Édition du
20 August 2019

« Panili we Enpanilek…. Le Panel Sauveur !

Youcef L’Asnami

Et voilà donc notre sort lié à ce PANEL de « personnalités nationales, crédibles, compétentes, sans attache partisane et sans ambition électorale » qui vont peut-être nous sauver et nous permettre de sortir de cette « Ghouma » estivale. : Karim Younes, Fatiha Benabbou, Abdelwahab Bendjelloul, Smail Lalmas, Azzedine Benaissa, Lazhari Bouzidi. Je ne sais pas quelle est la proportion de citoyens qui connaît ces « personnalités » peut être honorables, mais dont on est en droit de s’interroger sur leur représentativité !
Des économistes, des constitutionnalistes , un syndicaliste et un ex Président d’APN dont la moyenne d’âge fait partie des us et coutumes du pouvoir.

Le communiqué de la présidence nous précise que la désignation de ces personnes « représentatives et consensuelles , s’est faite sur la base des propositions et recommandations formulées par des acteurs de la société civile et du mouvement associatif, et au regard des critères définis pour le choix des personnalités ». Saha ! Sauf que l’un d’eux vient de préciser au JT de l’ENTV qu’ils ne sont en aucun cas représentatifs du mouvement citoyen « Hirak » ! Cqfd !
En revanche, ce communiqué ne précise pas quels ont été les critères liées à cette désignation ni même quels sont les acteurs de la société civile et du mouvement associatif qui ont présidé à leur désignation. Le pouvoir reste sur ce point fidèle à une de ses constantes jamais démenties jusque là : son opacité. Son incroyable opacité !

Ces personnalités auraient insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures d’apaisement comme préalable à la poursuite du dialogue .
Et donc, dans la foulée, « le chef de l’Etat a fait état de sa disponibilité à œuvrer pour inviter la justice à examiner la possibilité d’élargissement des personnes dont l’interpellation s’est faite en lien avec le déroulement des marches populaires ».
On appréciera la précaution «  inviter la justice à examiner la possibilité d’élargissement.. ». En espérant que le réseau de Si Zeghmati – notre bien aimé procureur général – ne sera pas Kharadj etaghtiya !
Certains prédisent même une éventuelle démission du gouvernement Bedoui. Sauf que les constitutionnalistes dont Mme Fatiha Benabbou seraient divisés sur cette éventualité.

Dialogue entre qui et qui puisque les pouvoirs civil et militaire jurent qu’il garderont une position de neutralité. Dialogue avec les partis politiques, les représentants du Hirak… nous dit Lalmas !

Pourtant la principale mission essentielle assignée à ce « Panel », est de faire en sorte d’organiser l’élection présidentielle le plus rapidement possible. Et pour l’atteinte de cet objectif, il a carte blanche !!! Après on verra…. Il y a urgence car les vendredis se suivent et se ressemblent sans le moindre essoufflement. Peut-on dans les conditions actuelles organiser une élection présidentielle avec le pouvoir en place ?

Toute cette comédie prêterait à rire si l’Algérie ne vivait pas une des périodes les plus incertaines de son histoire. Pour sortir de cette impasse, le pouvoir semble naviguer à vue et au jour le jour.
La vague d’arrestations, de mis sous contrôle judiciaire, d’interdiction de sortie du territoire n’ont apparemment pas suffi pour calmer la contestation citoyenne. Cette monnaie d’échange politique a atteint ses limites même si la liste des arrestations est loin d’être close. On aurait peut être plus intérêt à identifier les personnalités politiques ou hommes d’affaires jamais impliquées dans la dilapidation des deniers publics ou la corruption. Ce sera plus facile !!!

Le pouvoir tente donc désespérément de se dégager de la scène politique pour laisser la place à ce « panel » en lui confiant une responsabilité qui n’est pas la sienne. On notera que les instruments du pouvoir tels que l’Assemblée nationale populaire ou le Conseil de la Nation ont été superbement ignorés alors qu’ils sont sensés être, eux, l’émanation du peuple !

Avec cette attitude irresponsable et quasi folklorique, le pouvoir algérien prouve encore une fois qu’il est à bout de souffle et d’idées.

La situation est d’une telle complexité qu’on voit mal une sortie de crise sans un bouleversement radical et un signal fort à même de redonner un espoir à des citoyens usés par des semaines de contestation mais encore debout jusqu’à la satisfaction de leurs légitimes revendications.


« Panili ou EnPanilek ». La réponse sera donnée demain vendredi 26 juillet avec un Panel de 20 millions de citoyens !


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  • wahid
    26 juillet 2019 at 6 h 41 min - Reply

    Par ce que le système politique en Tunisie n’est pas militarise. Les tunisiens appliquent la loi ( la constitution ), en Algérie les militaires font les coup de force et chaque fois c’est le chef de l’état major ou le plus haut gradé et son clan qui s’accaparent du pouvoir.

    1962- Ben Bella+ boukharouba, éliminent le président du GPRA

    1965- Boumedienne + Tahar zbiri, éliminent Ben bella

    1968- Tahar zbiri, l’échec et depuis pas de coup d’état la sécurité militaire veuille au pouvoir et à son chef Boumedienne

    1979- la sécurité militaire ( kasdi merbah) et l’état major ( Larbi belkhir) installe Chadli ( Janvier 1979.– Un conclave militaire désigne le colonel Chadli Bendjedid )àà

    janvier 1992, le président Chadli Bendjedid poussé à la démission par les militaire (NEZAR alors ministre de la défense) quitter le pouvoir en le remettant aux militaires qui le lui avaient offert en 1979.

    Juin 1992 – ( Nezar alors ministre de la défense ) + Medien chef du DRS éliminent Boudiaf et installent le HEC

    1995- Medienne alors chef du DRS et l’état major (mohamed amari) installent Zeroual

    1999- DRS et l’état major (mohamed amari) installe Bouteflika

    2019- l’état major élimine Bouteflika et installe ?

    Pourtant il y a des solutions pour relativiser le rôle des militaires en Algérie, il suffit de changer le système politique et prévoir un cadre juridique pour encadrer le rôle des militaires, par exemple opter pour une système politique parlementaire, ou les prorogatifs du chef de l’état seraient limitées, du coup moins de pression politique sur le président et par conséquent démuni le risque de complot ou de coup d’état par les militaires.

    Les Algériens devraient penser sérieusement pour encadrer constitutionnellement et juridiquement les prérogatives des militaires et de l’institution militaires, c’est aux civiles de relativiser leur rôle des militaires non l’inverse pour plus de démocratie et de stabilité politique.

    https://www.youtube.com/watch?v=lqOs0Ath3fs

  • Congrès du Changement Démocratique