يومية الجزائر
Édition du
30 March 2020

ALGÉRIE : UN SEUL HÉROS, LE PEUPLE.

« Depuis l’indépendance le peuple n’a pas encore été une seule fois librement consulté. Il est temps de le faire participer à la vie publique. Il est temps qu’il retrouve son enthousiasme et sa foi. Ce peuple sait son devenir. Il l’a hautement prouvé.

Et même s’il se trompait, cette erreur serait moins grave de conséquences que le fait de le museler, et de lui imposer une camisole de force.

Il a mérité mieux que cette suprême injure. »

Ferhat Abbas, Homme d’Etat Algérien (1899-1985)

En premier, il faut se rappeler que le pouvoir n’est pas une chose mais une relation, une « action sur des actions », une « conduite des conduites ».
De plus, il faut retenir qu’il s’exerce avant de se posséder, qu’il n’est pas fondamentalement répressif mais créateur, de même qu’il peut être renversé car il s’appuie sur des dominés.

En Algérie, à l’indépendance le pouvoir s’est fourvoyé simplement en un droit de souveraineté́ et s’érigea en une mécanique froide d’assujettissement.

Dans sa démesure politique, sa raison d’être s’est dévoyée et se sclérosa pour finalement se cantonner à Régenter, Dominer et Réprimer.

En déphasage avec les pulsations de la société, il élabora et diffusa en conséquence un régime de vérité à travers des discours impérieux qu’il acquerra et fera fonctionner comme vrais.

Même si dans ses intentions, les nouveaux maitres avaient les meilleures intentions du monde, le fait même d’avoir marginaliser le peuple et toute pensée opposée à la doxa officielle a jeté l’anathème sur tout le programme de développement et créa un vide entre le peuple et les dirigeants du pays.

Même au sein du pouvoir, les différences idéologiques furent traitées par le meurtre, l’exil et l’exclusion envers de grandes figures du mouvement national.

Pour résumer, ceux qui ont présidés aux destinées du pays ont reconduis les mécanismes qui ont fait leur preuve dans la guerre d’indépendance, mais ont failli durant la construction et le développement de la jeune nation algérienne, avec les résultats qu’on connait.

Ce fut le rêve militariste de la société.

Les raisons à cette cécité sont plusieurs et à différents niveaux, le sociologue Addi Lahouari les a décrit dans un article : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00398831/document

Toujours est-il que le consensus national qui a fait la force du mouvement pour l’indépendance du pays, fut une fois le pays libéré le boulet qui enchaina tout un peuple à un destin incertain.

Le peuple ne s’est jamais résigné à son sort. Seul dépositaire de l’imaginaire national, travaillé de tout temps par les idées de liberté durant les tumultueuses révoltes, il donne en son sein naissance à une élite qui cristallisa ses espérances un certain 22 Février 2019.

Le peuple algérien a finalement cessé de se percevoir comme soumis à un principe d’ordre général et cohérent, d’ailleurs inexistant.

Et les malentendus historiques et différences certes reconnues, peuvent dans la pluralité des initiatives et contradictions, se conjuguer pour le grand renouveau de l’Algérie, aspiration d’une des plus belles jeunesses de ce monde.

De ce fait, l’Elite qui émergera de cet éveil, aura à résoudre en premier le problème des rapports entre gouvernants et gouvernés, et créer un cadre institutionnel qui n’a jamais fonctionné proprement auparavant, dans la grande diversité des opinions et visions que ce grand peuple enferme.

Le tout, fondé sur une démocratie extensive, où les algériens puissent s’organiser et parler.

Dans le cœur et l’esprit, le seul héros fut et reste le peuple algérien. Il est l’unique maitre de son destin.

Khaled Boulaziz


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2 Commentaires sur cet articles

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  • mokhnache
    20 décembre 2019 at 7:32 - Reply

    DE la gouvernance, la jeune nation algerienne n’a connu que le regne des despotes ces hommes qui se sont crus providentiels et qui se sont mis effectivement dans la peau d hommes providentiels, une providence qui n a pas pu ni su repondre aux attentes des algeriens qui n’en peuvent plus de supporter qu on les prenne pour ce qu ils ne sont pas…cette jeune nation decouvre brusquement qu elle a une elite et elle l ecoute….

  • LYES
    23 janvier 2020 at 1:18 - Reply

    LES SLOGANS POUR ENDORMIR LE PEUPLE ILS SONT forts.
    Un seul héros le peuple, c’est une tromperie qu’il ont distiller en 62 pour noyer le poisson dans l’eau. Pourquoi me dirIez vous. Pour la simple raison que si on parlait d’histoire et évoquions les héros, ils ne figurent nulle part.
    Khali lbir beghtahh.

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