يومية الجزائر
Édition du
21 October 2019

AUJOURD’HUI, EN QUELLE LANGUE S’EXPRIME LA RUE ?

 Abdallah CHEBBAH    Juil. 2019

Le problème de l’Algérie n’est pas un problème de langues, ni de religion, ni d’ethnies, ni d’autres choses. Le problème est purement politique. Lorsque des baveux comme ce sinistre de l’enseignement supérieur et tant d’autres qui l’ont précédé se voient propulsés à la tête de la gouvernance d’un pays, tout est possible: voire Ould Abbes, Sellal, Zoukh et consorts. On a vu, pendant longtemps, les plus pires sottises de toutes sortes, à tous les temps et à tous les niveaux. Ces bêtises qui ont mené des générations entières vers l’impensable et le désastre.
Le problème est un problème de règles du jeu. Quand les droits, les libertés, les devoirs et les responsabilités de chacun ne sont pas de mises, c’est l’anarchie, le tribalisme et l’allophonie pour certains.

Maintenant pour parler du problème de l’enseignement de la langue anglaise qui fait actuellement diversion, je dirai que cette langue est plus que primordiale. Chaque langue en plus, permet à une personne de s’ouvrir au monde et de s’accaparer le monde. Je suis de la génération qui a fait ses études en français, en arabe et en anglais. Je parle Espagnol et Kabyle en plus. C’est une grande richesse pour moi. C’est grâce à cela que je peux aller ou je veux et connaître des gens de partout. L’arabe jadis, avait peut-être sa notoriété dans le début des découvertes scientifiques, mais malheureusement s’est confiné à la littérature et a ainsi stagner par la suite. Le français a pris le relais avec les ”Années Lumières” qui a poussé le monde à la réflexion. Aujourd’hui, c’est l’anglais qui domine les sciences surtout en technologie, pour la simple raison que les plus grandes inventions et les plus grands laboratoires de recherche, majoritairement, se font, travaillent et s’échangent en anglais et que toutes les plus grandes boites sont Américaines. Il existe à peu près cinq mille universités et instituts qui publient aux États-Unis. C’est une réalité et une vérité. Toutes les références sont écrites en Anglais. C’est exigé. Mêmes les Russes et les Chinois s’y y réfèrent.                                                                          

Arrivé à l’université, surtout en post-graduation, un étudiant doit impérativement connaître l’anglais. La réalité de notre pays est telle que la langue arabe et le tamazigh dialectaux sont des langues de communication. Nous avons hérité du français par notre récente histoire et notre proximité avec la France. L’anglais est aujourd’hui devenu une langue universelle. C’est ainsi. Il faut s’y mettre. Mais comment? Ce que ne sait pas faire et ne doit pas faire le politique.  Ce n’est pas de son domaine.                                                           

À mon avis, la langue d’enseignement au primaire et au secondaire, pour toutes les matières, devrait se faire en arabe accompagnée de deux ou trois cours par semaine de la langue française à partir du secondaire. Arrivé à l’université, tous les cours devraient se faire en français avec initiation à l’anglais pour ceux qui pensent aller plus loin. Ça reste du ressort de l’étudiant de s’y mettre à l’anglais suivant la spécialité choisie. Certaines ne nécessitent pas l’anglais.

 En général, une langue s’apprend à la maison au début et dans la rue par la suite, d’une façon orale.

Pourquoi avons-nous cette obsession à vouloir tous devenir des médecins, des ingénieurs, des pilotes…? Qui sera plombier, qui sera policier, qui sera menuisier, qui sera infirmier etc…Tous les pays ont besoin de ces professions, d’autant plus que les capacités intellectuelles de chaque individu ne sont pas les mêmes. Il y a des surdoués et il y a d’autres moins doués. Arrêtons d’idéaliser et d’uniformiser les études supérieures.                          

De là ou je suis, un diplôme d’études professionnelles est aussi rémunérant et gratifiant qu’un diplôme d’ingénieur. Certains personnes sont bonnes dans le manuel et d’autres le sont avec leurs aptitudes intellectuelles.               

Cela fait presque un demi siècle que l’école Algérienne est sinistrée. Il est grand temps de mettre de l’ordre dans cette école. L’enfant est le centre de toutes les préoccupations de la société, c’est lui le citoyen de demain. Tout commence à l’école. L’Algérie ne changera que si nos enfants, futurs citoyens, sont bien pris en charge et bien orientés dès leur jeune âge.

 Sous d’autres cieux, l’école est le pôle névralgique d’une société bienveillante et bienfaisante.          

Tous les problèmes que vivent nos jeunes aujourd’hui sont dus à l’abandon de cette institution qui n’arrive pas à se moderniser et à se dépolitiser.                                                                                            

L’école et l’université doivent revenir à ses enseignants et à ses chercheurs.

Le politique est là pour assurer l’efficacité par les moyens matériels et humains et au bon fonctionnement de cette institution. Les politiciens n’ont aucune compétence dans les domaines pédagogiques. Arrêtons de vouloir tout gérer à partir du haut, c’est à dire le politique, dont le seul souci est de rester accroché au poste le plus longtemps possible par un charlatanisme intellectuel du niveau de l’ardoise.

Tassez-vous messieurs les ministres et laissez la place aux spécialistes des différents domaines. Contentez-vous de rapporter, d’appliquer et de coordonner les initiatives des concernés. Ne l’oubliez pas, vous êtes au service du peuple.


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