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	<title>LE QUOTIDIEN D&#039;ALGERIE &#187; Benyoucef Mellouk</title>
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		<title>Mellouk : L’acharnement de la justice</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 08:19:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droits de l’Homme]]></category>
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<p><span style="color: #008000;">El Watan</span>, 23 mars 2010</p>
<p>Renvoyé une première  fois, à la suite d’incidents, le verdict concernant le procès qui oppose les  deux anciens ministres de l’Intérieur, Mostefa Mohammedi, et des Moudjahidine,  Mohamed Djeghaba, à Benyoucef Mellouk, depuis… 18 ans, est finalement tombé,  hier, comme un couperet. La cour a confirmé la peine de 4 mois de prison ferme,  prononcée en première instance. C’était le choc dans la salle. Une foule  nombreuse, composée surtout de membres de l’ALN, notamment des Wilayas  historiques I et II, d’anciennes condamnées à mort, de familles de victimes du  terrorisme, de syndicalistes et de militants des droits de l’homme, est venue,  dès 9h, apporter son soutien et exprimer sa solidarité avec celui qui se bat  contre ceux qui ont perverti l’histoire du pays. Toutes ces femmes suivaient  silencieusement, pendant près d’une heure, la lecture des décisions par la  présidente du tribunal, Mme Latifa Kesanti, jusqu’à ce que celle-ci termine avec  l’affaire Mellouk.</p>
<p>L’avocat de Mellouk, Me Mokrane Aït Larbi, va  introduire un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême. Il annonce la  création d’un comité pour la vérité sur Mellouk et d’une campagne de soutien à  ce dernier. Confirmation de la décision prononcée par le tribunal », dit-elle  d’une voix inaudible, avant de se lever et de lever l’audience, devant une salle  restée ébahie. « C’est une honte. Vous ne pouvez pas condamner un vrai moudjahid  pour sauver un traître. De cette façon, la justice devient complice », lance Mme  Fattouma Ouzgane, ancienne membre de l’ALN. A côté d’elle, Djamila Bouhired, une  autre figure de la Révolution, est choquée, tout comme Djoheir Akrour ou Mme  Koreichi et tant d’autres présentes dans la salle d’audience. Pris de colère,  Mellouk déclare : « Regardez ce qui arrive à ceux qui disent la vérité dans  notre pays. Les magistrats faussaires sont encore dans les rouages de la  justice, ce sont eux qui veulent que ma voix se taise à jamais. Les vrais  combattants de la Révolution sont là aujourd’hui, ce qui prouve que mon combat  est le leur. Je n’ai dit que la vérité et rien que la vérité.  »</p>
<p>L’anarchie s’empare de la salle. Contrairement à l’audience précédente,  les policiers n’ont pas fait dans la provocation. Ils ont laissé faire. Me  Mokrane Aït Larbi, l’avocat de Mellouk, est assailli par les femmes présentes. «  Il faut marcher dans la rue pour protester contre ce verdict. Il faut aller  ramener tous les vrais moudjahidine pour dénoncer les traîtres », lance Mme  Ouzgane, avant d’être interrompue par Me Aït Larbi. « Nous allons introduire un  pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême, créer un comité de vérité sur  l’affaire des magistrats faussaires et en même temps organiser une campagne de  solidarité avec Mellouk… », dit-il aux nombreuses personnes qui voulaient à tout  prix occuper la rue pour exprimer leur colère.<br />
« Nous sommes tous des Mellouk  »</p>
<p>La sœur de Mellouk éclate en sanglots. « Que veulent-ils faire de nous.  Ils ont brisé toute une famille, spolié nos biens et maintenant, ils veulent  mettre Benyoucef en prison. Qu’avons-nous fait pour mériter ce sort ? Avons-nous  tué, volé ou pillé l’argent du peuple ? Rien de tout ça. Notre famille compte  parmi ses enfants de nombreux combattants de l’ALN. Ceux qui nous poursuivent  sont parmi ceux qui ont trahi le pays, comment se fait-il que la justice leur  donne raison ? », s’offusque-t-elle. Son frère, tente de la calmer, mais en  vain. Il sort de son cartable un gros dossier et le remet à Djamila Bouhired. «  Je vous confie la bombe que j’ai entre les mains depuis des années. Si vous avez  le courage de lire ce qu’il y a à l’intérieur, faites-le et informez-en le  peuple que vous toutes avez libéré », lui dit-il les larmes aux yeux.</p>
