يومية الجزائر
Édition du
22 September 2019

Supplique pour une nouvelle monnaie nationale.

illustrationmonnaie.doroCherif Aissat.
Une monnaie ancrée sur l’air et la terre*
Les solutions aux problèmes économiques sont à chercher chez les sages, les paysans, auteurs et artistes. La preuve: cinquante-sept des soixante-quatorze prix Nobel d’économie sont américains et les USA sont dans un bourbier.
Dans cette contribution, nous démontrerons la nécessité d’une nouvelle monnaie nationale qui aura pour objectifs: 1) l’intégration des ressources naturelles dans la mesure de la richesse nationale, 2) la socialisation de la banque centrale et, 3) le découplage de cette monnaie du dinar pour la rendre indépendante des marchés spéculatifs.
Que ce soit de jure ou de facto, en remplissant les conditions ci-dessous, tout instrument peut faire fonction de monnaie. En théorie économique capitaliste (de marché ou libérale), les principales fonctions d’une monnaie sont : 1) unité de compte, 2) unité de change et, 3) réserve (ou réservoir) de valeur. Ses attributs principaux sont : 1) instrument de confiance entre les utilisateurs par sa valeur légale, 2) instrument de bouclage international, pour déterminer la position nette du pays vis-à-vis du reste du monde au moyen de la balance de paiements et du taux de change et, 3) refléter le caractère régalien de l’État, ses symboles identitaires et historiques marquant sa souveraineté[i].
Notre pays a opté pour le système de change flottant dirigé, avec intervention de la Banque (centrale) d’Algérie (B.A) pour stabiliser le cours du dinar.
Monnaie et politique monétaire en Algérie : survol de l’état des lieux
L’opacité de l’information de la B.A et de l’Exécutif produit une asymétrie qui rend difficile le décryptage de leurs intentions. C’est par recoupement, croisement et déductions-implications que nous tenterons de la réduire.
Depuis l’instauration du dinar algérien (DZD) comme monnaie nationale, celui-ci n’a connu que des dévaluations pour stimuler une compétitivité artificielle au lieu d’une technologique ou productive. Les dévaluations-dépréciations rendent nos exportations moins chères et renchérissent nos importations et dette internationale sur les marchés internationaux. Par cet enchaînement de chocs, d’aucuns diront que le dinar ne jouit plus de la confiance de ses utilisateurs, qu’il est devenu dangereux pour la sécurité nationale et nocif pour ses porteurs.
Politique monétaire
Antérieurement à 2010, afin d’accélérer l’accession du pays à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), c’était l’ouverture du marché national des produits de consommation courante et équipements aux firmes multinationales, celle du secteur financier et monétaire n’était comprise que par les « experts ». Ce marché a transformé notre pays en comptoir mis en coupe réglée par les importateurs locaux.
Depuis, (l’année 2010), et pour ouvrir totalement l’économie nationale, le premier signal est venu de la lutte contre l’économie informelle, qui est plus dynamique que la formelle[ii], en épargnant  celle des monnaies internationales. Par cet évitement, c’est la dévaluation de facto du dinar qui était recherchée  pour imposer un taux de change d’équilibre réel, un concept débilitant, dicté par le Fonds monétaire international (FMI) et l’OMC. Avec toutes les difficultés liées au processus d’accession, le projet de révision constitutionnelle[iii] en ne soufflant mot sur les richesses nationales et les monopoles naturels a été la voie du forcing.
L’Algérie est dans une trappe de liquidités financières[iv]
À une demande sociale, économique et politique, ceux qui incarnent l’État ont répondu par une offre de populisme, de facilitations d’accès aux crédits et de violence. Les défaillances institutionnelles en ne recouvrant ni le capital ni le service de la dette ni les impôts et taxes ont produit une trappe de liquidités financières. Cette situation rend toute discussion sur la dette interne bancale.
Elle est aussi dans une spirale inflationniste
