يومية الجزائر
Édition du
14 October 2019

Lettre à Kamel Daoud

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Cher Kamel,
Il s’en est fallu d’un cheveu pour que tu décroches le Goncourt, le prix le plus prestigieux de la littérature française. J’espère que tu n’en conçois pas une amertume excessive. Cet « échec » ne le mérite pas.
Bien peu de gens pourraient donner une liste de noms d’écrivains ayant obtenu le Goncourt. La plupart d’entre eux sont retournés à l’oubli. C’est dire si cette distinction doit être relativisée. Pour ma part, j’ai retenu celui de Tahar Ben Jelloun, peut-être parce qu’il continue de sévir dans le jury qui attribue le prix en question. Je me rappelle avoir tenté, sans succès, de lire le livre qui lui a valu la récompense. C’était « La nuit sacrée ». Il m’est tombé des mains à plusieurs reprises. Je l’ai rattrapé souvent puis je l’ai laissé définitivement choir au bout d’une dizaine d’essais infructueux. Trop mal écrit!
Mais qu’est-ce qui lui a valu cette récompense? Certainement pas son style ni sa syntaxe approximative ! Peut-être a-t-il obtenu la juste rétribution de ses efforts pour entrer dans la peau du Marocain idéal, celui qui exhale un petit parfum d’exotisme, qui a la délicatesse de ne jamais évoquer les « vicissitudes » de la colonisation, qui dénonce les travers de sa société mais qui épargne prudemment  le roi, tellement prisé par la France des riads et du tourisme sexuel. C’est aussi l’homme qui désarme le raciste qui sommeille au fond de l’âme de l’ami condescendant et qui arriverait presque à toucher le cœur du raciste primaire par ses efforts obstinés pour lui ressembler. Songez donc : pour dénoncer le racisme, il utilise les mêmes accents que ses amis « de souche » ! En fait, il s’insurge, non pas contre la haine de l’Arabe mais contre celle qui prend pour cible un Arabe qui se voudrait français !
Dans la catégorie de Ben Jelloun, il y en a bien d’autres, des écrivains algériens, tunisiens, marocains, dont l’œuvre tout entière est tendue vers la quête du Graal littéraire, qu’il prenne la forme du Goncourt, du Renaudot, voire du Nobel ! Certains ne résistent pas à exprimer à haute voix leur amertume et leur incompréhension d’avoir été « oubliés ». Leurs amis attentifs font en sorte que leur soit décerné un prix de consolation, une sorte de médaille en chocolat. Dans leur tension vers la conquête de ce qu’ils croient être une consécration, ils vont de plus en plus loin. Sansal, après le courageux « Serment des barbares », s’est engagé dans une longue dérive dans laquelle il décrit un mouvement de libération nazifié, et finit par regretter la période coloniale en expliquant que l’état du peuple d’Algérie aujourd’hui est bien pire que ce qu’il était sous l’occupation française ! Inutile de dire à quel point ce discours est bien accueilli en France et la reconnaissance qu’il lui vaut auprès de cette tranche de l’opinion française, vaguement rongée par un sentiment de culpabilité et qui se réveille innocente ipso facto ! Sansal a lui aussi bénéficié de quelques prix de consolation. Il n’a pas accédé au titre suprême. C’est qu’il faut quand même un peu de talent littéraire en plus de celui de collaborateur zélé !
Kamel, tu es d’une autre étoffe. Tu as une belle plume, inventive, insouciante des effets de mode. Tu es un vrai écrivain, en ce sens que tu n’es tendu que vers l’expression de toi-même et que ta quête d’une sorte de vérité ne saurait se confondre avec celle d’un prix décerné par un aréopage français, on ne peut plus éloigné de la réalité de ton pays.
En fait, il y a eu une espèce de malentendu qui a régné tout au long de la montée vers la finale du concours. Tu as sans doute été perçu en France comme un possible Sansal qui aurait du talent, et qui se serait donné la mission subliminale de réhabiliter a posteriori la colonisation à travers une réalgérianisation de Camus, ou plutôt une « camusation » de l’Algérie qui frapperait d’illégitimité l’Algérie indépendante. A travers précisément l’œuvre de négation de l’Algérie indépendante qu’ils ont cru déceler dans ton parcours, notamment à travers tes billets quotidiens, le jury du Goncourt a peut-être cru voir une entreprise de réhabilitation de l’Algérie