يومية الجزائر
Édition du
19 September 2019

LE RÉGIME VEUT CONFISQUER À LA RÉVOLUTION SON SOURIRE.

IGNOMINIE ! Une semaine, jour pour jour, après le coup d’État masqué qui a fait “démissionner” un président absent et banni sa fratrie, leurs “hommes d’affaires”, leurs scribes, leurs agents des liaisons dangereuses, leurs “anges-gardiens”, leurs “amis” et leurs courtisans d’El Mouradia, le Commandement militaire, via son chef Ahmed Gaïd Salah, le nouvel homme fort d’un régime plus que jamais remis droit dans ses bottes et marchant à “la musique au pas” a commis la forfaiture de faire désigner Abdelkader Bensalah, “Chef” de l’État par intérim, par un parlement croupion.

Cette “désignation” s’est déroulée au moment où plusieurs manifestants pacifiques subissaient la répression de la police au Boulevard Zighout Youcef où se trouve le siège du Parlement, à la Grande Poste et dans d’ autres endroits à Alger.

Pendant ce temps, Gaïd Salah supervisait l’opération “Hasm 2019” à Oran, pour faire semblant de ne s’occuper que de la chose militaire afin de “garantir le droit légitime du peuple algérien de jouir d’une totale quiétude pour le présent et le futur de son pays”. Sauf que dans notre pays, le militaire s’est trop habitué à faire et défaire le politique pour laisser le peuple s’en occuper.

UNE FEUILLE DE ROUTE CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE.

À peine intronisé, Abdelkader Bensalah a prononcé un discours qui semble avoir été préparé pour la circonstance depuis quelques jours. C’est qu’au Parlement, “la musique au pas”, il s ‘y connaissent !

Tout en donnant l’ impression de nager dans son nouveau costume de “Chef”, Bensalah a tenu à préciser : ” Il est clair que le chef de l’ État désigné ne peut être candidat à la Présidence de la République.”

Monotone et ennuyeux, il a rappelé : “À partir de là, j’affirme devant vous (qui ?), avec insistance que mon unique ambition est et demeurera d’accomplir rigoureusement la mission qui m’a été assigné”

La mission dont parle Bensalah n’est autre que la mise en place de la feuille de route dictée par le Commandement militaire pour un ravalement de façade du régime.

En d’autres termes, il s’agit d’un intérim à assurer pendant 90 jours, avec le gouvernement de Bedoui, le Conseil constitutionnel de Belaïz et un parlement de pacotille, le temps de préparer un nouveau président de la République qui sait déjà que l’urne n’est qu’un transistor dédié à “la musique au pas”

Histoire de faire avaler le “cachir” de la primauté de l’article 102 sur les articles 7 et 8 de la constitution au peuple, Bensalah fait mine de proposer :” C’est en concertation avec la classe politique et civile citoyenne que je me propose, en priorité et en urgence, de créer une institution nationale collégiale, souveraine dans ces décisions, à laquelle sera dévolu la mission de réunir les conditions nécessaires de préparation et d’organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes.”

Et comme pour enfoncer le clou, il assure que le gouvernement et les services de l’administration seront” chargés de la soutenir dans l’accomplissement de sa mission en toute liberté”.

De qui, Gaïd Salah via Bensalah, croit-il se moquer ?

Le gouvernement, le Conseil constitutionnel, le Parlement et l’administration actuels sont des instruments de fraude éprouvés, utilisés dans le cadre de l’article 102 de la constitution pour permettre au régime de se régénérer.

À vrai dire, Gaïd Salah ne fait qu’ exécuter une feuille de route visant à sauver le régime et à maintenir l’Algérie dans sa triste condition de soumise à un agenda géopolitique néocolonialiste où les deux émirs, émirati et saoudien, font le sale boulot des puissances internationales, protectrices, entre autres, de l’israélisme rampant.

L’ensemble des députés qui continuent à siéger après le coup du régime qui a intronisé Bensalah comme “Chef” de l’État et tous acteurs publics qui accepteront de se porter candidat à des présidentielles d’ores et déjà illégitimes, porteront l’infamie d’avoir permis au régime de confisquer à la révolution pacifique du peuple son sourire et de briser l’espoir que cette révolution porte à l’ensemble de l’humanité.