À une érosion du pouvoir d’achat des salariés, l’État a cédé chichement aux revendications avec pour conséquence la captation de ces augmentations par les commerçants; la dévaluation du dinar les ayant anéanties. Aggravée par la faiblesse de la production agricole nationale, la réponse facile – augmentation – a déclenché la spirale salaire-inflation[v].
Les décisions et réponses du gouverneur de la B.A
En affirmant que l’inflation est maitrisée, le gouverneur de la B.A annonce que l’objectif de la politique monétaire est son maintien à un niveau de 3%. Cette décision caractérise une approche monétariste que même son idéologue, Milton Friedman, a reniée. C’est le marqueur d’une politique monétaire explicite comme celle du Canada, à la différence de celle des USA qui est implicite. Elle est en totale contradiction avec la dévaluation du dinar qui déclenchera un feu dans les prix sur le marché intérieur.
Le Gouvernement, en annonçant la réduction, absorption dans son acception keynésienne, de la dépense publique et le freinage dans les investissements appuie un plan d’ajustement structurel tel conçu par Paul Samuelson et c’est le retour vers le Consensus de Washington.  Sachant qu’en Algérie, l’État est l’unique investisseur dans les infrastructures publiques et grand pourvoyeur d’emplois, d’autant plus que le pays souffre de sous-emploi, en réduisant sa demande de travail, il va participer à l’ébullition des chômeurs en augmentant leur nombre. C’est cette dérégulation qui serait visée pour maintenir l’avantage comparatif le plus honteux, celui du (bas) salaire; le marché monétaire et les taux d’intérêts n’ayant qu’une faible influence sur les décisions et choix d’investissements. Ces deux options vont produire une catastrophe sociale.
En ce mois de décembre (2014), les journaux algériens ont relayé quatre informations. La première émane de la B.A et porte sur une mesure prudentielle définie sur les fonds propres des banques, sur lesquels elle n’a aucune emprise. Elle s’inscrit dans la typologie des accords de Bâle[vi] 1, 2, 3 et 4. La deuxième porte sur l’autorisation aux Algériens d’investir à l’étranger. Celle-ci  appelle des mesures de réciprocité. Ce qui se dessinerait derrière ces deux informations serait la libéralisation du marché monétaire et c’est la voie pour une double crise : liquidités et solvabilité qui exploserait la balance des paiements et mettrait le pays sur le ban des pestiférés. Dans cette situation, l’État ira sur la currency board – guichet d’escompte- pour consommer ses réserves d’or sous les ordres du FMI. Si c’est cette voie vient à se confirmer, et dans les conditions de dépendance actuelle de l’Algérie vis-à-vis de l’extérieur, l’auteur l’assume dès maintenant : toute convertibilité, partielle ou totale, du dinar sera un crime contre non plus l’État mais contre le peuple; toute cession de liberté à la circulation des capitaux aux banques commerciales sera un suicide.
Si l’Algérie reste dans le régime de change flottant dirigé plus proche du fixe que du flottant pur et par application du Triangle de Mundell-Fleming[vii] , le pays n’aura plus de politique monétaire complète et une attaque spéculative[viii]  produira, avec une quasi assurance, l’effondrement  du dinar.
La troisième concerne l’effacement des dettes du secteur de la santé publique et la « prise en charge » des vieux – séniors dans le marché – dans des établissements spécialisés. C’est un prélude  à la santé-business comme en Tunisie et ailleurs. Ce faisant, c’est une valeur religieuse et sociale sacrée dans notre pays qui sera monétisée.
La quatrième concerne la justice avec « l’élargissement de la compétence judiciaire de l’Algérie» pour des interventions à l’étranger. Par le donnant-donnant en usage en relations internationales, les tribunaux algériens risquent de voir les avocats étrangers plaider dans leurs enceintes ou au moins conseiller les nationaux. Sans donner du temps au temps, à la première affaire dans l’une de celles qui touchent  le secteur des technologies de l’information, des murs de tribunaux et de cours risquent de se lézarder.
Des voies pour sortir de la trappe de liquidités financières et de la spirale inflationniste