<p>Mme  Bouhired prend le dossier, essuie ses larmes et lui rétorque : « Nous ne  trahirons jamais l’Algérie. Nous ferons tout pour que la vérité soit connue.  Nous sommes toutes avec toi. » Mme Ouzgane lui emboîte le pas : « C’est en 1960  qu’ils ont décidé d’écarter les vrais membres de l’ALN, mais à l’époque, nous  étions naïfs de croire que les faux moudjahidine et les harkis allaient envahir  l’Etat. Nous allons les dévoiler et les démasquer tous, parce que nous sommes  tous des Mellouk et personne ne peut nous arrêter. » Des propos qui résonnent  très fort dans le hall de la cour, mais pas dans les oreilles des magistrats.  Lourde, la peine de 4 mois de prison ferme n’est pas prononcée uniquement contre  Mellouk, mais aussi contre tous ceux qui oseront, à l’avenir, révéler une vérité  autre que celle détenue par les dignitaires du système. La pétition lancée par  les anciennes combattantes de l’ALN, pour réclamer « la vérité » et exprimer le  soutien à Mellouk, est déjà signée par des centaines de citoyens en attendant  que le comité de vérité soit mis en place dans les jours à venir pour réfléchir  à des actions sur le terrain.</p>
<p>Par Salima Tlemçani</p>
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		<title>Benyoucef Mellouk. Ancien haut fonctionnaire du ministère de la Justice : « La mafia politico-judiciaire a détruit ma vie »</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 08:24:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Share El Watan, 19 mars 2010 Las mais optimiste. Victime de poursuites judiciaires acharnées depuis dix-huit ans, Benyoucef Mellouk, 68 ans, veut que la lumière soit faite sur le dossier des « magistrats faussaires » l’opposant à deux anciens ministres, Mohamed Djeghaba, ministre des Moudjahidine, et Mohamed-Salah Mohamedi, ministre de l’Intérieur. En dépit de la [...]]]></description>
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<p>Las  mais optimiste. Victime de poursuites judiciaires acharnées depuis dix-huit ans,  Benyoucef Mellouk, 68 ans, veut que la lumière soit faite sur le dossier des «  magistrats faussaires » l’opposant à deux anciens ministres, Mohamed Djeghaba,  ministre des Moudjahidine, et Mohamed-Salah Mohamedi, ministre de l’Intérieur.  En dépit de la lenteur de la justice et des intimidations, l’inépuisable  sexagénaire continue à dénoncer.</p>
<p>-  Le verdict de votre affaire vient  d’être reporté pour la énième fois. Que ressentez-vous, aujourd’hui, après 18  ans de poursuites judiciaires ?</p>
<p>L’affaire dite des « magistrats  faussaires » a touché toutes les institutions de l’Etat. Ce que j’ai révélé par  voie de presse en mars 1992, suite à une enquête que j’avais effectuée en tant  que chef du service des affaires sociales et du contentieux au ministère de la  Justice a ébranlé toutes les sphères du pouvoir. Pour cette raison, mon affaire  traîne depuis presque vingt ans sans aboutir à une décision concrète. Je ne suis  pas étonné des reports incessants du verdict, c’est une affaire que le régime  algérien veut étouffer. Le défunt Mohamed Boudiaf a pris l’initiative de «  nettoyer » l’appareil judiciaire. D’ailleurs, ce Président avait un objectif  précis, « dire la vérité au peuple et combattre la mafia politico-financière ».  C’est là que j’ai pris la décision de dénoncer les « intouchables », les  magistrats. Mais Boudiaf n’a rien pu faire car il s’est fait lâchement  assassiner.</p>
<p>-  Vous sentez-vous trahi ?</p>