Par ailleurs, tout ce beau monde semble avoir oublié l’essentiel : l’Algérie d’après le 22 février 2019 n’est plus celle d’avant.

Preuve en est, les intimidations du régime, ses tentatives de diversion et de division, sa petite musique du chantage à l’état d’urgence, voire à l’état de siège, ces convois de baltaguia, la répression des manifestants, les arrestations ciblées des journalistes, des syndicalistes et des militants, les attaques et les campagnes de diabolisation des résistants menées sur le Net, toutes ces pratiques qui renvoient à la préhistoire de la conscience citoyenne ne font que renforcer la détermination des algériennes et des algériens à faire triompher la Révolution du Sourire.

À ce titre, la Confédération des Syndicats Algeriens a appelé à une grève générale dans tous les secteurs d’activité pour aujourd’hui (10 avril 2019) et à une manifestation nationale à Alger.

De son côté, le Collectif de la Dynamique de la Société Civile, tout en rappelant avoir “déjà fait une proposition de sortie de crise pacifique et alerté sur les risques d’un changement clanique au sein du système, au détriment de la mobilisation historique du peuple” est resté fidèle à sa position de “rejet de toute transition au sein du système, pilotée exclusivement par les symboles de ce même système”.

Cela dit, des appels à manifester se multiplient avec comme seul mot d’ordre, le départ du régime.

PRIVILÉGIER LA MÉDIATION.

Pour l’ouverture réelle d’une période de transition, il est important de maintenir l’ampleur nationale de la mobilisation populaire et son caractère pacifique.

Il est tout aussi important d’appeler à la dissolution du gouvernement, du conseil constitutionnel et du parlement.

Les acteurs publics qui agissent positivement au sein de la société sont appelés à se rencontrer et à rendre interactives leurs différentes interventions publiques.

L’ ensemble des acteurs désintéressés sont appelés à favoriser la médiation au leadership.

En ce sens, ils auront à fournir aux décideurs actuels du régime la possibilité d’organiser le double rôle de l’armée de se retirer graduellement du champ politique et d’assurer la sécurité du pays et des différentes échéances de la transition.

Ces échéances pourraient être celles de l’installation d’une instance présidentielle fonctionnant selon le principe de la collégialité.

Composée de personnalités nationales intègres et n’ayant servi le régime ni durant les années de l’État-DRS, ni sous la présidence de Bouteflika, cette instance aura le rôle principal d’installer un gouvernement provisoire constitué de compétences nationales indépendantes.

Ce gouvernement aura à gérer les affaires courantes du pays et à fixer le calendrier d’un processus aboutissant à l’élection d’une Assemblée Nationale Constituante.

Une fois la constitution de la nouvelle Algérie adoptée via un référendum par le peuple, il serait possible de mettre en place un calendrier électoral permettant de doter l’État d’un ensemble institutionnel légitime et au pays de fonctionner dans le cadre de “la légitimité constitutionnelle”.

Mais, avant toute autre chose, l’insurrection citoyenne, pacifique et nationale doit continuer jusqu à rendre irréversible le départ du régime.

SILMIYA, SILMIYA ! 
YETNEHAW GA3 ! 

Hacène LOUCIF.

Références : articles de la constitution algérienne.

Art. 7. — Le peuple est la source de tout pouvoir.
La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple.

Art. 8.1 — Le pouvoir constituant appartient au peuple. Le peuple exerce sa souveraineté par l’intermédiaire des institutions qu’il se donne.
Le peuple l’exerce aussi par voie de référendum et par l’intermédiaire de ses représentants élus.
Le Président de la République peut directement recourir à l’expression de la volonté du peuple.