Avant d’aborder la création d’une nouvelle monnaie ancrée sur l’air et la terre, il est pris pour acquis que les Algériens ont intégré que notre pays est sous-développé; que l’État, pour une cause : son incapacité à refuser son accession à l’OMC et une raison : celle de l’OMC d’accélérer son accession sinon il basculera dans le giron de la Russie et de la Chine; cèdera à la pression internationale conduite par le même trio occidental de l’OTAN et du Conseil de sécurité de l’ONU.
Les Algériens, pas certains « experts », ont compris que la chute des prix du pétrole ramenée au jeu de l’offre et de la demande est une fumisterie. Elle est un instrument de la soft power. Elle s’inscrit dans la guerre des monnaies, laquelle est le résultat en partie de l’état stationnaire qui frappe l’Union européenne (U.E) et la congestion de la Réserve fédérale des USA par les titres toxiques qu’elle doit rationnellement – et non raisonnablement – remettre sur le marché; pour une seconde partie, liée aux taux de change et pour une troisième, à la reconstruction du rapport de force militaire entre l’est et l’ouest, lequel est un instrument de la hard power.
En plus de nos affirmations dans nos publications précédentes par LQA[ix] et le Centre de recherche sur la mondialisation, le  gouverneur de la B.A doit faire une déclaration solennelle que l’État jouit de tous les pouvoirs et libertés sur les réserves internationales de la nation aux USA en particulier, doit rendre publiques les équations détaillées du calcul  de l’inflation et du taux de change.
Sur la politique monétaire menée par la B.A, l’État doit se considérer en état de vulnérabilité élevée et: 1) restreindre le pouvoir de décision du gouverneur de la B.A. Toute décision qui engage la valeur du dinar doit être précédée d’une information publique et de l’aval de l’Assemblée;  2) rationner les salaires en fixant un minimum, et un plafond au moyen de l’indice de Gini (Corrado);  3) limiter les transferts des salaires des expatriés ; 4) bloquer les flux de chômeurs en allongeant la durée de la scolarité d’au moins deux années; 5) lancer l’agriculture saharienne par des financements à taux d’intérêt réel égal au taux créditeur de base diminué du taux d’inflation observé sur les produits agricoles locaux, 6) reprendre le contrôle et la maitrise des base et masse monétaires pour recouvrer les prêts, impôts et taxes, en évitant parce qu’elle est risquée, l’option de démonétisation; une expérience vécue amèrement par la Libye; 7) libérer l’économie informelle agricole et les General Purpose Technologies (GPTs) comme en Inde; 8) par le rétablissement de la non contestabilité des monopoles naturels  sur l’eau, le gaz et l’électricité domestiques par un instrument tarifaire ou législatif.
Définition d’une nouvelle monnaie ancrée sur l’air et la terre
Notre raisonnement part de l’équation fourni par Jonathan M. Harris sur le produit national brut ajusté par la dépréciation de la nature : NNP* = NNP – Dn  [1] adaptée au PIB : NDP* = NDP – Dn; avec NNP pour Net National Product (Produit national net) et Dn  pour la dépréciation de la nature, NDP pour Adjusted Net Domestic Product (PIB ajusté) par la même dépréciation. Notre abandon de cette équation est motivé par le fait qu’elle ne tienne pas compte de la boucle de rétroaction et des chocs sur la nature et l’environnement, qu’elle en fait d’elle (de cette boucle) un phénomène statique alors qu’elle est dynamique.
En économique, la masse monétaire est fonction de sa base et de son multiplicateur. Pour nos besoins, par base monétaire, nous entendons l’agrégat M2 diminué de la valeur des pièces métalliques parce que, en ne portant pas une signature, elles ne sont pas légales. Avant d’établir le lien entre cette base et les richesses naturelles nationales, définissons ces dernières:
Dans l’échelle du temps humain, la Base des RIchesses Naturelles Algériennes est l’ensemble de ses ressources physiques, énergétiques tant renouvelables que non renouvelables et sa biosphère. Par abréviation, elle sera désignée dans la suite du texte par BRINA.
Elle est composée de cinq stocks et flux et qui sont :

