Édition du
20 August 2019

ALGERIE : REVOLUTION, RECONCILIATION ET RENAISSANCE

« Qu’est-ce que vivre ? À chercher une définition, déjà, les ennuis commencent. On a le choix entre deux énoncés : Vivre, c’est défendre une forme. Vivre, c’est affirmer et imposer une forme. »

Parler du présent éveil national en Algérie, c’est bien sûr pour tous les intellectuels du monde de l’inscrire dans une philosophie de l’histoire marxiste ou hégélienne, celle qui croit au sens de l’histoire et qui suppose qu’un ordre nouveau doit émerger des contradictions d’une société.

On se réfère à la révolution française, la révolution bolchevique, la révolution maoïste culturelle, la révolution cubaine, et la lutte contre l’impérialisme américain.

C’est certainement le premier malentendu ; toute philosophie de l’histoire doit être vue dans son contexte.
Ce qui le fascine en Algérie c’est justement qu’il s’agit d’une révolution pacifique.

Un ami m’a dit qu’il faut réinventer le mot démocratie pour ce moment de l’histoire.

Il faut remarquer deux points qui sapent toute comparaison avec les révolutions politiques d’antan : l’unanimisme de la société (pas de guerre civile, pas de luttes de classe comme moteur de la révolution) et l’absence d’idéologie et de programme politique, ce qui laisse ouverte la question du régime à venir et du programme de gouvernement qu’il peut y avoir, là il y a une volonté claire, obstinée, unanime du peuple algérien.

Cette révolution fait sens en soi, comme refus du pouvoir, et non pas en tant qu’elle serait porteuse d’un nouvel ordre, d’un nouveau pouvoir et d’une société plus juste, ce qui devrait dans une certaine mesure être un gage aux équilibres inter-régionaux et internationaux.

Les appréhensions internes et externes sont immenses quant à l’ordre social sur lequel cette révolution déboucherait.
Dans cet éveil révolutionnaire, toutes les classes sociales sont impliquées et personne ne met en avant des revendications économiques ou sociales.

Les classes sociales existent mais cela n’est pas pertinent. Tous veulent le départ du pouvoir politique en place.
La révolution est purement politique, mais contre le politique même.

L’éveil algérien 2019 va à l’encontre des explications sociologiques des paradigmes Think-Tanks en place.

Les intérêts régionaux et internationaux, plus que prévalant dans une globalisation d’une économie tentaculaire, rendent la situation algérienne plus que jamais énigmatique.

A certain égard, le lien du Rubicon n’a pas été franchi au Moyen-Orient, mais il le sera certainement en Algérie, pour le grand malheur de ceux qui se prétendent à un élitisme prédestiné.

L’Algérie se fera d’abord avec toutes les algériennes et algériens, le reste ne sera qu’une négociation d’intérêts.

Cette révolution, réconciliation et renaissance d’un peuple qui veut se rendre justice devant une histoire malveillante, sont une cause juste et n’à aucun plan d’expansion au-delàs de ses frontières.

Sans Velléité, ce peuple veut un vivre et aider à vivre, son héritage sera sans doute de rendre les pouvoirs plus fragiles et les hommes plus lucides.

Khaled Boulaziz


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