Mounir Shafik : La multipolarité actuelle est caractérisée par la volatilité et le chaos, sans alliances stables et lignes clairement opposées

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PAR AW · AOÛT 8, 2020

Les grands entretiens d’Algeria-Watch

Interview réalisée par Marwan Andaloussi, Algeria-Watch, 8 août 2020

L’émotion suscitée par les catastrophiques explosions sur le port de Beyrouth est perceptible dans tout le Maghreb. La solidarité avec le peuple libanais est à l’ordre du jour. Les distances n’altèrent en rien le sentiment de proximité politique et culturelle éprouvé par tous les peuples qui se reconnaissent en une communauté de destin.

Mounir Shafik*, coordinateur du Congrès arabe nationaliste et Islamique, est une des voix majeures de la résistance palestinienne et l’un des intellectuels les plus écoutés du monde arabo-musulman. Ce grand ami du regretté Abdelhamid Mehri a accepté de partager son regard avec Algeria-Watch sur les perspectives géopolitiques post-pandémie.

Algeria-Watch : Comment voyez-vous l’état des relations internationales après la pandémie de la Covid-19. Quel monde après Corona ? Y a-t-il une possibilité d’affrontement entre l’Occident et la Chine ?

Mounir Shafik : En effet, beaucoup s’attendent à ce que le monde après la pandémie du nouveau coronavirus ne soit plus le même. Il s’agit d’une perception générale qui doit naturellement être précisée. La crise sanitaire révèle avant tout les dysfonctionnements des systèmes des États, en particulier en termes de santé publique. La gestion de cette situation exceptionnelle a également dévoilé l’absence d’éthique de certains États vis-à-vis de leur propre peuple mais aussi vis-à-vis de leurs alliés.

Le nouveau coronavirus inflige d’ores et déjà des dommages très significatifs aux économies de très nombreux pays, en particulier en termes d’isolement, de la perturbation des transports internationaux, de chômage accru et de déficits de toutes natures. Il s’agit là des conséquences mécaniques d’une interruption massive et durable de la production et de l’effet des mesures de précautions sanitaires.

Il faut néanmoins immédiatement préciser que cette pandémie ne pourra guère changer les régimes existants ni modifier à elle seule les rapports de force régionaux ou à l’échelle de la planète.

Les effets de la crise sanitaire n’iront pas au-delà de l’exacerbation des contradictions dans certaines régions du monde et de la réduction de leur intensité dans d’autres. Les puissances principales, au niveau mondial ou régional, conserveront leur statut. Tout comme la nature des systèmes politiques en place, les cultures politiques et leurs capacités militaires ne changeront pas.

Les transformations globales post-pandémie résulteront des antagonismes et des conflits qui devraient survenir, sous différentes formes, entre pays concurrents.

Concrètement, les premières évolutions géopolitiques devraient découler de la modification des rapports entre les États-Unis et la République populaire de Chine. Il s’agit en l’espèce d’un changement inscrit dans la logique du rapport de forces entre les deux puissances, avec ou sans pandémie. Si l’exploitation politique du virus, en termes de communication ou de propagande, contre la Chine s’est aggravée entre-temps, ce n’est pas tant à cause de l’influence du virus lui-même. Il s’agit d’un moyen pour Washington de franchir un nouveau palier dans la confrontation, encore non militaire à ce stade, avec la Chine.

Le soubassement de ce conflit date de plusieurs années avant la pandémie et ne pouvait déboucher que sur une escalade des tensions. La Chine est sur le point de détrôner les États-Unis et de devenir la première économie mondiale. Cette montée en puissance est illustrée par la maîtrise des technologies de télécommunications de cinquième génération (5G) par le conglomérat chinois Huawei. Ces capacités impliquent en effet l’application de ressources qui appartiennent à une génération avancée d’intelligence artificielle. Cela sans même évoquer les rapides développements chinois dans les domaines militaire et scientifique. Pékin a été le numéro un mondial en termes de brevets en 2019 et devrait maintenir un certain niveau de croissance alors même que la récession frappe l’économie mondiale en 2020.