  1. a) ressources renouvelables comme les forêts et les pêcheries, b) ressources nos renouvelables comme les énergies fossiles, les minerais et les terres rares y compris les réserves non économiques (inférées par les modèles géologiques), c) ressources en terres agricoles et arables, d) les réserves naturelles d’énergie produite par la biomasse; e) les flux d’émission des gaz à effet de serre (GES) en prenant en compte leur potentiel de réchauffement global (PRG) ou nuisance qui est fonction de son âge qui commence à partir de sa date d’émission. En absence d’instrument de mesure pour une ressource, la réglementation y palliera.

Pour la valorisation de BRINA; deux options : 1) une valorisation fixe de k unités monétaires naturelles ou 2) l’agrégat M2 divisé par le stock des énergies conventionnelles.
La constante révisable k pourrait être aussi estimée à partir des coûts d’extraction du pétrole dans le golf du Mexique (USA) et de la vitesse de reproduction des énergies fossiles si les géologues peuvent la fournir.
K = Somme(coûts d’extraction)/Somme(volumes extraits) pondéré par la vitesse de reproduction.
Par ces définitions, l’indépendance des deux richesses nationales, BRINA et M2 est établie, et par le choix d’une valorisation, le lien est défini. De plus, l’objectif de la socialisation de la banque centrale qui gérera BRINA est atteint. En effet, si un enfant plante un arbre, il en devient actionnaire. En définissant la base monétaire comme fonction des richesses naturelles et non l’inverse, la croissance de l’agrégat M2 dépendra de celle de BRINA sous condition qu’elle soit codifiée par une loi quasi-irréfragable. Par conséquent, si la base monétaire M2 est le petit poumon de l’économie, BRINA en est son gros. Cette dernière est la source réelle du PIB pendant que l’agrégat M2 devient l’instrument.
La richesse naturelle moyenne par habitant (RNMH) :
RNMH  = BRINA/Population.
Conséquence, la RNMH est dépendante du taux d’accroissement naturel de la population, ce qui permet une capitalisation au lieu d’une actualisation en utilisant des moyennes mobiles ou géométriques.
En définissant la BRINA, c’est une anticipation sur les effets des ADPICS[x] (TRIPS) de l’OMC sur les brevets qui seraient déposés par les multinationales et tirés de  la biomasse algérienne. C’est au moyen de ces accords que le génie génétique de certains pays africains a été pillé. Par sa constitutionnalisation (de BRINA) comme l’a fait la Bolivie au moyen de la Loi sur la Terre-mère, l’Algérie assurera la protection de sa nature contre l’implantation des OGM entre autres.
Quant au lien avec les marchés financiers, par la définition d’une unité monétaire naturelle, c’est la prémunition contre les spéculations que subit/subira le dinar sur les marchés financiers. En spéculant sur la monnaie traditionnelle, la monnaie naturelle sera épargnée ou toute spéculation sur les ressources naturelles autres que les énergies conventionnelles valorisera les ressources nationales. Par la rupture du lien spéculatif, c’est la liberté au sens amazigh de la monnaie naturelle de toute contrainte qui est assurée.
Pour la valeur mathématique de cette unité (UMN),  elle est de la forme:
UMN = K*DSN ou UMN = M2/DSN
Tout gain (perte) de la nature sera comptabilisé dans la variable Dépréciation du Stock Naturel (DSN). En fin d’exercice, la richesse naturelle sera égale à :
BRINA(t) = BRINA(t-1) – DSN
Si BRINA(t) = BRINA(t-1) alors UMN est stable; si BRINA(t)>BRINA(t-1), UMN baissera, c’est une appréciation et favorisera les exportations et si  BRINA(t)<BRINA(t-1), UMN augmentera et sera, donc, une dépréciation et favorisera les importations.
Par exportations, nous incluons, les bénéfices des mécanismes du Protocole de Kyoto que sont la mise en œuvre conjointe (MOC), le mécanisme du développement propre (MDP) et l’accès au marché du carbone (CCEX).
Les économistes et en particulier les monétaristes qui relèveraient l’inversion des concepts d’appréciation et dépréciation de monnaie, l’auteur de ce texte, l’assume.
Ces équations sont valables si un contrôle souverain des richesses naturelles  est instauré en conjonction avec l’empreinte écologique qui tendra vers 1,8; limite soutenable adoptée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).
Par la comptabilisation de la DSN, ce sont toutes les externalités qui sont monétisées. Celles-ci intègreront aussi les transférables que ce soit les pluies acides ou une explosion de mine dans les pays voisins.
En déduisant la DSN du PIB corrigé de ses tares de calcul (investissements, transferts sociaux, placements et dividendes dans des portefeuilles d’actions), c’est le bénéfice social net par individu, BSNI, qui est calculé :
BSNI = RNB/Habitant – DSN/Habitant.