de Camus, celle où les bons sentiments de l’écrivain philosophe devaient constituer un viatique suffisant pour faire oublier au peuple algérien ses aspirations à l’indépendance. Je ne crois pas au complot mais à la tyrannie de l’inconscient. Les membres du jury n’échappent pas à l’emprise de l’inconscient collectif français qui considère que l’Algérie a été dérobée à la France et non rendue à elle-même. Surtout, encore une fois, ils ne connaissent rien de l’Algérie réelle ni du sport favori des Algériens qui consiste à s’auto flageller en permanence, une tendance nourrie par la haine de soi qui les caractérise. Beaucoup de gens prennent cette tendance au premier degré et en tirent des conclusions fautives. En réalité, ce regard âpre que nous promenons sur nous-mêmes est celui d’écorchés vifs paradoxalement silencieux et immobiles en dépit du bruit et de l’agitation de nos rues. Ce bruit sert de paravent à nos blessures secrètes, celles d’avoir perdu des millions des nôtres durant la période de la colonisation et la guerre de libération, des centaines de milliers du fait du terrorisme durant la décennie noire, victimes mangées par l’oubli. Blessure aussi de n’avoir même pas pu fêter bien longtemps l’avènement de l’indépendance puisque des pouvoirs dictatoriaux nous ont immédiatement intimé le silence…
Alors, nous nous adonnons tous, ou presque, à ce jeu de massacre qui consiste à nous dépeindre sous les traits de barbares sales et paresseux. Il y avait initialement de la tendresse qui transparaissait tout de même mais cette tendresse s’est évanouie à mesure de la montée des désespoirs et de l’absence de perspectives. Nous riions au début des portraits que nous faisions de nous-mêmes à travers ceux de nos compatriotes. Il y avait quelque chose qui atténuait la cruauté des traits, quelque chose qui s’appelle l’empathie. C’est cela qui a disparu, ou presque. En tout cas, on a de plus en plus de mal à la discerner dans les écrits, les caricatures… L’absence d’empathie creuse un fossé qui va grandissant entre les producteurs de ces portraits, écrivains, intellectuels… et notre peuple. Le résultat est que la dénonciation de ses tares, dénonciation factuellement pertinente mais dépourvue de bienveillance et rarement assortie de propositions de sortie par le haut, conduit au résultat inverse, c’est-à-dire à la pérennisation, voire l’aggravation desdites tares. Ta prose est une parfaite illustration de cette tendance. J’ai souvent trouvé sa vigueur féroce bienvenue. Et puis, au fil du temps, à mesure que s’éloignait la perspective d’un changement dans notre pays, le voile d’amitié silencieuse qui en atténuait les aspérités s’est progressivement déchiré. Il n’avait sans doute pas disparu mais tu ne le convoquais plus parce que l’amertume, parce que le désespoir…  La lecture du billet quotidien devenait de plus en plus douloureuse pour un grand nombre d’Algériens. Sa fonction de stimulation que ton billet remplissait s’était atténuée pour devenir un aliment de plus à la sinistrose nationale. Parallèlement, la cote de cette littérature journalière montait en France. La sortie de ton livre a fait événement, une sorte de retour de Camus. Le thème, mais aussi les qualités d’écriture en ont fait le candidat le plus sérieux au Goncourt. « Ils » croyaient tenir l’ « arabe » tant recherché, celui qui a intégré la doxa occidentale et qui s’est défait de cet être culturel  qu’« Ils » honnissent. Sans doute s’appuyaient-« Ils » en particulier sur deux éléments qui ont fait florès sous ta plume. Il y a eu d’abord la mise entre guillemets du mot « arabe » (le monde dit « arabe » par exemple). Il y a eu également une mini-série sur la Palestine, au moment de l’agression israélienne sur Gaza.