<p>Bien sûr. Depuis la mort  de Mohamed Boudiaf, aucun Président n’a pu prendre une décision concrète qui  touche à tout un pays, à l’histoire de tout un peuple et au serment donné aux  martyrs. Le seul gouvernement qui m’a protégé est celui de Mohamed Boudiaf. On  avait ce courage de patriotisme à l’époque. Tous les gens que j’ai dénoncés sont  intouchables. Parmi eux, certains sont devenus de hauts cadres de l’Etat et  jusqu’à maintenant, ils continuent à faire subir l’injustice aux Algériens en  toute impunité. C’est un régime d’injustice ! Il n’y a que les honorables femmes  moudjahidate, quelques amis, la famille et la presse indépendante – à l’instar  du défunt le journaliste Abderrahmane Mahmoudi – qui me soutiennent, alors que  je n’ai fait que mon devoir. Même le collectif des avocats s’est retiré hormis  Me Mokrane Aït Larbi, le seul à avoir eu le courage d’aller vers ce  dossier.</p>
<p>-  Avez-vous rendu le rapport de votre enquête aux autorités  avant de la publier dans la presse en 1992 ?</p>
<p>En premier lieu, j’avais  avisé la Présidence elle-même au temps du président Chadli Bendjedid. Quand on a  constaté que des responsables étaient impliqués dans la corruption qui gangrène  l’appareil judiciaire, ainsi que des faux moudjahidine, Ahmed Noui, l’actuel  secrétaire général du gouvernement, lui aussi magistrat, s’est dérobé. A  l’époque, il était directeur à la Présidence. Malgré ça, j’ai envoyé un rapport  confidentiel au bureau d’ordre de la Présidence. Resté lettre morte. Quant à  Mohamed-Salah Mohamedi, ministre de l’Intérieur à l’époque, donc très puissant,  il était l’homme des services de sécurité et connaissait beaucoup de secrets. Il  faisait partie d’un clan de magistrats parents avec des généraux, des ministres,  des hommes des services de sécurité, dans les plus hautes institutions du  pays.</p>
<p>-  Quels sont les stigmates de cette affaire sur votre santé, sur  votre vie ?</p>
<p>Ces gens-là sont très puissants, et beaucoup m’en veulent,  car ce que j’ai dénoncé touche à tous les secteurs : l’Education, le ministère  de la Défense nationale, le ministère de l’Intérieur, celui de la Justice, des  Moudjahidine, etc. Mes enfants ont été tabassés à plusieurs reprises. Moi, j’ai  été roué de coups et menacé par des individus dans une voiture banalisée. Ma  femme s’est vue mise à la retraite anticipée. J’ai dû vendre ma vieille voiture  pour payer des études à mes enfants dans une école privée car les enseignants  des écoles publiques les insultaient tout le temps. On les a même mis dehors. On  leur disait : « Votre père a vendu les moudjahidine. » Même le secteur de  l’éducation ne nous a pas épargnés injustice et humiliation. Les gens du clan  d’Oujda, très influents, occupaient des postes-clés dans les différentes  administrations. Nous avons beaucoup souffert, ma famille et moi. Mes enfants  ont été tentés à plusieurs reprises de quitter le pays mais ils ont eu le  courage de ne pas céder à la peur.</p>
<p>-  Recevez-vous toujours des menaces  ?</p>
<p>Lorsque Mohamed-Salah Mohamedi a su que j’avais en ma possession un  dossier sensible sur son père, haut magistrat dans la justice ainsi que sur sa  sœur, à la Cour suprême, on m’a convoqué à la caserne Ali Khodja à Alger pour  m’intimider. Mais quelqu’un est intervenu, assignant les auteurs de mon  incarcération à me libérer. Les services de sécurité se sont renducompte que  c’était un dossier sensible et qu’un complot se tramait autour de cette affaire.  Depuis que j’ai fait éclater ce scandale, j’ai reçu des menaces et subi des  agressions physiques de la part des proches des magistrats démasqués. Les  premiers temps, j’étais bloqué chez moi, mais j’ai pris mon courage à décidé que  la vie allait continuer .</p>
<p>-  Pensez-vous que les deux ministres  plaignants sont les seuls à être derrière cette affaire ?</p>
<p>Il y a beaucoup  d’intouchables aujourd’hui dans le régime algérien, c’est un clan qui a pris le  pouvoir depuis 1962. Les faux moudjahidine infectent les hautes sphères car il  faut le dire, les intellectuels qui étaient dans les maquis étaient rares. J’ai  trouvé dans le dossier, avec preuve à l’appui, des magistrats qui ont placé  leurs enfants à des postes très importants dans la justice. Quand j’ai été  chargé de mener cette enquête, j’ai découvert qu’il y avait des sous-dossiers de  la période coloniale restés intacts au ministère de la Justice. Je les ai  récupérés car j’avais la clé des archives.</p>
