يومية الجزائر
Édition du
22 September 2019

En s’abritant derrière la Constitution, Gaïd Salah engage l’Algérie dans une voie sans issue

TSA

Par: Nidal Aloui 01 Mai 2019 à 10:17

Autisme ? Entêtement ? Il y a une expression de tout cela dans le nouveau discours du chef de l’état-major de l’armée qui se dévoile sans fard dans un rôle qui dépasse largement celui de patron de l’armée. Il parle de politique et de justice en occultant ostensiblement les vraies raisons de ce qu’il ne prive pas de désigner sous le nom de « crise ».

La situation que vit le pays aujourd’hui et l’affaissement moral qui la caractérise sont le résultat de deux décennies de bouteflikisme dont le général Ahmed Gaiïd Salah fut un acteur majeur.

C’est la gestion chaotique de Bouteflika qui a produit la corruption qu’il érige maintenant en thème majeur de sa démarche politique qui peine à prendre la forme d’un projet. Il le dit lui-même : ces suspects que l’on convoque devant les tribunaux n’ont pas commencé à voler et à détourner l’argent du peuple depuis le 2 avril. Et l’armée le savait, insiste-t-il.

« Les services du ministère de la Défense détiennent des informations avérées concernant plusieurs dossiers lourds de corruption, dont je me suis enquis personnellement, dévoilant des faits de spoliations de fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux », a-t-il dit.

>> Lire sur TSA : Gaïd-Salah parle de dossiers de corruption « très lourds »

Pour être si lourds, les dossiers ont certainement pris du temps à être nourris de faits criminels et délictueux par les services de Renseignement ayant compétence de police judiciaire. C’est la preuve d’un travail patient, conduit donc sous le règne de Bouteflika. Aurait-il fait obstruction à sa transmission à la justice ? Si c’est le cas, cela est à rajouter à son héritage.

Désormais, les personnes impliquées seront « poursuivies », promet le vice-ministre de la Défense en écartant toute idée d’ingérence dans le travail des juges et toute velléité de règlement de compte. Il ne peut pourtant éviter de tels soupçons puisqu’il ne conçoit pas de renvoyer les poursuites à la mise en place d’un pouvoir politique légitime capable d’assurer une indépendance de la justice. Cela prendra du temps et favorisera les fuites, craint le vice-ministre de la Défense qui promet d’assainir le pays des corrompus et des corrupteurs.

La lutte contre la corruption est le nouveau cheval de bataille de Gaïd Salah, avec lequel il espère calmer les Algériens, et sauver le système. Une tâche ardue qui va s’étaler dans le temps, tant que la corruption s’est généralisée sous Bouteflika.

Quel que soit le nombre de « corrompus » qui seront traînés devant les tribunaux, le peuple réclamera toujours davantage et se posera toujours la même question : pourquoi untel a été épargné alors que des soupçons pèsent sur lui ? Dans un pays où la rumeur a fait de tout le monde un suspect potentiel de vol et de détournement, la tâche s’annonce clairement impossible et les risques de dérapages nombreux.

Or, la justice doit agir dans la sérénité, loin des pressions politiques et populaires. Ce qui est loin d’être le cas en période de crise et durant la transition. La lutte contre la corruption doit être menée par une justice indépendante et un pouvoir légitime élu par le peuple.

Ahmed Gaïd Salah connaît la soif de justice des citoyens longtemps méprisés et l’impact de la lutte contre la corruption sur l’opinion publique. Il n’y a qu’à voir la jubilation avec laquelle a été accueillie la convocation d’Ahmed Ouyahia qui a quitté le tribunal par une porte dérobée sous les insultes et la poursuite de ceux qui l’ont vu sortir.

Le chef de l’état-major semble vouloir faire de la lutte contre la corruption un mouvement d’adhésion à sa démarche politique orientée vers la tenue d’une élection présidentielle. Ahmed Gaïd Salah refuse toujours d’entendre parler d’une transition et d’une solution politique, préférant enfermer le pays dans un cadre constitutionnel largement dépassé.

Il reconnaît pourtant que les conditions d’un scrutin ne sont pas « idoines » à deux mois à peine de la date envisagée. Alors que la collecte des signatures de parrainage doit commencer la semaine prochaine, aucune candidature significative ne s’est signalée. Sans compter que le mouvement populaire rejette cette idée. Est-ce que le pays prendra le risque d’un président mal élu et illégitime ? Le faire, c’est aller à l’encontre de la volonté du peuple.

