LA POLICE POLITIQUE AU TEMPS DU CORONAVIRUS.

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Hacène LOUCIF. 

🔴🔴 Enlèvements des activistes sans distinction aucune de sexe ou d’âge, faux procès, instrumentalisation de la justice pour faire peur, campagnes de désinformation et de désorientation pour discréditer la Silmiya…En ces temps de pandémie mondiale du coronavirus, la police politique ne chôme pas !

A l’heure où le monde entier tremble devant la Covid-19, le peuple algérien renouvelle les mécanismes de solidarité entre ses enfants au rythme du coup d’accélérateur qu’il a donné à l’histoire en février 2019.

Pour faire face à la propagation du coronavirus, il a puisé dans ses ressources ancestrales et dans les mémoires collectives retrouvées du combat pour la libération du pays du joug colonial, les moyens de s’organiser. L’auto-discipline, la souveraineté devant l’adversité, le sens du combat pour vivre, la générosité du cœur, l’intelligence collective, la conscience émergente d’un destin national indissociable de la condition de l’humanité, la nécessité d’établir de nouveaux rapports à la vie publique et à la nature, l’importance d’identifier de nouvelles sources de pouvoir et d’élaborer de nouvelles formes de son exercice, tous ces éléments, parmi tant d’autres, font que la Silmiya a permis aux Algériens de franchir un nouveau cap après celui de la contestation massive : construire leur autonomie.

Cette nouvelle donne fait peur à la junte militaire ! Bien sûr, son désigné d’El Mouradia, ses ministres, ses agents médiatiques ou faussement militants et ses lèches-bottes de tour acabit ne le diront jamais. Du moins, ils essayeront de s’accrocher à l’illusion que la pandémie puisse provoquer l’essoufflement de la révolution populaire du Sourire.

Obnubilés par leur seule préoccupation de se maintenir au pouvoir, ils croient que la mois de Ramadhan et les chaleurs de l’été viendront, par la suite, sonner le glas de l’ultime espoir de voir une Algérie nouvelle offrir le sourire du printemps des peuples au monde.

LA JUSTICE DU CRIME !

Scandaleux, inhumain, monstrueux, ignoble, les mots ne suffisent pas pour décrire ce que fait la police politique de la justice en Algérie.

Le pays est loin d’être sorti des procès expéditifs où la présomption de culpabilité fait d’un détenu d’opinion un candidat à la punition, voire, à une mise à mort lente et douloureuse.
Preuve en est, le militant politique Karim Tabbou qui s’apprêtait à sortir de prison le 26 mars, a eu droit, deux jours avant sa sortie, à «un procès surprise» à la Cour d’Alger. Pire encore, lors de sa présentation devant la Cour, il s’est effondré suite à un pic de tension. Évacué, il a été condamné à un an de prison ferme et sans que ses avocats ne puissent le défendre. C’est ce que dénonce le Comité National pour la Libération des Détenus (CNLD) dans son communiqué n°05/2020, diffusé sur sa page Facebook

«La justice Algérienne vient de franchir un pas très dangereux aujourd’hui, mardi 24 Mars, avec de nouvelles pratiques qu’aucun dictateur au monde, ni Staline ni même Hitler n’ont osé le faire.
La justice aux ordres a mis à nue tout le système politique Algérien, en programmant en catimini le procès en appel de Karim Tabbou, à la cour de Ruisseau à deux jours de sa libération, et en le condamnant à un an de prison ferme en son absence et sans plaidoiries des avocats de la défense.»

En agissant ainsi, la junte militaire cherche à utiliser la période d’auto-confinement du peuple algérien, le temps de laisser passer la pandémie de la Covid-19 avec le moindre coût possible en pertes humaines, pour envoyer un très mauvais signal aux militants politiques de la Silmiya. Cet avertissement a deux objectifs : montrer que même en période de pandémie, la police politique peut sévir et neutraliser les élans de solidarité envers les acteurs ciblés en jouant sur la peur.

La situation d’un autre détenu d’opinion suscite l’inquiétude. Il s’agit de Rachid Nekkaz dont l’état de santé se détériore dangereusement. Mis en prison depuis le 4 décembre 2019, il a «perdu 14 kilos en quatre mois», selon le message d’alerte lancé, récemment, sur les réseaux sociaux par le Mouvement pour la Jeunesse et le Changement (MJC).

D’ailleurs, une photo le montrant physiquement affaibli, se tenant debout à l’aide d’une béquille et portant un pansement sur le haut du ventre a fait le tour de la Toile.

Pour sa part, le MJC a indiqué que Rachid Nekkaz a demandé à l’administration pénitentiaire son bilan de santé depuis des semaines. Seulement, cette dernière a refusé de le lui fournir. Devant ce refus, il a demandé à son avocat de saisir la justice. «Malheureusement, maître Chohra a refusé de le faire !», a déploré le MJC.