<p>-  Votre situation a-t-elle  évolué ou va-t-elle de pire en pire ?</p>
<p>Depuis la première élection  d’Abdelaziz Bouteflika, ma situation a empiré, car les menaces se faisaient de  plus en plus lourdes. Depuis 1992, j’ai été emprisonné deux fois et arrêté  quatre fois. Aujourd’hui, je ne demande pas qu’on arrête l’affaire mais qu’on  dise la vérité au peuple algérien. Je ne demande ni allocation, ni travail. Même  mon dossier de retraite a été refusé au ministère de la Justice. Grâce à la  réglementation et les lois des moudjahidine, je viens de bénéficier d’une  misérable retraite de 30 000 DA. Mais j’ai tout perdu, ma carrière, mes  avantages de notaire, d’huissier et de commissaire priseur. Ceux qui sont  derrière le dossier ? La mafia politico-judiciaire qui est là jusqu’à maintenant  dans le clan de la magistrature. Et ceux qui sont sortis ont placé leurs  enfants. Je tiens à la vérité, je n’ai peur ni de la prison ni de la mort.  Aujourd’hui, certains publient des livres sur la révolution et l’Armée de  libération nationale, et ils se prennent pour des héros, c’est grave car c’est  ceux-là même qu’il faut arrêter…<br />
Bio express :        Benyoucef Mellouk est  né le 29 mai 1942 à Miliana, et vit à Blida depuis plusieurs années. Entre 1959  et 1962, il était chef de cellule de la liaison des documents du Gouvernement  provisoire de la République algérienne (GPRA) auprès de la Wilaya IV zone 2.  Après l’Indépendance, il a occupé plusieurs postes au ministère des Moudjahidine  jusqu’en 1971. Il rejoint alors le ministère de la Justice pour y exercer la  fonction de chef du service des affaires sociales et du contentieux jusqu’à  l’éclatement de l’affaire des « magistrats faussaires » en 1992. Depuis, il est  suspendu et poursuivi en justice.</p>
<p>Par LamiaTagzout</p>
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		<title>Benyoucef MELLOUK : &quot;C’était mon devoir de dénoncer. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais trahi ma patrie.&quot;</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 10:11:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droits de l’Homme]]></category>
		<category><![CDATA[Benyoucef Mellouk]]></category>
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		<description><![CDATA[Share Poursuivi pour diffamation par deux ex-ministres : Le sort de Mellouk sera connu le 15 mars El Watan, 9 mars 2010 Le sort de Mellouk sera connu le 15 mars Pour la énième fois, Benyoucef Mellouk a comparu, hier, devant la cour d’Alger, pour diffamation, en absence des deux anciens ministres de l’Intérieur, Mostefa [...]]]></description>
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El Watan, 9 mars 2010<br />
Le sort de Mellouk sera connu le 15 mars  Pour la énième fois, Benyoucef Mellouk a comparu, hier, devant la cour d’Alger,  pour diffamation, en absence des deux anciens ministres de l’Intérieur, Mostefa  Mohammedi, et des Moudjahidine, Mohamed Djeraba, partie plaignante ainsi que  leurs avocats.</p>
<p>Dans la salle, les mêmes personnes toujours solidaires  du combat de Mellouk pour la vérité et ce, depuis… 18 ans. L’ancienne  combattante de la Révolution, Fattouma Ouzegane, Abdelkader Souhabi, un ancien  cadre des douanes par qui le scandale du transit de marchandises entre les pays  frontaliers, plus connu sous l’affaire D15 a éclaté, et quelques anonymes. Très  serein, Mellouk, entouré de ses enfants, veut à tout prix en finir avec ce  procès « usant ». Selon la défense, la plainte non datée a été déposée en 1992,  alors que le prévenu n’a été entendu que 8 ans après sur un procès-verbal non  signé ni par le juge ni par le greffe.</p>
