يومية الجزائر
Édition du
20 October 2019

Sauver le régime actuel, c’est programmer la mort certaine de l’Algérie.


Ait Benali Boubekeur
« Ce système, que certains veulent préserver coûte que coûte, n’a pas assuré l’édification de l’État, l’efficience du gouvernement, l’administration du pays et son développement. Mais il a réussi à empêcher le projet Algérie de devenir une réalité », extrait de la contribution de Mouloud Hamrouche, le 4 septembre 2019.
C’est ce système vicié que les tenants du régime veulent perpétuer. Bien qu’ils invoquent les intérêts suprêmes de la nation, dans la réalité, tout le monde sait que ce type de régime ne peut ni innover ni transformer le pays. Car le mal est dans son essence même. D’où l’exigence de définir le calendrier de son départ avant de parler de la prochaine étape.
Pourquoi une telle demande de la rue ? La raison est très simple : il n’a jamais toléré la moindre participation du peuple. Depuis 1962, ce régime, qui règne sans partage, a comme principal défaut le non-respect de la souveraineté du peuple. En empêchant le peuple de participer à la construction de ses institutions, le régime a renvoyé la libération du peuple –le territoire a été libéré par le sacrifice des meilleurs fils de l’Algérie – aux calendes grecques.
Bien que les responsables actuels considèrent que la crise commence seulement en 2019, dans le fond, le pays a été squatté par une clique se moquant éperdument de tout avis contraire à sa politique de dilapidation. En février 2019, le peuple algérien a tout simplement refusé la mort de son pays. Comme le dit si bien Mouloud Hamrouche, « par cette mobilisation inattendue, les Algériens ont refusé que leur pays chute ou cède au chaos. Non. Le peuple algérien n’a pas créé de nouvelles difficultés, ni de nouvelle déstabilisation, ni de nouveau dysfonctionnement, y compris sur le plan économique et social. »
En tout état de cause, qu’il en déplaise aux amateurs de cachir et à leur guide suprême, le mouvement du 22 février n’a rien d’antinational. Il a juste refusé l’humiliation, le partage des richesses du pays entre amis et son exclusion du jeu politique. Et si jamais il fallait designer un seul responsable de la crise actuel, cela ne pourrait être le peuple algérien, exclu de toute participation à ses affaires depuis l’indépendance.
Bien que le pouvoir de fait fasse semblant de s’inquiéter de la durée de la crise –en réalité, ils veulent le retour à la normale pour que leurs affaires continuent de prospérer –, le peuple algérien ne doit pas se résigner. La refondation d’une nouvelle République et le rétablissement de l’État de droit ne peuvent se faire avec la même classe dirigeante, installée depuis 1962.
D’ailleurs, y a-t-il encore des sceptiques sur les intentions hégémoniques du pouvoir réel ? Il suffit de disséquer les réponses hebdomadaires du chef des armées, le général Gaid Salah. Après chaque mobilisation du peuple algérien, il tente de réduire l’importance du mouvement et, en même temps, essaie de serrer davantage la vis sécuritaire. La dernière mesure en date étant l’interdiction de l’accès à la capitale par des Algériens des wilayas limitrophes. Même pendant la guerre d’Algérie, il n’y avait pas une pareille mesure.
Cela dit, le chef des armées, en tant que représentant du pouvoir réel, est dans son rôle. Son principal souci est de sauver le régime auquel il appartient depuis 1962. « Ils refusent tout bonnement un fonctionnement institutionnel de l’État et des pouvoirs. Car ils redoutent qu’un simple contrôle de légalité fasse fondre leurs armes : le mensonge, le chantage ou la menace. Ce sont des armes par lesquelles l’Algérie a été stoppée dans son élan et soumise à une régression générale terrible », écrit Mouloud Hamrouche dans sa magistrale contribution.
Pour le mouvement populaire, la démarche est inverse. Il veut aller à une nouvelle République où les institutions seront au-dessus de tous, surtout des fonctionnaires qui ne sont en poste que pour exécuter leur tâche en contrepartie d’une rémunération. Chacun doit se contenter de son rôle. Au peuple de définir ses institutions et le régime politique qu’il souhaite pour le pays. Et aux fonctionnaires de respecter la volonté populaire. C’est en tout cas le rôle qui échoit à cette merveilleuse jeunesse. Mais, pour réussir, il faut et il faudra maintenir l’esprit pacifique et civilisé du mouvement, et ce, quelle que soit la nature de la provocation.


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5 Commentaires sur cet articles

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  • Ahmed
    20 septembre 2019 at 4:18 - Reply

    GAID SALAH PARLE DE RÉSIDU DE LA ISSABA QUI MANIPULE LE PEUPLE ALGÉRIEN !!!

    1 – QU’IL DONNE DES PREUVES CONCRÉTES
    2 – QUE LA JUSTICE SE PRONONCE , LUI DONNE RAISON OU NON

    POURTANT, AVEC PREUVE , GAID SALAH FAISAIT PARTIE DE LA ISSABA, DEPUIS AU MOINS 20 ANS…LUI MEME DÉSIGNÉ PAR LA ISSABA.

    C’EST AINSI, GAID SALAH PENSE, DÉCIDE ET ORDONNE…TEL UN ROI…TEL LE PROPRIÉTAIRE DE L’ALGÉRIE

  • Reti
    24 septembre 2019 at 12:58 - Reply

    Svp vous journalistes faites des investigation sur Said boutef s il est vraiment en prison .Je crois que tous ça n est un scénario de la part des crocodiles qui nous gouvernnent

  • Tre
    25 septembre 2019 at 12:34 - Reply

    Exclusif. Les fonds émiratis et le dossier Mercedes-Benz/SPA : le dossier qui fait peur au haut commandement militaire algérien voila pourquoi gaid ne v pas lâché le pouvoir

  • Ouiza
    25 septembre 2019 at 8:55 - Reply

    Svp ou est passé sidi said celui qui a insulté le peuple devant les caméras du monde .le véritable corruppu il doit payé lui aussi

  • Reti
    27 septembre 2019 at 6:52 - Reply

    Teboune qui pleur en nous disant qu il a ete punir et son fils aussi awfakou ce n est qu’ un scénario jouer d avance t es le fils du système depuis 62 donc barrrra

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