Confronté à cette dynamique, Washington ne peut pas laisser cette compétition se dérouler de manière fluide et sereine. Les États-Unis, dans leur logique hégémonique, se doivent de tenter de l’empêcher ou de l’entraver par tous les moyens à leur disposition. Les bases de la confrontation qui oppose, d’une part, les États-Unis et l’Occident de manière générale et, d’autre part, la Chine et peut-être la Russie sont ainsi posées. Cette course de collision est accélérée par la pandémie. Si l’épée de Damoclès nucléaire globale n’empêchait pas une guerre mondiale, il aurait fallu s’attendre à ce que cette situation se dénoue par un conflit armé.

Dans cette phase, la confrontation prend donc la forme d’une « guerre » économique et politique, par la course aux armements et le recours aux sanctions. Il s’agit bien d’une nouvelle guerre froide de haute intensité, alternative largement préférable à la guerre ouverte.

Ce rapport de forces devait marquer une nouvelle étape dans les relations internationales avec un nouveau dispositif d’alliances et de blocs. Il faut noter que la situation antérieure, avant la pandémie et l’aggravation de ces contradictions, pouvait être caractérisée comme un monde multipolaire sans système multipolaire, sans axes, mais avec des alliances. Cette réalité est désormais bien plus volatile et chaotique…

C’est ce qui est susceptible de changer avec l’intensification de la confrontation américano-chinoise, qui dépend pour une large part des orientations que les stratèges de Washington imposeront dans les relations avec leurs alliés et d’autres grands pays comme la Russie, l’Inde, le Japon et bien sur l’Union européenne. Les politiques adoptées par Donald Trump ces trois dernières années et jusqu’à l’heure actuelle se caractérisent par les désaccords et les divergences, voire les contradictions, avec la plupart des États de la planète. Cette posture unilatérale, quasi-isolationniste, ne peut correspondre aux nouvelles réalités globales.

AW : Pensez-vous que la Russie profitera du recul américain pour s’imposer sur la scène internationale ?

M.S. : Si le conflit sino-américain s’intensifie après la pandémie, cela imposerait à Trump et à l’Amérique de faire de la confrontation avec la Chine une priorité absolue. Cela mènera-t-il Washington à tenter d’obtenir la neutralité des Russes ? Mais quel en serait le prix ? La Russie a des exigences non négligeables, elle souhaite être considérée par les États-Unis comme un partenaire de même rang et d’être traitée d’égal à égal sur l’échiquier politique mondial. Il s’agit là d’un prix à payer aussi substantiel que celui de la confrontation avec la Chine, car la Russie est, à bien des égards, un concurrent nucléaire et stratégique des États-Unis tout autant que la Chine. Si les Américains essaient d’acheter Moscou par des concessions en Syrie et en Ukraine, cela ne suffira sans doute pas, sauf éventuellement si l’OTAN retire aussi ses forces des frontières russes.

En définitive, la position de la Russie sera déterminée par ce que l’Amérique pourrait lui offrir. Ou pas. Les États-Unis pourraient évidemment réaffirmer leur positionnement antirusse qui prévalait avant la pandémie.

AW : Et qu’en est-il de l’Europe ?

M.S. : L’attitude des États-Unis vis-à-vis de la Russie pourrait être également élargie à l’Europe. Avec des nuances significatives car les liens entre l’Europe et l’Amérique sont largement définis par la proximité historique, culturelle et idéologique dont l’Otan est l’expression stratégique. On le voit bien : l’Europe a tendance à s’aligner sur le parrain atlantique pour tenter d’isoler la Chine, en acceptant sans rechigner les faibles compensations offertes par les États-Unis. De fait, l’Europe est entrée en contradiction avec la Chine bien avant la pandémie.

Donner la priorité à la confrontation avec l’adversaire désigné, la Chine en l’occurrence, et à la mobilisation requise d’alliés et d’amis, isoler cet adversaire, gagner ses alliés ou les neutraliser. C’est ce modèle qui a prévalu dans les conflits internationaux dans lesquels l’Amérique et la Grande-Bretagne ont combattu ensemble. Donald Trump s’en est éloigné, en ouvrant des fronts secondaires avec tous les alliés traditionnels de l’Amérique, ou en essayant d’extorquer des capitaux à tous ceux qu’il pouvait atteindre. C’était sa priorité de politique étrangère avant la pandémie.

