Édition du
17 June 2019

Halte à la mystification du militaire !

Adel Herik

Il y a un mal profond dont ont souffert les « masses populaires » dans les pays dits progressistes du monde arabe. C’est celui qui consiste à croire que le militaire est « par définition » plus patriote, plus nationaliste que le civil. Ce mal, qui va d’ailleurs de pair avec la crainte qu’inspire le militaire, a pris naissance avec la révolution des Officiers Libres de 1952 en Égypte et s’est renforcé au fur et à mesure que d’autres pays ont suivi le même chemin (Irak, Syrie, Algérie, Libye, Soudan, Yémen). Ce fut, bien évidemment, une mystification car en vertu de quoi un colonel ou un général serait-il plus patriote qu’un civil occupant le poste de DG d’entreprise, professeur en médecine chef d’un service hospitalier ou docteur en sociologie ou en physique responsable d’un département dans une université?

Aujourd’hui, certains nous disent que c’est l’Armée qui est le seul garant de la stabilité et de la sécurité du pays, comme si en dehors d’elle, la masse des civils n’était qu’un immense réservoir de lâches et de traitres potentiels. Mais ces gens-là oublient que lorsque l’Algérie était occupée, c’étaient les civils, les gens du peuple qui s’étaient mobilisés pour prendre les armes et libérer le pays. Ils oublient que l’armée de Saddam Hussein (ce dirigeant impitoyable qui faisait trembler tout le monde) n’a pas pu empêcher l’occupation de l’Irak par les Américains. Ils oublient que dans les deux guerres mondiales, ce sont les civils qui ont été mobilisés par millions pour aller se battre au front, que ce soit en Allemagne, en Russie, en France ou ailleurs.

Certes, nul ne peut nier que le rôle de l’Armée est de protéger les frontières du pays et veiller à sa sécurité, mais ce n’est pas le seul garant. L’ultime garant est toujours le peuple dans son ensemble et il est grand temps que les armées du monde arabe le comprennent pour que nous sortions définitivement de l’ère des coups d’État répétitifs et de la tutelle de l’Armée sur le peuple, dont notre Constitution dit pourtant clairement qu’il est la source de tout pouvoir et que la souveraineté nationale lui appartient exclusivement (articles 7 et 8).


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3 Commentaires sur cet article

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  • Meriem
    2 juin 2019 at 20 h 05 min - Reply

    vous ecrivez je vous cite: » le mal profond ,C’est celui qui consiste à croire que le militaire est « par définition » plus patriote, plus nationaliste que le civil » il faudrait ajouter : les militaires pretendent etre depositaire de la verité suppreme et ne pas etre contaminé par les vices de leur concitoyens .Des prophetes en quelques sorte.

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  • ibn Arabi
    3 juin 2019 at 17 h 23 min - Reply

    Churchill aurait dit a quelqu’un qui lui demandait ou allez-vous. Je vais a un conseil de guerre. Laissez les militaires s’en occcuper. Churchill repondit la guerre est une chose tres serieuse pour la laisser aux seuls militaires. En fait actuellement les pays les plus stables et tranquilles sont les pays sans armee: la Suisse, Singapore et Costa Rica.

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  • Dria
    3 juin 2019 at 19 h 00 min - Reply

    Messieurs les généraux, le scrutin n’aura pas lieu. La date du 04 juillet que vous annonciez en grande pompe et synonyme pour le peuple comme étant une « date de péremption » de votre système devenu caduc. Votre régime prendra fin le 09 juillet selon votre constitution. Qu’en est-il du risque « VIDE CONSTITUTIONNEL » que vous brandissiez à tout bout de champs. Bandes de ripoux vous avez osez un autre  » VIOL CONSTITUTIONNEL » sous couvert du conseil constitutionnel illégitime, pour reconduire le chef de l’état le plus impopulaire de l’histoire du pays et dont la nationalité pose problème même en tant que sénateur. Le reconduire après le 09 juillet de quel droit ? en usant de quel article de la constitution et par le biais de quel institution légitime?

    Reconduire le Gang, un BENSALAH qui n’ose pas s’adresser au peuple, pourtant il n’est pas aphasique comme son prédécesseur, mais il doit s’effacer devant son parrain le vice ministre de la defense qui prend la parole au moins chaque mardi.

    Un GAID qui parle au nom de l’armée. Jusqu’à preuve du contraire, aucun militaire ne s’oppose à sa ligne de conduite. Tous semble acquiescer du simple djoundi au plus haut gradé, en passant par l’état-major au cabinet noir et leur revue d’Al Djaich. Je dirais sans ambages que c’est dans la masse des militaires qu’il existe un immense reservoir de lâches et de traîtres potentiels que chez les civils. Pour preuve, le nombre de martyrs et le nombre d’incarceration et de réfugié politique est plus important chez les civils que chez les militaires.

    l’Armée n’est rien et ne sera rien sans le peuple. Si les militaires n’arrivent pas faire de différence au sein de leur institution, vu les grades, les ordres, les rangs, la discipline. Le peuple, lui, sait faire la différence entre les généraux ripoux et le reste de l’armée. Ce peuple pacifique et qui fera tout pour rester pacifique saura à qui s’attaquer en cas ou en voudra le faire basculer malgré lui.

    Ce peuple connait sa force, même s’il n’en fera usage que comme ultime et légitime recours, et si par malheur on le pousse vers la violence. Ce peuple fera tout pour qu’il n’y aura plus jamais 250000 morts et disparus. Cette fois pas besoin de fetwa les algériens islamites, laics, berberistes, féministes… feront payé la poignée de généraux, de ministre, de wali , de député et de sénateurs et de leur elites des Plateaux TV et média. Qui continuent de faire la sourde oreille et semblent complètement déconnecté de la réalité. Ils nous rappelle MARIE ANTOINETTE lors de la disette de 1789 et son fameux « S’ IL N’ONT PAS DE PAIN QU’ILS MANGENT DE LA BRIOCHE » avant de se retrouver sur la potence et guillotiner en 1793, soit cinq ans après, à bon entendeur Salam.

    ECOUTEZ CE PEUPLE AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD NE NOUS SOMMES NI LE SOUDAN NI L EGYPTE ICI C’EST AL DJAZAIR .ET IL N Y AURA PLUS JAMAIS DE SCRUTIN AVEC VOS MEMES PANTINS.

    SAHA FTORKUM

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  • Congrès du Changement Démocratique