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	<title>LE QUOTIDIEN D&#039;ALGERIE &#187; Poutakhine</title>
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		<title>Mehdi El Djazaïri. Auteur de Poutakhine :« J’ai subi des représailles et ma famille a été harcelée mais je reste debout »</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 17:31:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Share El Watan Après avoir décrit le pouvoir algérien et ses servants comme les décrit Poutakhine, vous ne devriez tout de même pas être surpris par ce qui vous arrive&#8230; Rencontré récemment à Paris où il séjourne depuis la saisie musclée de son livre, l’auteur de Poutakhine, Mehdi El Djazaïri, ne cache pas sa colère [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="height:33px;" class="really_simple_share robots-nocontent snap_nopreview"><div class="really_simple_share_facebook_like" style="width:100px;"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?href=http%3A%2F%2Flequotidienalgerie.org%2F2010%2F03%2F05%2Fmehdi-el-djazairi-auteur-de-poutakhine-%25c2%25ab-j%25e2%2580%2599ai-subi-des-represailles-et-ma-famille-a-ete-harcelee-mais-je-reste-debout-%25c2%25bb%2F&amp;layout=button_count&amp;show_faces=false&amp;width=&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;send=false&amp;height=27" 
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		<div style="clear:both;"></div><p><a target="_blank" href="http://www.lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2010/03/livre.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-11238" title="livre" src="http://www.lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2010/03/livre-146x150.jpg" alt="" width="146" height="150" /></a>El Watan</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="10" height="11" /> <strong> <em>Après avoir décrit le pouvoir algérien et ses servants comme les  décrit Poutakhine, vous ne devriez tout de même pas être surpris par ce  qui vous arrive&#8230;</em> </strong></p>
<p><strong>Rencontré récemment à Paris  où il séjourne depuis la saisie musclée de son livre, l’auteur de  Poutakhine, Mehdi El Djazaïri, ne cache pas sa colère et son dépit.</p>
<p></strong></p>
<div>
<p>Oui, bien sûr, j’ai été très surpris et je suis encore choqué par les  réactions et les dérives régime dévoyé et de ses servants zélés à mon  encontre et contre ma famille. Regardez maintenant comment l’actualité  me donne raison, regardez comment elle rattrape et démasque ce régime.  Toute honte bue, ils disent ne pas être au courant. Que raconte mon  livre de plus que ce qu’écrivent et rapportent tous les jours les  journaux algériens et étrangers ? Mon livre ne raconte rien de plus que  ce qu’écrivent et décrivent tous les jours les journaux algériens. C’est  donc tous les jours que des journalistes propres et courageux écrivent  et réécrivent, mieux et plus que moi, Poutakhine. Moi, j’ai toujours  écrit ainsi ; avec mes tripes, avec mon cœur, avec ma sueur.</p>
<p>La chronique « La République couscoussière » que j’animais chez vous,  à El-Watan (1997/2001) était écrite dans la même veine et dans le même  style ; avec plus de cinq cents papiers, je n’ai jamais eu le moindre  procès à ce jour. Poutakhine n’invente rien ; il restitue seulement les  souffrances et les colères quotidiennes et vraies du peuple. Je demande  seulement, j’implore même mes accusateurs de l’ombre de me faire juger.  Mais ils ne le feront pas, jamais. Parce qu’ils savent que mon procès  sera le leur. Jugeant Poutakhine, ils jugeront d’abord les colères de  tout un peuple criant famine et justice et que mon humble récit restitue  fidèlement, sans rien y ajouter. Poutakhine c’est seulement cela : rien  de plus. Mais là, à ce jour, officiellement, rien ne m’est reproché.  Tout se passe en dehors de tout cadre judiciaire, de tout cadre légal,  en dehors de toute morale.</p>
<p>Parce qu’ils n’en ont pas, eux, de morale. Je subis toujours les  représailles et le harcèlement permanents. Le pire, alors que je me  trouvais hospitalisé en urgence à l’étranger pour un grave problème de  santé (AVC) une ISTN (Interdiction de sortie du territoire national) est  lancée contre moi. Pour mieux me condamner à une mort certaine. Pour  m’empêcher de me faire soigner à l’étranger avec les seuls moyens de ma  famille et de mes amis. Regardez à quelle extrémité pousse la haine, eux  qui, au moindre bobo, se font soigner en France, en Suisse, en Irlande  aux frais du contribuable algérien.</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Pourtant, votre livre a été édité, imprimé et  distribué dans un cadre légal et réglementaire&#8230;</em> </strong></p>
