espaces visibles pour devenir les acteurs d’un véritable changement à travers de véritables forces capillaires qui partiraient des quartiers, des villes, des campagnes, des lieux de travail, des écoles pour changer les rapports d’obéissance et réinventer des nouvelles formes de rapports sociaux. 

Prenons garde à ne pas ressembler à ceux que nous combattons et de devenir comme eux des obsédés du pouvoir par le haut, Présidence, Assemblées etc…, comme on se partage un gâteau déjà fort entamé. C’est cette vision de la politique depuis des décennies qui fait qu’aujourd’hui il n’y a pas une seule organisation alternative capable de diriger le changement, ni syndicat, ni parti, ni journaux.

Pour moi ,le véritable enjeu est de construire des alternatives citoyennes par le bas, par des organisations populaires, locales qui étape par étape apprendraient à gouverner, à proposer, fabriquer des projets alternatifs à la destruction à l’oeuvre des rapports sociaux, des rapports à la nature et à la culture. Ce mouvement extraordinaire est un mouvement culturel et politique porteur d’un formidable désir de vivre ensemble, il ne devrait pas se transformer en distribution de place entre sages et moins sages, son caractère massif, traversant toutes les couches sociales, bien que porteuses d’intérêts contradictoires, c’est notre seule richesse, notre seule force, et elle ne doit pas être mise au service des mêmes classes possédantes qui se disputent « le pouvoir » pour nous imposer, quel que soit x, un projet libéral destructeur et producteur d’insupportables inégalités.

Ce Mouvement du 22 février sera historique si nous en arrachons le droit de construire de la citoyenneté, de l’énergie collective pour tous les algériennes et les algériens et surtout les exclus, les classes paupérisées auxquelles nous devons ce magnifique Mouvement, dans les libertés, et sans être menacé de châtiments, de justice aux ordres, de coups dans l’obscurité des commissariats, et de chaos.


Article 102 ? 
Le destin de l’Algérie ne devrait pas se jouer entre les Tagarins et la Rue, deux entités opaques. 

La dernière sortie du général Gaïd Salah est pour moi, une victoire du Mouvement populaire, et du concept de Sylmiya. Pourquoi ? D’abord parce que le pouvoir réel sort de l’ombre par la voix du chef d’état major et nous sort de la propagande mensongère à l’oeuvre depuis 20 ans qui nous explique qu’une fratrie toute puissance présiderait par la voix d’un président capricieux à la destinée d’un pays. Ce mouvement organisé et quels que soient ses initiateurs, a dévoilé qu’en Algérie le pouvoir réel s’exprime par le chef des armées. Ce dévoilement devrait nous poser au moins une question : si la haute hiérarchie de l’armée est le problème, peut-elle être la solution ? Certains pensent que oui, en lui demandant d’organiser la transition. C’est là la contradiction fondamentale du « dégagez tous ». 

L’autre victoire du Mouvement du 22 février, est d’avoir contraint pas à pas le système à oublier ses propositions folkloriques, anti-constitutionnelles et offensantes. Première proposition : vous allez élire un homme agonisant pour une cinquième fois. Nous avons dit non, massivement et nous avons gagné, personne ne nous imposera d’être insultés à ce point. Deuxième proposition encore plus saugrenue et irresponsable que la première : OK, vous ne voterez pas pour lui, mais laissez le diriger la transition, Conférence inclusive, nananinanère et grand n’importe quoi dirigé par un ministre de l’intérieur: nous avons dit non et par la seule force de nos corps, du nombre et de la sylmiya nous venons de remporter une autre victoire : cette proposition est abandonnée et retour à la Constitution avec l’article 102. 

Le retour à la Constitution est un moment important, pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui nous n’avons pas de président, pas de gouvernement, toutes les institutions sont en crise, grave, tout est gelé, pétrifié, avec en prime une grave crise économique déjà à l’oeuvre, alors il ne faut pas confondre l’Etat et le système, même si cet état a été mis au service d’intérêts privés. Il serait irresponsable que la chute du système se confonde avec la chute de l’état, sinon c’est la jungle. En retournant à la Constitution le chef d’état- major et ceux qui l’accompagnent dans ce choix ont conscience de cet enjeu : ne pas défaire l’Etat algérien. Pour moi ceci devrait être un consensus stratégique, puissant de tous. Ce qui ne nous empêche pas de dénoncer les menaces anxiogènes que portent dans le même temps le discours du chef d’état –major : Ok pour ne pas défaire l’état mais à condition qu’il ne menace pas de nous tirer dessus chaque fois que nous tentons de défendre notre citoyenneté interdite et humiliée, transformant ainsi l’armée populaire et nationale en une milice privée. La responsabilité du système est ici entièrement engagée dans la grave crise que nous traversons et témoigne de son incompétence à continuer à diriger un pays de 40 millions d’habitants.

