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	<title>LE QUOTIDIEN D&#039;ALGERIE &#187; tortures en Algérie</title>
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	<description>Organe d&#039;information du Front du Changement National</description>
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		<title>« L’intelligence qu’on assassine…. »</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jul 2010 22:55:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire Nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Algeria-watch]]></category>
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		<category><![CDATA[Coup d'Etat du 11 janvier 1992]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<div style="height:33px;" class="really_simple_share robots-nocontent snap_nopreview"><div class="really_simple_share_facebook_like" style="width:100px;"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?href=http%3A%2F%2Flequotidienalgerie.org%2F2010%2F08%2F01%2F%25c2%25ab-l%25e2%2580%2599intelligence-qu%25e2%2580%2599on-assassine%25e2%2580%25a6-%25c2%25bb%2F&amp;layout=button_count&amp;show_faces=false&amp;width=&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;send=false&amp;height=27" 
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		<div style="clear:both;"></div><h5><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: large;"><strong><br />
</strong></span></h5>
<p><span style="color: #008000;"><a target="_blank" href="http://www.lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2010/08/dictature-algérienne.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-14730" title="dictature algérienne" src="http://www.lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2010/08/dictature-algérienne.jpg" alt="" width="96" height="96" /></a>Suite aux révélations faites par l&#8217;ex-agent de la police politique, Karim Moulaï quant aux crimes contre l&#8217;Humanité commis par les &laquo;&nbsp;sauveurs de la République&#8230;.des privilèges&nbsp;&raquo;, je me permets de reproduire une contribution que j&#8217;avais publié en mars 2003 sur le site Algeria-Watch, à un moment où j&#8217;étais moi-même pourchassé par ces ordures criminelles pour avoir dénoncé, documents et témoignages à l&#8217;appui,  leurs abominables crimes contre notre Peuple. Pour l&#8217;Histoire !</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><strong>Salah-Eddine          SIDHOUM</strong></span><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-small;"><strong> </strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-small;"><strong>Algeria-Watch,          mars 2003</strong></span></p>
<table border="0" width="100%">
<tbody>
<tr>
<td width="50%"><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-small;"><em>A              la mémoire de mon Ami, le regretté Cheikh Benyoucef              Benkhedda, président du GPRA, qui m’a appris la valeur              et le sens de l’Ethique politique.</em></span></td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td width="50%"></td>
<td width="50%"><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-small;"><em>C’est              par la vérité qu’on apprend à connaître              les hommes et non pas par les hommes qu’on connaît la              vérité. </em><br />
Emir Abdelkader El Djazaïri<br />
</span></td>
</tr>
<tr>
<td width="50%"></td>
<td><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: x-small;"><em>La société              n’est forte que lorsqu’elle met la vérité              sous la grande lumière du soleil.</em><br />
E. Zola. </span></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">« En Algérie,          on assassine l’intelligence ».<br />
Que de fois n’avons-nous pas entendu ce slogan clamé durant          les années de braise, de part et d’autre de la Méditerranée,          concernant les assassinats d’intellectuels algériens. Tel          un leitmotiv, il était ressassé et martelé tant par          les services de propagande du régime d’Alger et leurs plumitifs          que par leurs relais en France dans un concert médiatique assourdissant          d’une ampleur jamais égalée.<br />
Par intellectuels, on entendait par-là seulement une minorité          qui s’était ralliée par peur ou par calcul au régime          militaire et s’était abritée derrière les blindés          qui venaient de renverser l’urne de la «piétaille »,          des «gueux » et des «va-nu-pieds » qui avaient          mal voté.<br />
C’est cette malheureuse minorité élitiste, hautaine          et méprisante, autoproclamée «intelligence du pays          » qui sera utilisée par les services de l’action psychologique          de la police politique dans la vaste campagne de manipulation et de désinformation,          pour travestir la réalité du drame algérien et déverser          inepties, insultes et mensonges, à travers, plus particulièrement          une partie de la presse privée nationale et les plateaux de la          télévision française. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">N’est-ce pas          feu Rachid Mimouni qui écrivait (1), s’adressant à          l’opinion française:<br />
<em>« C’est la première fois dans l’histoire qu’on          voit un mouvement terroriste se proposer d’éradiquer toute          l’intelligentsia d’un pays, comme s’il s’agissait          d’une mauvaise herbe ou d’une maladie. Le projet consiste          à décerveler le pays. » </em></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Et c’est un          intellectuel français, François Burgat (2) de lui répondre          :<br />
<em>« Les islamistes, nous ont longtemps expliqué en effet          les plus médiatisés des analystes, avaient décidé          de «décerveler » un pays où s’affrontaient          «le camp des terroristes et celui des militaires », sous les          yeux impuissants de la population. Est-ce vraiment de cela qu’il          s’est agi ? Et si entreprise de «décervelage »          il y a eu, qui en ont été réellement les acteurs          et les victimes ? »</em></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">N’est-ce pas          aussi un certain Rachid Boudjedra, se proclamant sans rougir «continuateur          de Flaubert et de Proust » (sic) (3) qui traitera de «conglomérat          de rats enragés et pestiférés» et de «charlatans          de basse lignée et d&#8217;ignares semi-alphabétisés »          (4), des citoyens, militants et sympathisants du parti que le suffrage          universel venait de désigner première majorité politique          en Algérie. Cette «hogra intellectuelle » n’est          pas sans nous rappeler celle de certains colons, à l’image          d’un Michel Morel, à l&#8217;encontre des «indigènes          » traités de «huit millions de ratons sales et illettrés          qui narguent la France » (5)<br />
Plus de trois millions de citoyens algériens avaient voté          pour des «rats enragés et pestiférés».          ! Quel respect de la dignité et de la citoyenneté de la          part de notre «élite » ! !</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">La propagande du          régime et de ses troubadours médiatiques «omettra          » de signaler que bien avant que certains intellectuels tombent          sous les balles des islamistes, des centaines d’autres intellectuels          avec des milliers d’autres citoyens, étaient embarqués          de nuit et déportés dans les camps de concentration de l’extrême-sud,          là où la France coloniale expérimentait ses armes          chimiques et nucléaires (6). Ils étaient parmi les plus          chanceux. D’autres moins chanceux, connaîtront les affres          de la torture, mourront sur les tables d’«exploitation »          du renseignement, seront exécutés sommairement et arbitrairement          ou disparaîtront à tout jamais. Leur crime était d’appartenir          à un courant politique à qui le suffrage universel venait          d’accorder, pour la première fois depuis l’indépendance          la légitimité de diriger le pays pour une période          déterminée. De toutes ces victimes, personne n’en          parlera. Ni en Algérie ni en Europe. De véritables parias          ! L’esprit des deux collèges de la nuit coloniale qui resurgit.          Triste recommencement de l’histoire !</span></p>