Le rejet de la dimension arabe de l’Algérie a été aussi mal perçu au pays qu’il t’a valu de regain de faveur en France.  Revoilà l’inconscient collectif français presque en pâmoison devant la confirmation de l’effacement (l’assassinat) de l’Arabe, (sans guillemets dans l’Etranger). Camus, après en avoir fait un élément récurrent du décor, le tue. Kamel Daoud le supprime. Je t’entends d’ici te récrier. Oui, tu as voulu au contraire le rendre au monde, cet Arabe évanescent, mais tu l’amputes, pas dans le roman, mais dans ta littérature quotidienne, de cette dimension. Il y a une sorte de jouissance morbide à s’évertuer à gommer de la personnalité algérienne tout ce qui fait société, tout ce qui est de l’ordre du partage. Que je sache, l’Arabe était la langue principale de communication et d’échange dans l’Algérie précoloniale, y compris dans les centaines de zaouïas de Kabylie ! On peut remonter jusqu’à l’un des plus illustres natifs d’Algérie, le berbère Tarek Ibn Zyad, qui apostrophait ses guerriers en arabe ! Mais pourquoi diable cette fixation sur ce pan de notre culture qui nous a donné le chaâbi, le melhoun, Kaki ou Alloula ? Peut-être qu’il y a malentendu. J’entends pour ma part que l’on est arabe, non par le sang, mais par l’usage de la langue, que nous avons en partage avec Ibn Rochd, Ibn Sina, Ibn Khaldoun. Le chaâbi, précisément, doit ses lettres de noblesse à des chanteurs qui pouvaient être originaires de régions arabophone ou berbérophones, qui pouvaient être musulmans ou juifs ! Je crois au contraire que nous devons réhabiliter cette langue, la refaire vivre et qu’elle soit un élément fort de la cohésion de notre société ! C’est la langue, maison de l’être, dieu dans la chair incarné, qui prémunit les sociétés contre la tentation du glissement vers la plus mauvaise part d’elle-même. Ces mêmes personnalités de France qui se retiennent d’applaudir à chaque fois que, du monde arabophone, monte une voix qui ostracise la langue arabe, ne sont pas  les dernières à monter une garde ferme contre tout ce qui serait de nature à remettre en cause ou à dégrader la qualité de la langue française… Là aussi, il a sans doute un malentendu. Tu n’appelles pas à la disparition de la langue arabe, enfin je ne le crois pas. Mais tes écrits les plus récents peuvent donner cette impression et faire de toi, volens nolens, tu as pu susciter l’espoir de voir en toi un nouveau soldat de l’Empire préposé à la destruction des cultures autres qu’occidentales du monde, pour faire des sociétés concernées des groupes épars, des communautés de hasard, voués à échanger les richesses naturelles dont la Nature les a dotés contre des biens périssables.
La Palestine…
Il y eu, je crois, trois billets parus dans le Quotidien d’Oran, au moment même de l’agression israélienne sur Gaza. Tu y tournais en dérision la « solidarité » (les guillemets sont de toi) avec la Palestine. Evidemment, il fallait les lire au second degré. Ce n’était pas la solidarité avec la Palestine que tu moquais mais les lâchetés, les hypocrisies, qui se sont exprimées sous couvert de cette solidarité, notamment dans le monde arabe. Mais des piques mal venues parsemaient ces textes, tel ce passage où tu accusais les gens qui se déclaraient proches des Palestiniens d’être en réalité des antisémites. Cette même accusation est très régulièrement brandie, notamment par les dirigeants du CRIF en France, ce CRIF qui est en réalité une ambassade israélienne. Est-il besoin de le souligner ? Cette accusation n’est pas seulement infamante. Elle est fausse pour l’écrasante majorité des gens qui marchent, distribuent des tracts, boycottent les produits israéliens. Je suis personnellement investi en France dans la bataille pour la reconnaissance des droits des Palestiniens, dans différentes associations. Mon expérience la plus marquante a été la participation à la fondation et aux travaux du Tribunal Russell sur la Palestine. J’ai rencontré beaucoup de monde, des citoyens anonymes aussi bien que des ambassadeurs, d’anciens ministres, des stars, comme Roger Waters, des écrivains comme Alice Walker (la couleur pourpre), des activistes mythiques comme Angela Davis, des prix Nobel de la Paix comme Maired Maguirre, des personnalités palestiniennes comme Leïla Shahid, Raji Sourani, Marie-Claude El Hamchari, veuve du délégué de l’OLP Mohamed El Hamchari, assassiné par le Mossad à Paris… Il y a eu aussi des juifs rescapés du ghetto de Varsovie comme le psychiatre Stanislaw Tomkiewicz, ou revenue des camps de concentration comme Eva Tischauer. J’ai connu tout cela dans la compagnie de la haute figure de Stéphane Hessel… Il n’y a jamais eu, au grand jamais, le moindre soupçon de quelque forme de racisme que ce soit durant les très nombreuses journées de travail que nous organisions. Alors, laisse, s’il te plaît, ces accusations au CRIF et à ses affidés de la Ligue de Défense Juive ! Quand des gens marchent au nom d’une cause dont tu te déclares toi-même solidaire, accorde-leur un préjugé favorable plutôt que de chercher un mobile inavouable à leur engagement.