Si le BSNI est négatif, c’est l’équité intergénérationnelle et l’allocation inter-temporelle des ressources qui sont torpillées. Ce bénéfice pourrait être ajusté aux inégalités. En optant pour un calcul en fonction du taux d’accroissement naturel de la population, c’est un raisonnement récurrentiel (intuitif) et non marginal. Cette méthode n’empêchant ni le calcul prospectif ni le prévisionnel.
Au moyen d’une barrière non tarifaire (BNT), en faisant valoir les mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS) de l’Accord de l’OMC, l’exigence d’un bilan carbone issu d’une analyse du cycle de vie des produits (Life Cycle Analysis) sera la règle dans toute importation. Comme exemple, les déchets nocifs  non recyclables des multinationales qui opèreront dans notre pays.
À l’argument sur la difficulté de mesurer toutes les variables, la réponse est dans cette série de possibilités : a) coopérer pour former une nouvelle élite, b) utiliser un standard défini aux USA et qui est la valeur d’une vie statistique (Value of Statistical Life[xi] qui varie entre 4 et 8 millions de dollars), c) déclencher une initiative internationale africaine.
Ce texte n’étant pas une publication scientifique, en proposant dans une description au gros trait une nouvelle unité monétaire, c’est le rétablissement de la confiance envers la monnaie nationale qui est motivé.
Par cette approche, c’est le lien entre la nature et l’économie, c’est le respect des libertés individuelles, l’établissement de l’égalité entre la vie d’un algérien et d’un américain en tant que principe d’extraction musulmane, c’est la voie pour moins d’aventures algériennes qui risqueraient de mettre le pays sur la voie de Nauru, une république, en Océanie, en voie de disparition à cause des dégâts subis par sa nature.
Apposer sur la monnaie fiduciaire des figures d’Algériennes et d’Algériens illustres dans l’épanouissement de l’identité amazighe, arabe et musulmane serait une source de résilience; les adosser à un hymne national bilingue serait une fierté.
En signant cette contribution, si l’objectif essentiel est un plaidoyer pour une nouvelle monnaie, le fondamental est de dire à nos compatriotes que tous les feux d’un massacre sont allumés, reste le dernier : celui de l’affrontement du religieux et de l’identitaire sur des bases régionalistes, qui s’étalera sur toute l’étendue du pays et que l’État ne peut contenir. Ce qui se passe dans le sud du pays est un signal grave qui doit faire penser aux sorts de l’ex Yougoslavie, l’ex Soudan et probablement de la future ex Libye.
Dans son aspect économique, ce texte est, une nouvelle fois, une démonstration pour l’interprétation et l’application de l’effet  Jarre et c’est Lounes Matoub qui a crié : « À mes frères, à mes frères, des montagnes du Djurdjura jusqu’au fin fond du désert… ». Répondez-lui.
Cherif Aissat. Étudiant en 2ème année économie à l’Université de Montréal.
Antimarginaliste et antirationaliste.
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(*). Après un cours en économie des ressources naturelles (économie environnementale) à l’Université de Montréal, ce texte est un approfondissement de notre réponse, de mai 2012, à la question sur le maintien ou non du dollar US comme monnaie de réserve internationale posée par Andrew Papadopoulos, actuellement, professeur à l’Université du Québec À Montréal. Grâce à la caution morale et intellectuelle d’Omar Benderra, nous avons soumis l’idée d’une monnaie ancrée sur les ressources naturelles. Le professeur  A. Papadopoulos sera destinataire de ce texte s’il est publié. C’est aussi une formalisation théorique de la monnaie que nous avons suggérée lors de la présentation des impacts économiques de tamazight à l’Université de Montréal le 15 avril 2014 ainsi que dans la Lettre adressée à la présidence de la République, à des personnalités politiques et aux médias entre le 12 et le 15 avril 2014.
Nos remerciements à Omar Benderra, économiste et financier basé à Paris. En aucun cas,  son crédit et responsabilité sur les affirmations contenues dans ce texte ne sont engagés.
Nos vœux à l’occasion des nouvelles années 2015 et 2965 (Yennayer):
Les plus sincères à nos compatriotes algériens et canadiens sauf les racistes.
À ma petite sœur et sa famille à Varennes: soyez heureuses. Merci de m’avoir supporté durant l’écriture de ce texte ardu et les gâteaux et cafés de 5h du matin.
Notes
[i] Un pays peut adopter comme monnaie nationale celle d’un autre pays. Exemple : l’Équateur qui a adopté le dollar US comme monnaie nationale et c’est la dollarisation. Les pays de l’Union européenne en acceptant l’euro comme monnaie commune ont renoncé à leur souveraineté nationale sur la monnaie.
[ii] C’est un sujet que nous avons traité dans une équipe à HEC Montréal en 2012. Dans une analyse globale, nous avons intégré l’Algérie aux cotés de l’Inde, l’Italie et la Bolivie. Une adaptation journalistique a été publiée par Maghreb Émergent. Elle est consultable à l’adresse : http://archives.maghrebemergent.info/economie/78-idees/16683-leconomie-informelle-en-algerie-management.html
 