<p>Cette histoire revisitée nous rappellera cruellement que l&#8217;intellectuel          algérien – le véritable intellectuel &#8211; hier comme          aujourd&#8217;hui a payé, au coté de ses concitoyens, un lourd          tribu dans les conflits qu&#8217;aura connu l&#8217;Algérie contemporaine.          Nous sommes en droit de nous interroger si cette élimination de          l&#8217;intelligence n&#8217;avait pas sa tradition dans notre guerre de libération          ? Ce qui se passe aujourd&#8217;hui n&#8217;est-il pas la continuité de ce          qui s&#8217;est passé hier durant la révolution et au lendemain          de l&#8217;indépendance et de cette haine viscérale qu&#8217;avaient          certains chefaillons vis-à-vis des intellectuels (purges sanglantes          de la &laquo;&nbsp;bleuite&nbsp;&raquo; dans les maquis, assassinats de Abane, Allaoua          Abbas, Chaabani, Khemisti, Mécili&#8230;.) ?</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Il serait honnête          de rétablir avant tout la vérité en précisant          que les intellectuels tués par les islamistes ne l’ont pas          été en tant que tels mais pour leur prise de position en          faveur du coup d’Etat et pour avoir accepté d’assurer,          pour certains d’entre eux, la couverture idéologique de la          répression sauvage qui s’était abattue au lendemain          du pronunciamiento sur une partie de la population. Cette importante clarification          ne signifie nullement que cela était une raison pour les assassiner.<br />
Tout comme les intellectuels de « l’autre bord » ont          été kidnappés, torturés et/ou exécutés          dans le cadre de la politique planifiée d’éradication          du courant islamique, porteur d&#8217;un projet constituant une alternative          au pouvoir et qui avait, de par son ancrage populaire, sérieusement          menacé les fondements du régime en place.<br />
Les intellectuels des deux bords ont été victimes de ce          qu’ils ont fait et non de ce qu’ils ont été.<br />
Il est certain que durant les premières années de la guerre,          la puissante campagne de désinformation menée par le régime          et ses relais de part et d&#8217;autre de la Méditerranée a grandement          désorienté l&#8217;opinion publique qui n&#8217;arrivait pas à          s&#8217;expliquer certains assassinats. La faiblesse criarde du mouvement politique          islamique sur le plan de l&#8217;information, a également grandement          participé à la production de cette confusion. Cela facilitera          le travail des services de l&#8217;action psychologique pour lui faire endosser          tous les assassinats. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Tous ces facteurs          ont permis, un certain temps, de mettre sous le boisseau une réalité          : la volonté du pouvoir, sous couvert de la lutte &laquo;&nbsp;anti-terroriste&nbsp;&raquo;,          d&#8217;éliminer tout ce que comporte la société comme          intelligence qui ne s&#8217;insère pas dans son projet diabolique d&#8217;éradication.          Avec le recul, nous constatons que beaucoup d&#8217;intellectuels officiellement          tués par les présumés islamistes étaient certes          de farouches opposants au projet islamique, mais ne cautionnaient pas          non plus les pratiques terroristes du pouvoir. Or, les véritables          intellectuels et théoriciens de l&#8217;éradication, ceux qui          lui ont donné une solide assise idéologique et s&#8217;en sont          fait les ambassadeurs, ont été, en très grande partie          épargnés. Ils se permettront même de s&#8217;accaparer des          morts dont ils sont en partie responsables, en les transformant en leurs          propres martyrs. Cela a été, avouons-le, doublement intelligent          de la part des &laquo;&nbsp;cerveaux&nbsp;&raquo; de l&#8217;éradication : éliminer          les voix critiques et en même temps imposer le silence aux amis          et parents des victimes, puisque les &laquo;&nbsp;coupables&nbsp;&raquo; sont des ennemis,          des &laquo;&nbsp;islamistes&nbsp;&raquo;. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Cette guerre a vu          naître, au nom d’une certaine conception des droits de l’homme          et de la démocratie, le honteux concept de l’indignation          sélective. Une frange de notre élite, instrumentalisée          par un quarteron de putschistes ignares et sans scrupules, pataugeait          dans les marais du manichéisme, de l’imposture et de la déraison.          Et en face, le monde dit libre, avalait les couleuvres de la désinformation          et s’enfermait dans un silence affligeant.<br />
Nous ne pouvons parler de cette indignation sélective sans évoquer          le rôle joué par une poignée d’intellectuels          français et l’éphémère comité          international de soutien aux intellectuels algériens (CISIA), dans          la campagne de désinformation de l’opinion publique. Bien          avant d’apprécier à nos dépens l’élasticité          de la notion des droits de l’homme dans certains cercles intellectuels          et politiques de l’Hexagone et naïfs que nous étions,          nous avions adressé, dès la naissance de ce comité,          une lettre à son président (7) pour attirer son attention          sur la situation d’une dizaine d’intellectuels algériens,          torturés et arbitrairement incarcérés dans les geôles          des «sauveurs de la démocratie et de la République          ». Cette lettre, ainsi qu’une seconde adressée en 1995          (8), resteront sans réponse. En réalité ce silence          en lui-même était une réponse : ce comité ne          soutenait pas les intellectuels qui refusaient la soumission culturelle.<br />
Nous n’étions pas les seuls à nous interroger sur          les véritables desseins de ce comité. Des citoyens français          qui refusaient de s’inscrire dans cette infâme campagne de          désinformation, se poseront la même question et jugeront          choquant ce soutien partiel et partial. C’est le cas de Ginette          Scandrani (9) :<br />
<em>« Pourquoi faut-il soutenir uniquement les intellectuels alors          que c’est le peuple qu’on assassine ?<br />
Je me sens concernée lorsqu’on assassine des intellectuels,          des journalistes ou des artistes mais pas plus que lorsqu’on assassine          des ouvriers, des enseignants, des commerçants, des ménagères          ou des chômeurs.<br />
Pourquoi faire un catalogue des soutiens ?<br />
Pourquoi ne soutenir qu’une partie des intellectuels alors que d’autres,          ceux du FIS, sont soit en prison ou dans des camps ?<br />
Pourquoi faut-il aller trier à l’intérieur de la société          algérienne pour désigner les bons et les mauvais ? Ne sont-ils          pas tous Algériens ? »</em></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Pierre Guillard (10)          écrivait en 1993 :<br />
<em>« J’ai écrit au CISIA : puisque le sort des intellectuels          vous interpelle, demandez-vous la libération d&#8217;un prisonnier d&#8217;opinion,          Abdelkader Hachani ? J&#8217;attends bien sûr toujours la réponse.          A. Hachani n’est en effet qu&#8217;ingénieur en pétrochimie,          francophone et arabophone, président du parti majoritaire d&#8217;un          pays de 27 millions d&#8217;hommes, et docteur en Islam : autant dire une m….<br />
Abdelkader Hachani n&#8217;obtiendra pas le label &laquo;&nbsp;intellectuel&nbsp;&raquo; délivré          de professo par le CISIA. Car seuls seront reconnus «intelligence          du pays » les hommes du 11 janvier et de la rébellion armée          contre la démocratie ».</em></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Non contents de se          transformer en zélés propagandistes intellectuels de l’éradication,          cette forme de barbarie à l’algérienne, certains membres          de ce comité feront la chasse à tous ceux, qui en France,          allaient à contre-courant de l’establishment intellectuel          et de sa «pensée dominante » concernant la tragédie          algérienne. Nous avons été abasourdis d’apprendre          en 1996 d’un ami intellectuel français, qu’il avait          été licencié à deux reprises de son emploi          sur injonction du CISIA pour avoir dénoncé à travers          ses prises de position et ses écrits, la politique de désinformation          et les méfaits de ce comité.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Comme nous l’avons          souligné dans un précédent article (11) et nous ne          cesserons de le répéter, il n’est pas question pour          nous de verser dans cette immonde indignation sélective, catégorielle          ou dans un quelconque corporatisme en matière de droits de l’homme.          Hier et sous d’autres cieux, c’était au nom de l’histoire,          aujourd’hui, c’est au nom d’une certaine conception          dévoyée de la démocratie et des droits de l’homme          qu’on se permet de choisir les bonnes et les mauvaises victimes.          La dignité humaine est une et nous ne pouvons admettre une telle          classification ignoble tant pour la tragédie algérienne          qu’ailleurs. C’est avec un profond respect que nous nous inclinons          devant la mémoire de toutes les victimes du drame national provoqué          par la politique criminelle d’un régime qui a voulu dresser          des algériens contre d’autres algériens pour préserver          son pouvoir illégitime et ses privilèges. Paix et miséricorde          à leurs âmes !<br />