<p>Oui, bien sûr, tout était en règle. A la conférence de presse de  présentation du livre, tout le monde était là, y compris la DGSN, la  gendarmerie, le DRS, des cadres supérieurs, la presse, des représentants  du pouvoir, des syndicalistes, des intellectuels, universitaires, enfin  le Tout-Alger. Le livre s’est vendu le plus normalement du monde  pendant dix jours et puis, brutalement, c’est la cata ; le pouvoir lâche  ses meutes contre moi et ma famille…</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Mais que s’était-il donc passé puisque le  pouvoir a pris tout son temps pour lire et, au besoin, refuser votre  manuscrit ?</em> </strong></p>
<p>Il ne s’est rien passé, sauf qu’à la veille du Salon du livre, un  quotidien arabo-baâthiste, qui a toujours sévi dans la presse  arabophone, a ouvert sa une avec ce titre incendiaire : « Khalida Toumi  autorise la vente d’un livre qui insulte Bouteflika ». Vous connaissez  la suite. Descentes de la police, aux bureaux, à mon domicile, chez les  libraires, à l’imprimerie, saisie de tous les exemplaires du livre et,  plus grave encore, saisie de tous les outils de travail de mes enfants,  des archives, des supports et tous les progiciels en mémoire ; un vrai  hold-up professionnel. Depuis, l’entreprise est fermée, sans aucune  activité et mes trois enfants réduits au chômage. Même des travaux en  cours ont été saisis.</p>
<p>Et tout cela sans aucune décision de justice. Seulement le fait du  prince régnant. Ils appellent ça un Etat de droit. M. Zerhouni dit qu’il  n’y est pour rien, car il ne gère pas la Culture. Mme Toumi, tout en  m’insultant copieusement comme elle l’a fait pour M. Benchicou, déclare  n’être en rien concernée parce qu’elle ne gère pas la police. Ah bon !  Le ministre de la Justice, comme toujours, fait le mort. La police  judiciaire déclare agir sur les ordres du parquet, lequel ignore à ce  jour les plaintes et requêtes qui lui ont été adressées. Est-cela un  Etat de droit ?</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Mais en quoi vos enfants sont-ils responsables  de l’écriture de votre livre ?</em> </strong></p>
<p>En rien. En fait, la police et ceux de l’ombre qui les  télécommandent, en démantelant mon entreprise, Institut Abassacom,  croyaient m’atteindre directement et personnellement. Ils ignoraient que  depuis ma première grande alerte médicale et ma première  hospitalisation, mes enfants ont repris les choses en main en créant  leur propre entreprise dont ils sont les seuls actionnaires. A ce jour,  je ne suis qu’un simple salarié chez mes enfants quand l’état de ma  santé le permet. Tout ce que j’ai pu gagner en argent, je l’ai investi  dans la tête de mes enfants pour en faire de vrais experts en sondage et  en techniques de mesure des opinions. Ils ont tous étudié en France, en  Espagne et aux USA avec le seul argent de ma sueur et pas un seul  centime du contribuable algérien.  Parce que j’ai travaillé dans la majeure partie des pays du bassin  méditerranéen… Mes enfants n’ont jamais été boursiers à l’étranger comme  le sont les enfants du pouvoir dont les plus gâtés sont boursiers et  salariés de Sonatrach…entre autres. Quelle honte !</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Mais il se dit et s’écrit que tous vos marchés  proviennent essentiellement du secteur public…</em> </strong></p>
<p>C’est faux. Dans nos meilleures réussites avec le secteur public  algérien, on n’a jamais atteint plus de 10% de notre chiffre d’affaires.  Nos bilans sont publics et accessibles en permanence au BOAL. Ceci dit,  on ne peut rien contre les ragots et la médisance. La seule faute de  mes enfants c’est de m’avoir libéré de mon travail comme on libère un  esclave. Pendant qu’ils réalisaient de bons et grands sondages qui  dérangeaient le pouvoir, moi j’écrivais Poutakhine…  C’est cela leur complicité. Et là, ils sont punis à ma place et bien  plus… C’est là aussi que se nichent la lâcheté et la faiblesse d’un  pouvoir trop faible, qui frappe trop fortement, démesurément mes enfants  en voulant m’atteindre, même s’il est vrai que c’est toujours par là  qu’un père reste vulnérable. Que va faire la police algérienne avec le  progiciel Destin saisi, que mon fils Mehdi a passé six mois à peaufiner  et à perfectionner à l’Université de Chicago et au pôle d’excellence  Léonard de Vinci de Paris ? Peut-on mettre la science en prison ou sous  séquestre ? Jamais. Mon fils se remet déjà au travail pour créer  d’autres progiciels, d’autres programmes, d’autres logarithmes, d’autres  matrices. Leur entreprise redémarrera en Algérie ou ailleurs. Mais  qu’aura gagné la police dans cette destruction punitive et gratuite ?  Qu’auront gagné les ministres de l’Intérieur, de la Justice, de la  Culture et bientôt le ministre des Finances contre des enfants peu  préparés à se défendre contre cet ordre ? Je les ai préparés à tout sauf  à cela… Ils apprendront à se battre.</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Vous parlez de représailles et de harcèlements  contre vos enfants, pouvez-vous être plus précis ?</em> </strong></p>