En retournant à la Constitution le système vient de déprivatiser symboliquement les solutions à construire. Les symboles sont importants. 
En passant nous avons mis en crise tous les appareils du pouvoir, sa justice, ses partis, ses symboles et nous n’avons plus à la tête du gouvernement le Ouyahia honni, incarnation de la tyrannie arrogante. Nous avons gagné dans l’honneur le droit d’avoir des gouvernants qui nous respectent et ne nous prennent pas pour des objets de la politique mais des acteurs de l’avenir de notre pays. Toutes les classes sociales, toutes les couches sociales, sont sorties du Pacte du silence et cela aussi est un acquis.

C’est donc avec ces acquis et dans l’ urgence qu’il doit advenir d’autres rapports entre gouvernants et gouvernés, des rapports à inventer, à construire pas à pas, avec patience et dans le débat au pluriel, il y aura des victoires et des échecs mais il y aura aussi une histoire à écrire, et elle ne s’écrit pas en un jour à moins de détruire le peu de ce qui nous reste et que nous avons appris à préserver grâce à l’ infinie sagesse populaire.

Ce mouvement historique a pour moi deux missions : sortir le peuple algérien de cette fatalité de régler ses crises dans la violence parce que ses élites, militaires et civiles, sont incapables de résoudre leurs problèmes économiques et politiques sans jeter le corps des sans voix, des gens nus dans la bataille et dont on flatte aujourd’hui la grandeur après l’avoir abandonné à des politiques économiques destructives.

Et aussi, de construire un écosystème démocratique, apprendre ensemble à construire des citoyens et des citoyennes porteurs de droits et de devoirs et ce, quelles que soient leurs opinions, pour être claire, y compris s’ils sont islamistes, ou …Kamel Daoud.

Les attentes « du peuple » sont énormes, gare à tous ceux qui décevront les « ouled chaâb » car s’ils sont le sel de cette terre que nous partageons, ils peuvent aussi en devenir le feu.


Nombre de lectures : 1750
13 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • still
    27 mars 2019 at 20 h 36 min - Reply

    Meme si elle se « deradicalise » un tant soit peu, GM parle toujours a partir de la périphérie du Pouvoir; la preuve,elle ne comprend rien a ce « radicalisme » et cette « radicalité »du mouvement populaire « qui ne se donne pas les moyens de s’organiser pour vaincre ».
    « Pour elle », « Le retour à la Constitution est un moment important, pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui nous n’avons pas de président, pas de gouvernement, toutes les institutions sont en crise… »
    En avions-nous avant le 22 février?

    7
  • wahid
    27 mars 2019 at 22 h 51 min - Reply

    1
    La dernière sortie du général Gaïd Salah est pour moi, une victoire du Mouvement populaire, et du concept de Sylmiya. Pourquoi ? D’abord parce que le pouvoir réel sort de l’ombre par la voix du chef d’état major et nous sort de la propagande mensongère à l’oeuvre depuis 20 ans qui nous explique qu’une fratrie toute puissance présiderait par la voix d’un président capricieux à la destinée d’un pays. Ce mouvement organisé et quels que soient ses initiateurs, a dévoilé qu’en Algérie le pouvoir réel s’exprime par le chef des armées. Ce dévoilement devrait nous poser au moins une question : si la haute hiérarchie de l’armée est le problème, peut-elle être la solution ? Certains pensent que oui, en lui demandant d’organiser la transition. C’est là la contradiction fondamentale du « dégagez tous ».

    Non la contradiction elle est dans l’interprétation que les militaires se sont donné pour pénétrer sans être invité dans la sphère politique.

    Ce qu’ils devraient comprendre alors que le message est clairement exprimé dans les villes et le rues d’Algérie (Sylmiya) pour dire aux militaires nous sommes vulnérables, nus sommes désarmés et nous sommes mousselimines, parcontre nous sommes déterminé à:

    إسترجاع السيادة الكاملة و الكلية على المؤسسات وقوانين الدولة الجزائرية و أن تعود الدولة إلى حضن الشعب الجزائري ، و أن إسترجاع قدرات و طاقات الدولة

    puis une fois cet objectif atteint , le peuple saura élire ceux et celles qui seront aux affaires de l’États.