<p>La présidente l’appelle. Il se  lève, prend son inséparable cartable et se dirige tout droit vers la barre suivi  de ses deux avocats, maîtres Mokrane Aït Larbi et Omar Mazouzi. « Vous êtes  poursuivi pour diffamation, qu’avez-vous à dire », lui lance la magistrate.  Mellouk tire quelques dossiers de son cartable. « L’affaire n’a rien d’une  diffamation. C’est la même que je traîne depuis 1992 et je veux parler en  présence du peuple parce qu’elle est devenue politique (….) On m’a confié une  mission alors que j’étais responsable d’un service au ministère de la Justice.  On m’a demandé d’assainir les rangs de l’appareil judiciaire. J’ai confectionné  des dossiers remis à mes responsables… », dit-il avant d’être interrompu par la  magistrate.</p>
<p>« Vous avez été chargé de faire des enquêtes pour les  remettre à qui de droit et non d’en faire part à la presse », souligne la  présidente. Mellouk se ressaisit. Il revient au tout début du scandale. C’était  en 1992, avec la venue du président feu Mohamed Boudiaf. « Il voulait un autre  1er novembre 54, dans les rangs de la justice. Il a convoqué le Conseil  supérieur de la magistrature, puis j’ai été saisi en tant que directeur des  affaires juridiques et du contentieux, par le ministre de l’époque, M.  Kherroubi, pour l’ouverture d’une enquête sur les fausses attestations d’anciens  moudjahidine que beaucoup de magistrats avaient déposées dans leurs dossiers »,  explique Mellouk.</p>
<p>La présidente : « Mais on ne vous a pas demandé d’en  faire état publiquement. » Le prévenu : « C’était mon devoir de dénoncer. Si je  ne l’avais pas fait, j’aurais trahi ma patrie. Il s’agit de dossier de  magistrats, et à l’époque Kaddour Berradja, actuel président de la Cour suprême  était cadre au ministère et avait participé à ce travail. J’ai découvert de  nombreuses fausses attestations d’anciens moudjahidine », révèle Mellouk, et la  présidente lui rétorque avec ironie : « Ouache adak (qu’est-ce qui vous a amené  à faire cela) ? »</p>
<p>Mellouk répond : « Ils sont tous complices de cette  situation. Les deux syndicats des magistrats de Tayeb Louh et de Berrim ont  déposé une plainte contre moi au lieu de poursuivre ceux qui ont trahi. » La  magistrate lui demande pourquoi n’a-t-il pas remis les procès-verbaux ou les  dossiers aux autorités concernées. « Je l’ai fait et j’ai là toutes les preuves  qui le démontrent », précise le prévenu. La présidente l’interroge sur la  diffamation, et lui, crie : « Je n’ai diffamé personne. Il se trouve que  Djeraba, Mohammedi et les syndicats ont voulu étouffer cette affaire qui a fait  boule de neige parce qu’il est question de 800 dossiers de faussaires prouvés. »  La présidente insiste notamment sur le fait que les propos publiés dans les  journaux relèvent de la diffamation. « Les faits ont été relatés en 1992 devant  le juge d’instruction et devant le tribunal. Les journalistes n’ont fait que  rapporter ce qu’ils ont entendu… », dit-il. Le procureur général intervient : «  Je demande acte des propos diffamatoires à l’encontre des magistrats… » Mellouk  : « Je n’ai pas dit qu’ils sont des traîtres, mais juste qu’ils m’ont poursuivi  en justice pour protéger ceux qui ont falsifié l’histoire de la Révolution.  »<br />
Cette vérité qui fait peur</p>
<p>Mais pour le représentant du ministère  public, Mellouk a diffamé les deux anciens ministres absents, et réaffirmé ses  propos, ajoute-t-il, au cours de l’audience. « Il y a des institutions chargées  de ces enquêtes dont la direction des affaires sociales. Le prévenu aurait dû  transmettre ses conclusions à celles-ci. Pour cela, je demande que la peine soit  aggravée », conclut le procureur. Magistral et succinct, Me Aït Larbi n’y va pas  avec le dos de la cuillère pour plaider la prescription de l’affaire et  l’innocence de Mellouk. Pour lui, ce dernier occupait un poste de directeur des  affaires juridiques et sociales au sein du ministère et qu’à ce titre, il a été  chargé de l’étude des dossiers des magistrats, avec Kaddour Berradja.</p>
