يومية الجزائر
Édition du
14 November 2019

L’omerta est ordonnée, l’amnésie est organisée ! Un crime d’État !


Tahar Si Serir

C’est pour répondre à l’appel du GPRA (le Gouvernement provisoire de la République algérienne) du mardi 17 octobre 1961 que des milliers d’Algériens sortirent dans les rues en famille. Hélas ! ils ont subi une répression sanglante pour avoir manifesté pacifiquement à Paris contre un couvre-feu raciste qui leur est imposé par le Préfet de police de Paris Maurice Papon et le gouvernement.

Cependant, ni les historiens, ni les partis politiques, ni encore moins les intellectuels et les organisations humanitaires n’ont osé parler des causes réelles de ce génocide. En effet, la France coloniale a demandé aux GPRA le 20 mai 1961 d’amputer l’Algérie indépendante du Sahara et de ses richesses pétrolières, mais les algériens ont décliné cette demande. Bien entendu, c’est suite à ces tentatives de partition du territoire algérien que les Algériens ont appelé à manifester pacifiquement à Paris pour mettre fin à ce projet diabolique de la France.

D’ailleurs, la réponse de la police française était on ne peut plus inhumaine sinon d’une grande sauvagerie caractérisée par une répression sanglante qui s’est abattue sur les manifestants. Des centaines d’Algériens perdirent la vie, noyés, tabassés et assassinés et victimes d’une violence et d’une brutalité extrême des forces de police, et des milliers de manifestants sont arrêtés. Ils furent Parqués dans des stades, emmenés dans des sous-sols, affamés, battus et torturés. Parmi ces victimes, Fatima Bedar âgée de 15 ans fille d’un tirailleur algérien, retrouvée morte (noyée) dans le canal de Saint-Denis le 31 octobre 1961. Á ce jour, la France refuse de reconnaître le crime d’Etat du 17 octobre 1961.

En fait, François Hollande a reconnu 51 ans après juste les faits mais rapidement le chef de file des députés UMP (LR) Christian Jacob a estimé à propos des déclarations de François Hollande sur la répression “sanglante” de la manifestation du 17 octobre 1961 qu’il était “intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République toute entière”. En revanche, la France a reconnu sa responsabilité dans la chasse aux juifs sous Vichy, elle a reconnu, en 2001, l’esclavage et la traite négrière en tant que crime contre l’humanité.

Aujourd’hui, la France doit aller plus loin et :
1. Reconnaître sa responsabilité dans ce crime d’État pour apaiser les plaies; 2. Ouvrir les archives pour savoir les circonstances exactes du drame et les archives de la Guerre de libération nationale pour mieux comprendre notre histoire ;
3. Présenter au nom de l’Etat français ses excuses aux familles des victimes du peuple algérien et réparer ses torts ;

Enfin, je reprends la citation d’Albert Camus “Celui qui regarde un crime sans le dénoncer est plus coupable que celui qui le commet”, car ce silence lourd et l’oubli imposé pour effacer méthodiquement ce crime terrifiant du 17 octobre 1961 des consciences et de l’histoire sont les plus horribles des crimes.


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