Le mythe de la caverne est un récit allégorique de Platon. Il commence par la description d’une caverne dans laquelle des prisonniers enchaînés tournent le dos à l’entrée ouverte à la lumière. Derrière les prisonniers, un sentier escarpé sur lequel vont et viennent des hommes portant des statuettes. Derrière le sentier brûle un feu. Les prisonniers, nos semblables, ne pouvant tourner la tête, ne voient pas la lumière du feu mais seulement les ombres qu’il projette sur la paroi de la caverne, ombres qu’ils jugent seules porteuses de réalité, constitutives avec la prison du monde sensible, celui auquel nous accédons par nos sens. L’extérieur de la caverne figure le monde des idées. Un jour, un des prisonniers est conduit à la lumière du jour. C’est ce que Platon appelle la dialectique ascendante. Après une phase d’aveuglement dû à l’intensité de la lumière, il voit les objets naturels. Il sera par la suite heureux de cette connaissance et ne voudra pas retourner en esclavage. Si par amour pour ses semblables, il retourne quand même dans la caverne (dialectique descendante), il n’y distinguera d’abord que peu de choses, ses yeux s’étant habitués à la lumière. Puis, il expliquera à ses anciens compagnons l’erreur qu’ils commettent à prendre pour réalité ce qui n’est qu’illusion. Selon Platon, ses compagnons le prendront peut-être pour un fou et lui feront subir le sort de Socrate en le condamnant à mort. Peut-être peut-on envisager un sort plus heureux pour tel de nos penseurs ou de nos écrivains qui ferait cette démarche ?
Gadamer, philosophe allemand, élève de Heidegger, démontre que « le plus grand préjugé des Lumières,  c’est le préjugé contre les préjugés et que l’explicitation du préjugé peut mener à un plus grand niveau de compréhension ». C’est dans ce sens, ajoute-t-il, que « le préjugé peut être vu de façon positive ». Notre inconscient collectif est peuplé de préjugés. Ce sont eux qui nous paralysent, qui désarment toute tentative d’innovation. Ce sont eux qui nous dictent notre comportement moutonnier, notre conformisme en matière d’accoutrement… Plutôt que de nous contenter de les dénoncer de manière récurrente, interrogeons-les, cherchons-y un sens. C’est le moyen de nous en affranchir. La caverne de Platon, c’est nous. La dialectique ascendante, nous devons la réaliser à partir de nous-mêmes, nous élever au-dessus de notre condition actuelle pour accéder à la vérité des idées. Mais nous ne pouvons le faire seuls. Nous sommes lestés de trop de liens, trop de poids. Nous avons besoin de l’aide d’autres nous-mêmes, qui nous ressemblent, que notre sort intéresse, et qui ont fait l’expérience de la sortie vers la lumière. Mais, pour ce faire, encore faut-il aller vers eux, les connaître, ou plutôt les Reconnaître, refaire avec eux la route difficile vers la connaissance. Il nous faut rompre avec la tentation de la dissolution de notre être et revenir au contraire vers ce qui nous fonde et que nous ne voulons plus voir. Nous avons à reconstruire notre destin, à prendre à notre compte nos mémoires, notre imaginaire, plutôt que d’adhérer à un universalisme décharné qui s’est construit sans nous, voire contre nous depuis des siècles.
Descendons dans la caverne, Kamel, retournons auprès des nôtres. Refaisons avec eux l’ascension du chemin escarpé vers la plus haute des libertés, celle de l’esprit. Nous aurons en retour le prix inestimable de la reconnaissance de notre peuple. Pour moi sûrement, pour toi, je crois, elle nous est plus précieuse et plus utile que celle d’un groupe d’écrivains ou assimilés, réunis une fois l’an pour désigner un ou une lauréat(e), tout en essayant de se rappeler, à proximité de l’heure du déjeuner, si c’est l’année du gibier à poils ou du gibier à plumes.
Je te souhaite, je nous souhaite le meilleur et que ce meilleur soit aussi le meilleur pour notre pays, l’Algérie…
Brahim Senouci