Aussi profondes soient les divergences que l’on peut avoir sur la conception du politique, de la politique et du combat démocratique avec des acteurs comme Karim Tabbou ou Rachid Nekkaz, il n’en demeure pas moins que la dignité de chacun de ces acteurs, son intégrité physique, sa liberté et son droit d’accéder à la parole publique doivent être pleinement reconnus et entièrement respectés.

Un autre cas, celui de Abdelouhab Fersaoui, président du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ). Il comparaissait au tribunal de Sidi M’hamed au même jour où Karim Tabbou subissait l’injustice d’une condamnation prononcée alors qu’il venait de faire un AVC et sans que ses avocats aient pu plaider son innocence.

Le CNLD rapporte sur sa page Facebook qu’ «A l’ouverture de l’audience, le juge allait renvoyer le procès, mais les avocats ont insisté sur la comparution des détenus notamment de Fersaoui, l’audience est suspendue, en attendant la reprise. Fersaoui et les autres prévenus sont déjà au tribunal.»
Serein, «l’en-raj-é», plaide la nécessité d’avoir une justice indépendante qui puisse consacrer la séparation des pouvoirs,

En d’autres termes, l’institutionnalisation de l’exercice de la souveraineté telle que préconisée par le Congrès de la Soummam, Finalement, le procès est renvoyé au 6 avril.

Ce témoigne de Hakim Mohamed Addad, membre fondateur du RAJ, sur cette séquence en dit long :

«Abdelouhab Fersaoui, président du RAJ, dans le box dit des accusés, tranquillement, posément, avec son éternel sourire et sûr de ses propos, explique au président de la cour la nécessité d’une justice indépendante. Une des raisons d’être de son militantisme et celui de l’association RAJ depuis 27 ans . Une des raisons d’être de notre Hirak.
Le juge en question qui n’en a cure le renvoie encore 15 jours en prison, comme si la prison était un jeu, de surcroît en ces temps de pandémie !.
Le 6 avril, Fersaoui sera nous l’espérons libéré, mais le procureur et le juge resteront emprisonnés dans leur logique aux ordres.»

LE MINISTÈRE DU MENSONGE !

Le génie de George Orwell lui a ouvert les portes du «Ministère de la Vérité» dans 1984. La bêtise a confiné Abdelkader Zeghmati, ministre de la Justice, dans le triste rôle du berrah-menteur.

Dans un communiqué publié le 24 mars, le ministre s’est vanté, via les services de son ministère, de n’avoir enregistré aucun cas de contamination à la Covid-19 parmi la population carcérale. Ce faisant, il a étayé quelques unes des «mesures d’anticipation» qu’il a prises. Parmi ces mesures, celles qui portent sur la suspension des visites familiales aux détenus et l’interdiction à ces derniers d’entrer en contact direct avec leurs avocats méritent d’être examinées à l’aune des tortures, des humiliations et des différentes atteintes à leurs personnes que subissent les détenus d’opinion.

Pour la forme, ces mesures mettent en exergue la protection des détenus, de leurs familles, de leurs avocats et du personnel des prisons. Dans le fond, la réalité est totalement différente.

En effet, l’alibi du coronavirus ouvre grande ouverte la porte à la police politique pour renouer avec ses pratiques des années de guerre que la junte militaire a menée contre le peuple. Ainsi, sous couvert d’être protégés, les détenus d’opinion sont livrés à la machine infernale des pressions psychologiques, de la torture physique et d’une mise à mort qui rappelle celles du Dr Kamal-Eddine Fekhar et du journaliste, Mohamed Tamalt, pour ne citer que ces deux exemples.

En ces conditions de pandémie, protéger un détenu d’opinion ne veut pas dire l’isoler de son entourage familial et de ses avocats. Pour le faire réellement, il suffit de le libérer ou, à défaut, de le laisser sortir après avoir purgé une peine arbitraire.

Les geôles du régime ne désemplissent pas des détenus d’opinion dont les procès ne sont pas encore programmés. Parmi ces «otages» figurent Toufik Hassani et d’autres encore qui ont été victimes de la torture infligée par la police politique. En ce sens, le centre «Antar» de l’ex-DRS semble avoir pour mission de torturer et, en même temps, de rappeler aux Algériens son rôle néfaste au sein de «la machine d e mort» des années 1990.

A ce titre, le CNLD rappelle : «Une vingtaine d’autres détenus sont pris en otages dans les geôles du pouvoir, depuis plusieurs mois, sans que leurs procès ne soient programmés: Walid Nekiche, Yazid Haddou, Menad Larbi, Doubi Bounoua Yassine, Sofiane Merakchi, Abdellah Benaoum, Khaldi Yacine, Rachid Nekkaz, Hicham Sahraoui, Mohamed Sbahi, Ali Rabehi, ….., entres autres, sont toujours privés de leurs libertés et familles.»