    2
    Le retour à la Constitution est un moment important, pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui nous n’avons pas de président, pas de gouvernement, toutes les institutions sont en crise, grave, tout est gelé, pétrifié, avec en prime une grave crise économique déjà à l’oeuvre, alors il ne faut pas confondre l’Etat et le système, même si cet état a été mis au service d’intérêts privés. Il serait irresponsable que la chute du système se confonde avec la chute de l’état, sinon c’est la jungle.

    Haut et fort……

    ما يريده الحراك هو إسترجاع السيادة الكاملة و الكلية على المؤسسات وقوانين الدولة الجزائرية و أن تعود الدولة إلى حضن الشعب الجزائري ، و أن تسترجع قدرات و طاقات الدولة في لخدمة الجزائر و الجزائر فقط، لتكون الدولة في خدمة المواطن الجزائري و المقيم فيها و كل الموطنين الجزائريين و المقيم فيها دون إقصاء ، دون استثناء و دون تمييز

    و هذا المطلب لا يطالب بتهديم الدولة بالعكس يكرس و يقوي الدولة

    2
  • Amina Kadi
    27 mars 2019 at 22 h 56 min - Reply

    Merci Ghania Mouffok pour cet excellent article dont je partage le contenu, qui met des mots sur des maux et qui désinhibe par rapport à une certaine radicalité. Toutefois, j’aurais souhaité que tu ailles au bout de tes idées dans ce paragraphes où tu parles de « consensus stratégique ».

  • Dria
    28 mars 2019 at 12 h 11 min - Reply

    Parmi les alternatives, la création d’une plateforme de revendications, avec plus de 3400 signataires pour le moment. Voici le lien.

    https://www.gopetition.com/petitions/platform-for-change-in-algeria-أرضية-من-أجل-التغيير-في-الجزائر.html

    C’est un début, des actions pareils doivent être encourager et devenir plus perfectibles, les Algériens doivent s’engager dans des actions pareils، il faut sortir de l’ombre et dire haut et fort ce que l’opposition de service peinent a articuler, en attendant d’autres initiatives plus percutentes

    3
  • Si Salah
    28 mars 2019 at 14 h 21 min - Reply

    Comme des gens intelligents ont la mémoires courte !

    Qui est le plus radical et le plus impitoyable? Le régime qui a fait tirer sur les jeunes en 88, qui a causé une guerre civile où ont péri 200 milles âmes, qui a donné les clés de l’Algérie depuis 20 ans à une caste monstrueuse qui a pillé sans retenue, avec des détournements de l’ordre de 500 milliards de dollars…

    Ou bien un peuple qui s’est laissé piétiner sans réagir pendant des décennies, et qui s’est enfin réveillé depuis un mois seulement pour demander le plus pacifiquement du monde que le régime horrible qui le gouverne s’en aille. Le respect de la « Constitution Bouteflika » dans les conditions actuelles est synonyme de perpétuation du régime honni. On parlera constitution quand les représentants du régime honnis seront partis. Yar7alou ga3, point barre!

    Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais jusqu’à présent personne dans ce peuple ne réclame de tribunaux populaires, de guillotines ou de pelotons d’exécution. Le peuple ne veut simplement plus être gouverné par les Bouteflika, Ouyahia, Bensalah, Gaid, etc. C’est ça un peuple radical? On a connu un peu plus radical que nous pour déloger les despotes. S’ils étaient encore en vie, Ceausescu ou Kadhafi pourraient bien en temoigner…

    8
  • AHMED A
    30 mars 2019 at 1 h 40 min - Reply

    EL HIRAK CES REVENDICATION SONT CLAIRE  » CHANGEMENT RADICAL DU SYSTEM ET UNE JUSTICE INDEPENDANTE POUR PUNIR TOUT CE QUI A PILLE LE PAYS DEPUIS 1962 JUSQU’A NOS JOURS SANS DISTINCTION MOUJAHED,GENERAL OU COLONEL D’ARMEE,EX OU ACTUEL MINISTRE,MEMBRE D’APN,D’APW,D’APC, TOUS CES CORROMPUS ONT DETOURNE OU BLANCHI L’ARGENT DU PEUPLE ONT DIRAIT QUE L’ALGERIE APARTIENT SEULEMENT POUR EUX .
    LA JUSTICE DOIT ETRE INDEPENDANTE POUR EXERCER LIBREMENT SA FONCTION POUR PUNIR CES MAFIEUX ET QU’ILS REND CE QU’ILS ONT VOLE DE L’ETAT.