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16 Commentaires sur cet articles

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  • mke
    26 décembre 2014 at 11:24 - Reply

    Enfin un commentaire juste ,lucide et courageux sur K.D

  • Arbouche El Hachemi
    27 décembre 2014 at 1:20 - Reply

    @Brahim Senouci
    Merci beaucoup pour cette lettre intelligente et sans leçon à donner à Kamel Daoud !
    Une remarque quand même cher Brahim Senouci sur ce Goncourt ! Moi je crois que ce jury là a été, au fond, soulagé de ne pas voir Kamel être l’heureux élu ! Moi je pense que le Goncourt a évité de justesse des jugements ou des réactions équivoques ou des attaques politiques violentes de la part de qui tu sais. A mon avis, « le Goncourt » a plutôt était finalement content que Kamel Daoud n’ait pas eu le prix ! Car avec les allusions, les moqueries sur l’islam, les “arabes” (toujours les guillemets), la Palestine et sur la période post indépendance etc..etc.. , ce Goncourt aurait été mal vu et aurait provoqué des remous ….politiques …. in contrôlables !
    Kamel méritait bien le prix parmi les livres sélectionnés et je crois que finalement le jury a lancé un grand ouf de soulagement quand une autre écrivaine est sortie du chapeau !
    Merci à vous pour cet article serein, merci de n’avoir pas joué …..au moraliste, …. à l’éffarouché ou ……au donneur de leçon ! Grand bravo quand même à Kamel pour son œuvre littéraire !

  • Amazigh
    29 décembre 2014 at 6:33 - Reply

    @Brahim Senouci.
    Salam alikoum.
    Monsieur,
    l’ Algérien arabe que vous défendez bec et ongle n’existe que dans vôtre tête. Ce n’est pas le fait qu’on parle arabe qui va nous réduire à la dimension arabe de manière aussi exclusive que vous l’avancez.
    Est ce que tous ceux qui parlent la langue anglaise sont anglais ? Pas du tout évidemment. Vous défendez une identité artificielle créée de toute pièce, sous l’impulsion de l’Egypte de Nasser et encouragée par un monde arabe humilié et en manque de gloire, pour s’accaparer de l’héroïque épopée algérienne.
    L’Algérien n’est pas arabe et ne le sera jamais, autant qu’il n’est pas français, mais il est amazighe enrichi par les patrimoines arabo-musulman, français, turque, espagnole, romain etc…Toute votre impressionnante gymnastique fournie en informations d’ordre historique et philosophique, ne saurait travestir la véritable réalité de l’Algérien. l’Arabe en tant que patrimoine nous appartient, mais nous n’appartenons pas du tout à l’Arabité à laquelle vous tentez de nous réduire, puisque nous sommes plus riche que cela, de par nos origines amazighes et les autres substrats qui nous enrichissent, comme le dit si bien Kamel Daoud.
    Sinon, la France néocoloniale ne nous hait pas par ce que nous sommes des Arabes, puisque les vrais Arabes du Golfe sont en parfaite osmose avec les Français qui leur rendent hommage à chaque occasion depuis qu’ils investissent beaucoup dans l’Hexagone, mais elle nous hait en tant qu’Algérie, née sur les décombres de l’Algérie française. Donc, l’Arabité ne nous rend pas plus rebelles que cela.
    Kamel Daoud a osé ouvrir un panier de crabes élevé par les régime Arabo-Baathiste érigé contre l’Algérie algérienne des Abane et Benmhidi, mais la vérité finira par triompher et votre tentative de nous réduire à l’Arabité malgré nos origines et tous les autres apports est juste une imposture de plus que celles que l’Algérie a connues depuis 1962 et même depuis Messali Hadj, et ce malgré la beauté de votre style.
    Salutations fraternelles.
    Azul agma.

  • Bouarroudj
    29 décembre 2014 at 4:06 - Reply

    Kamel Daoud pas trés honnete ou pas très futé , pourquoi ? Parcequ ‘ il sait pertinemment que Bouteflika n’ est qu’ une marionnette aux mains des militaires comme d ailleurs tous ces” politiques” en carton .Il est très rusé ce kamel daoud , car calculateur, il ne prends aucun risque en s’ attaquant ainsi a la vitrine civil du regime militaire, meme si bouteflika venait a partir, les militaires le remplaceraient illico presto par un autre pantin , Kamel est il à ce point si bete? alors à quoi joue kamel daoud?Ne dit on pas qu’ il faille mieux “s’ adresser à dieu qu’ à ses saints”

