يومية الجزائر
Édition du
18 September 2019

Vers la fin du pouvoir militaire ?

ABBES HAMADENE· MERCREDI 21 AOÛT 2019

L’Histoire nous incline toujours à la prudence lorsqu’on évoque l’avenir d’une révolution populaire en cours. Ce n’est toutefois pas invraisemblable de constater que rien ne pourra plus être comme avant dans notre pays. Beaucoup de bonnes raisons laissent croire au début de la fin du pouvoir militaire en place depuis l’indépendance.

Six mois après le départ du Hirak, tous les leviers qui ont toujours permis au pouvoir de se maintenir ou de rebondir sont devenus inopérants ou peu efficaces.Le pouvoir dans sa gestion du pays a toujours laissé libre-cours à son désir d’emprise absolu sur la société, sans limite que donne la conscience humaine, sans sentiment de culpabilité et sans aucune autre ambition que celle de « la conspiration permanente » contre le peuple (selon le mot de Balzac).

Depuis toujours, il a eu recours aux mêmes manœuvres, aux mêmes combines et aux mêmes techniques de propagande et de désinformation pour soumettre le peuple et créer « la fabrique du consentement » selon l’expression de Walter Lippman.Convaincu que le peuple algérien était installé pour l’éternité dans la soumission et de ce que La Boétie appelle « la servitude volontaire », le pouvoir n’a pas pu voir la colère du peuple qui enfle depuis des mois.

Les centaines d’actions populaires revendicatives menées sur l’ensemble du territoire, bien avant le début du Hirak, étaient en réalité les signes avant-coureur de ce qui s’ébauche et mûrit de façon souterraine. Les revendications populaires qui concernaient les droits les plus élémentaires (logement, l’eau, chômage…) étaient réprimées, ignorées ou accueillies par des discours gorgés de paroles méprisantes et insultantes.

Le 22 février était le point de confluence de toutes ces actions disparates, avec sa réussite un tournant décisif est pris. Une fois la peur vaincue, c’est tout un univers mental qui bascule. C’est l’irruption salvatrice du peuple dans l’espace public. Depuis 6 mois, chaque vendredi, chaque mardi, des centaines de milliers de personnes convergent dans les rues de la quasi-totalité des villes algériennes. Une révolution populaire pacifique qui s’accompagne d’une maturation politique accélérée, chacun avec ses mots exprime une même perception d’un système politique militaire, autoritaire, mafieux et corrompu.

Depuis sa naissance, le Hirak remplit une fonction de socialisation des citoyens à une culture civique et démocratique. Il a sécrété des façons d’être, de s’exprimer, de lutter. Dans une ambiance joyeuse et fraternelle, chacun prend soin de l’autre, de ce qui l’entoure. Les gens se chargent des ordures, ballaient les trottoirs, dessinent, inventent des slogans et des chansons fabuleuses. Pour tous les algériens c’est un vrai ravissement et une grande fierté! Ce fût aussi, une surprise pour le monde entier de voir que ce pays moqué et caricaturé par l’image d’un président momifié est désormais un pays avec un peuple admirable par son pacifisme, son civisme, sa sagesse et sa haute maturité populaire.

L’ampleur, la durée, la détermination et le caractère pacifique du Hirak déstabilisent le pouvoir. Une révolution pacifique qui mobilise différentes couches sociales, différentes générations, des courants politiques de tous bords et couvrant toutes les régions du pays. Cela prive le pouvoir de toute cible décisive, il n’a aucune tête à couper pour que tout s’arrête. Alors que le Hirak trouve dans cette hétérogénéité le ressort même de son expansion.Aujourd’hui, il y’a d’un côté un Hirak aguerri, déterminé et immunisé contre les tentatives de manipulation et de l’autre, un pouvoir machiavélique défaillant, discrédité, périmé et incompétent.Dans un tel contexte, il serait plus facile pour le pouvoir mafieux de faire passer un chameaupar la serrure d’une porte que d’organiser une élection présidentielle. L’option du recours par le pouvoir à la solution de la violence et la répression sanglante est également difficile à envisager.

En effet, lorsque l’on regarde la cartographie des manifestations et le profil des manifestants, ce sont toutes les régions du pays, toutes les générations et toutes les professions qui sont concernées.

Une question se pose alors : qui parmi les Algériens – du simple djoundi, policier ou gendarme jusqu’aux officiers supérieurs – ne risque pas d’avoir un proche ou un membre de sa famille dans la foule si on lui donne l’ordre de tirer ?

Il reste alors l’espoir de voir la situation intérieure de l’armée évoluer dans un sens favorable pour une vraie solution politique. Cet espoir ne cessera de grandir tant que le Hirak gardera sa ligne pacifique pour atteindre son unique objectif stratégique : le départ du système mafieux et l’organisation d’une transition démocratique.


