Édition du
15 June 2019

Au sommet de l’État, la «bande» dénoncée par Gaid Salah est hors d’inquiétude

Politique 13 Avril 2019

TSA

Quand le général Gaid Salah a décidé d’en finir avec Bouteflika, il n’a pas retenu ses coups. Derrière le communiqué diffusé après la dernière réunion de commandement de l’armée, on voyait presque une colonne de chars se diriger vers la résidence de Zeralda, repaire d’une « bande » de comploteurs déterminés à poursuivre le pillage du pays. Le texte publié après le conclave des Tagarins résonnait du ton de la canonnade et non d’une douce voix de supplique.

« Je ne saurai me taire aujourd’hui sur les complots et les conspirations abjectes fomentés par une bande qui a fait de la fraude, de la malversation et de duplicité sa vocation », a observé le général.

À ce niveau de responsabilités et face à la terre entière qui observe ce magnifique populaire depuis le 22 février, on n’ose pas imaginer que les mots n’ont pas été disséqués, pesés et soupesés avant d’être expédiés sous forme de missile. La veille de cette attaque frontale, l’opinion publique a préparée par les médias acquis alertant sur la circulation de documents officiels inquiétants portant le sceau de la « bande ».

« Je suis avec le peuple… »

Le diagnostic a été assorti d’un engagement. « Je suis avec le peuple et à ses côtés pour le meilleur et pour le pire comme je le fis par le passé et je m’engage devant Allah, la patrie et le peuple que je n’épargnerai aucun effort à cette fin quoi qu’il m’en coûte », a promis Gaid Salah à qui l’on a découvert des envolées populaires qu’on ne lui connaissait pas.

Le diagnostic établi appelait une thérapie dans le seul cadre du code pénal, avait-on présumé. En droit, lorsqu’une « bande » est identifiée, repérée et signalée la seule démarche à suivre est de la « neutraliser » en la mettant hors d’état de nuire et de s’attaquer ensuite et rapidement à ses complices et à ses réseaux pour parer aux éventuelles fuites ou destruction de preuves.

Le cas précis décrit par le chef de l’état-major ne présente pas une bande de malfrats mais contient des circonstances aggravantes puisqu’il parle de « complot » et de « conspirations abjectes » contre l’armée, le peuple et l’État. Autrement dit, d’accords secrets pour se maintenir au pouvoir contre la légalité et la volonté du peuple et avec la complicité de forces occultes. Pour rester dans le champ lexical choisi par le général, on peut dire que son tir s’est traduit par la reddition du chef de bande puisque le président visé s’est rendu à la raison et a signé sa reddition.

À quoi assistons-nous depuis ? Les proches du chef de l’État déchu ne sont pas inquiétés. Notamment le frère et conseiller spécial désigné implicitement comme le vrai chef de la bande, soupçonné d’avoir confisqué le pouvoir et de décider à la place du président légitime. Les informations sur une assignation à résidence de Saïd Bouteflika ont été démenties. S’il n’a pas été vu en public, notamment dans cette villa du chemin Macklay dont l’existence a été révélée sur les réseaux sociaux, il semble se trouver auprès de son frère malade. Nacer Bouteflika, de son côté a mis en scène son retour à son bureau au ministère de la Formation professionnelle.

Distraire l’opinion publique

Des Interdictions de sortie du territoire national ont été décidées par la justice, visant une douzaine de « personnalités ». Des procédures sont annoncées sur de nombreux dossiers. Mais la communication sur ce sujet semble vouloir créer des abcès de fixation pour distraire l’opinion publique et lui faire perdre de vue l’objectif de la Révolution du sourire : qu’ils dégagent tous.

Pour l’instant, seule l’arrestation de l’homme d’affaires Ali Haddad, présumé membre du premier cercle présidentiel, est avérée. L’ex-président du FCE est sous mandat de dépôt. Mais son interpellation soulève de nombreuses questions sur ses circonstances précises. En tout cas, il semble avoir été profilé puis préparé à jouer ce rôle de bouc-émissaire après avoir joui sans retenue des délices du pouvoir. Il n’y aura que ses proches pour le pleurer. Comme ce fut le cas pour Moumène Khalifa, tombé dans les abysses de la déchéance, après avoir été le flambeau attirant tous les papillons.

Quand le vice-ministre de la Défense évoque la réouverture d’anciens dossiers de corruption il ne craint pas de sortir de son rôle. Son message est à plusieurs sens : brandir la menace contre ceux impliqués dans les dossiers évoqués au cas où ils ne se rangeraient pas sur ses thèses. Mais aussi détourner les regards fixés sur la « bande ». Cela dessine en creux un accord entre les deux parties tenues par un « contrat de fidélité » au président Bouteflika que le général s’était engagé à tenir jusqu’à la mort.

