Édition du
17 June 2019

Non aux manœuvres de Gaid et de l’État-major !


Tahar SI SERIR

Nous avons déjà été écrasés, mis sous tutelle, nous avons été les victimes des politiques désastreuses entreprises par les généraux décideurs depuis presque un siècle, c’est pourquoi nous affirmons que nous n’accepterons plus le diktat du régime militaire, de tutelle et nous ne voulons plus être les victimes des schémas machiavéliques des ennemis du peuple.

Les kleptocrates, Gaid et l’État-major, ont une dette inestimable envers notre peuple, pour toutes les violences commises, depuis 1962 à ce jour, contre les algériennes et les algériens. Vos magouilles en boucle sont à la base de tous nos malheurs d’aujourd’hui. Qui n’est pas juste ne peut pas suggérer ou dicter les règles selon lesquelles nous devons nous comporter ou agir dans notre pays, le peuple est en mesure d’élaborer le projet Algérie de demain digne, de prendre des initiatives, de construire son avenir et de mettre en place des mécanismes de transition.

L’État-major doit respecter le choix de notre peuple, car les algériens méritent le respect de leurs droits. Nous n’accepterons plus votre dictature injuste, nous affirmons que nous sommes mieux organisés que vos marionnettes et nous avons des cadres capables de sortir notre pays de la crise, mettre l’Algérie sur les rails et surtout asseoir une véritable justice indépendante.

En effet, Rousseau et Kant ont montré que l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite (et non pas à celle que l’on a imposé) constitue la forme achevée d’une liberté responsable, voilà pourquoi notre peuple refuse la feuille de route des hors la loi. Pour se défendre et reconquérir sa dignité, le peuple a choisi la non-violence comme une résistance efficace à l’oppression. Concernant la poursuite en justice de tous ceux impliqués dans le pillage du denier public et la dilapidation des richesses du pays, le peuple préfère une justice après la transition démocratique, car les chefs des gangs (État-major) veulent imposer une arnaque médiatique, des règlements de compte, le chantage et la vendetta pour sauver le système.

Dans son livre 1 chapitre 3 (du contrat social), Rousseau parle de ce qui fonde le droit de certains à imposer leurs volontés aux autres et il explique que le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme pas sa force en droit et l’obéissance en devoir. De là le droit de plus fort, droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe. Il rajoute, supposons un moment ce prétendu droit, je dis qu’il n’en résulte un galimatias inexplicable. Car sitôt que c’est la force qui fait le droit, l’effet change avec la cause, toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu’on peut désobéir impunément on le peut légitimement, et puisque le plus fort à toujours raison il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plus fort.

Or qu’est-ce que un droit qui périt quand la force cesse? S’il faut obéir par force on n’a pas besoin d’obéir par devoir, et si l’on n’est plus forcé d’obéir on n’y plus obligé, on voit donc que ce mot de droit n’ajoute rien à la force, il ne signifie ici rien du tout. Le chef d’état-major Gaïd Salah hurlait fort et affirmait, au début du soulèvement, que le chef de l’État Bouteflika était en bonne santé, que l’élection du 18 Avril 2019 allait se dérouler dans la transparence et l’équité, ensuite il voulait imposer la conférence nationale, puis il a défendu avec toutes ses forces les élections du 4 juillet 2019. Mais, quand le rapport de forces s’est imposé dans la rue, il a retourné sa veste, pour sauver le système et aujourd’hui il cherche encore des solutions de sortie de crise pour les gangs mais jamais pour notre pays.

L’État-major dans ses fuites de responsabilité, les tentatives de sauver le système, l’absence de décision et le manque de courage, s’est tellement délégitimé au point de rompre complètement la confiance avec les algériens. En revanche, le peuple assume pleinement sa responsabilité historique et reste résolu à poursuivre la lutte pacifique et à contribuer à la construction de l’Algérie de demain, plus que jamais impérative face à l’entêtement un général qui ne protège que ses intérêts directs et les intérêts des hydres, des aventuriers de l’État-major qui ne craignent pas de nous entraîner dans l’engrenage généralisé de l’horreur.

Enfin, l’Algérie ne peut plus être une zone de non droit, un vaste zoo où quelques généraux phagocytent la volonté et la capacité de la majorité des braves gens à contribuer au redressement de leur pays.

Le changement s’approche à grand pas, on attend la délivrance, l’écroulement des tyrans tombant de leur trône, l’élévation des honnêtes enfants de l’Algérie, le rassasiement des opprimés, le renvoi des fous de pouvoir à leur vide, la dispersion des fausses élites, soigner définitivement les plaies ouvertes par le respect mutuel, l’acceptation de la pluralité des opinions, des interactions dans l’ouverture et la coopération, la liberté d’expression, le respect de la dignité humaine, de la diversité culturelle, la participation de tous les citoyens aux affaires publiques pour construire l’Algérie de demain libre et heureuse.


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