Mais il est un devoir moral de lever le voile sur une partie de la vérité          en affirmant haut et fort qu’à côté des intellectuels          tués par les islamistes, il y a eu aussi d’autres intellectuels          enlevés, torturés et exécutés arbitrairement          par le terrorisme d’Etat qui s’était abattu sur l’Algérie          au lendemain du coup d’Etat de 1992 et qu’on avait voulu cacher          à l’opinion. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Cette étude          n’a pas l’intention de tenir une comptabilité macabre          ou la prétention d’énumérer les centaines d’intellectuels          victimes de cette guerre, mais seulement de démystifier les menteries          du régime et de ses commandos médiatiques de part et d’autre          de la Méditerranée qui ont prévalu durant des années.          Toute mystification a ses limites. Par des exemples précis et documentés,          nous apportons sereinement des preuves irréfutables que le terrorisme          d’Etat a amplement participé à la liquidation des          hommes de culture et de science. Et cela n’est que justice pour          celles et ceux qu’on a voulu effacer des tablettes du drame national. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Il est vrai qu’au          début de la sale guerre, beaucoup de monde fut trompé par          l’impressionnante machine de désinformation mise en branle          par le régime dans le cadre d’une vaste stratégie          de manipulation digne des Jacquin, Trinquier et Godard, de triste mémoire.          Mais avec le temps, le lourd silence imposé sera rompu et des brèches          seront courageusement ouvertes dans cet épais mur de mystification          par quelques rares intellectuels, militant(e)s des droits de la personne          humaine et officiers qui refusaient cette barbarie mais aussi cette défense          des droits de la personne humaine à deux vitesses, aidés          en cela par le courageux et admirable travail de témoignage des          victimes et familles de victimes, malgré les malheurs et la terreur          qui s’étaient abattus sur elles. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: medium;"><strong>Les          camps de concentration </strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Dès les premières          heures du coup d’Etat, une vaste campagne d’arrestations fut          menée par les services de sécurité et la police politique          contre les cadres et élus du parti sorti vainqueur des premières          élections législatives libres. Beaucoup d’entre eux          étaient des universitaires. Ils seront déportés dans          les camps de concentration du Sud.<br />
Pour la seule année 1992, on comptait officiellement 1224 enseignants          détenus dans les camps et geôles du régime.<br />
Au camp de concentration de Reggane, situé à 1400 km d’Alger,          on comptait en mars 1992 (12) :<br />
· 45 ingénieurs.<br />
· 600 enseignants d’écoles, collèges et lycées.<br />
· 1 enseignant d’Université.<br />
· 11 médecins.<br />
· 5 pharmaciens.<br />
· 4 avocats.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Pour le seul camp          de Aïn M’Guel, on notait en mars 1994 (12) :<br />
· 26 professeurs de lycée et de collège<br />
· 5 enseignants universitaires.<br />
· 7 ingénieurs.<br />
· 1 médecin spécialiste, enseignant à la faculté          de médecine d’Alger.<br />
· 1 pharmacien. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><strong>Deux cas illustrent          cette politique de déportation.</strong><br />
· <strong>Ouziala Messaoud</strong>, docteur en médecine, spécialiste          en néphrologie et en transplantation rénale à l’hôpital          universitaire Mustapha d’Alger, déporté au lendemain          du coup d’Etat de janvier 1992 au camp de concentration d’Aïn          M’Guel où il séjournera jusqu’en 1995. Il sera          ensuite kidnappé le 8 juillet 1998 à la sortie de l’hôpital          Mustapha par des civils armés de la police politique et séquestré          durant quinze jours en un lieu secret. A sa libération, il s’exilera          en Europe. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Gahmous          Abderrahmane</strong>, professeur d’université et chercheur, titulaire          d’un PHD aux Etats-Unis, directeur de l’Ecole Nationale Polytechnique          d’El Harrach. Déporté au lendemain du coup d’Etat          au camp de concentration de Reggane durant plusieurs mois. Il sera contraint,          lui aussi à l’exil. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: medium;"><strong>La          terreur des escadrons de la mort</strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> En 1993, apparurent          deux escadrons de la mort : l’OSSRA (organisation secrète          de sauvegarde de la république algérienne) et l’OJAL          (organisation de la jeunesse algérienne libre), éphémères          branches de la police politique. Leur but était de terroriser le          camp islamique. C&#8217;était la mise en pratique de la sinistre devise          :&nbsp;&raquo;la peur doit changer de camp&nbsp;&raquo;. L’une d’elles,          l’OJAL, se spécialisera dans la chasse et la liquidation          des intellectuels du courant islamique. De nombreux universitaires recevront          des menaces de mort, seront torturés ou exécutés          par cette organisation terroriste. Parmi ses victimes, nous citerons :</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> · <strong>Boudjelkha          Mohamed Tidjani</strong>, professeur de mathématiques à l’université          de Bab Ezzouar d’Alger, avait reçu une lettre de menace de          mort de cette organisation puis avait été kidnappé          à son domicile en novembre 1993 par trois civils armés se          présentant comme éléments de l’OJAL. Il sera          séquestré en un lieu secret puis torturé durant plusieurs          jours avant d’être libéré avec un message destiné          aux intellectuels du courant islamique: la mort. Il sera contraint de          s’exiler à sa libération.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> · <strong>Mohamed          Lahbib Haddam</strong>, docteur en médecine, spécialiste en chirurgie          cardio-vasculaire à l’hôpital universitaire Mustapha          et maître-assistant à la faculté de médecine          d’Alger recevra lui aussi une lettre de menace de mort de l’OJAL.          Le 11 novembre 1993 à 20 heures, deux civils armés et cagoulés          feront irruption à son domicile. Le chirurgien sera ligoté          ainsi que son épouse et sa fille. Les deux hommes armés          lui affirmeront qu‘ils appartenaient à l’OJAL, qu’ils          lui avaient adressé une lettre le condamnant à mort et qu’ils          venaient exécuter la sentence. Après avoir enfermé          leurs trois victimes dans une pièce, et pris de doute sur l’identité          de la cible, ils quitteront les lieux en emportant les clés de          l’appartement, en volant une importante somme d&#8217;argent et en promettant          de revenir durant la nuit. Le chirurgien et sa famille arriveront miraculeusement          à se libérer et à fuir le domicile pour aller se          réfugier chez des amis avant le retour des deux criminels. Il sera          contraint lui aussi à s’exiler.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> · <strong>Mohamed          Saïd Moulay</strong>, professeur et doyen de l’Institut de mathématiques          de l’Université de Bab Ezzouar, recevra lui aussi en mars          1993 une lettre de menace de mort de l’OJAL. En décembre          1993, deux civils armés feront irruption à son bureau à          l’Institut de mathématiques. Devant les menaces, il se mettra          à protester à haute voix afin d’attirer l’attention          des secrétaires et des directeurs-adjoints de l’Institut.          