Est-ce le même accord qui maintient dans la tranquillité tout le personnel politique promu à l’ère sous le parapluie du « bouteflikisme » ? En tout cas, la transition voulu par le chef de l’état-major est prévue avec les proches que l’ancien président a mis en place comme des mines destinés à le protéger. Et ceux qui ne sont pas en poste ne semblent pas inquiétés. Visé par une rumeur de fuite, Tayeb Louh a aussi mis en scène son retour au siège du FLN à Alger. Ahmed Ouyahia n’exclut pas de se présenter à l’élection présidentielle et Djamel Ould Abbes veut reprendre la direction du FLN. La liste des provocations est longue.

Le peuple auquel le général a promis de rester à ses côtés « pour le meilleur et pour le pire » a eu pour l’instant des picotements aux yeux. La répression de la manifestation hier à Alger indique un durcissement de la méthode conforté par le communiqué aux accents alarmistes de la DGSN. A ce rythme, les manifestants risquent d’aller en prison plus vite que les comploteurs de la bande.


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7 Commentaires sur cet article

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  • rezki khedim
    13 avril 2019 at 18 h 49 min - Reply

    je ne voudrai être à la place d’aucune des gens du sérail ou de leurs chiatine laudateurs et autres voleurs et escrocs, ceux qui tergiversent sont aussi identifiés, ils cherchent tous à se regrouper sous tous les prétextes mensongers comme à l’accoutumée, mais trêve de plaisanterie, tout est ok pour les dégommer par la force et le génie pacifique du Peuple, hugh fakhamatouhou, hugh son altesse !

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  • Dria
    13 avril 2019 at 19 h 59 min - Reply

    Si Gaid est encore à la tête de l’ANP. Comment expliquer que le peuple soit au courant de ces dossiers de corruptions, de fraudes, de malversations, d’abus de pouvoir dont est coupable le GCA et d’autres généraux.

    Et si ni les services de renseignement de l’armée, ni la justice militaire ne peuvent rien faire pour les confondre, les arrêter, et les remettre à des tribunaux militaires. Yavde quoi se poser des questions existentielles pour le pays et la nation.

    Une armée sensé protéger nos frontières , de repousser toutes invasions étrangères. Une armée qui a le plus grand budget de l’État. Une puissance régionale qui forme des promotions de nouveaux diplômés militaires Algériens et de pays africains.

    Si rien n’est fait par nos militaires pour apporter les changements qui s’imposent , il faut tirer la sonnette d’alarme, et le pays est vraiment en danger et l’avenir fait vraiment peur. Il faut nous prouver le contraire et nous réconforter. Des hommes sont au courant de ce qui se trame, ils ont la possibilité et le devoir de réagir, il faut que ça change.
    Si vous êtes tous complices , ce peuple finira par trouver la solution idoine et l’histoire retiendra l’action de chacun.

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  • ammou
    13 avril 2019 at 21 h 06 min - Reply

    Messieurs les généraux Messieurs les hauts responsables soi disons, ce peuple veux la stabilité du pays le développement du pays veux sauver le pays veux ces droits veux faire ces devoires veux vivre dans sans pays libre independent veux travaillez dans sans pays veut étres bosseurs et rois chez sois veut une transparance veut une justice libre pas manipuler par x ou y veut que la presse l’immedia libre independante veut une armée solide non contrére veut que leures responsable travailles pour le pays et pour le peuple barkawna messarka barawna mela violence barkawna mel égoisme (anania hoube nafsse )barkawna mel profitage illégale un peux de tenue un peux de résonnement soyent resonable ahachemou chowi ya rakoum tkabtou leblade vous avez laissez le pays une carcasse vide (pour quoi vous l’empeches de le faire?)matahasbouche rouhkoum bezaf derbate rabi waara inna allah youmhil wa youmil.faite entrés les armes chez vous et trouvez une autre métaude plus mieux et sinsere.koul fereoune andou moussa .

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  • tarak
    13 avril 2019 at 23 h 05 min - Reply

    Croire que Le Gaid est avec le peuple est une grosse erreur d’appréciation des événements qui se déroulent depuis le 22 Février 2019. En effet, Bouteflika était à quelques jours de sa fin présidentielle et a préféré démissionner au lieu d’être déchu par l’article 102 pour cause de maladie (ce qui devrait arriver), évitant ainsi des poursuites contre ceux qui en son nom géraient le pays à leur guise. Et là c’était la 1ère trahison du peuple par le Gaid pour sauver les Boutef&co. La bande à Boutef ou les malfaiteurs du système, chacun a derrière lui un général pour le protéger donc croire que le changement viendra de l’armée incarnée par le Gaid et ses sbires c’est de la foutaise. A la lumière des événements d’hier tout pense à croire que nous allons vers l’affrontement pour réaliser l’espoir du peuple à l’édification d’une nouvelle république où la loi est au dessus de tous.

