Édition du
20 June 2019

THEORISER LE MOUVEMENT POPULAIRE OU L’ARCHITECTURE DE CONTESTATION

Mustapha BEN-HAMOUCHE. Université de Blida

Selon la théorie des cycles historiques et des lectures philosophiques d’Ibn Khaldoun, d’Edward Saïd et de Fernand Braudel, la période  1962 à 2019 constitue  l’ère  post colonialisme.

En un  demi-siècle,  la société n’a cessé de changer d’une  génération à  l’autre.

Le post colonialisme a deux sens, l’un positif signifiant le dépassement du colonialisme, et l’autre négatif,  exprimant sa durabilité.

 Parfois, paradoxalement, le post colonialisme  avec  ses deux sens coexistent dans une même société.

En principe toute révolution pour le recouvrement de l’indépendance devrait  constituer un arrêt marquant l’histoire, et un point de d’inflexion dans l’élan sociétale entrainant  sa libération sur tous les plans. L’indépendance ne se limite donc pas au refus du modèle  colonial et à la récupération  des richesses nationales mais à une substitution graduelle ou radicale du système colonial et à son  dépassement.

La France coloniale, battue, s’est attelée à maintenir ses liens et assurer un certain contrôle et une  présence patente ou  subtile avec son ancienne colonie.

Elle possède d’ailleurs toutes les cartes et données politiques, économiques, culturelles et même génétiques de l’Algérie et de son peuple.  

Il suffit de savoir que toute nomination politique d’importance, passe par l’Elysée ou se fait avec son consentement.

Les faits politiques, économiques et culturels  sont là,  pour témoigner de la pertinence de cet état de fait  et les derniers remaniements  au lendemain des  protestations en sont une nouvelle confirmation.

Au plan géopolitique, ou le post-colonialisme est représenté  par des  colorations de territoires selon l’histoire coloniale, et le poids de la présence des grandes puissances mondiales sur un  territoire donné, l’Algérie est incontestablement colorée en drapeau français.

Malgré la présence économique des Etats Unis dans le sud Algérien Sahara, le grand Maghreb et une  partie de l’Afrique Noire sont toujours  considérés  par l’Occident comme faisant partie de   la sphère d’influence ou même la zone  de servitude de la Grande France.  

Le mouvement de contestation ne peut donc pas être analysé en faisant abstraction du post-colonialisme et de ses retombées.

  Ce sont les politiques de subsidiarité  à travers des systèmes l’éducation imposés et des  conventions unilatérales et accords accablants entre l’ex-colonisant et l’ex-colonisé qui ont conduit à cet état de crise multidimensionnelle.

Apparemment l’essentiel de la contestation vise  l’oppression, le  détournement de fonds et le mode archaïque de gestion.

 Les richesses matérielles d’un grand pays comme l’Algérie, dont la superficie dépasse  six fois  celle la France, et ses   ressources humaines se voient être pillées et gaspillées d’une façon alarmante.

 Les bateaux de la mort reflètent fidèlement cet état. 

Les dernières  contestations spontanées,  indiquent bien que le seuil de tolérance a bien été franchi, cependant les contestataires doivent être conscients qu’ils auront  à surmonter un autre grand défi ; celui  de la construction d’un état post postcolonial, juste, fort et authentique.

Le projet de décomposition de la société algérienne, les tentatives de  sa recomposition selon le moule colonial, les contradictions idéologiques semées en usant des dernières nouveautés du social engineering, les diversités amplifiées considérablement  au dépend de l’unité, sont autant de  challenges qui se posent aux nouvelles générations. 

Quelle serait donc l’équation juste qui conduira à une Algérie forte et unie,  assurera l’équilibre dynamique entre ses forces sociales, et réunira l’ensemble des constituants incontournables de la société algérienne contemporaine.

Ces constituants fondamentaux sont  selon une première ambivalence : l’« Islamisme »  renaissant, se présentant en tant qu’alternative au mode de vie occidental matérialiste, et le « modernisme dynamique » portant les aspirations  de démocratie, de liberté et des droits de l’homme.

 L’autre ambivalence : Un « berbérisme   authentique » qui milite  pour retrouver   ses origines effacées dans un contexte globalisant, et un « Arabisme » qui tire sa légitimité  des liens  géographique et historique de l’Algérie avec l’Orient et le berceau de l’Islam.

la connaissance, la tolérance et  le  dialogue doivent être   la seule et unique monnaie d’échange entre ces quatre composantes essentielles et dynamiques de notre nation  .C’est la théorie du « CARRÉ ALGERIEN ».


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