<p>«  Il a d’abord découvert 50 fausses attestations, avant d’atteindre les 300. Il y  a même un magistrat qui avait ramené une attestation de greffier au Maroc, et  celle d’ancien moudjahid durant la même période. Toutes les institutions étaient  au courant. Ses propos, objets de la plainte, ont été tenus en audience  souveraine devant un tribunal en 1992. Où sont les plaignants pour nous  expliquer comment ils ont été diffamés ? », déclare Me Aït Larbi. Il précise que  la plainte non datée a été déposée en 1992, alors que le prévenu n’a été entendu  que 8 ans après, sur un procès-verbal non signé ni par le juge, ni par le  greffe, ni par Mellouk.</p>
<p>Le juge a, selon lui, fini par prononcer  l’extinction de la poursuite et c’est le parquet qui fait appel, pour faire  revenir l’affaire, et arrêter le prévenu, chez lui, au mois de Ramadan, en vertu  d’un mandat d’amener non précédé par des convocations comme le stipule la loi. «  Cela fait 18 ans que Mellouk subit la machine judiciaire. Pour avoir dit la  vérité, cette vérité qui fait peur, il s’est retrouvé isolé, sans salaire,  malade et lourdement affecté. Lui, qui, dans un autre pays, aurait été mis à la  retraite avec tous les honneurs et toutes les médailles du mérite… », souligne  Me Aït Larbi, avant de plaider la prescription et l’innocence de Mellouk. La  présidente annonce que le verdict sera connu le 15 mars prochain. Très ému, mais  aussi las des va-et-vient devant les tribunaux, depuis 18 ans, Mellouk finit par  éclater en sanglots. Lui, l’ancien moudjahid, qui a toujours montré un courage  exceptionnel dans son combat. Un combat qui lui a coûté une peine de 4 mois de  prison ferme. Condamnation objet d’une cassation.</p>
<p>Par Salima  Tlemçani</p>
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		<title>Magistrats faussaires : Le quatrième procès de l’infatigable Mellouk</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 11:27:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droits de l’Homme]]></category>
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		<category><![CDATA[le quotidien d'algerie]]></category>
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<p>Parce qu’il a fait éclater le scandale des magistrats  faussaires en 1992, Benyoucef Mellouk continue d’affronter la machine  judiciaire. Après une condamnation de 4 mois de prison ferme pour diffamation,  confirmée à huis clos en juillet 2008, M. Mellouk sera rejugé une seconde fois,  lundi prochain. Ses plaignants, les ex-ministres de l’Intérieur, Mostefa  Mohammedi, et des Moudjahidine, Mohamed Djeghaba, n’ont pas apprécié que leurs  proches soient cités comme faussaires.</p>
<p>L’infatigable Benyoucef  Mellouk, l’homme par qui le scandale des magistrats faussaires est arrivé,  comparaîtra lundi prochain devant la cour d’Alger, pour répondre du délit de  diffamation. A l’origine, une plainte déposée par deux anciens ministres,  Mostefa Mohammedi, de l’Intérieur et Mohamed Djeghaba, des Moudjahidine, sept  ans après l’éclatement de l’affaire en 1992, et où Mellouk avait cité, preuves à  l’appui, les noms de leurs proches parmi les magistrats faussaires. En février  2008, soit 9 ans plus tard, Mellouk est déféré au tribunal de Sidi M’hamed, qui  le condamne à 4 mois de prison ferme, en dépit d’une majestueuse plaidoirie de  maître Mokrane Aït Larbi rappelant au jeune magistrat, qui présidait l’audience,  le principe de la prescription.</p>
<p>A l’issue de ce procès auquel ont assisté  de nombreux citoyens et anciens moudjahidine, le verdict est tombé comme un  couperet, suscitant moult réactions. La première a été celle du concerné  lui-même, qui, à sa sortie du tribunal, a déclaré : « C’est la mafia  politico-judiciaire qui m’a condamné », défiant par la même occasion les  plaignants, les deux ex-ministres, de l’affronter « devant les Algériens sur le  dossier des magistrats faussaires pour faire éclater la vérité et rien que la  vérité… ». Moins de deux ans après avoir fait appel de cette condamnation,  Mellouk apprend incidemment dans les couloirs du Palais de justice de Abbane  Ramdane, à Alger, que son affaire a été enrôlée et jugée à « huis clos », sans  qu’il ne soit informé ou convoqué.</p>