  • Bettache
    30 mars 2019 at 13 h 06 min - Reply

    Merci pour cet article chère Madame Ghania Mouffok

    Bonjour ou bonsoir chers compatriotes citoyens !

    Au risque de me répéter encore et encore, il y a une chose importante sur laquelle il faut être pédagogique, concentré et s’y atteler en urgence : c’est la méthodologie de la mise en oeuvre du changement de système combien même il existe encore des tiraillements entre les clans du pouvoir, que Bouteflika est toujours en poste, que le Conseil Constitutionnel reste muet.
    Les vrais débats devraient demeurer sur notre objectif essentiel commun : le changement de régime et de système politique. A mon avis, les débats utiles rentables ne sont pas seulement ceux qu’on doit faire par le biais de la presse ou sur les plateaux de télévision, ou comme on le fait nous même sur les réseaux sociaux, mais sur les lieux les plus indiquées où exercent la société civile et les corps intermédiaires. C’est de là qu’on doit faire émerger les propositions de sortie de crise, qui seront synthétisées afin de les faire remontées vers le pouvoir et pour engager des négociations en conformité avec ce que demande la rue. Et donc, et c’est urgent, il faudrait que parallèlement aux marches quotidiennes et du Vendredi, des débats soient organisés en séances officielles et formelles au sein même des corporations, des organisations et des syndicats (étudiants, enseignants, avocats, magistrats, groupes d’experts économiques et politiques etc etc etc) pour lister les revendications constructives, les propositions les meilleures pour mettre en place cette transition. Il faudra faire des propositions concrètes pour la désignation (et non l’élection) de l’instance qui dirigera le pays au sommet de l’Etat, le gouvernement de transition, les instances qui seront chargées de l’élaboration de la nouvelle constitution, de la nouvelle loi électorale, de la commission indépendante de contrôle des élections ainsi que les étapes et le calendrier d’exécution de ce processus ! C’est çà le plus urgent et le plus important et c’est un gain de temps énorme pour revenir plus rapidement aux élections !

    Il ne faut pas se disperser. On a décidé nous même de faire la transition sans le pouvoir, c’est donc à nous d’imaginer, de proposer la méthode et la manière ! Et, il faut faire tout cela avant même d’attendre le 28 avril ou même les annonces du pouvoir. Il faut mettre de côté les manoeuvres des uns et des autres qui sont en train de parasiter notre objectif principal ! Fort heureusement, il y a quelques échos qui disent que çà et là, se débats commence à s’engager et c’est tant mieux. Maintenant tout ce qui se dit et se colporte sur par exemple le Directeur de la Banque d’Algérie, les fuites de capitaux, la fuite à l’étranger de certaines pontes du pouvoir, même si elles peuvent être vraies ou fausses, pour moi ce ne sont que des épouvantails, des parasitages pour nous détourner de notre vraie mission ! Il faut éviter de mettre la charrue avant les boeufs, car viendra le jour où tout cela sera réglé dans un cadre républicain, avec une justice véritablement indépendante , avec droit à la défense etc.. etc.. ! Moi je trouve je dirais « normal » que les débats auquel on assiste à la télévision ou par presse interposée soient houleux, ténébreux ou agités ! Il y a en effet dernière tout çà des enjeux matériels et financiers énormes ! Il y a sur les plateaux et dans la presse des individus qui parlent ou écrivent pour régler des comptes, des individus en service commandé soit pour défendre la caste au pouvoir, soit pour se venger d’elle car ils n’ont pas eu la part de gâteau de la rente pétrolière d’une manière assez conséquente ! Tout cela se décantera !

    PS : a l’attention de « tonton » Tayeb Belaïz, Président du Conseil constitutionnel.Il tergiverse alors qu’en principe il n’a attendre aucun ordre de quiconque ni du clan présidentiel, ni de Bouteflika, ni de Gaid Salah ! Déjà, dans sa dernière lettre Bouteflika lui-même a bien dit qu’il ne voulait pas se présenter et il a reconnu lui-même que ses capacités physiques et mentales sont très amoindries ! Qu’est-ce qu’il veut ce Tayeb ??? Qu’est-ce qu’il cherche ??? Qu’il ne joue pas trop au malin, çà risque de se retourner contre lui et çà va lui faire très, très mal. On ne joue pas avec un pays, avec son avenir !

