Édition du
24 August 2019

Tant que le mouvement populaire reste uni et mobilisé, l’armée aura du mal à réprimer, selon le Washington Post

Par: Yacine Babouche 22 Mai 2019 à 11:37
TSA

Le journal américain Washington Post a proposé ce mardi une explication quant aux raisons ayant empêché l’armée algérienne de réprimer les manifestations populaires qui se déroulent en Algérie depuis le 22 février dernier, suggérant que la composition de l’Armée nationale populaire par rapport aux franges sociales qui manifestent a permis d’éviter une répression des manifestants.

« L’armée algérienne a lâché le mois dernier le président Bouteflika face aux manifestations massives contre son régime. Cette défection a été quelque peu surprenante, car Bouteflika avait largement satisfait les intérêts de l’armée. Sur le plan politique, les militaires ont régné dans les coulisses et ont profité matériellement d’un budget n’ayant pas cessé de gonfler ainsi que de la corruption », explique en préambule l’analyse signée par l’académicien Sharan Grewal de l’Institut Brookings, un think-tank américain.

« La composition de l’armée algérienne par rapport aux manifestants peut aider à expliquer son comportement. Historiquement, la composition de l’armée algérienne est plutôt laïque et arabe, lui permettant de réprimer des groupes marginaux : les islamistes durant les années 1990 et les kabyles durant les années 2000 », indique l’analyse.

« Mais les manifestants d’aujourd’hui font partie de toutes les franges de la société : arabes et berbères, islamistes et laïcs. L’armée algérienne a ainsi beaucoup plus de mal à réprimer de telles manifestations quand leurs propres frères et sœurs peuvent être dans la foule », explique-t-on.

« Le défi pour l’Algérie maintenant est le chemin à prendre. Tant que le mouvement pro-démocratique reste unifié et mobilisé, l’armée continuera à éprouver du mal à réprimer des manifestations d’une telle envergure impliquant toutes les franges de la société », indique l’analyse publiée sur le Washington Post.

« Mais si le mouvement pro-démocratique se fragmente, comme par exemple à la suite d’élections, le régime pourrait être en mesure de décrire les manifestants comme un groupe plus restreint : islamistes ou berbères, par exemple. Il deviendra alors beaucoup plus probable que l’armée réprimera », conclut l’analyse.


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3 Commentaires sur cet article

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  • Abdellah Chebbah
    22 mai 2019 at 14 h 09 min - Reply

    La question que je pose au Washington Post c’est comment se fait-il que cette armée est encore au pouvoir depuis 20 ans et pourtant le peuple n’est jamais sorti en masse pendant ce temps? La France et les États-Unis ont quelque chose à avoir en Algérie. À chaque mouvement économique qui touchent leurs intérêts, ils interviennent dans n’importe quel pays. En Algérie, ils y sont déjà depuis 1962. Notre problème n’est pas l’armée mais ces puissances. Il faut s’adresser à eux et non au garde chiots. Il est temps pour certaines figures de demander audience auprès de Trump et Macron.

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  • iop
    22 mai 2019 at 22 h 15 min - Reply

    il faut que ces journalistes américains comprennent que l’histoire d’algérie ce n’est pas celle des USA, en algérie notre peuple, grands parents se sont battus contre les armes qui détiennent les colons a l’époque or, en USA les armes sont rois et les droits de l »homme sont constamment violés il suffit juste de constater combien de personnes de couleurs sont morts bêtement suite a des simples contrôle de police voire des bavures, en USA jamais on a construit une vrai démocratie; chez eux, tous passe par les armes et la loi du plus fort, tout le monde a une arme dans ce pays donc pas de paix sociale a moins qu’elle soit avec la force, ce qui plonge ses habitants dans le désarroi et le désespoir et le mal être qui automatiquement amène la violence et un sentiment d’être soumis bref les deux pays ne se ressemble pas.

  • still
    2 juin 2019 at 21 h 27 min - Reply

    Mauvaise interpretation des faits par le Washington Post et mauvaise traduction de l’article par TSA.

  • Congrès du Changement Démocratique