  • A.Benmostefa
    29 décembre 2014 at 5:28 - Reply

    svp arrêter cette histoire arabe-amazigh-kouligli… ect. nous sommes condamnés a nous ressaisir et recréer la confiance, la solidarité et la synergie entre nous, mais avec des mots doux et non des mots de haines, avec de la responsabilisant l’on et non la diabolisation, avec objectivité et non de la subjectivité, avec un espoir même désespéré juste en pensant a chaque jour que Allah sobhanou fais de nos chouhadas qui ont donné leur sang pour qu’on soit libre! Que devons nous, nous faire et non dire aujourd’hui pour eux et pour ce magnifique et beau pays qui est le notre a tous. Pour le pouvoir mafieux devaient-ils se dire, tant le peuple s’entre-déchirer c’est un bon signe? el imam cheikh Abdelhamid Ibn Basis c’est un berbère sanhadj réside dans son appel a l’Union sous le signe de l’islam, de la nationalité, de l’arabisme, coté de la formule instruisez-vous, c’est celle d’unissez-vous que le Cheikh Abdelhamid Ibn Basis emploie le plus! le peuple algérien se rattache a la patrie arabe dont il est un élément indissociable se sont ajoutés progressivement a partir de 7em siècle, les autres éléments constructifs de la nation algérienne, a savoir son unité culturelle, linguistique l’islam et la culture arabe étaient un cadre a la fois universel et national. l’islam est la religion du peuple algérien, l’arabe est la langue nationales et officielle. Quand les cuisiniers se battent le rôti brûle. Cordialement.

  • Lemboute Rachid
    29 décembre 2014 at 7:34 - Reply

    @A.Benmostefa
    Moi en ce qui me concerne, je ne sais pas ce que veut dire “patrie arabe” !
    « Arabe » n’est pas une patrie, ni même le nom d’un pays que je sache !
    Vous ,vous avez vos “attachements” culturels, sentimentaux, religieux, ethniques, patriotiques etc… c’est votre droit, mais de grâce laisser un peu de place à ceux qui ne pensent pas comme vous !
    A titre d’exemple, pour moi, ma seule patrie, c’est l’ALGERIE, tout simplement !
    Vous , vous avez vos références historiques et vos aïeux, d’autres on les leurs et c’est très simple pour eux de les étaler comme vous le faites vous-même pour les lecteurs de LQA !
    Cordialement !

  • Toofeek
    29 décembre 2014 at 11:36 - Reply

    Quoiqu’on fasse quoiqu’on dise nous revenons toujours au probléme des problémes ;
    Qui sommes nous ? qui voulons nous etre ?
    Le reste tout le reste n’est que litterature ; Sauf que pour certain meme la litterature doit etre astreinte aux ” thawabite” comme en temoigne le lynchage en regle de Kamel Daoud: Faux dire que le pauvre n’a rien compris aux thawabite
    Ah les thawabites ; Il y’ a boire et à manger dans les thawabites

  • benamina
    30 décembre 2014 at 3:31 - Reply

    En Algérie (comme partout ailleurs), Arabe n’est pas une race (considérant les métissages, les interactions, les brassages, les fusions et les migrations nombreuses, intenses, variées et continuelles au cours des trois derniers millénaires, il n’y a pas de race pure en Algérie et personne ne peut être sûr à 100% de son origine et sa provenance), Arabe n’est pas une donnée génétique, ce n’est pas non plus une nationalité, ni une vassalité à l’arabie saoudite ! Être Arabe, en Algérie, n’est pas adhésion à une secte ou un parti politique ou religieux. Arabe est (surtout) une identité linguistique, culturelle et civilisationnelle. L’être humain pensant et agissant se définit par ce qu’il porte au présent comme expression et éléments constitutifs de sa personnalité psychosociologique et celle du groupe social au milieu duquel il vit ou auquel il s’identifie ou s’apparente et avec lequel il partage des dénominateurs communs comme la langue qu’il a apprise de ses parents et de son milieu social immédiat, la culture qu’il porte (transmise par son groupe d’appartenance) et qui sous-tend ses comportements et attitudes sociales, et la civilisation à laquelle il se réfère, se définit et se situe. L’identité linguistique, culturelle et civilisationnelle peut être une donnée transnationale et couvrir plusieurs états et plusieurs pays. Ainsi en tant qu’algérien, on peut aussi partager et avoir en commun avec d’autres citoyens d’autres pays, d’autres états, des valeurs communes, des catégories de culture communes et des références civilisationnelles communes, sans que cela ne nuise ou porte atteinte à d’autres catégories (d’algériens) ne partageant pas cette dimension de la personnalité psychosociologiques. Par contre la tribu est une donnée ethnologique et non pas (ou très rarement) géopolitique.