Affolés par l’attroupement des fonctionnaires et des étudiants          devant le bureau du Doyen, les deux criminels prendront la fuite. Ce n’était          que partie remise. En effet, cet universitaire sera kidnappé avec          ses deux enfants en bas âge le 19 juin 1994 par des civils armés          sur l’autoroute d’El Harrach puis séquestré          durant 30 jours et torturé au commissariat central d’Alger          (voir chapitre tortures). </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Ahmed          Hambli</strong>, professeur à la faculté de droit de l&#8217;université          de Tizi Ouzou est tué par balles le 2 octobre 1993 à l’entrée          de l&#8217;université par des hommes armés qui réussiront          à prendre la fuite. Ses proches amis accuseront l&#8217;OJAL de son assassinat.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> · <strong>Necib          Mohamed Arezki</strong>, maître de conférences à la faculté          de Droit de Ben Aknoun, recevra à son tour en novembre 1993, une          lettre de l’OJAL le menaçant de mort. Quelques mois plus          tard, des hommes armés se présenteront à son domicile          pour l’assassiner. Il réussira à leur échapper. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> · <strong>Mohamed          Bouslimani</strong>, homme de culture et théologien, président          de l&#8217;association caritative El Irshad Oual Islah, enlevé à          son domicile le 26 novembre 1993. Son enlèvement sera revendiqué          simultanément par l&#8217;OJAL et le GIA (probablement une absence de          coordination entre les deux organisations criminelles issues de la même          officine). Son corps, en état de décomposition avancée,          sera découvert dans la région d&#8217;El Affroun (Blida) le 28          janvier 1994. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><br />
<strong><span style="font-size: medium;">La Torture </span></strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Les intellectuels          comme des dizaines de milliers d’autres citoyens, ne seront pas          épargnés par la torture, cette pratique dégradante          et inhumaine qui sera institutionnalisée après l’annulation          des élections législatives, dans l’ensemble des centres          de détention. Nous citerons à titre d’exemple les          cas de :</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> · <strong>Moulay          Mohamed Saïd</strong>, professeur d’université et doyen de          l’Institut de Mathématiques, kidnappé sur l’autoroute          le 19 juin 1994 par des civils armés alors qu’il était          à bord de son véhicule avec ses deux enfants. Gardé          au secret durant 30 jours au commissariat central d’Alger où          il sera atrocement torturé. Il s’en sortira avec un traumatisme          crânien, un traumatisme de la main et une baisse de l’acuité          visuelle. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">·<strong> Sari          Ahmed Mahfoud</strong>, docteur en médecine, professeur agrégé          en pédiatrie à l’hôpital universitaire de Baïnem          (Alger-ouest), arrêté le 2 mai 1993 alors qu’il assurait          sa consultation de cardio-pédiatrie. Séquestré durant          12 jours au commissariat de Cavaignac d’Alger où il sera          sauvagement torturé avant d’être arbitrairement incarcéré          durant 6 mois à la prison d’El Harrach. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Brahami          Mostafa</strong>, enseignant de physique à l’université          de Bab Ezzouar, titulaire d’un magistère en physique quantique          et doctorant en management, arrêté la première fois          en octobre 1992 et sauvagement torturé durant une semaine au commissariat          central d’Alger. Arrêté une seconde fois en avril 1993          et séquestré durant un mois au centre de Châteauneuf          où il sera à nouveau torturé avant d’être          libéré, sans retenir aucune charge contre lui. Devant ces          harcèlements et les menaces de liquidation physique adressées          par les escadrons de la mort de l’OJAL, il sera contraint à          s’exiler en Europe fin 1993. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Lafri          Khaled</strong>, docteur en médecine, chirurgien orthopédiste,          ex-maître-assistant à la faculté de médecine          d’Alger. Arrêté à son domicile dans la nuit          du 7 juin 1994. Gardé au secret durant 40 jours au commissariat          central d’Alger où il sera atrocement torturé. Il          présentera un traumatisme des jambes laissé sans soins.          Incarcéré arbitrairement durant trois ans à la prison          d’El Harrach puis de Serkadji. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Lamdjadani          Noureddine</strong>, docteur en médecine, épidémiologue,          maître-assistant à la faculté de médecine d’Alger.          Arrêté au commissariat central d’Alger le 17 mai 1994.          Gardé au secret durant 60 jours à Châteauneuf puis          au commissariat central d’Alger où il sera torturé.          A présenté lors de sa séquestration de graves problèmes          de santé restés sans soins. Incarcéré arbitrairement          durant trois années à la prison d’El Harrach.</span></p>
<p>· <strong>Kerkadi Ahcène</strong>, chirurgien-dentiste, demeurant          à Larbaâ (Blida), arrêté la première          fois à son domicile, en avril 1993 par des parachutistes. Torturé          à la caserne de Bouzaréah puis de Ben Aknoun durant une          semaine avant d’être jeté sur la route. Il en sortira          avec une perforation du tympan. Arrêté une seconde fois en          novembre 1993, il sera séquestré durant sept jours au centre          de Blida où il sera à nouveau torturé. A sa libération          et devant les menaces d’assassinat, il décidera de quitter          l’Algérie.</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Hammoudi          Nadir</strong>, architecte, arrêté dans la nuit du 9 octobre 1992          à son domicile. Séquestré durant 28 jours au commissariat          de Bab El Oued où il sera atrocement torturé. Arbitrairement          incarcéré durant 5 ans à la prison de Serkadji et          d’El Harrach. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Thamert          Hocine</strong>, professeur au lycée de Dellys (Boumerdés), kidnappé          le 24 avril 1994 dans la rue à Alger par des civils armés          de la police politique. Séquestré durant 26 jours successivement          au commissariat central d’Alger, au centre de Châteauneuf          et à Haouch Chnou de Blida où il subira d’abominables          tortures. Selon son témoignage l’un des tortionnaires de          Châteauneuf tentera de lui sectionner les doigts avec des ciseaux          de tailleur. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><br />
<span style="font-size: medium;"><strong>Les exécutions sommaires </strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> Les hommes de savoir          ne seront pas épargnés, à l’instar de milliers          d’autres citoyens, par les exécutions sommaires.<br />
Dans une étude réalisée à l’occasion          du 10e anniversaire du coup d’Etat (13) nous avions répertorié          sur une liste non exhaustive de 1100 exécutions sommaires :<br />
· 42 enseignants (primaire, collège et lycée).<br />
· 11 universitaires.<br />
· 07 médecins.<br />
· 02 avocats.<br />
· 02 ingénieurs. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><br />
<strong>Quelques cas illustrent cette politique planifiée de liquidation          physique </strong><br />