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  • wahid
    22 avril 2019 at 15 h 48 min - Reply
  • wahid
    23 avril 2019 at 19 h 00 min - Reply

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    Construire un État de droit sans les parasites.

    Tous sans aucune exception les pourris avérés qu’ils soient des civiles, des militaires, hommes, femmes, de la politique, des affaires, de l’administration ( centrale ou locale), organisation syndicale, juges, magistrats, procureurs etc……

    Dégagé….ayez la dignité et dégagé ….sinon vous serez dégagé et humilié

    Assainissement en profondeur du système de gouvernance pour préparer le terreau pour nouvelle élite ( Militaire, Politique, Economique ect..) qui sera charger de l’édification de la nouvelle Algérie.

    Il y a de l’espoir dans cette jeunesse Algérienne, la nouvelle génération née dans les années 90 a un potentiel extraordinaire, ils ont l’énergie, ils ont enthousiasme, la volonté et la détermination, nous les plus vieux (50+) il de notre devoir de surpasser notre égoïsme, et aider cette jeunesse à ce réaliser, il est important de casser tous les obstacles qui risquent de compromettre la réussite de cette révolution du sourire , déjouer tous les complots pour que les aspirations profonde de cette jeunesse assoiffée de liberté et de prospérité soient réalisés.

    Nous aurons eu l’Honneur de porter ce grand projet pour une Algérie nouvelle, espoir pour cette jeunesse qui peine de se projeter dans le futur, et surtout nous serons fière d’avoir sauver des futurs jeunes candidats a la harga, la drogue et le désespoir.

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    J’approuve la neutralisations des corrompus voleurs, pour les empêcher de parasiter Elhirak, et pour déjouer le scénario (Egypte, Tunisie, Libye, Yémen …etc…)

    Que le diable les emporte

    LES RAISONS

    1
    Djillali Hadjadj: près de 60 milliards de dollars détournées en Algérie sur une période de 15 années

    Le président de l’association algérienne de lutte contre la corruption, Djillali Hadjadj, a chiffré, lundi 22 avril, à près de 60 milliards de dollars les sommes d’argent détournées en Algérie sur une période de 15 années. Un montant auquel il faudra ajouter les chiffres générés de la fuite des capitaux, l’évasion fiscale et autres blanchiment d’argent.

    2
    Rebrab l’autre blanchisseur des généraux Mohamed Touati & khaled Nezzar

    http://issadrebrab.blogspot.com/2010/09/rebrab-lautre-blanchisseur-des-generaux.html

    3
    Rebrab ne fait pas de politique !

    Au cours du forum hebdomadaire du quotidien arabophone El Youm, l’homme d’affaires Issaad Rebrab affirme ne pas faire de la politique. Incroyable pour le sponsor du RCD et de quelques journaux comme Liberté et Le Soir d’Algérie.

    Par ailleurs, en évoquant la période de 1992-1993 et le gouvernement de Bélaïd Abdesselam, Rebrab a longuement insisté sur la » volonté » de l’ex-chef du gouvernement de » museler le secteur privé « . Rebrab n’a pas abordé, au cours de ce forum, la véritable pomme de discorde qui l’a opposé à Bélaïd Abdesselam. En fait, ce dernier avait bloqué l’octroi d’une ligne de crédit de quelques dizaines de millions de dollars dont bénéficiait Rebrab du temps de Sid Ahmed Ghozali.

    Après le départ de Bélaïd, Rédha Malek son successeur a tout de suite réparé l’affront fait à Da Issaâd.

    4
    Gavez vous c’était sur LQA en 2015 ( lisez les commentaires)

    http://lequotidienalgerie.org/2015/10/06/rebrab-de-manager-charismatique-a-fugitif/

    5
    Et encore

    https://tamurt.info/fr/selon-lancien-premier-ministre-belaid-abdesselam-cest-general-larbi-belkhir-a-aide-rebrab/

    6
    Plus encore

    https://tamurt.info/fr/lancien-chef-gouvernement-decede-redha-malek-beau-frere-de-issad-rebrab/

    conclusion…

    Sans scrupule 10% de la richesse de l’Algérie est détenu (delapidé) par une dizaines de morveux, cela veut dire 1 500 000 martyres de 1954-1962 pour que ces morveux hérite sans droit les fruits des sacrifices de nos martyres.

    Hier rachid casa Mr 10%, passant par Khalifa, et aujourd’hui rebrab, un dominateur commun ou le comble tous parents ou amis hier du MALG, SM aujourd’hui du DRS …

    Services de renseignement VS Services de la prédation, ont veut comprendre, ou l’un ou l’autre

    C’est assez

    Dégagé, klitou oua khlitou el blad ya essourak

    Rlaxation

    https://www.youtube.com/watch?v=I8DhwEX5gWA

  • Congrès du Changement Démocratique