Art 102.1 — Lorsque le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose,à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement.
Le Parlement siégeant en chambres réunies déclare l’état d’empêchement du Président de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et charge de l’intérim du Chef de l’Etat, pour une période maximale de quarante cinq (45) jours, le Président du Conseil de la Nation, qui exerce ses prérogatives dans le respect des dispositions de l’article 104 de la Constitution.
En cas de continuation de l’empêchement à l’expiration du délai de quarante cinq (45) jours, il est procédé à une déclaration de vacance par démission de plein droit, selon la procédure visée aux alinéas ci-dessus et selon les dispositions des alinéas suivants du présent article.
En cas de démission ou de décès du Président de la République, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la Présidence de la République.
Il communique immédiatement l’acte de déclaration de vacance définitive au Parlement qui se réunit de plein droit.
Le Président du Conseil de la Nation assume la charge de Chef de l’Etat pour une durée de quatre-vingt-dix (90) jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées.
Le Chef de l’Etat, ainsi désigné, ne peut être candidat à la Présidence de la République.
En cas de conjonction de la démission ou du décès du Président de la République et de la vacance de la Présidence du Conseil de la Nation, pour quelque cause que ce soit, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate à l’unanimité la vacance définitive de la Présidence de la République et l’empêchement du Président du Conseil de la Nation. Dans ce cas, le Président du Conseil constitutionnel assume la charge de Chef de l’Etat dans les conditions fixées aux alinéas précédents du présent article et à l’article 104 de la Constitution.
Il ne peut être candidat à la Présidence de la République.


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3 Commentaires sur cet articles

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  • ibn Arabi
    11 avril 2019 at 10:00 - Reply

    L’armee n’a jamais ete du cote du peuple, et surtout pas maintenant avec la rente. Les militaires sont les plus corrompus. Tous les experts s’accordent a dire que les contrats les plus juteux sont les contrats d’armements parceque sans controle apparent.
    Le peuple doit continuer sa lutte pacifique jusqu’a pousser les militaires vers leurs casernes ou se suicider mutuellement.

  • ibn Arabi
    11 avril 2019 at 10:11 - Reply

    L’armee des frontieres a confisque notre independance. L’armee actuelle, continuite de celle des frontieres, ne veut pas liberer le peuple.
    Ait-Ahmed, Allah yarhamou: nous avons liberer la terre mais nous n’avons pas encore liberer le peuple.

  • Dria
    11 avril 2019 at 2:10 - Reply

    DJAYCH CHA3B KHAWA KHAWA

    Les appels aux généraux ont été vains. Alors, on préfère s’adresser à l’armée dans son ensemble, dans l’espoir d’avoir des échos plus favorables. La situation est visible pour tous, il n’y a plus rien à cacher. Le peuple est mobilisé depuis près de deux mois et les vrais tenants du pouvoir continu de faire la sourde oreille et s’opposent à la volonté populaire. De hauts gradés militaires sous l’égide de Gaid Salah rejettent la transition pacifique. Ils sont contre le changement et veulent pérenniser un système devenu désuet et décrier par tout le peuple. Gaid et quelques généraux sont devenus un danger pour la stabilité du pays, Gaid et ses généraux ne représentent pas l’Armée National et Populaire(ANP) digne héritière de l’Armée de Libération National (ALN) et ces valeureux Chouhada.

    Gaid, vous ne pouvez pas changer en un mois, c’est impossible voyons. Vous n’avez jamais été du côté de la légalité, ni du côté du peuple. Où étiez-vous quand la constitution fut violée lors du troisième mandat et pour le quatrième mandat avec un président inapte, puis le fiasco du cinquième. Qu’avez-vous fait devant les dossiers de corruptions qui ont ébranlé le pays. Rien, car vous étiez au service de Bouteflika qui vous a ramener au commandement militaire. Vous êtes devenue avec le temps un pilier du clan. Quel culot, vous voulez utiliser la révolution pour vous repositionner en tant que « Padrino dei Padrini»…

    Vous vous sentez fort maintenant que vous avez démantelé une partie des gangs civils, aveuglé par le pouvoir vous penser que la route est libre et que vous aurez le plein pouvoir pour fructifier :
    -Vos biens immobiliers, yacht et actions et investissement aux émirats arabes unis au Qatar en France et en Espagne. d’où et comment avez-vous acquis tous ces biens ?
    -Donner de nouveaux marchés à vos enfants en plus de ceux qu’ils ont, tel le monopole exclusif avec l’ANP pour l’approvisionnement en denrées alimentaires et en eaux minérales. Sans parler des autres privilèges dont ils jouissent. Où sont les services de renseignements ?
    – Renforcer le Cartel de Annaba avec Tliba et vos enfants pour squatter d’autres assiettes et d’autres biens, pourquoi ne pas privatiser El-Hadjar, comme vous avez squatté les sources d’eaux, pour l’eau minérale.
    – S’accaparer de nouvelles parcelles au grand sud pour exploiter en plus du pétrole, l’extraction d’or, d’uranium et d’autres minerais rares. Sans oublier vos terrains privés pour la chasse de gazelle avec vos émirs rois et roitelets du Golf. Ces potentats qui exercent une vraie emprise sur vous, pourquoi ?