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3 Commentaires sur cet articles

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  • Dria
    23 août 2019 at 5:40 - Reply

    On voit bien que le Hirak suit une gestation normale, bientôt neuf mois et la délivrance. , Nous venons de célébrer en ce vendredi 23 août 6 mois de ce mouvement. il reste une semaine pour la rentrée 2019, il ‘n y aura qu’un seul mot d’ordre, le peuple l’a déjà adopté et apprivoiser , l’ultime et légitime recours ,se fera de lui même. Dire que des septiques et des pro-Hiwar et pro-Gaid ne veulent pas entendre. Ce mot qui signe le fin du règne de la mafia des généraux ripoux “LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE” et la “GRÈVE GÉNÉRALE” sont le seul moyen d’en finir avec l’oligarchie algérienne.
    Pas la peine d’entendre les sirènes des élites contaminés et des intellos de services qu’on invité sur des plateaux nauséabond des chaînes algériennes et les médias de caniveaux. Hontes a ces journaleux

    La parole est au peuple, il vient de la confirmer en ce vendredi. Et annonce la RENTRÉE EN ACTION DU PEUPLE a partir de la semaine prochaine. La désobéissance se fera par palier, elle ne touchera pas aux intérêt du citoyen, ni à la santé, l’éducation ,le commerce , le transport qui ne seront pas concerné. Le citoyen ne sera jamais en contact avec les représentants de l’État de l’administration ou des services de sécurité. Le PACIFISME sera toujours recommandé et de mise, c’est l’arme la plus redoutable qui viendra au bout de la mafia.

    La désobéissance touchera les manifestations , réunion, Sit-in , congrès ou conférence organisé sous l’égide de l’état où du gouvernement actuel, Boycott de toutes activités sportives ou culturelles championnats nationaux entre autre. Boycott des redevances factures et impôts de tout genre…Sur le plan économique une IMPÉRATIVE le pétrole doit s’arrêter des le début du mouvement et pas la peine de paniquer quand le baril était a 135 dollars ou a 25 Dollars le commun des citoyens n’a vu que du feu et dites vous que nous gardons ce pétrole dans le sol algérien donc ce est point une perte on le revendra plus tard . Le risque de dilapidation est plus grand avec nos prédateurs.
    Un jour de grève générale se fera une fois par semaine et la aussi le PACIFISME est de mise une grève ou chacun reste chez soi pour faire de l’Algérie un pays complètement paralyser Tous les secteurs seront concernés a part les services d’urgences et services minimuns. Les citoyens se cloître chez eux en ce jour de grève pas de marche, pas d’attroupement ou de mouvement de foule.

    Ne denaturons pas la réalité. Si danger il y a c’est du côté de l’oligarchie qu’il se ressentira. Et tous ceux qui veulent faire peur au peuple ,ce dernier maintient la même réponse depuis le 22 Février TEYNAHAW GAA et vous allez partir tous surtout ces guignols de pseudo intellectuelles que le pouvoir utilisé et ces media de la Honte qui travestissent la vérité. Dites vous que l’heure de la vérité donnera bientôt et vous aurez la même réponse que les trolls et autre dubab.

    Bon vent a l’initiative , il faut que ça change pour cette fois la balle est dans notre camps. Il faut saisir notre chance pour la naissance d’un ETAT DE DROIT …AMEN

  • Wahud
    24 août 2019 at 8:35 - Reply

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    Pour prédire le scenario le plus probale de la sortie de crise politique et la fin de ce bras de fer en le pouvoir et les Algériens qui depuis le 22 fevrier, ( jour beni du déclenchement inattendu de la révolution pacifique, celle du sourire, El Hirak Echa3bi, fort longtemps préparé, patiemment voulu et fortement souhaité pour ne pas dire recommandé) manifestent dans les villes, dans les villages et dans les rues, pour reconquérir leur indépendance, il faut faire un effort intellectuel et une lecture objective de la force de chacun des belligérants, et les rapports de forces, de qui contre qui et dans quel terrain le conflit se déroule. Pour les militaires, et les forces de sécurités, nombreux, disciplinés, et lourdement armé et bien entraîné, malheureusement pour eux la bataille se passe dans un terrain qui leur sont méconnu, inaccessible; il s’ agit de la toile, l’espace virtuelle ou les soldats de la liberation et les combatants de la souveraineté populaire sont invisible ou les révolutionnaires d’Elhirak leur sont innacessible car ils sont invincible, et pour cette raison que les militaires ne peuvent rien faire pour garder par la force, le fusil et par la répression le pouvoir pourtant le pouvoir appartient au peuple, combien de fois cité et décrit dans la constitution dans son article 7 et 8 etc…..

    Game over

    Désormais ils seront les loosers de ce bras de fer avec le peuple.

    Ils finiront par capituler,

    Veut veut pas,

    Leur destin est déjà scellé,

    C’est une question de temps.

    Et

    C’est

    Pourquoi la désobéissance ne peut être la solution finale.

    • Dria
      26 août 2019 at 9:01 - Reply

      @WAHID
      Je respecte votre choix que je ne partage point. Personnellement, je ne peux faire confiance à personne ! Nous sommes bien en pleine révolution. Lorsqu’il s’agit de SACRIFICE des tergiversations ,des voix hésitantes sèment le doute et favorise la discorde.

      Si la désobéissance ne peut être la solution finale . Alors obéissez a ceux qui veulent imposer aux Algériens la même solution qu’on nous dicte de différentes CASERNES depuis près de six mois. Je ne veux pas être et je ne peux pas être le soldat Chvek. ÊTRE OU NE PAS ÊTRE POUR UN ETAT DE DROIT, THATH’S THE QUESTION.

      PACIFIQUE NOUS LE SERONT. EN DÉSOBÉISSANT, NOUS ÉVITONS DE PRENDRE LES ARMES POUR FAIRE DÉGUERPIR CETTE MAFIA. Car il s’agit d’un vrai combat SANS DÉSOBÉISSANCE ET GRÈVES. VOUS ASSURER LA RÉGÉNÉRATION DU SYSTÈME EN COURS. C’EST LE MOINDRE SACRIFICE QU’ON PEIT FAIRE. ESSAYONS DURANT ET NE SEMAINE ET VOUANT CE QUE CA DONNE.

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