    Tayeb Belaiz est en train de jouer au malin, de jouer un jeu dangereux, de faire des dribbles et des petits ponts politiques mais çà risque de se retourner contre lui définitivement ! Attention ya dada Belaiz, dans ce grand match important, l’arbitre ce n’est une personne en noir, mais c’est tout un peuple. Quand le peuple prend une décision, il n’a même plus besoin d’aller vérifier le VAR, l’assistance vidéo à l’arbitrage. Il sort le carton rouge et peut décider de l’interdiction de rejouer à vie tous les autres matchs ! Attention !

    3
  • Bettache
    31 mars 2019 at 11 h 23 min - Reply

    Chers compatriotes citoyens algériens

    Aujourd’hui, je change de paradigme par rapport à mes précédentes interventions. Hier samedi 30 mars, en soirée, comme la situation au sommet de l’Etat s’est quelque peu agitée dangereusement, j’ai essayé d’en parler avec mon fils de 27 ans, ce qui ne m’arrive pas très souvent, juste pour voir ce qu’il en pense. Ces réponses m’ont foudroyé :

    1/- il m’a dit arrête ya bâa de trop rester le nez au clavier ce n’est pas bon pour ton âge ! (Je dépasse les 70 ans).
    2/- il m’a dit pour moi ces manifestations de rue ne sont pas des revendications en rapport aux idéaux et aux de valeurs universelles des droits de l’homme et des citoyens et de démocratie (liberté d’opinion, de conscience, de culte, d’égalité des sexes, de respect des minorités, de tolérance, de séparation des pouvoir etc..), ce sont des revendications orientées plutôt « social », par ailleurs très légitimes, pour une meilleure répartition du revenu national, pour le droit au travail, au logement et contre un système qui génère la corruption et la prédation au profit de castes et de clans. Ce n’est donc pas « une révolution » au sens noble du terme !
    3/- Il m’a dit, moi je manifeste parce que je suis solidaire avec cette jeunesse abandonnée. Pas plus. Mais, je suis frustré de ne pas voir beaucoup de slogans en rapport avec ces valeurs universelles, même si leur application n’est pas pour demain ou après demain ! Juste les évoquer est déjà un grand pas, mais ce n’est pas le cas.
    4/- Il m’a dit tant que notre pays est encore dans sa grande majorité dans le conservatisme rétrograde et dans un état d’indigence culturel, cette révolution n’apportera pas trop de grandes solutions ! Il m’a cité l’histoire en marge de la marche à Didouche Mourad où un collectif de femmes s’est fait agressé alors qu’il ne demandait que l’égalité des droits pour les femmes ! Voilà donc le paradoxe d’une révolte, d’un évènement certes marginal mais significatif !
    5/- il m’a dit si les étudiants algériens ne maîtrisent pas parfaitement bien au moins une langue étrangère (français ou anglais, les deux c’est encore mieux), il n’y a pas trop d’espoir pour que les choses évoluent dans le bon sens ! Un pays monolangue est condamné à mourir ou à servir d’appât aux autres pays.
    6/- il m’a dit, je vais te dire une chose qui va te choquer ,ya bâa , pour moi pour simplifier et faire un gros raccourcis caricatural, le jour où il y aura, au moins dans les grandes villes du pays, des restaurants et des cafés ouverts le jours de Ramadhan pour permettre au moins à des étrangers de se restaurer (et pourquoi pas des algériens non croyants) alors là je te dirais : « çà y est, ya bâa, le pays commence à devenir un pays presque « normal », presque « raisonnable » !
    7/ – il a fini par me dire qu’avec ce régime aux abois, ce ne sera pas facile de changer les choses et ce n’est pas demain que la démocratie vaincra. Il m’a dit d’ailleurs comment se fait-il qu’avec ce qui s’est passé dans la rue, le général Toufik ou Gaid (ou je ne sais qui) cherche une solution avec les « gens » du pouvoir avec des Zerroual and Co etc.. (avec tout le respect qu’on peut avoir envers eux) et non en dehors du pouvoir, avec des visages nouveaux patriotes et intègres ! De plus, vouloir faire le changement avec à ses côtés un char, un Kalachnikov ou une arme de poings dans le tiroir ne fait qu’aggraver la situation et c’est dommage pour le magnifique mouvement de manifestation de rue.

    PS : j’ai mis en peu de forme pour rapporter son argumentation, mais le fond n’est pas été trahi du tout ! Mais je vois qu’au moins chez le fiston, il y a quand même beaucoup de chemin à parcourir ! Il veut peut-être aller plus vite que le vent ou plus vite que le temps mais il a le droit de le penser car il a le privilège de sa jeunesse ! Mais il m’a scotché, moi qui ne faisait que « tirer des plans sur la comète »!