· Azizi Abdelkrim, professeur de langue arabe, demeurant à          El Harrach (Alger), a été torturé dans la salle de          bain de son domicile le 22 septembre 1993 sous les yeux de son épouse          et de ses trois filles par des policiers dirigés par le commissaire          de Bourouba. Il sera ensuite embarqué avec son fils de 18 ans,          Abdessamad au dit commissariat où ils seront séquestrés          durant plusieurs semaines avant d’être exécutés          sommairement selon le témoignage d&#8217;un officier de police adressé          en 2000 au président de la République.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Bouchelaghem          Moussa Fouad</strong>, Maître de conférences à l’université          de Blida, titulaire d’un doctorat en physique, arrêté          à son domicile à Alger le 3 juin 1994 par des éléments          cagoulés de la police politique. Il sera localisé, suite          à des témoignages concordants d’ex-détenus,          au centre de Châteauneuf (cellule n°9) où il sera affreusement          torturé. Le 8 septembre 1994, sa mère trouvera son nom sur          le registre de la morgue de Bologhine où il aurait été          transféré le 20 juillet. Selon la version officielle, il          aurait été abattu suite à une «tentative de          fuite ». Des ex-détenus, ses amis et sa famille sont formels          : cet universitaire avait été sorti de sa cellule et exécuté          sommairement. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Bouhadida          Seghir</strong>, journaliste et maître-assistant à l’Institut          de journalisme de l’université d’Alger, a été          kidnappé dans la rue le 11 juin 1995 par des agents de la police          politique. Il sera localisé dans un premier temps selon le témoignage          de sa famille au commissariat de Bourouba. En 1996, sa famille apprendra          par le biais d’Amnesty international qu&#8217;il avait été          abattu «suite à un accrochage avec un groupe terroriste »          selon la correspondance adressée par les autorités à          cette ONG des droits de l ‘homme. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Boularas          Ahmed</strong>, physicien, maître de conférences à l’université          de Blida, arrêté en septembre 1994 à son domicile          à Larbaâ (Blida) par la police politique. Selon le témoignage          de ses proches, il aurait été affreusement torturé          avant d’être exécuté. Son cadavre sera retrouvé          quelque temps après à la morgue. Un ancien agent de la police          politique, Tigha Abdelkader exerçant au CTRI de Blida et réfugié          détenu en Thaïlande confirmera dans une interview à          l’AFP en août 2000, qu’effectivement, cet universitaire          avait été exécuté sommairement par la sécurité          militaire. (14)</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Chenafa          Djillali</strong>, avocat, demeurant à Sidi Ali (Mostaghanem) arrêté          le 3 novembre 1994 par la police politique selon le témoignage          de ses proches. Son cadavre sera retrouvé à la décharge          de Beni Haoua, quelques jours plus tard.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Dahab          Omar</strong>, ingénieur en électronique, demeurant à          El Oued, enseignant à l’école de formation professionnelle,          arrêté en mars 1994 ainsi que dix de ses élèves.          Il sera remis dans un cercueil à sa famille. Il avait été          exécuté ainsi que les dix élèves du centre          de formation professionnelle. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Taleb          Abderrahmane</strong>, docteur en médecine, demeurant à Larbaâtache          (Boumerdés), précédemment arrêté en          avril 1993, séquestré et torturé au commissariat          Cavaignac d’Alger puis arbitrairement incarcéré durant          07 mois à la prison d’El Harrach, sera exécuté          sommairement le 19 juin 1994 à son domicile par des militaires          selon le témoignage de sa famille. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">·<strong> Haddoum          Kouider</strong>, docteur en médecine, demeurant à Hassasnia          (Aïn Defla), arrêté par des gendarmes en janvier 1994          et exécuté ainsi que trois autres citoyens en février          1994 dans la forêt de M’Ghazi, selon le témoignage          de sa famille. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Rosli          Mohamed</strong>, doyen de l&#8217;Institut des sciences sociales de l&#8217;Université          de Blida, arrêté le 30 octobre 1993 par la police politique          à l’université et devant ses collègues universitaires          et ses étudiants. Deux ans après son enlèvement,          il adressera un message à ses parents par l’intermédiaire          d’un codétenu libéré signalant qu’il          avait été sauvagement torturé et qu’il était          séquestré à la prison militaire de Blida. Sa famille          n’aura jamais l’occasion de le voir. En août 2000, un          ancien agent de la police politique, Tigha Abdelkader, réfugié          en Thaïlande et dans une interview à l’AFP, affirmera          que cet universitaire avait été exécuté. (14)</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Boucherit          Lotfi</strong>, 28 ans, demeurant au quartier Belle Vue de Constantine est          docteur en médecine. Enlevé le 26 septembre 1995 à          1h du matin du domicile de sa tante (11, rue El Kadi, Casbah, Constantine)          par les services de sécurité. Ces derniers auraient dérobé,          selon le témoignage de sa famille, une veste en cuir neuve, un          poste radio, des livres de médecine, des livres de théologie,          une somme de 50 000 DA, un appareil photo et une médaille d&#8217;ancienne          combattante de la guerre de libération nationale de sa tante. Mort          sous la torture et enterré le 30 septembre 1995 au cimetière          central de Constantine. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><br />
<strong><span style="font-size: medium;">Les «disparitions »</span></strong></span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"> Parmi les milliers          de citoyens «disparus», nous notons un nombre non négligeable          d’enseignants, médecins, avocats, ingénieurs et autres          hommes de science.<br />
Dans une étude (15) réalisée à l’occasion          du 10e anniversaire du coup d’Etat, nous relevions sur un échantillon          de 1000 cas :<br />
57 enseignants (primaire, secondaire, universitaire)<br />
08 Médecins<br />
13 Ingénieurs<br />
03 Architectes<br />
04 Avocats et juristes<br />
04 Journalistes </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><br />
<strong>Dix cas illustrent cette politique d’enlèvements touchant          cette catégorie de citoyens </strong>:</span><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">·          <strong>Allalou Sidali</strong>, demeurant à Alger, Ingénieur d’Etat          en hydraulique a été arrêté le 19 février          1995 à 18 heures par des civils armés sur le tronçon          Bir Mourad Raïs-Birkhadem alors qu’il circulait à bord          de son véhicule de type Renault Super Cinq. Il sera localisé          aux centres de la sécurité militaire de Châteauneuf          et de Haouch Chnou ( CTRI de Blida) par sa famille grâce aux témoignages          de citoyens rescapés de ces centres. Aucune nouvelle de lui depuis          huit ans. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Aouifer          Sebti</strong>, père de 6 enfants, demeurant à Taher (Jijel),          ingénieur d’Etat en agronomie, directeur de la coopérative          agricole de Chekfa (Jijel), arrêté le 12 septembre 1995 à          la brigade de gendarmerie de Chekfa. Cet ingénieur et responsable          était connu pour ses compétences et sa probité. Aucune          nouvelle de lui depuis huit ans. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Bellahrèche          Chérif</strong>, docteur en médecine, professeur agrégé          en rhumatologie et chef de service de rhumatologie à l’hôpital          universitaire de Constantine. Membre de plusieurs sociétés          scientifiques internationales. Il a été arrêté          le 8 novembre 1994 par quatre hommes armés se réclamant          des services de sécurité, alors qu’il était          en consultation médicale dans son service. Sa famille l’aurait          localisé au centre de la sécurité militaire de Châteauneuf          en février 1995, sur la base de témoignages de rescapés          de ce centre. Aucune information sur ce médecin depuis neuf années. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Benabid          Belkacem</strong>, père de 4 enfants, docteur en médecine, demeurant          à Sétif. Arrêté dans la matinée du 14          novembre 1994 près de son cabinet médical situé au          faubourg des 5 fusillés à Sétif par 3 civils armés          se présentant comme des agents des services de sécurité          qui l’ont forcé à monter à l’arrière          de sa propre voiture de type R25. L’arrestation s’est faite          devant près de 25 personnes dont l’infirmier du cabinet,          les patients qui attendaient le praticien et les voisins. Il aurait été          localisé dans un premier temps au commissariat de police de Sétif.          Les policiers de ce commissariat refuseront d’enregistrer la plainte          du père pour enlèvement. Aucune nouvelle depuis neuf ans. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Beneddine          Allel</strong>, avocat, demeurant à Oran, arrêté le 22          novembre 1994 à minuit à son domicile par une vingtaine          d’hommes armés de la Sécurité militaire venus          à bord de véhicules banalisés après avoir          défoncé la porte de son appartement. A disparu depuis. