L’Algérie a un président mais la population le récuse

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MIS EN LIGNE LE 13/12/2019 À 16:54 

 PAR BAUDOUIN LOOS
https://plus.lesoir.be

Du scrutin présidentiel controversé de ce 12 décembre est sorti un « vainqueur », Abdelmajid Tebboune, 74 ans, ex-Premier ministre, proche de l’armée. Des vagues immenses d’Algériens ont accueilli la nouvelle en criant leur hostilité au nouveau « raïs ».

Abdelmajid Tebboune, mal élu et sans beaucoup de marge de manœuvre. – AFP

  • le soir (bruxelleS)

Abdelmajid Tebboune n’aura même pas eu le plaisir de fêter son « élection » à la présidence de la république algérienne après le scrutin de ce jeudi : dès l’annonce de son « succès » ce vendredi 13 décembre, la population est descendue en masse dans les rues de nombreuses grandes villes, pour hurler son hostilité à cette « mascarade ». Un 43e vendredi de protestation, au parfum d’élections cette fois, pour les Algériens plus que jamais remontés contre le régime. Et ambiance morose, donc, pour le tout nouveau « rais » accusé par la majorité des Algériens d’être l’homme désigné par l’armée, détentrice réelle du pouvoir et qui, du reste, ne s’en cache même plus.

Le « vainqueur » du scrutin a officiellement remporté 58,15 % des suffrages, ce qui, au passage, évite opportunément l’organisation d’un second tour. La participation, objet de toutes les attentions, s’élève à 39,83 %, certes la plus faible de l’histoire des élections présidentielles pluralistes en Algérie, mais que beaucoup estiment pourtant encore exagérée tant il est vrai que la tradition des chiffres fixés à l’avance en haut lieu a la vie dure au pays.

Le profil d’Abdelmajid Tebboune, 74 ans, est celui d’un homme du système, du sérail, mais qui a au moins une fois tenté de faire bouger les lignes. Plusieurs fois ministre sous le (long) règne d’Abdelaziz Bouteflika dont on le disait proche, il aura en effet été le Premier ministre au mandat le plus court de l’histoire algérienne, en restant… 53 jours à ce poste à l’été 2017. Il s’en était pris à la corruption mais, ce faisant, il avait sans doute suscité la grogne au sein des clans qui profitent du système, lesquels avaient obtenu sa tête.

L’homme présente aussi des faiblesses notables, comme sa proximité notoire avec des personnages largement considérés comme suspects (dont un homme d’affaires, Omar Alilat, actuellement en prison) ou, surtout, l’incarcération d’un de ses fils, Khaled, depuis juin 2018 dans une sombre affaire de trafic de cocaïne.

De quelle marge de manœuvre disposera le nouveau « raïs » dans ces conditions ? La « rue » algérienne, en spectaculaire dissidence depuis bientôt dix mois, a déjà répondu en ne lui accordant aucun crédit et en le clamant haut et fort au lendemain même de son « élection ». Lui pourrait peut-être entamer sa fonction en faisant un geste marquant comme la libération des centaines de militants du « hirak » (mouvement de contestation) incarcérés dont une partie a déjà été condamnée à de la prison ferme pour des délits ahurissants ou inexistants.

Certains n’y croient pas, comme le docteur Salah-Eddine Sidhoum, opposant de toujours au régime. « Une telle opération n’aurait aucun effet sur la révolution populaire qui exige un changement radical du système, nous confie-t-il depuis Alger. La supercherie électorale est terminée pour l’oligarchie et la révolution populaire pacifique continue. Mais des informations circulent sur un plan diabolique, en provoquant la jeunesse qui manifeste, qu’« ils » sont en train de mettre en place pour mettre un terme aux marches de protestation. »

Ce serait alors le plus mauvais départ possible pour Abdelmajid Tebboune. Pourra-t-il au contraire profiter des bonnes relations qu’on lui prête avec le général Ahmed Gaïd-Salah, homme fort du régime, pour éviter tout scénario catastrophe ? Lui-même, en pleine campagne électorale, parlait en tout cas avec sympathie du « hirak », évoquant « une révolte pacifique », « un pain bénit »… Les premières semaines de son règne donneront vite les premières indications, alors qu’il sera, bien que mal élu et sans beaucoup de marge de manœuvre, aux prises avec une situation économique et sociale des plus tendues

1 COMMENTAIRE

  1. Le Gang des généraux à trancher. C’est  » Madjid la coc  » qui sera président au service de la 3issaba. Faisant les déclaration d’un heureux élu civil (parmi les 05 Salopards qui ont tourné le dos au peuple) une déclaration d’un vainqueur apaisant la situation et promettant bonheur et sécurité à ceux qui douter du bon déroulement du scrutin.

    Dernière ce discours rassurant du représentant de la République mensongère, les vrais décideurs du gang passent à l’action pour casser le Hirak. Le général Souab chef de la 2 région militaire ouvre le bal avec des balles et monte au créneau en actionnant la machine répressive à l’Ouest après des signes avant coureur en Kabylie et à Alger-centre. C’est Oran qui paya le grand tribut avec des mattraquages systématique de tous les marcheurs peu importe le sexe ou l’âge, l’usage à outrances des gaz lacrymogènes et des arrestations tous azimuts et sans distinction. Le générale gendre de Gaid Salah sacrifie le pacifisme des oranais qu’ils flagellent sans aucune pitié en ce premier jour d’intronisation de « Madjid la coc ». Le mensonge continu les généraux ripoux passent à l’acte pour sauver les meubles et reprendre le contrôle de la situation après 10 mois d’inhibition imposer par le Hirak. Ces violences révèle aussi que la guéguerre pour la succession de Gaid est bien ouverte qui sera le plus rigide et plus ferme avec le peuple pour reprendre l’Etat majors, Soab, Chengriha, Bouaza, Ghriss, Qaidi,Béchar….

    « Madjid la coc » est président de la 3issaba et non pas du peuple Algérien. La première chose qu’il fera c’est de libérer non pas les détenus mais son fils incarcerer dans l’affaire de la cocaïne.

    Les généraux l’ont introniser à la place de Bensalah. Il n’aura aucun pouvoir reelle. Les ripoux vont s’occuper de nous. Si on ne veut pas retomber dans l’avant 22 février et pour ne pas devenir accro aux drogues dures il ne nous reste que le Hirak

    Il n’y a aucun dialogue à faire avec le gang et son représentant avant de realisé le minimum requis, c’est a dire libération de tous les détenus, libérations de la justice et des media. Donc, en somme il n’y a qu’une solution si on veut un changement réelle ,la mobilisation et le combat continuent.

    NB j’espère qu’il y aura au moins un changement et que c’est Madjid lacoc qui est sencé prendre la parole pour la marche de ce mardi. Au moins on sera debarassé des discours de caserne de Gaid ..si ce n’est pas le cas c’est pas très grave….normal on est encore en ripouxblique.

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