Le faire, c’est également prendre le risque d’affaiblir le pays vis-à-vis de l’étranger. Il y a des signes qui ne trompent pas. Aucun pays n’a félicité Abdelkader Bensalah ni Noureddine Bedoui. Une situation qui pourrait se reproduire avec un nouveau président mal élu. Le risque d’avoir un président non reconnu par une partie de la communauté internationale est bien réel.

Pour l’instant, le chef de l’état-major insiste sur le respect de la Constitution et maintient le cap de la présidentielle, « le plus tôt possible », sans préciser de date. Mais tout peut changer. En attendant, il exerce toute son influence avec la possibilité de « débouteflikiser » l’ensemble des hautes fonctions pourvues par la « bande ». D’ailleurs, son chef est toujours réclamé par la foule qui souhaite le voir devant les juges.


Nombre de lectures : 1935
9 Commentaires sur cet articles

Laisser un commentaire

*

*

  • ahmed boudraa
    1 mai 2019 at 7:51 - Reply

    Excellent article. Preuve en est le nouveau SG du FLN un tranbendiste notoire appartient au sérail et ayant même prêté allégeance avec zèle à Bouteflika pour un 5ème mandat, “dussions-nous user de la force” avait-il dit.Cela prouve aussi que le pouvoir, poussé à ses derniers retranchements et se trouvant en mal de personnel politique crédible,se rabat sur des personnages qui ne feront que le discréditer davantage.

    • Mouloud
      2 mai 2019 at 6:59 - Reply

      QUELLE STRATÉGIE !!!! QUELLE STRATÉGIE !!! GAID SALAH PARLE, PARLE, ET PARLE ANTICONSTITUTIONELLEMENT ….RÉSULTAT : BENSALAH – BEDOUI ONT LA PAIX… LE PEUPLE OUBLIE LES DEUX VÉRITABLES PIONS DE BOUTEFLIKA ( BENSALAH ET BEDOUI).

      IGNORANT GAID SALAH…IGNORANT GAID SALAH…OCCUPANT NOUS DE BENSALAH ET BEDOUI.

      ———————————————————————————

      MEILLEUR RÉPONSE POUR UN IMBÉCILE EST LE SILENCE !!!!

      IGNORANT GAID, IGNOREZ GAID…IL FAUT IGNORER LE CAPORAL GAID SALAH.

      CAR GAID :

      1) – IL N’A PAS DROIT À LA POLITIQUE
      2) – CE N’EST PAS À LUI DE DÉCIDER
      3) – EST SOUPÇONNÉ DE CORROMPTION
      4) – A UN AGE DE RETRAITE LARGEMENT DÉPASSÉ !! 80 ANS = VEILLARD = FAIBLE + RISQUE
      5) – QUE FAISAIT-IL LORSQUE LA ISSABA VIOLAIT LA CONSTITUTION ET RUINAIT L’ALGÉRIE

      SOLUTION : IGNORER GAID SALAH…NE PAS LUI RÉPONDRE…PLUTOT S’ATTAQUER À BEDOUI, BENSALAH

      MANIFESTATION NON STOP…BENSALAH DÉGAGE, BEDOUI DÉGAGE. ARTICLE 7 : NUL AUTORITÉ SUPÉRIEUR À CELLE DU PEUPLE.

      ———————————————————————————-
      BENSALAH ET BEDOUI SONT TOUS DEUX ANTICONSTITUTIONNELLE CAR ILS ONT ÉTÉ PLACÉ PAR SAID BOUTEFLIKA…

      ———————————————————————————-
      ———————————————————————————-
      ** LA RÉPRESSION DES MANIFESTANTS PACIFIQUES, ÉTUDIANTS, TRAVAILLEURS, MÉDECINS ****>>> TRADUIT LA HAINE DES HAUTS RESPONSABLES DE SÉCURITÉ ENVERS LE PEUPLE ALGÉRIEN.

  • berime
    1 mai 2019 at 7:54 - Reply

    Avec l’entêtement de Gaid et ses amis, dans le meilleur des cas c’est une véritable régression qui s’annonce
    dans le pire c’est la guerre civile

  • Nacer
    1 mai 2019 at 7:56 - Reply

    Aucun pacte avec des pourris, la lutte continue avec plus dédié détermination et d’organisation.