  • benamina
    2 janvier 2015 at 10:14 - Reply

    Contrairement à ce que répand sournoisement la propagande colonialiste du 19° siècle et sioniste de la 2° moitié du 20° et début du 21° siècle, les arabes en Afrique du nord n’ont commis ni génocide, ni massacre, ni déportations de populations locales. Certes, ce ne sont que des hommes, ils ne sont pas parfaits, ne sont pas des anges venus du ciel, mais la morale, les valeurs humaines et les enseignements du message qu’ils convoyaient ne le leur auraient pas permis. Si ce aurait été le cas, nos ancêtres n’auraient pas adopté, conservé et défendu si jalousement la foi et le crédo déposés, ils n’auraient accepté, ni adhéré à aucune fraternité, aucune alliance, aucune cohésion (tala7oum) avec eux.
    Bien au contraire, dès l’islamisation de l’Afrique du nord, les conquérants arabes ont confié l’honneur et le prestige du commandement de l’expédition vers l’Espagne à un autochtone, Taraq Ibn Ziad qui a vu son nom immortalisé sur le détroit qui sépare l’Afrique de l’Europe et la première colline (à l’abord de l’Europe). Du jamais vu auparavant (et même après), un précédent remarquable dans l’Histoire de l’expansion des civilisations humaines. Les arabes en Afrique du nord ont mis fin à des pratiques inhumaines, sauvages et cruelles (croyance et rites d’anzar, sacrifices et mise à mort de jeunes filles en offrande à la divinité anzar, consommation de chair crue d’animaux morts (jifa) dans la nature, guerres fratricides endémiques entre tribus, etc…). De plus, contrairement aux conquérants qui les ont précédés, les phéniciens (bien que ceux-là n’étaient pas armés mais d’habiles commerçants), les romains, les vandales et les byzantins, et ceux qui les ont suivis, les turcs et les français, les arabes en Afrique du nord ne se sont pas mis en retrait par rapport aux locaux. Mieux, ils se sont mêlés à eux, se sont fondus et se sont métissés à eux par les alliances, les mariages et la cohabitation pacifique. Ils se sont intéressés et ont étudié leur sociologie, leur Histoire, leurs origines, leur généalogie, leur composition et dénominations tribales. Ils les ont unis (entre eux) et leur ont apporté un important dénominateur commun (l’Islam) qui leur a permis et facilité de fonder (pour la première fois dans leur Histoire) des royaumes et des dynasties puissants et indépendants qui se sont étendus et ont rayonné sur d’autres géographies (Afrique subsaharienne, Andalousie, Sicile, malte, Égypte). Ils (les arabes) ont enrichi abondamment leurs (autochtones) parlers, refondu et fertilisé leur culture et les ont amenés à recomposer leur identité linguistique, culturelle et leur amarrage civilisationnelle que ni les influences, ni les conquérants qui leur ont succédé n’ont pu ébranler ou dépérir. Bien au contraire, c’est ces trois volets de l’identité, langue, culture et civilisation avec leur liant (l’Islam) qui leur ont permis de rester unis, de résister, lutter et vaincre leur envahisseur contemporain.
    La propagande colonialiste hier, l’offensive mensongère sioniste aujourd’hui ne peuvent pas escamoter cet apport, ce patrimoine et cette richesse, ni entamer 13 siècles de présence, d’osmose, de melting-pot, d’interactions et de fusion. Cet attrape-nigaud ne peut avoir prise que sur une minorité de simplets, atteints du virus à leur réveil d’hibernation, mais il est hors d’atteinte de la majorité consciente et raisonnée.