    Dans l’Algérie de Gaid , tu peux évincé le gang du président ses instituions et la constitution par un simple coup d’état, pour reprendre les mêmes institutions et constitution et reprendre le contrôle des gangs tout seul.

    Dans l’Algérie de Gaid, ce sont les djounouds, officiers et sous-officiers qui protègent tous ces biens. Ce sont les gendarmes et les policiers qu’on utilise pour mater toute revendication de justice sociale. Ce sont les services de renseignements qui harcele les citoyens qui veulent comprendre et faire comprendre la situation.

    Dans l’Algérie de Gaid, on ne peut pas se doter de « Canadairs » malgré les feux de forêt et la dévastation de milliers d’hectares depuis des années. Mais on peut importer des « Voitures tigres » pour assourdir le peuple pacifique lorsqu’il revendique ses droits.

    Avec El-Gaid ce n’est plus une république, ni une monarchie, c’est une propriété privée qu’il gère sous le silence complice de tous les militaires. Les civiles sont en train de le dénoncer par le biais de ce Hirak et demande son départ, c’est le premier concerné par yetnahaw gaa3, lui et ses acolytes, les Beleqsir, Qaidi, Bechar …and Co. il est temps d’opérer un vrai changement au sein de notre institution militaire.

    Au Djounouds, Officiers, Sous-Officiers, Gendarmes et policier, Agents des Services de renseignement. Ne nous sommes pas une main de l’étranger. Nous sommes juste une voix parmi les voix du peuple. On ne vous demande pas de vous rebeller, ni de faire une mutinerie, mais juste de vous débarrasser de certains de ces éléments qui portent atteinte à notre honorable institution. Des éléments qui ont trahi le serment des Chouhada et des valeureux combattants de l’ANP. Il y avait les DAF et maintenant les Néo-Harki qui font des réunions dans des hôpitaux militaires français , ont permis le survol et le ravitaillement sur des tarmacs algériens. On vous demande pas d’être une puissance régionale. Nous voulons juste des hommes à principes aux commandes de cette noble institution. Du sang neuf quitte à faire partir en retraite tous ceux qui dépassent les 65 ans. Il faut remplacer les séniles , les septuagénaires et octogénaires. Place aux jeunes diplomés et compétences que les écoles militaires forment depuis des années. Pour servir le peuple et le pays et faire barrages aux gangs et autres sanguinaires de la trompe de Sissi qui ne prenderont jamais le controle de l’Armée ou le pouvoir en Algérie même si c’est le voeux des puissances occidentales et autres potentats du Golf.

    Si vous partager ces idées, alors sortez demain en masse, dénonçons, ces généraux qui prennent en otages notre armée et font tout pour étouffer le mouvement et entraîner le pays vers l’inconnu. Nous avons confiance dans notre armée, l’armée n’est pas Gaid, l’ANP appartient au peuple algérien et n’est pas le bien d’un Gang. Oui pour une armée forte, non au pouvoir militaire.

    Bouteflika est tombé n’ayez surtout pas peur Gaid aura le même destin. Restons pacifique et solidaire chaque vendredi à son importance, et comme ces précédents nous collecterons de nouveaux acquis. Ils ne faut surtout pas douter ou avoir peur, le combat continu, le monde entier nous observe et ils commencent à comprendre qui dirigent vraiment l’Algérie et qui sont les Vraies Algériens.

    Si le nom de Gaid est revenu plusieurs fois dans le texte, c’est qu’il fera parti du passé, dans peu de temps. On dénoncera, tous ceux qui viendront après lui et qui voudront marcher dans son sillage ou de poursuivre son œuvre. Nous dénoncerons tous les ripous civils ou militaires qui oseront trahir ce peuple. Nous continuerons de dénoncer pour ne plus vivre dans la peur, la médiocrité et l’impunité.

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