Des ensembles politico-stratégiques pourraient donc se former à la lumière de la priorité que la nouvelle administration américaine déterminera, et des politiques envers les alliés, en premier lieu l’Europe, le Japon, la Corée du Sud, le Brésil, l’Inde et les autres États significatifs de la planète. Parce que le monde de la guerre n’est pas le monde de la non-guerre.

AW : Quel impact aura cela sur la question palestinienne et le monde arabe ?

M.S. : Nous observons une image duale de la situation aux niveaux international et régional. La multipolarité actuelle est caractérisée par la volatilité et le chaos, sans alliances stables et lignes clairement opposées. Ainsi par exemple, la Russie ou la Chine adoptent dans le même temps des politiques contradictoires avec l’Iran et l’entité sioniste, ou avec la Syrie et l’entité sioniste, ou avec l’Arabie saoudite et l’Iran.

Mais la situation qui peut survenir après la pandémie ou après les élections américaines pourrait bien modifier ces équilibres équivoques et instables. L’aggravation des tensions entre les États-Unis et la Chine, la modification des relations de Washington avec d’autres pays joueront très probablement un rôle décisif dans l’évolution du rapport de forces régional. Dans l’hypothèse d’une confrontation directe avec les États-Unis, Pékin sera amené à réévaluer ses politiques avec l’Iran ou la Syrie, ou les Palestiniens. Ainsi la Chine pourrait porter le niveau de la coopération avec l’Iran à un niveau plus élevé. Cela pourrait être le cas vis-à-vis de la Syrie et pour la question palestinienne. Surtout si le régime sioniste, cédant aux pressions américaines, finit par rejoindre l’axe antichinois.

Par conséquent il pourrait ressortir une situation post-pandémie plus favorable à la cause palestinienne. Dans la pire des hypothèses, la situation antérieure continuerait de prévaloir. Ce nouveau contexte sera sans doute moins préjudiciable pour la question palestinienne que toutes les étapes précédentes au cours desquelles la Palestine a été progressivement laminée de manière insidieuse. Le cheminement déterminé par les accords d’Oslo n’était pas dans l’intérêt de la cause palestinienne. Ces accords ont été désastreux sur le plan international, et pas seulement sur le seul plan palestinien et arabe.

AW : Dix ans se sont écoulés depuis les « printemps arabes », quels ont été leurs effets sur la cause palestinienne? Quel avenir pour l’Autorité ?

M.S. : L’influence des mouvements populaires dans ce qui est nommé « printemps arabe », ainsi qualifié par Barack Obama, en 2011 a été nettement positive s’agissant du renversement des régimes d’Hosni Moubarak et de Zine El Abidine Ben Ali en Égypte et en Tunisie. C’est beaucoup moins vrai pour les autres régions arabes. Dans les années qui ont suivi, la situation interne en Libye comme au Yémen a été aggravée, et la résistance palestinienne a subi un grave revers avec la sortie du Hamas de Syrie. Je ne sais pas s’il est possible d’inclure ce qui s’est passé au Soudan dans ce cadre. Ce pays a dévié ouvertement de sa ligne anticoloniale en normalisant ses relations avec l’entité sioniste.

En tant que militant politique et analyste, je demeure dans ma position de principe sur les mouvements populaires et de la jeunesse que j’ai généralement soutenus, sauf en Syrie, en raison de la position politique de lutte contre l’ennemi sioniste et les États-Unis. La Syrie a été une base pour la résistance au Liban, en Palestine et en Irak. Après l’occupation américaine de l’Irak en 2003, la Syrie a mis en échec Colin Powell, qui voulait imposer sa reddition pour réaliser la théorie des dominos au Moyen-Orient.

L’émergence des mouvements populaires en 2011 est survenue dans des circonstances de recul de l’influence américaine après l’échec des néoconservateurs, de crise financière de 2008 et d’entrée d’un certain nombre de pays arabes de l’axe arabe « modéré » dans une phase de sénescence et de successions incertaines. C’est le climat délétère et les tensions internes de pouvoirs qui a permis aux révolutions tunisienne et égyptienne de s’imposer rapidement. Mais cela ne reflétait pas la réalité des équilibres des forces politiques et sociales susceptibles de stabiliser la situation après la victoire, ni de rééditer ailleurs ce qui s’est passé en Tunisie et en Égypte en termes de rapidité de la victoire.