  • Zerkoune Karimo
    2 janvier 2015 at 1:00 - Reply

    @benamina
    Tu nous décris ici une colonisation et une conquête arabo-musulmane de l’Afrique du Nord des plus IDYLLIQUE ! Moi je ne vois pas concrètement aujourd’hui cet apport dont tu nous parles !
    En effet, si je regarde bien mon pays ou (et même ceux du reste du Maghreb) je pense qu’on a gagné plutôt une mentalité archaïque, une aversion à la modernité, des systèmes politiques et de gouvernances archaïques et autoritaires non adaptés au mode moderne (on est à l’aube du troisième millénaire, ne l’oublions pas) , des aptitudes de nos pays à être dominés ou à rester continuellement dominés par d’autres nations plus civilisées et surtout plus développées !
    J’ajoute merci pour le Coran mais même ce texte révélé a été tellement maltraité, manipulé et utilisé comme arme de pouvoir par des monarques, des incultes, des imams illuminés, des extrémistes, des dictateurs et des ayatollahs que même ce message a été dépouillée de sa quintessence !
    Aujourd’hui l’islam a été complément défiguré et n’a plus hélas le même émerveillement qu’on lui connaissait du temps du Prophète et du temps de l’âge d’or de la civilisation arabe (9ème – 11ème siècle) !
    A mon avis, il faut encore beaucoup de travail et des remises en question de biens des choses chez les arabes et les musulmans pour que ce conte idyllique que tu nous racontes devienne enfin réalité !
    Laissons de côté un instant seulement
    1/- d’abord “l’offensive mensengère sioniste” pour nous occuper d’abord de “l’offensive mensongère” des nos gouvernants
    2/- et ensuite nos incantations religieuses récurentes qui ne servent qu’à glorifier notre ego !
    Cordiallement

  • Aljazairi
    3 janvier 2015 at 9:13 - Reply

    Que ceux qui ne savent pas encore qui sont-ils ? Ils n’ont qu’a descendre a Bab-el-oued d’Alger ou a la place des chameaux de Constantine ou de faire leurs emplettes dans n’importe quel marché de l’Algerie plurielle multicolore , ils auront alors la reponse.

  • benamina
    3 janvier 2015 at 10:40 - Reply

    @ zerkoune karimo
    Oui, ce que j’ai dit, je le pense et je l’ai argumenté par des exemples et des faits que j’ai répertoriés un à un dans mon dernier post, Faits et exemples que tu as été incapable de nier sinon tu n’aurais pas manqué de les relever et démonter un à un. J’ai bien pris soin de relativiser en laissant entendre que ce n’était pas IDYLLIQUE (ce sont des hommes.., ils ne sont pas parfaits , ils ne sont pas des anges descendus du ciel…). Mais au lieu de cela (s’en tenir aux points énumérés), tu as manœuvré et t’es fixé sur ce qui est ici et maintenant, alors que moi je parlais de faits et événements survenus il y a 13 siècles, leur déroulement, leurs effets et leurs incidences (en leur temps) sur l’Histoire de l’Afrique du nord.
    Pour ce qui est de la situation aujourd’hui, elle est le résultat de notre paresse, notre inertie, notre léthargie, notre égoïsme, notre arriération à nous TOUS, sans exception, quelle que soit notre credo, musulmans, non-musulmans, athées, agnostiques, quelle que soit notre géographie, notre appartenance tribale, si tu vois ce que je veux dire. Les causes sont à chercher dans l’islam aujourd’hui et aussi en dehors de l’islam. A voir votre focalisation obsessionnelle et trop appesantie sur l’islam, l’on se demande quel serait le scenario que vous imaginez si les événements et faits évoqués plus haut n’avaient eu lieu.

  • benamina
    3 janvier 2015 at 11:35 - Reply

    @ zerkoune karimo
    Je me permets de revenir sur le scenario posé plus haut. Si les événements et bouleversements objet de notre empoignade n’avaient eu lieu, nous serions aujourd’hui, A MON AVIS, comme les Guanches des iles Canaries ou les amérindiens d’Amérique (génocide, réserves, acculturation, dispersion, amorphes et hétéroclites, déliquescence, invisibilité totale dans le concert des peuples et ethnies….). Alors à nous de choisir, assumer sans amertume et faux-semblants le passé et penser lucidement l’avenir.

  • benfedda
    4 janvier 2015 at 4:18 - Reply

    Mr. Kamel a secoué le cocotier et c’est tant mieux. Je te remercie kamel pour ton livre . Le Goncourt, on s’en fout. Ton public t’admire, continue à écrire, et je continue à te lire.

  • Lettre à Kamel Daoud | annie bannie's Weblog
    5 janvier 2015 at 5:58 - Reply

    […] Posté par Rédaction LQA le 26 déc, 2014 // 14 Commentaires – […]

  • Abdelmoulay
    10 mars 2016 at 9:35 - Reply

    “Alors, cher Kamel Daoud, je sais que vous allez écrire des livres. Je sais que vous n’êtes pas islamophobe mais libre, comme vous l’avez récemment déclaré. Mais vos chroniques nous manquent car, même si je n’étais pas toujours d’accord avec vous, je les appréciais et les faisais partager avec plaisir et fierté.”…
    Tahar Ben Jelloun Dec 2015

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