[iii] Révision ayant fait l’objet d’une analyse de notre part par l’approche du modèle Principal-Agent avec aléa moral publiée par le Centre de recherche sur la mondialisation et visible à l’adresse suivante : http://www.mondialisation.ca/algerie-revision-de-la-constitution-soumission-a-lultraliberalisme-et-au-club-bilderbeg/5388795
 
[iv] En nous excusant pour certains lapsus, dans un exercice privé et décontracté destiné à deux auteurs algériens en particulier et à des amis, nous rendons publique une vidéo que nous avons réalisée et vidée de certaines familiarités autour de l’œuvre Absalom, Abslom! de William Faulkner qui donne un aperçu superficiel de ce que sont une trappe et une spirale inflationniste et appliquées à l’Algérie dans ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=CKjGLFsL5KE&list=UUen6K9QgXhUC9KsxCqDnHvQ
 
[v] « […] [L]a prévision de l’inflation et son monitoring a amené donc la Banque d’Algérie à développer depuis 2009 un outil […] qui tient compte de la mémoire donnée par l’historique de la série mensuelle des indices des prix à la consommation, avait initialement pour but la prévision à court terme du taux d’inflation. Il s’agit de prévoir mensuellement son évolution dans un horizon d’une année. » in « CHAPITRE VIII : POLITIQUE MONETAIRE » http://www.bank-of-algeria.dz/pdf/rapportba2013/chap8_2013.pdf p. 113.  Consulté le 30 décembre 2014.
[vi]  Tamara Gomes, Carolyn Wilkins. Le point sur les normes de liquidité de Bâle III.  http://www.banqueducanada.ca/wp-content/uploads/2013/06/rsf-0613-gomes.pdf.  Décembre 2014.
[vii] Martin Flodén. The Open Economy Revisited: The Mundell-Fleming. Model and the Exchange-Rate Regime*. Stockholm School of Economics. January 2010. http://www2.hhs.se/personal/floden/files/floden_chapter12.pdf
[viii] L’un des plus célèbres attaquants est déjà sur place via des sociétés dans l’exploitation des gaz de schiste et de « l’animation » de la cité par des ONG et c’est  Georges Soros. Censuré dans notre texte pour le Centre de recherche sur la mondialisation, nous avons exigé le retrait du texte qui a été publié par LQA.
 