Paniquée à l’idée que le peuple algérien puisse dépasser l’autorité du régime en se donnant les moyens de construire sa propre autorité, inspirée de son génie créateur et articulée autour des solidarités renouvelées et des rapports à la vie et à l’espace publics réinventés, la police politique tente de semer la peur dans les milieux militants en leur rappelant, à travers le traitement infligés aux détenus d’opinion, les pires moments de «la sale guerre» qu’elle a fait subir au peuple algérien.

Ainsi, elle teste la capacité des Algériens à s’adapter à la situation imposée par la pandémie de la Covid-19. Faut-il rappeler, aussi, que cette situation maintient le régime dans l’incertitude. En effet, les prix du baril de pétrole sont de plus en plus bas. Selon certains experts, l’après-pandémie risque de connaître une crise économique mondiale des plus dures. Pire encore (pour le régime), les rapports de pouvoir, les formes de représentation et d’organisation politiques risquent d’être profondément bouleversés.

En ces conditions, la Silmiya a déjà ouvert une nouvelle page pour l’Algérie de demain. Une Algérie où le régime militaire n’a pas de place.

Hacène LOUCF.

2 Commentaires

  1. Le retour de l’équipe du sanguinaire Toufik se confirme , avec ses lieutenants du sinistre DRS et le rappel du pathétique général Mejahed les résultats de l’appareil répressif sont visible sur le terrain. Le « gang des généraux » confirme sa lâcheté en s’attaquant à des victimes pacifiques et inoffensives déjà incarcerer. Des innocents exposés au risque Corona plus important dans ce milieu carcéral et sous pression d’une justice du téléphone

    Il faut réagir devant cette Hogra instrumentalisé. Commencent par dénoncer nominativement les acteurs de ces injustices:

    1- Les « généraux du gang » que le peuple doit connaître, il n’y a pas de Bon généraux. Ils sont des centaines de généraux complices par leur silence. Qui regardent sans oser s’opposer ni dénoncer les dépassements des généraux du commandement militaire et de l’état majors. Publier et éditer tous les NOMS des généraux pour l’histoire.

    2- le président imposé A.Tebboune qui sera appeller à la barre d’une justice libre et indépendante. Dans un avenir proche post Colonna. En tant que premier magistrat et garde des sceaux. le Chef du gouvernement Djerrad et le ministre de la Justice Zeghmati directement implique en tant que responsables au courant du déroulement des procès simulacres et leur acquiescement pour ce genre de procédure

    3- dénoncer nominativement les acteurs des procès simulacres le NOMS et PRENOMS et de ces Juges Bidons , de ces Procureurs de l’horreur, de ces greffiers et bâtonniers de services qu’il faut dénoncer , le peuple doit connaître ces vrais criminels au service du gang. L’histoire et la justice indépendante les rattraperas bientôt.

    Diffusez leurs NOMS, PRÉNOMS,et PHOTOS si possible Ils sont responsables autant que le gang ».

    Je propose même de les citez dans les rapports à envoyer aux organismes internationaux des droits de l’homme. A l’instar de la Juge Fatiha Boukherss épouse du générale Beleqssir enfuite tous les deux en France et dont les méfaits et injustice Les rattraperons tôt ou tard maintenant qu’on les connaît ….

    Propager ces informations et très important en cette période de confinement، Profitons pour vulgariser le mode d’action du « gang » baser sur le mensonge et la Hogra. La crise sanitaire à son côté positif, de par le monde des chamboulements politiques auront lieux. Des têtes tomberont notamment dans des pays sois disant modèles de démocratie.
    Les Temps, Macron y laisseront des plumes alors que dire du « gang des généraux » déjà en déperdition, UNE CERTITUDE LE GANG DISPARAITERAS AVEC L’ÉVICTION DU CORONNA.

  2. les perspectives economiques et meme sociologiques du pays ne permettront plus a la police politique de re-faire son instrusion dans le champs politique algerien…ils tenteront bien sur de toutes leurs forces de revenir « au bon vieux temps » mais ils n auront ni les moyens ni les arguments…lles equilibres au sommets seront presques impossibles tant les besoins des uns et des autres sont varies et importants la rareté des ressources et la contradiction des interets va les pousser a la confrontation …le hirak n a pas dit son dernier mot il ne s arretera pas a la revendication de leurs departs l heure est au compte rendu ils doivent tous passer par la meme voie que celle de leurs sous traitants …meme les anciens crimes seront resssuscités et rejugés …le carnage de la decennie noire ne restera pas impuni….

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