يومية الجزائر
Édition du
21 October 2019

ALGERIE : IMPASSE SUR UNE REVOLUTION

Qui voudrait d’une victoire à prendre,
Voyant qu’il doit se réveiller,
Dans le rêve au-delà des portes de la mort?

La véritable Algérie est un accord et non un unisson. Elle tient pour toutes les variétés et toutes les différences. Il n’est d’Algérie que dans une harmonie assez riche pour contenir, résoudre ses dissonances et conjurer ses terribles démons.

L’ALGERIE EST UNE MERE AUX FILS INNOMBRABLES ; par sa voix, elle les invite à se reconnaître. Elle leur ouvre les yeux ; qu’ils consentent sous la sévérité familiale, à prendre conscience les uns des autres ; qu’ils aient honte de se calomnier et de se haïr: moins le mal, ici et là, moins le mépris, la violence et la haine.

Ces lignes en introduction sont en antidotes de la terrible réalité de ce pays.

Frontières de sang et de violence, la naissance de ce grand pays s’est faite dans les toutes souffrances.

Mais quel pays peut prétendre autrement.

Une suite de révoltes, culminant dans la grande révolution de Novembre 1954, fait basculer le pays et ses interdépendants, les damnés de cette terre, dans d’une indépendance atrophiée et sous influence.

Le pieux vœu de construire une mosquée révolutionnaire dans les dires d’Oscar Niemeyer, ne fut jamais achevé.

Reconduisant la terrible discipline de la guerre de libération, le pouvoir post-indépendance infligea au peuple une politique de reconstruction qui a fait de l’algérien un outil et non une finalité.

Cette démarche scella d’une façon irrémédiable le divorce entre le lui et le peuple dans toutes ses composantes.

Cet état de faits culmina par le grand dérapage durant des années du plomb, où le régime en place révéla son visage hideux, celui d’une raison d’Etat qui ne reconnaît que sa propre raison.

Une guerre atroce fut menée contre les civils dans leur chair et dans ce qu’ils ont de plus chère.

Faillant doublement, en premier dans son incapacité à instaurer une paix civile, mais en second, à faire taire le langage des armes pour toujours, la responsabilité du régime est totalement engagée.

La présente impasse risque de faire surgir cette violence toujours là, justifiée par la raison d’Etat.

Dans l’ordre des choses, le régime algérien fut et reste absolu, donc totalitaire, une formes dégradée de la gouvernance. Il ne fait que pousser à l’extrême ce qui est de toute façon inscrit dans sa genèse, c’est-a-dire une violence structurelle.

Ainsi à l’origine, un état de violence, né alors l’ordre social, pour endiguer spécifiquement cette violence, finit par se dérégler lui-même et relancer le cycle originel; plaçant de facto la violence au coeur de l’ordre social; tels est le méta-discours du régime algérien.

Se défaire de ce sort, c’est rendre à cet éveil national, sa seule véritable mission qui lui est dévolue; juguler dans un combat incertain cette violence comme outil de régenter nos différences réelles et supposées, afin de sauver l’algérien de lui-même.

Et même si impasse il y a sur cette révolution, il faut se dire qu’elle n’est pas éternelle, Et pour relever le défi, les algériens et algériennes doivent trouver la détermination d’offrir des visions qui résonnent avec ce désir de changement graduel porté par ce grand peuple ; mais dans la paix.

Cette paix vaincra inéluctablement la violence d’un régime moribond.

Khaled Boulaziz


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