<p>Bien sûr que je serai concret. Ma maison, mon bureau sont à ce jour  sous surveillance policière H24 pour recenser mes visiteurs. Le ministre  préposé à la communication a déclaré publiquement qu’il ne paiera pas  ceux qui insultent le Président. Pourtant, ni moi ni mes enfants n’avons  jamais, au grand jamais, insulté le Président. Notre éducation nous  l’interdit. Critiquer et contester oui ; ce qui est très différent. La  Constitution l’autorise et le garantit… Alors, tenez-vous bien, ce haut  responsable de l’Etat algérien refuse de payer une prestation qui lui a  été fournie par mes enfants sur la base d’une convention, d’un devis,  d’un bon de réception de travaux et d’un certificat de service fait.  M. Mihoubi refuse à ce jour de payer le travail fait par l’Institut  Abassacom sous la direction de Nesrine Abassa, sémioticienne émérite  primée à Locarno et Sacramento.</p>
<p>Des travaux précis ont été fournis à ce ministre (04 avant-projets de  lois lui ont été fournis &#8211; publicité, sondage, radios locales et  audiovisuel). Son refus de payer est étayé par l’insulte et le déni de  droit. Il refuse de payer, juste après la parution de Poutakhine, un  travail que son département ministériel ne sait pas faire. Même quand il  est acculé par ses propres collaborateurs sur l’inanité de ses propres  arguments, il trouve, à la manière de l’épicier, que c’est trop cher  payé ; 820 000 DA pour 03 experts durant trois mois de travail ; moins  de 50 000 DA/mois par expert. MM Khelil et Temmar payent aux étrangers  des travaux similaires en millions de dollars. L’Institut Abassa ne paye  pas la « chippa » ni ne fournit des études bidon bricolées.</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Mais ce n’est pas du harcèlement, au pire c’est  un cas ou deux isolés…</em> </strong></p>
<p>Mais non, pas du tout. Il s’agit bien d’un harcèlement organisé,  coordonné même. L’ENTV à son tour, juste après la sortie du livre,  dénonçait de fait une convention qui la liait de jure à l’Institut  Abassacom. Pire, elle interdit toute couverture ou évocation de  Poutakhine et censure toute information sur le livre. Une émission de  présentation de Poutakhine dans Canal Algérie a été stoppée in extremis  et interdite à ce jour. Idem pour A3 et l’Unique. Plus aucune commande à  ce jour sur instruction des chefs du dedans et du dehors. Pour leurs  études, ils font appel aux copains et aux charlatans. L’ENRS, à son  tour, au nom des solidarités tribales et wilayales  bien connues, après  la sortie du livre, interdit à toutes ses chaînes uniques toute  information sur Poutakhine. Elle a coupé, pour la mesure de ses  audiences, tout contact professionnel avec l’Institut Abassacom.</p>
<p>Toujours en termes de harcèlements prémédités et organisés,  j’évoquerai ici le comportement de ce ministre de la Justice qui  s’autorise de violer personnellement la morale et les lois de la  République pour interdire à ce jour la sortie de mon journal. Voilà 27  mois que ce ministre m’empêche de sortir mon journal en violation  flagrante de la loi… Au même moment, il autorisait la sortie de 13  publications privées qui partagent la particularité remarquée de faire  la brosse au régime en place. Je ne vous raconterai pas l’épisode de  cette entreprise publique d’impression qui n’est pas l’ENAG qui a   déprogrammé Poutakhine à la dernière minute ; sur ordre venu de très  haut, disent-ils. Y a-t-il plus haut que Dieu ? En Algérie si, semblent  croire certains. Pas moi, non.</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Des satisfactions tout de même ? Et si c’était à  refaire ?</em> </strong></p>
<p>Des satisfactions, oui beaucoup. Malgré tous les préjudices  matériels, moraux et psychologiques, malgré tous les problèmes de santé  que j’ai pu surmonter grâce au soutien et à l’accompagnement constants  de la famille et des amis, je m’en sors encore plus renforcé, plus  déterminé que jamais, aguerri et conforté dans mes convictions intimes.  Je n’oublierai jamais ces milliers de marques de soutien et de  sympathie. Je n’oublierai pas ce geste magnifique de ce citoyen de  Béjaïa qui s’est spontanément proposé de remplacer tout le matériel  informatique de mon fils saisi par la police. Je n’oublierai pas les  marques de soutien du Café Littéraire de Béjaïa… Mille fois merci. C’est  pourquoi, si c’était à refaire, je réécrirai cent fois Poutakhine.</p>
<p><img src="http://www.elwatan.com/dist/puce.gif" alt="-" width="8" height="11" /> <strong> <em>Le mot de la fin…</em> </strong></p>
<p>Pour moi, il n’y a ni début ni fin. Il y a le présent duquel nous  sommes toujours comptables. Pourtant, je suis croyant et de nature  optimiste. Mon cas n’est qu’un tout petit cas comparé aux millions  d’autres qu’ont subis mes compatriotes.</p>
</div>
<p><strong><em>Par <a target="_blank" href="mailto:">H.  Abdelkrim</a></em></strong></p>
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