Ce qui a rapidement entraîné la dégradation de la situation en Égypte et la formation d’un régime pire que celui de Moubarak. Les rapports de forces ont contribué à bloquer les perspectives, jusqu’à l’effondrement moral et politique des régimes arabes qui se traduit par la tendance d’un certain nombre de pays à la normalisation avec l’entité sioniste. Pour nombre de capitales arabes, cette entité n’est plus considérée comme l’ennemi principal de la nation arabe et islamique. Les accords d’Oslo ont contribué à ouvrir la voie à ce recul politique.

Les mouvements populaires se sont ainsi retrouvés face à des reflux violents, avec des composantes potentiellement explosives par endroit. Comme cela s’est produit au Liban et en Algérie. Au Soudan, la fin de ces mouvements est catastrophique. La déclaration de normalisation du Soudan avec l’entité sioniste est une trahison des masses et des mouvements populaires.

Ce qui pourrait être mis en perspective avec ce qui s’est passé en Palestine. La première Intifada a commencé par une demi-victoire, mais a connu, avec les accords d’Oslo, une fin tragique.

Bien sûr, les issues dramatiques des mouvements populaires ne signifient pas la fin du parcours, parce que la nation arabe ne peut pas se permettre de retarder sa renaissance, sa libération et son unité, ou de supporter encore que sa flamme soit éteinte, comme cela arrive avec les pays de normalisation et de la harwala (ceux qui se soumettent à la normalisation avec le sionisme). Parce que ce dernier développement n’est pas naturel, il est inacceptable et ne peut pas durer.

Ici, il convient de saluer ce que la Tunisie a fait pour préserver sa révolution, et ne pas se laisser happer par la normalisation. Il convient de souligner également les deux phénomènes de résistance en Palestine et au Liban, et le soutien continu de la Syrie à la Résistance. On peut observer à cet égard que les raids sionistes sur ce pays ne se sont pas interrompus. Ces frappes ne sont pas un simulacre, même si elles sont souvent des échecs. Comme il y a lieu de noter la situation irakienne, qui est positive malgré les complexités qui la caractérisent.

AW : Quels sont les déterminants du contexte régional actuel ?

M. S : Le plus important est de décider de comprendre les enjeux actuels et les développements de la situation régionale. Indéniablement, le contexte est dominé par la confrontation directe entre l’Iran et les États-Unis et l’Iran et l’entité sioniste.

Le Moyen-Orient est politiquement une région arabo-irano-turque. Il convient avant tout de déchiffrer correctement les équilibres d’influence et de pouvoir pour évaluer le plus objectivement possible les défis qui se posent aux peuples et sociétés du Moyen-Orient. Loin des postures et des vœux pieux, de l’amour et de la haine, et des espoirs et des espérances. Et tout cela existe. « Chaque tribu reconnut la source où elle devait se désaltérer » [Coran, sourat La Vache : 60].

La situation actuelle est inédite. L’entité sioniste a maintenant perdu l’Iran et la Turquie et n’est plus en mesure de mobiliser les Arabes contre l’Iran et la Turquie comme cela s’est produit à la fin des années 1970 (Iran 1979 et Turquie 2005 et au-delà).

Les porte-voix de l’entité sioniste n’évoquent plus « votre pays, ô Israël, du Nil et l’Euphrate ». Le territoire colonial est désormais limité à la Palestine, à l’exception de la bande de Gaza. De plus, 5 millions de Palestiniens vivent sous occupation directe. Il ne sera bientôt plus utile à l’entité sioniste d’invoquer les accords d’Oslo ou la coordination sécuritaire (avec l’Autorité palestinienne). Cette situation conduit inexorablement l’entité sioniste à affronter une autre intifada et la résistance renouvelée.