[ix] Cherif Aissat. Algérie. Une patrie à sauver, l’État chancelant et l’effet Jarre. https://lequotidienalgerie.org/2014/11/02/algerie-une-patrie-a-sauver-letat-chancelant-et-leffet-jarre/; suivi de : Explication de l’effet Jarre. https://lequotidienalgerie.org/2014/11/20/explication-de-leffet-jarre-reponses-aux-lecteurs-basta-et-alilou-autocritique-des-textes-de-cherif-aissat-publies-par-lqa/
 
[x] WTO. ADPIC: QU’ENTEND-ON PAR DPI. Qu’entend-on par droits de propriété intellectuelle?  http://www.wto.org/french/tratop_f/trips_f/intel1_f.htm.   Décembre 2014.  
[xi] Orley Ashenfelter.  MEASURING THE VALUE OF A STATISTICAL LIFE: PROBLEMS AND PROSPECTS.  NATIONAL BUREAU OF ECONOMIC RESEARCH. Working Paper 11916. http://www.nber.org/papers/w11916.  Décembre 2014.
 
Ouvrages consultés et recommandés.
 
[1] Jonathan M. Harris. Environnemental and Natural Resource. A contemporary Approach. Houghton Mifflin Company. Boston- New York. 2002. p 147.
[2] David, Ricardo. The high price of bullion. A  proof of the depreciation of the bank notes. Microfiche. Canadian Insititue for  Historical Mircroreproductions. Ottawa. 1984.
[3]. Arie Arnon. Monetary Theory and Policy From Hume and Smith to Wicksell. Money, credit, and the economye. Cambridge University Press. 2011.
[4] Perspectives de l’économique. David Ricardo, Principes de l’économie politique et de l’emploi. Calman Levy. 1970.
[5] Veena, Jha. Emerging India. The reality checks. International Development Research Centre. Ottawa. 2012.


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5 Commentaires sur cet articles

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  • Mohand Oudinar
    6 janvier 2015 at 7:36 - Reply

    Excellente proposition. Je propose que la nouvelle monnaie soit baptisée le DORO. Ça rime avec EURO.

  • rachid dahmani
    6 janvier 2015 at 8:29 - Reply

    Bonsoir Cher Mohand Oudinar,
    Excellente suggestion pour le DORO. je suis preneur. Mais il faut un ZORRO pour l’imposer vous ne pensez pas? Avec les euros qui traversent la meditérrannée en avions et en bateaux au gré de nos cocos, c’est du solide qu’il faut.

  • rochdi
    8 janvier 2015 at 10:52 - Reply

    la seule voie qui rétablira l’honneur des Peuples opprimés face à la monnaie dominante du sionisme, serait de renouer avec les préceptes de Dieu l’Or et l’Argent comme seuls étalons de valeurs. Le colonialisme nous a eu, et il ne s’est retiré qu’après avoir instauré sa monnaie de papier sans valeur intrinsèque. Si les dirigeants actuels continuent d’obéir aux ordres de leurs maîtres du ce sera la ruine à terme quant les ressources pétrolières seront ternies. Une deuxième voie c’est de s’aligner au bloc du BRICS qui essayent de se détacher du dollar (monnaie du dejjal).

  • LE QUOTIDIEN D'ALGERIE » Algérie : la Patrie de la ténuité de l’espoir pour un destin heureux.
    22 juillet 2015 at 7:56 - Reply
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    18 septembre 2015 at 8:02 - Reply
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