    1
    • wahid
      31 mars 2019 at 14 h 24 min - Reply

      Certainement vous êtes sur cette terre depuis 70 ans au moins, et votre fils 30 ans, et je fais une lecture caricaturale à travers vos commentaires sur LQA, je constate un profile et je vous dis , vous n’avez aucune connaissance, ou bien vous ignorez l’expérience et la continuité de l’existence de l’humanité, son évolution et son histoire souvent fruit d’actions d’Individus, de groupes, de peuples qui ont révolutionné totalement ou partiellement, ou simplement changer les croyances, les pratiques, les mœurs de leur communauté et environnement toujours pour survivre et continuer a vivre et durer.

      L’Algérie, peuple et territoire

      قدرة و مقدرات

      Doit avoir des ambitions à la mesure de ces ressources, capacités et forces.

      Quelques principes qui ont façonner le monde.

      Dans l’histoire de l’Humanité et l’histoire des religions fait parti de cette histoire car il y a eu toujours car il y avait des écrits (livres saints, qu’ils soit faible ou non mais il reste des écrits, comme les écrits des pharaons et autres civilisations), des individus, des groupes ont été les acteurs des grands changement de l’humanité.

      * Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus puisse changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé. – Margaret Mead.

      * Qui veut faire quelque choses trouve le moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse. – Proverbe Saoudien.

      * Celui qui porte le joug sans se révolter mérite de porter le joug. – Proverbe Roumain.

      Il n’y a pas plus facile que de faire simplement ce que d’autres individus, groupes et peuple ont fait.

      La Tunisie ( Malgré le poids de l’histoire et sa composante socio-culturel rigide et les courants réactionnaires), la première expérience égyptien avant le coup de force de Sissi ( caractéristiques socio-culturelles identique que l’Algérie) plus loin en Europe, La Pologne, Le RDA ect…

      Ayez cet ambition et poussez le peuple, la société, la communauté y compris votre fils a allez au devant.

      السكون علة

      La confiance, la détermination, l’action et la patience ce sont la clef de la réussite

      الشك من أسباب الفشل

      1
      • Bettache
        1 avril 2019 at 21 h 07 min - Reply

        @wahid , dommage que tu interprètes d’une manière très étroite et trop restrictive mon post ! Pour te dire la vérité c’est une fiction que j’ai imaginée et je n’ai pas de fils de cet âge ! C’est juste un exercice intellectuel, et toi tu plonges directe comme le débat sur la religion ! La religion est une croyance ya kho, ce n’est pas le nombril du monde. Il existe trois religions monothéiste et des milliers d’autres croyances sur cette planète ! L’indigence intellectuelle de beaucoup d’entre nous, nous pousse malheureusement à croire que la seule solution au problème de son pays, de la planète, c’est « sa » propre religion du manière égoïste! Dommage.

        Je n’ai jamais dit que la liberté, la démocratie, l’Etat de droit, les valeurs universelles doivent exclure la religion. Au contraire ces valeurs permettent aux religions de s’exprimer encore mieux, en bonne intelligence, dans le vivre ensemble dans la tolérance, entre tous les êtres humains différents les uns des autres qui vivent sur notre planète ! Pardon car des fois, je me fais philosophe alors que j’en ai pas la qualité !

        1
    • still
      31 mars 2019 at 22 h 20 min - Reply

      Que votre fils ne vous ébahisse pas. Voici trois points qui lui passent sous le nez:

      1-Votre fils n’a pas le sens des priorités: Il ne peut y avoir de changement positif-quel qu’il soit-sans changement de système.
      2-Les revendications « catégorielles” (Droits des femmes, droit au logement, au travail…) nuisent au projet global revendiqué par l’ensemble des manifestants.
      3-Les valeurs que défend votre fils ne sont universelles. Elles sont occidentales.

      Bref, votre fils a encore beaucoup à apprendre de vous.

      1
  • Si Tchad
    31 mars 2019 at 16 h 59 min - Reply

    Pauvre Ali Haddad! On lui a dit “dégage” il a dégagé. Maintenant on le chope à 3 heures du mat à la frontière avec la Tunisie….

    Il va falloir changer les slogans pour éviter les malentendus. On propose:

    «  dégage chez toi et attends gentillement un mandat d’arrêt en bonne et due forme »

    « dégage mais pas trop vite, donne-nous le temps de te choper »

    1
  • Congrès du Changement Démocratique