Il est utile de rappeler que l’entité sioniste a jusqu’à présent perdu quatre guerres (2006 au Liban, 2008-2009, 2012 et 2014 dans la bande de Gaza) et s’est retirée, sans condition, du sud du Liban en 2000 et de la bande de Gaza en 2005. Plus important encore, cette entité sioniste envisage de renforcer ses arsenaux du fait de la double menace au Liban et à Gaza qu’elle n’a pas la capacité d’annihiler ni par la pression ni par la guerre.

À cela, il faut ajouter que la Syrie a entrepris, depuis deux ans environ, de renforcer ses capacités balistiques. Les raids de l’aviation sioniste, qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui, ne peuvent empêcher la constitution d’une force stratégique aussi nouvelle que redoutable. S’agissant de l’Irak où elle était en pays conquis il y a peu d’années, l’entité sioniste semble y avoir perdu la vue et l’ouïe.

Vient ensuite la question de l’Iran, qui non seulement soutient la résistance armée au Liban et en Palestine contre l’entité sioniste, mais renforce aussi ses potentiels militaires et balistiques tout en maîtrisant la technologie nucléaire, entre autres capacités. Ce qui remet le rapport de forces militaire en question. Cette situation n’est évidemment pas dans l’intérêt de l’entité sioniste, qui n’a jamais fait face depuis sa création à une telle équation.

De ce fait, on l’observe comme jamais auparavant, l’intervention américaine contre l’Iran est de plus en plus directe. Mais les clefs de l’affrontement ne sont plus entre les mains de l’entité sioniste, comme cela a été longtemps le cas avec les guerres de 1956 et 1967 contre l’Égypte et la Syrie, 1978 et 1982 au Liban, le bombardement du centre nucléaire en Irak (1981), et l’interdiction de l’accès à la technologie nucléaire pacifique en Égypte depuis les années 1960, puis la guerre américaine contre l’Irak 1991 et 2003, et sa démilitarisation après son occupation.

L’essence de la crise américaine avec l’Iran est due au fait que ce pays a complètement modifié le rapport de force avec l’entité sioniste.

Le changement de ce rapport de forces empêche maintenant une intervention militaire en Iran, car la victoire n’est pas garantie comme elle le fut dans le passé tout au long de la seconde moitié du XXe siècle.

La menace qui pèse sur l’entité sioniste est de plus en plus matérielle et coûteuse. Ce qui dans le passé était presque sûr ne l’est plus aujourd’hui. Et la guerre peut être menée à l’intérieur de ses frontières.

À la lumière de cette équation renouvelée, le temps n’est plus l’allié de l’entité sioniste et des États-Unis d’Amérique. Cette conjonction de facteurs négatifs pour la politique coloniale a incité Trump à imposer un embargo et des sanctions économiques extrêmes contre l’Iran. Mais le blocus et les sanctions n’ont pas empêché l’Iran après trois ans, ou au moins deux ans après le blocus, de lancer un satellite militaire dans l’espace, ce qui a envoyé un message très puissant sur ses capacités balistiques et techniques.

À partir de là, nous pouvons dire que nous sommes dans un carrefour et celui qui l’emportera changera la région pour les décennies à venir. Et la cause palestinienne en sera également affectée pour les décennies à venir.

Par conséquent, ce qui se passe depuis la course à la normalisation de certains pays arabes n’affectera pas la suite du conflit. Le problème de ces pays est moral et éthique, leur posture est indigne, déshonorante.

Le monde arabe paralysé attend une nouvelle renaissance libératrice. Cette nouvelle libération sera issue de la confrontation dont les termes, décrits précédemment, s’imposent de plus en plus clairement. Quand bien même les pays arabes ont perdu leur statut de nations souveraines, il existe partout des groupes de résistants qui défient des États asservis et qui sont au centre de tous les combats émancipateurs. Il ne faut pas prêter trop d’importance aux rares acteurs qui se jettent dans le précipice de la normalisation. Il faut plus que jamais entendre la voix et porter le message de ceux qui résistent et qui sont dans les cœurs des millions d’Arabes qui les soutiennent.

* Biographie succincte de Mounir Shafik : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mounir_Chafiq et voir également : http://www.ism-france.org/analyses/Entretien-avec-Mounir-Chafiq-un-nouveau-Bloc-social-historique-pour-l-unite-arabe-article-20266

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