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Benkara          Mustapha</strong>, père de deux enfants, chirurgien et chef de service          à l&#8217;hôpital de Médéa, arrêté le          31 mars 1994 à 12 heures par des militaires sur son lieu de travail,          en présence de ses confrères et du directeur de l’établissement          hospitalier. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été          séquestré durant 25 jours à la gendarmerie de Médéa          puis aurait été transféré par des éléments          de la Sécurité militaire vers la prison de Camera située          à Ksar Boukhari. Selon le témoignage d’un technicien          en radiologie, ce chirurgien aurait été ramené de          nuit aux urgences de l’hôpital de Médéa, la          tête recouverte d’un drap, pour ne pas être reconnu          par ses collaborateurs. Il présentait un traumatisme de l’avant-bras          et de la jambe, suite aux tortures. Depuis, personne n’a plus eu          de ses nouvelles.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Bouabdallah          Abdelaziz</strong>, journaliste au quotidien El Alem Essiyassi (Le monde politique)          a été kidnappé à son domicile le 12 avril          1997 par des civils porteurs d’armes à vision infra-rouge          selon le témoignage de sa famille. Il avait été précédemment          arrêté en janvier 1997 puis relâché. Des témoins          auraient affirmé l’avoir vu au centre de la Sécurité          militaire de Châteauneuf. Aucune nouvelle de ce journaliste depuis          sept ans.</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Fahassi          Djamal Eddine</strong>, journaliste à la radio nationale (chaîne          3), père d&#8217;un enfant, demeurant à El Harrach (Alger) est          kidnappé le 6 mai 1995 par des éléments de la sécurité          militaire venus à bord de deux véhicules banalisés          à El Harrach, près de l&#8217;Institut d&#8217;agronomie. Un détenu,          libéré a déclaré formellement avoir vu en          juin 1995, ce journaliste au centre de la Sécurité militaire          de Châteauneuf. D’autres témoignages concordants confirmeront          ces dires. En 1992, ce journaliste avait été déporté          durant 45 jours au camp de concentration de Aïn Salah. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Goumri          Tayeb</strong>, professeur au lycée de Salah-Bey (Sétif), demeurant          à Maafeur, commune de Salah-Bey, arrêté le 23 janvier          1995 par des gendarmes alors qu’il se rendait au lycée. Localisé          par des témoins à la gendarmerie de Salah-Bey. Aucune nouvelle          depuis de cet enseignant. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Saâdoun          Djamel</strong>, polytechnicien, maître-assistant à l’Ecole          polytechnique d’El Harrach, doctorant en mécanique, demeurant          à El Biar (Alger), enlevé le 7 mars 1996 à son domicile          par des gendarmes de Bouzaréah puis remis aux militaires de la          caserne de Blida avant d’être transféré à          Béchar le 14 mars 1996 à partir de l’aéroport          de Boufarik, puis à Abadla selon le témoignage de sa famille.          A disparu depuis cette date. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Nous ne terminerons          pas cette douloureuse énumération de quelques dizaines de          victimes citées à titre d’exemple, sans l’évocation          de la mémoire de nombreux intellectuels dont l’assassinat          n’a jamais été élucidé et dont les proches,          amis et observateurs continuent à s’interroger sur les véritables          commanditaires de leur élimination physique, malgré l’étiquette          «GIA » officiellement collée aux auteurs de ces crimes.          Comme pour des milliers d’autres victimes de cette guerre, aucune          enquête sérieuse n’aura été diligentée          et aucun procès équitable ne prouvera la culpabilité          des malheureux citoyens inculpés. L’opinion se suffira parfois          d’un communiqué laconique de presse annonçant que          «les auteurs de l&#8217;assassinat de tel intellectuel ont été          abattus au cours d&#8217;un accrochage avec les services de sécurité          » et le dossier était ainsi clos. Ailleurs on présentera          souvent à cette même opinion, lors d’ «aveux          » télévisés, de malheureux citoyens, le visage          tuméfié et déformé par la torture, ‘’reconnaissant’’          avoir tué tel ou tel intellectuel. Des «aveux » d’un          autre âge qui ne trompent personne.<br />
Les observateurs avertis se sont toujours demandés si, dans le          cadre de l’action psychologique qui sous-tendait le diabolique plan          d’éradication, certains meurtres catégoriels et ciblés          n’étaient pas destinés à semer la terreur dans          une classe moyenne frileuse afin de la jeter sous le burnous mité          des janviéristes. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;"><strong>Quatre cas illustrent          cette catégorie de victimes :<br />
</strong></span><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">·          <strong>Youcef Fethallah</strong>, juriste et président de la ligue algérienne          des droits de l’homme (LADH), tué le 18 juin 1994 devant          la porte de son cabinet professionnel, à la rue Larbi Ben M’hidi          (Alger). Ses amis nous apprendront que cet humaniste venait de revenir          de Berlin où il avait assisté à une conférence          organisée par Amnesty International. Il avait très tôt          dénoncé la répression qui s’était abattue          sur les jeunes citoyens et l’ouverture des camps de concentration.          Le 8 mai 1994, il participait à Alger, à la marche nationale          pour le dialogue et la réconciliation nationale, ce qui lui valut          des attaques virulentes de la part de la minorité éradicatrice          et de sa presse attitrée. Membre de la commission «d&#8217;enquête          » sur l’assassinat de Mohamed Boudiaf, des informations à          l’époque avaient fait état de réserves émises          par le défunt quant au rapport final. </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Embarek          Mahiout</strong>, économiste, militant des droits de l’homme et          membre (trésorier) de la direction du Front des Forces Socialistes,          tué ainsi que son neveu le 4 novembre 1995, à Kouba (Alger)          à quelques jours des «élections » présidentielles,          mascarade électorale à laquelle le FFS et d’autres          partis politiques appelaient au boycott. Cet universitaire, était          connu pour son infatigable combat pour les droits de la personne humaine          et la démocratie. Là aussi, officiellement, le «GIA          » était responsable de ce crime. Lors du procès intenté          par l’ex-«ministre» de la Défense du régime          d’Alger contre le sous-lieutenant Souaïdia, Aït Ahmed          cité comme témoin par la défense déclarera          à l’audience, concernant le regretté Mahiout : «          Non seulement on confisque le pouvoir, ses richesses, la mémoire,          mais aussi quand «ils» veulent régler leurs problèmes          internes, ils s’envoient des messages en ciblant des personnalités.          On a ciblé notre trésorier, on l’a tué en pleine          campagne électorale » (16)</span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Abdelkader          Hachani</strong>, ingénieur en pétrochimie, membre de la direction          politique du Front Islamique du Salut, arbitrairement incarcéré          durant cinq ans et demi au bagne de Serkadji (1992 – 1997) pour          avoir appelé les militaires à respecter le choix du peuple          souverain. Mis sous filature serrée par la police politique depuis          sa libération, il sera froidement exécuté le 22 novembre          1999 par un homme armé dans un cabinet dentaire où il se          soignait. L’auteur présumé du crime, membre du «GIA          » selon la version officielle, sera rapidement arrêté,          quelques jours après le forfait, se promenant à Alger, selon          la presse avec l’arme du crime et….les papiers de la victime          ( ! ! ?). La famille du défunt dénoncera la parodie de procès          où persisteront de larges zones d’ombre. « Il est demandé          aux instances suprêmes du pays d&#8217;en faire toute la vérité.          