Édition du
17 June 2019

Transition démocratique ou continuité des pratiques… ?

La tenue d’élections présidentielles dans le cadre juridique, politique et administratif du régime actuel, ne vise que la régénération et la continuité du système mafieux aux commandes du pays depuis des décennies et qui mènera inéluctablement dans la voie de la libyesation de l’Algérie.

Est-il important de marteler que le passage d’une dictature  corrompue vers  une république démocratique ne se fera pas sur un coup de baguette magique ou par des élections factices, décorées de candidats réels?

Fort crédible et respectable que discutable, la transition démocratique sert à renouer les liens brisés, à rétablir si ce n’est pas d’établir les institutions fortes, des légitimités à construire et à léguer aux futures générations une Algérie démocratique, moderne, exigeante, équitable, inclusive, juste, ouverte, citoyenne, critique, créative, consciente, compétente et fière.

La transition démocratique s’impose comme seule solution inévitable de la crise politique qui gangrène l’Algérie pour aboutir  à la revitalisation de la société civile et de ses relations avec le pouvoir politique. Il s’agit donc d’un socle nécessaire, urgent, consensuel, transparent et déterminant du développement politique et économique auxquels aspire le peuple algérien.

La transition démocratique doit être négociée en toute liberté et transparence, consensuelle (avec la plus grande participation et en consultation avec la société civile.), graduelle et pacifique. C’est un processus  sûr, par lequel le peuple algérien mettra un terme définitif au régime actuel et préparer les conditions de l’émergence d’un État de droit qui signifie :

  • Un État qui assure les droits fondamentaux des citoyens (sécurité, justice, éducation,  santé, culture, épanouissement et intégrité,
  • Un État qui protège les droits et les libertés acquis des citoyens;
  • Un État où l’objet du droit constitutionnel est l’encadrement du pouvoir politique et la conciliation de la liberté et de l’autorité.

La transition démocratique est bien davantage que la simple organisation d’élections. C’est un contrat social et politique des forces vives de la nation.

Dans cette perspective et parmi toutes les propositions honorables,  «la proposition de sortie de crise» du FFS qui date de janvier 2004, pour «l’avènement de la deuxième république», émerge par son caractère unifiant, inclusif et comme approche globale, car elle est non seulement d’actualité tangible, mais aussi un plan salvateur, consensuel et une issue honorable pour l’Algérie.

  Kamel Bourenane


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  • BEDROUNI Mahfoud
    4 juin 2019 at 1 h 03 min - Reply

    Notre feuille de route repose sur trois(3) points essentiels :

    1ér point concernant la période de transition : selon notre approche, elle doit être scindée en deux phases distinctes :
    a)Phase antérieure à la période de transition (phase provisoire ou intermédiaire): allant de la chute du pouvoir en place à l’installation des institutions de la phase de transition issues de la feuille de route. Cette phase doit être d’une durée la plus courte possible (trois(03) mois maximum).Elle est consacrée à la tenue d’un dialogue national relatif à l’élaboration et l’adoption de la feuille de route de la période de transition.
    Les institutions de cette phase :
     Conseil présidentiel : composé de personnalités indépendantes intègres, nationalistes, non partisanes et se situant à une même distance des différentes forces politiques et consensuelles (dans la mesure du possible) et ne se sont jamais compromis avec le système dictatorial et mafieux et n’ouvrant pas droit à chacun d’eux de se porter candidat aux premières élections présidentielles et législatives ;
     Conseil consultatif composé d’experts pour assister le conseil présidentiel (intègres, compétents, neutres et expérimentés) ;
     Gouvernement restreint composé de technocrates en vue de gérer les affaires courantes ;
     Instance indépendante des élections.
    L’action principale des institutions de cette phase est d’arrêter une feuille de route de la période de transition (en concertation avec tous les acteurs et protagonistes) et de préparer et organiser:
     Le référendum sur la feuille de route (qui deviendra la constitution provisoire de l’Etat algérien) ;
     l’élection de la principale institution de la période de transition qui est le parlement du peuple algérien.

    b)Phase de transition : Cette phase doit être d’une durée de 2 ans maximum. Les institutions de cette phase :
     Parlement ;
     Chef de l’Etat intérimaire ;
     Gouvernement de transition ;
     Instance indépendante d’organisation des élections ;
     Assemblée constituante.

    2éme point : Concernant la feuille de route : la feuille de route de la transition discutée et proposée par les forces du changement et ayant requis un consensus par tous les protagonistes de la scène politique algérienne, doit être adoptée et approuvée par le peuple algérien par référendum. La feuille de route ainsi adoptée et approuvée par le peuple algérien devient la constitution provisoire de l’Etat algérien durant la période de transition.

    3éme point : Concernant la mise en place des institutions de la période de transition : les institutions de la période de transition doivent reposer sur une légitimité populaire notamment la principale institution qui est le parlement (selon notre approche) et dont les membres doivent être élus au suffrage direct selon le mode du scrutin uninominal à 2 tours. Cette institution accordera la légitimité aux autres institutions soit par le mode de l’élection, soit par le mode de la désignation :
     Chef de l’Etat intérimaire (élu par le parlement) ;
     Gouvernement de transition (les membres désignés par le chef de l’Etat intérimaire et soumis à l’approbation du parlement) ;
     Instance indépendante d’organisation des élections (les membres sont élus par le parlement conformément à la loi y relative) ;
     Assemblée constituante (les membres sont élus par le parlement conformément à la loi y relative).

    Pour plus de détails sur notre approche, veuillez s’en référer au texte ci-joint intitulé « Projet de plate-forme pour le changement en Algérie ».

  • Congrès du Changement Démocratique