<p>La cour a confirmé le premier  jugement, en condamnant Mellouk à une peine de 4 mois de prison ferme, le 14  juillet 2008, sans sa présence ni celle de son avocat. Pour Mellouk, il s’agit «  d’une négligence délibérée » qui a pour but de le sanctionner d’avoir dit la  vérité, avec des preuves irréfutables. Ses preuves : ce sont ces dossiers  accablants de plus de 300 cas de magistrats faussaires qui ont utilisé la  corruption pour obtenir des postes, et qu’il traîne depuis 1992. A cette époque,  Mellouk était fonctionnaire au service des affaires sociales et du contentieux  du ministère de la Justice et venait d’étaler les résultats de son enquête sur  les colonnes de l’Hebdo libéré – un journal qui a disparu –, en réclamant une  enquête judiciaire.<br />
Il ne cesse de dénoncer ceux qui ont falsifié  l’histoire</p>
<p>En réaction, c’est contre lui et le journal que la machine  judiciaire est mise en branle par Abderrahim Kherroubi, ex-ministre de la  Justice. Poursuivi pour « vol et divulgation de dossiers confidentiels », il  sera condamné, en 1997, à une peine de trois années avec sursis et durant sa  détention préventive, certains dossiers sur lesquels il a travaillé ont été  subtilisés. Sorti encore plus fort de cette rude épreuve, Mellouk déclare que  son combat continue, car il ne fait que « démasquer les harkis tapis dans les  rouages de l’Etat, et qui pour bon nombre d’entre eux occupent de hauts postes  de responsabilité ».</p>
<p>En dépit des menaces de mort, des intimidations et  des pressions, il ne cesse de dénoncer « ceux qui ont falsifié l’histoire de la  Révolution. Je ne regrette rien, quitte à être condamné à mourir en prison »,  dit-il. Selon lui, l’affaire des magistrats faussaires « implique plusieurs  ministres de la Justice, et le dossier en béton qu’il affirme détenir, contient  200 affaires de corruption, d’abus d’autorité et 300 affaires de faux et usage  de faux mettant en cause de nombreuses personnalités dans le gouvernement. Il se  trouve que de nombreux magistrats mis en cause ont des appuis solides dans les  hautes sphères de l’Etat, ce qui les préserve de toute poursuite  judiciaire.</p>
<p>De nombreux cadres de la justice n’ont jamais fait la  révolution et certains après vérification des faits étaient entre 1954 et 1962  au service de l’administration coloniale et membres du Comité de salut public  alors que d’autres faisaient partie de la promotion Lacoste et des harkis ».  Très graves révélations qui provoquent, en 1999, la riposte de Mostefa Mohammedi  et Mohamed Djeghaba, deux anciens ministres dont des proches sont cités par  Mellouk. Ils déposent plainte pour diffamation et pour la seconde fois, cet  ex-fonctionnaire, pourtant chargé d’assainir les plans de carrière de ses  collègues de la chancellerie, se retrouve condamné à une peine de 4 mois de  prison ferme, confirmée à l’issue d’un procès tenu à huis clos, pour avoir dit  une vérité vérifiable. Mais la Cour suprême a accepté son pourvoi en cassation  et le procès aura lieu lundi prochain, à la cour d’Alger, avec une nouvelle  composition.</p>
<p>Contacté hier, Mellouk aussi tenace qu’il y a 18 ans,  déclare : « Je n’ai pas peur et je les mets au défit de prouver le contraire de  ce que j’ai avancé. L’affaire des faux magistrats est un énorme crime commis  contre l’Etat. » Il interpelle le président de la République, premier magistrat  du pays, en lui disant : « Il faut mettre un terme à cette affaire en nettoyant  les rangs de la magistrature de ceux qui souillent l’histoire de nos martyrs. »  Mellouk exprime néanmoins son doute quant à la volonté du pouvoir à ouvrir  réellement le dossier des magistrats faussaires. Il accuse la « mafia  politico-judiciaire » d’être à l’origine de la cabale dont il fait l’objet. «  Mon combat est un devoir que je ne regrette pas, parce que j’ai les originaux de  tous les documents qui attestent ce que j’avance… », souligne Mellouk en  espérant que son appel trouvera écho auprès des hautes instances du  pays.</p>
<p>Par Salima Tlemçani</p>
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