Rien que la vérité. L&#8217;histoire ne pardonnera pas »          déclarera son frère, après ce procès (17). </span></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">· <strong>Tahar          Djaout</strong>, journaliste et écrivain, victime d’un attentat          le 26 mai 1993 près de son domicile dans la banlieue ouest d’Alger,          succombera quelques jours plus tard à ses blessures. Le 30 mai,          l’AFP, citant une source sécuritaire annonçait que          deux des auteurs de l’assassinat de ce journaliste avaient été          abattus. Le 1er juin, un citoyen, Abdallah Belabassi, faisait des «aveux          » à la télévision, affirmant être le          conducteur du véhicule des assassins du journaliste et que le meurtre          avait été commandité par un certain Layada. Quatre          groupes de citoyens se retrouveront devant la justice, accusés          d’être responsables de l’attentat. Layada, «émir          » du «GIA » et présenté par certains titres          de presse et par le malheureux Belabassi lors de ses «aveux »          télévisés comme étant le commanditaire du          meurtre sera acquitté par le tribunal d’exception d’Alger          dans cette affaire. Les amis du journaliste créeront un comité          pour la vérité sur sa mort. Deux membres de ce comité          (Boucebci et Mekbel) seront à leur tour assassinés quelque          temps après. Son ami, Arezki Aït Larbi, journaliste, écrira          à ce propos : « Malgré toutes ces manœuvres,          il reste toutefois une certitude : huit ans après, l&#8217;assassinat          de Tahar Djaout, comme tant d&#8217;autres, restera une énigme ».          (18). Beaucoup d’observateurs continueront là aussi à          s’interroger sur les commanditaires de ce meurtre (19).</span></p>
<p>Encore une fois, il ne s’agit nullement de remuer le couteau dans          la béante et profonde plaie du drame national qui n’est pas          prête d’être cicatrisée mais seulement de remuer          les arguments fallacieux et ignobles de ceux qui ont transformé          une immense espérance de changement en une tragédie abyssale          et qui n’ont pas hésité, pour sauver leur république          des privilèges, à mener une guerre contre une partie de          leur propre peuple tout en essayant vainement, le temps d’un mensonge,          de tromper l’opinion publique sur la réalité du drame          et d’une partie des victimes.<br />
Après avoir joué sur la désinformation et la manipulation          et après que la baudruche se soit en partie dégonflée,          les maîtres du royaume de la terreur et de l’arbitraire, troublés          par leur mauvaise conscience pensent jouer sur le temps et donc sur l’amnésie          pour effacer les traces de toutes les horreurs qu’ils ont fait subir          &#8211; et qu’ils continuent à faire subir – directement          ou indirectement à leur propre nation durant plus d’une décennie          de crimes et de non-châtiments.<br />
Ils pensent, ainsi, par ces stratagèmes éculés, échapper          au tribunal de l’Histoire. Grossière erreur !<br />
La page sanglante de cette tragédie qui perdure ne pourra être          tournée tant que toute la Vérité n’aura pas          éclaté et que la Justice n’aura pas apposé          son sceau.<br />
Ce modeste travail est une contribution que nous versons au dossier de          l’Algérie meurtrie qu’aura à traiter la future          commission nationale de Vérité et l’Histoire inéluctablement          jugera, n’en déplaise aux criminels de tous bords qui pensent          pouvoir, par la force, l’argent sale, le mensonge et l’intrigue,          échapper à son tribunal !</p>
<p><strong><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">Références          :</span></strong></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,Times,serif; font-size: small;">(1) Rachid Mimouni,          Le Monde, 18 mai 1994, p.2.<br />
(2) François Burgat, Algérie : L’islamisme contre          les intellectuels ? In L’Algérie en contrechamp, Peuples          Méditerranéens n° 70-71, Janvier-juin 1995, p. 58.<br />
(3) Rachid Boudjedra, militant de l’ex-parti stalinien algérien          du PAGS et éradicateur devant l’Eternel, témoin à          charge lors du procès qu’intentait Khaled Nezzar contre le          sous-lieutenant Souaïdia, déclarera, toute honte bue, le 03          juillet 2002 devant la 17e chambre du tribunal de Paris être le          «continuateur de Proust et de Flaubert ». Cette ‘’blague’’          provoquera l’hilarité de la salle. Habib Souaïdia, Le          procès de « La sale guerre », La Découverte          2002, p. 248.<br />
(4) Rachid Boudjedra, Le FIS de la haine, Editions Denoel, Paris, 1992.<br />
(5) Michel Morel, Lettre à l’hebdomadaire l’Express,          N° 407, 02 avril 1959.<br />
(6) Oued Namous et Reggane.<br />
(7) Citée par Jacques Vergés, in : Lettre ouverte à          des amis algériens devenus tortionnaires, Editions Albin Michel,          1993, p. 62.<br />
(8) Salah-Eddine Sidhoum, Lettre ouverte à Pierre Bourdieu, président          du CISIA, septembre 1995, publiée in : Livre blanc sur la répression          en Algérie, T3, Les complicités, Editions Hoggar, Suisse          1996, p. 288.<br />
(9) Ginette Scandrani, L’Algérie, quel dialogue ? L’appel          du CISIA in : L’Algérie en contrechamp, Peuples Méditerranéens          n° 70-71, Janvier-juin 1995, p. 41.<br />
(10) Pierre Guillard, Que se passe-t-il dans la tête de M. Pierre          Bourdieu ? in : Jusqu’à quand la désinformation à          propos du pays d’Algérie. Textes polycopiés. 13 novembre          1993. Pierre Guillard est l’auteur d’un ouvrage sur la tragédie          algérienne : Ce fleuve qui nous sépare. Editions Lyosel,          Paris, 1994.<br />
(11) Salah-Eddine Sidhoum, L’autre versant de la tragédie,          Algeria-Watch, décembre 2001, <a target="_blank" href="http://www.algeria-watch.org/mrv/mrvrepr/versant_tragedie.htm">www.algeria-watch.org/mrv/mrvrepr/versant_tragedie.htm</a><br />
(12) Témoignages adressés par des déportés          à l’auteur.<br />
(13) L’Algérie, 10 ans après le putsch, Les droits          humains : un bilan désastreux. 1100 exécutions sommaires,          in : Algeria-Watch, 11 janvier 2002, <a target="_blank" href="http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/1100_executions/1100_executions_A.htm">http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/1100_executions/1100_executions_A.htm</a><br />
(14) Voir aussi son interview : Algérie : les révélations          d’un déserteur de la SM, Nord-Sud Export, n°427, 21 septembre          2001.<br />
(15) L’Algérie, 10 ans après le putsch, Les droits          humains : un bilan désastreux. 1000 cas de disparitions forcées.          In Algeria-Watch. 11 janvier 2002. <a target="_blank" href="http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/1000_disparitions/1000_disparitions_A.htm">http://www.algeria-watch.org/mrv/2002/1000_disparitions/1000_disparitions_A.htm</a><br />
(16) Habib Souaïdia, Le procès de « La sale guerre »,          La Découverte 2002, p. 382.<br />
(17) Kamel Hachani. Rétablir la vérité. In hebdomadaire          El Borhane, semaine du 25 août au 1er septembre 2001.<br />
(18). Arezki Aït-Larbi. L’assassinat de Tahar Djaout : un crime          sans coupables. Le Matin 26 mai 2001. www.algeria-watch.de/farticle/presse/tahar_djaout.htm<br />
(19) Lire aussi, concernant les interrogations sur l’assassinat          de feu Djaout :<br />
- Ghania Mouffok : « Qui a tué Tahar Djaout ? » in          Etre journaliste en Algérie. RSF. Paris 1996. p.91-94.<br />
- Le rapport de Reporters sans frontières (mars 1997) : Algérie          : la guerre civile à huis-clos. Chapitre : « Qui a tué          Tahar Djaout ? », in Algérie Le livre noir, p.16. Editions          La Découverte 1997,<br />
- L’article du journaliste et ami du défunt, Arezki Aït          Larbi dans le Figaro du 9 janvier 1997. </span></p>
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		<title>Malik Medjnoun entame une grève de la faim pour enfin être jugé après plus de 10 ans de détention préventive</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 11:02:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droits de l’Homme]]></category>
		<category><![CDATA[détention préventive arbitraire]]></category>
		<category><![CDATA[DRS]]></category>
		<category><![CDATA[le quotidien d'algerie]]></category>
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		<category><![CDATA[Matoub Lounès]]></category>
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		<description><![CDATA[Share Alkarama for Human Rights, 26 Février 2010 Plus de 10 ans après son enlèvement près de son domicile à Tizi-Ouzou par les services algériens du Département de la recherche et de la sécurité(DRS), Malik Mejnoun est toujours détenu préventivement en attente de son procès. Depuis le 25 février 2010 il a entamé une grève [...]]]></description>