  • benali salim
    1 mai 2019 at 8:26 - Reply

    Ce gaid ne peut pas avoir raison contre tout un peuple…Il est qui ? Cette constitution derrière laquelle il se cache qu’a t il fait pour la protéger quand elle a été piétinée et violée maintes et maintes fois par le clan mafieux ?qu’il ne se pose pas en donneur de lecons patriotiques lui qui n’a de patriote que l’uniforme…. Tout est possible en dehors de ce torchon appelé constitution.

  • SAMI
    2 mai 2019 at 4:11 - Reply

    QUI EST PRESIDENT ACTUEL BENSALAH OU GAID SALAH? ONT COMPREND RIEN CE DERNIER A CHAQUE FOIS IL DONE DISCOUR ET PROMET DE LUTER CONTRE LA CORRUPTION,MAIS EST CE QUE LUI MEME N’EST PAS CORREMPU? LES APARTEMENTS,LES FONCIERS,LES USINES QUE LUI ET CES FILS POSSEDENT ,QUI A ENQUETER SUR LUI JUSQU’A PRESENT? PERSONNE , SI CE GENERAL A CHAQUE FOIS PARLE DE LA JUSTICE ET LA LUTE CONTRE LA CORRUPTION ALORS QU’IL COMMENCE PAR LUI MEME.
    POUR MOI TOUS CES GENERAUX DE 1962 A PRESENT SONT UNE PART D’UN SYSTEM CORREMPU ET CE GAID SALAH EST PARMI EUX

  • ibn Arabi
    2 mai 2019 at 11:53 - Reply

    La crise actuelle a pour origine la malediction du sang: l’assassinat de Abane Ramdan, Khemisti, Khider, Chaabani, Krim Belkacem, Medeghri, Mecili,…..L’omnipresence des bottes dans tous les secteurs. Au temps de Boukharouba la plupart des PDG des societes nationales etaient des officiers ou ex-officiers de la SM. Les nominations a tous les postes politiques ou autres, meme directeur d’une ecole primaire dans un village perdu, se faisaient sous controle des services. La corruption est le resultat d’une gouvernance au-dessus de la loi.
    Bouteflika est le maillon d’une longue chaine de non-droit.

  • AHMED.A
    3 mai 2019 at 4:49 - Reply

    L’ARMEE ET SON GAID SALAH DOIT ECARTER DE LA POLITIQUE ET LAISSEZ LA JUSTICE FAIRE SON JOB SI NON LE PAYS DEVIENT MARCIAL AU LIEU DEMOCRAT. C’EST SIMPLE QUI A PILLER LE PAYS IL PAYE BACK L’ARGENT PLUS LA PRISON, CE QUI N’A RIEN PRIS LAISSEZ LE TRANQUILLE CE N’EST PAS TOUT UN PEUPLE DE 43 MILLION EST CORROMPU . ARRETEZ VOUS DE CE NIFAQ DE S’ACCUSER ENTRE VOUS AU LIEU DE TROUVER UN COMPROMIS ET RECONCILIER ENTRE VOUS
    L’ALGERIE DOIT RESTER REPUBLIC ET DEMOCRATE DANS LE VRAI SENSE ET L’ARMEE DOIT PROTEGER PAS GOUVERNER

  • AHMED A
    16 mai 2019 at 6:46 - Reply

    CE HIRAK N’A RIEN DONNER N’A RIEN CHANGER LE PAUVRE CITOYEN DANS LES COMMUNES OU VILLAGES ATTEND TOUJOURS SON KOUFA DE RAMADAN OU L’ARGENT SOUS UN SOLEIL PLOMB ET LE MAIRE OU EL BALADIA DONNE RIEN AJOUTE CELA PRECEQUE CHAQUE COMMUNE RESTE SANS ECLAIRAGE SANS EAU POTABLE SANS ROUTE ET PERSONNE NE VERIFY LE BILAN OU LES DEPENSES DU BUDGET D’ETAT
    RIEN N’A CHANGER LES CITOYENS ALGERIENS SOUFFRENT TOUJOURS DU HOGRA DE MARGINALISATION DANS LES COMMUNES DANS LES MONTAGNES DANS LES VILLAGES OU LES MECHTATS .ILS SONT AUSSI DES ALGERIENS PAS SEULEMENT QUI VIE DANS LES GRANDES VILLES

  • Lire aussi