LA CRISE DU DISCOURS POLITIQUE

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   Abdellah CHEBBAH.                                      Oct.2020

Cela fait plus de quarante ans que les politiciens Algériens n’ont pas eu de mots réjouissants, porteurs d’espoir et de joie envers le peuple. Tous les discours prononcés çà et là n’ont fait que perdurer et maintenir la voix du silence sur le destin de ce pays, enfonçant de jour en jour ce peuple dans l’incertitude et le doute. Aucune action, aucune décision, aucune parole tenue n’ont abouti. Ça a toujours été dans le flou, l’opacité et l’indécision.

L’art et la manière de communiquer et de transmettre chez nos politiciens actuels sont encore plus lamentables. Rien ne vient émerveiller, ni éveiller, ni apaiser l’esprit du citoyen, bien au contraire c’est la déception suivie d’injures. Les discours sont fleuves, discontinus, médiocres, vulgaires, insultants, mal écrits et mal transmis.

A l’instar de leurs aînés tels que Abdelhamid Mehri, Hocine Ait Ahmed, Boudiaf ou même encore Houari Boumédiène, pour ne citer que ceux-là, la voix, le regard, la métaphore et la conviction tenaient le peuple en haleine dans le son du silence et de la méditation. Ces personnes avaient de la prestance, du charisme, du leadership et portaient la voix du peuple. On les écoutait et les réécoutait pour comprendre leurs messages. Ils avaient des visions et ouvraient des horizons.

Aujourd’hui ce n’est même plus des discours mais des discussions fragmentées de rue et de cafés que transmettent les politiciens. A défaut de bon sens, c’est la bêtise et la vulgarité qui s’étalent au point où elles ne sont plus écoutées, ni considérées. Ces politiciens s’offrent en spectacle sans vergogne, ni retenues, ni respect pour leur peuple, leurs propres personnes et leurs proches.

Depuis l’avènement de Bouteflika, ces politiciens répugnants, insultent ouvertement le peuple, lui reprochant des attitudes, des agissements et des maladresses dont il a été initié par ceux-là mêmes, s’octroyant des droits et des privilèges en compensation pour amuser le peuple par le ridicule et l’éloigner des questions sérieuses, le ramener à un niveau de bassesses pour le manipuler et l’abrutir.

Les élites intellectuelles, les universitaires, les sociologues, les psychologues n’arrivent plus à suivre, ni à comprendre le comportement de ce pouvoir politique qui jettent ces fauves sur le peuple pour un oui ou pour un non. L’échelle des valeurs est au plus bas où rien ne peut se dire mais uniquement s’imaginer. L’esprit et la pensée sont vidés de sens. C’est l’état de perplexité amorphe. Cela ne mérite même pas de dialoguer, de converser, de critiquer ni de donner de réponses. 

Comment peut-on considérer et respecter de tels politiciens ignares, arrogants et incultes?

Comment peut-on croire en un pouvoir politique qui maltraite et méprise son peuple?

Comment peut-on croire à leurs obscénités malsaines désobligeantes qui ne peuvent être prononcées que par des voyous, des bandits, des hors la loi?

Ces déviations de la chose sérieuse par des propos désobligeants écœurent tout le monde. Que reste-t-il de crédible et de légitime à un tel pouvoir? Rien. Tout est grotesque, obscène et indigne.

Le peuple en a goûté à toute les sauces même à celles qui n’ont aucune saveur et qu’il avale malgré lui, avec amertume, par nécessité oblige.

Ces outrances et ces grossièretés que lancent les ministres, les walis, chef de partis ne reflètent que leur ignorance de la chose politique. On brandit des injures au plus haut niveau sans complexes.

Le jeune hirakiste, par contre, brandit son slogan plein de sens et de maturité. Sans cravate ni costumes huppés, il porte en une phrase, tout un discours qui émerveille les esprits et qui redonne espoir. Ils sont des milliers, des millions à écrire et à discourir dans les rues des grandes villes pour rejeter et dénoncer la médiocrité dans laquelle est plongé ce pouvoir.

Où allons-nous avec ces guignols dont le niveau intellectuel ne dépasse pas une table de cuisine?

Rien n’est plus dangereux que lorsque l’ignorance et l’intolérance sont armées de pouvoir.

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