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<p>Plus de 10 ans après son enlèvement près de son  domicile à Tizi-Ouzou par les services algériens du Département de la  recherche et de la sécurité(DRS), Malik Mejnoun est toujours détenu  préventivement en attente de son procès. Depuis le 25 février 2010 il a  entamé une grève de la faim illimitée pour qu&#8217;enfin il soit présenté  devant la justice.</p>
<p>Malik Medjnoun est accusé de complicité dans l&#8217;assassinat en  juin 1998 du chanteur engagé Matoub Lounes, ce qu&#8217;il a toujours nié.  Enlevé près de son domicile à Tizi-Ouzou le 28 septembre 1999 par des  agents du DRS, il a été détenu au secret à la caserne « Antar » de Ben  Aknoun (Alger) relevant du DRS (Département des renseignements et de la  sécurité). Durant ces huit mois de détention, il a été sauvagement  torturé selon les techniques habituellement utilisées par ce service  (méthode du chiffon, électricité. etc.). Présenté le 05 mai 2001 devant  le tribunal criminel de Tizi-Ouzou, son affaire a été renvoyée sine die.</p>
<p>Le frère de Malik avait obtenu l&#8217;assurance du Président de la  Cour que l&#8217;affaire allait être jugée au cours de la précédente session  en décembre 2009, ce qui n&#8217;a toutefois pas été le cas. Devant cette  flagrante injustice, M. Medjnoun n&#8217;a trouvé d&#8217;autre recours que  d&#8217;entamer une grève de la faim.</p>
<p>Nous rappelons que la situation de M. Malik Medjnoune et la  violation de ses droits fondamentaux avait été soumise au Comité des  droits de l&#8217;homme le 11 juin 2004 qui avait statué sur sa requête le 14  juillet 2006. Aux termes de ses Constatations, le Comité onusien avait  fait droit à toutes les demandes et enjoint aux autorités algériennes :</p>
<p>« D&#8217;amener Malik Medjnoune immédiatement devant un juge pour  répondre des chefs d&#8217;accusation ou le remettre en liberté, de mener une  enquête approfondie et diligente sur sa détention au secret et les  traitements qu&#8217;il a subis depuis son enlèvement le 28 septembre 1999 et  d&#8217;engager des poursuites pénales contre les personnes responsables de  ces violations ».</p>
<p>Au cours de la procédure, le gouvernement algérien avait  informé le Comité des droits de l&#8217;homme par lettre du 28 décembre 2004 «  que l&#8217;affaire devait être soumise incessamment au tribunal criminel de  Tizi-Ouzou pour y être jugée ».</p>
<p>En dépit de ces engagements du gouvernement algérien et des  Constatations du Comité, M. Medjnoun attend toujours d&#8217;être jugé. Il n&#8217;y  a aucun précédent à ce jour en Algérie d&#8217;un cas de détention préventive  de plus de 10 années. Il s&#8217;agit d&#8217;une violation particulièrement grave  des engagements de l&#8217;Algérie au Pacte international relatif aux droits  civils et politiques qui interdit les détentions arbitraires et  considère qu&#8217;une personne doit être jugé sans retard excessif.</p>
<p>Alkarama saisit aujourd&#8217;hui le Comité des droits de l&#8217;homme  pour lui rappeler qu&#8217;en dépit de ses engagements, les autorités  algériennes n&#8217;ont toujours pas fait suite à ses recommandations et le  prier d&#8217;intervenir une nouvelle fois pour que cette affaire soit enfin  résolue.</p>
<p><!-- InstanceEndEditable --></p>
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		<title>Révélations. Assassinats pendant la décennie noire : Bouteflika installe une Commission d’enquête autonome</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 21:42:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rédaction LQA</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actuel (3)]]></category>
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		<category><![CDATA[Assassinat du général Saïdi]]></category>
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		<category><![CDATA[tortures en Algérie]]></category>

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		<description><![CDATA[Share Algérie-Focus On le savait déjà avec les émanations qui se propagent depuis quelques semaines, rien ne va plus dans les dédales du Sérail. La tension, connue déjà, entre la Présidence et le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), s’est encore accentuée ces derniers jours et la situation risque de s’empirer dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="height:33px;" class="really_simple_share robots-nocontent snap_nopreview"><div class="really_simple_share_facebook_like" style="width:100px;"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?href=http%3A%2F%2Flequotidienalgerie.org%2F2010%2F02%2F07%2Frevelations-assassinats-pendant-la-decennie-noire-bouteflika-installe-une-commission-d%25e2%2580%2599enquete-autonome%2F&amp;layout=button_count&amp;show_faces=false&amp;width=&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;send=false&amp;height=27" 
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<p><span style="color: #ff6600;"><a target="_blank" href="http://www.algerie-focus.com/2010/02/07/revelations-assassinats-pendant-la-decennie-noir-bouteflika-installe-une-commission-d%E2%80%99enquete-autonome/">Algérie-Focus</a></span></p>
<p>On le savait déjà avec les émanations qui se propagent depuis  quelques semaines, rien ne va plus dans les dédales du Sérail. La  tension, connue déjà, entre la Présidence et le Département du  renseignement et de la sécurité (DRS), s’est encore accentuée ces  derniers jours et la situation risque de s’empirer dans les jours à  venir. Motif : le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a  décidé d’ouvrir la boîte de Pandore et de mettre un puissant coup de  pied dans la fourmilière Algérie.</p>
<p>Des sources proches de la Présidence ont révélé à<a target="_blank" href="http://www.algerie-focus.com/2010/02/07/revelations-assassinats-pendant-la-decennie-noir-bouteflika-installe-une-commission-d%E2%80%99enquete-autonome/"> Algérie-Focus.com </a>que Bouteflika s’apprête à mettre en place une  «Commission sécuritaire autonome», composée de plusieurs magistrats et  procureurs civils et militaires en vue de rouvrir certains dossiers et  affaires restés en suspens ou bâclés à leur époque. «Ces dossiers que  Bouteflika veut rouvrir, c’est du lourd», nous dit notre source, qui a  requis l’anonymat. Il s’agirait, selon elle, de plusieurs affaires  d’assassinats menés durant la décennie noire et qui ont ciblé des  personnalités nationales, à l’instar de feu Mohammed Boudiaf ou encore  du Général Fodil Saidi.</p>
<p>Notre interlocuteur rajoute que «Pour une raison ou une autre, cette  démarche du président de la République n’a pas trop plu aux Services du  DRS et à son homme fort, le Général Mohamed Mediène dit Toufik». Le  projet de Bouteflika a, de ce fait, ravivé le conflit mis en stand by  entre les deux puissantes institutions algériennes: la Présidence, menée  par les partisans de Bouteflika, et le DRS sous la houlette des fidèles  de Toufik. «Le conflit a pris une tournure alarmante», rajoute notre  source.</p>
<p>Cette dernière révèle, également, que «des copies des deux dossiers  d’enquête ont été adressées par la Présidence aux Services du DRS afin  de les compléter dans le but de faciliter la mission de la Commission  d’enquête mise en place par Bouteflika». «Bouteflika veut imposer cette  Commission d’enquête au Patron du DRS qui n’apprécie pas vraiment la  chose.</p>
<p>Il faut savoir que jusqu’à présent, ce genre d’affaire étaient  l’apanage exclusif du DRS. Le Général Toufik l’a fait savoir et a émis  un niet catégorique à tous déclassement de dossiers pour le compte de la  Présidence, particulièrement pour les deux affaires Boudiaf et Fodil  Saidi», poursuit notre source. «C’est une question d’équilibre des  Pouvoirs mais aussi de Politique. Bouteflika veut se refaire une santé  politique auprès des Algériens par la réouverture de ce genre de  dossiers.</p>
<p>«Toufik a un autre avis sur ce sujet», conclut notre source. In fine,  le bras de fer DRS/Présidence est engagé de nouveau et la tension est  montée d’un cran depuis quelques temps. Au vue de ses informations, les  récentes révélations sur les scandales à Sonatrach ou dans le projet de  l’Autoroute Est-Ouest ne semblent pas anodines, encore moins faisant  partie d’une opération anti-corruption, mais visant plutôt le Cercle  présidentiel. La preuve étant le silence et le désarroi déconcertant des  proches de Bouteflika, comme Khelil et Zerhouni. Bouteflika  contrattaque.</p>
<p><strong>Leïla Osmani </strong></p>
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