LES PRESTIGIDATEURS DE L’HISTOIRE A L’ASSAUT DE LA MEMOIRE DU PEUPLE ALGERIEN

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« De tout ce qui est écrit, je ne lis que ce que quelqu’un écrit avec son sang. Écris avec ton sang : et tu verras que le sang est esprit. »
Friedrich Nietzsche

La mondialisation d’aujourd’hui est aussi celle du langage et des cerveaux qui balayent les pays à partir de « Think-Tanks » fondés et dirigés par les prophètes du choc des civilisations – les Léo Strauss, Bernard Lewis, Jacques Attali et autres Fukuyama ; ils homogénéisent le lexique dans lequel nous devons puiser le vocabulaire pour dire ce que nous sommes, ce que nous voulons être, et en extraire la grille de lecture de notre propre réalité et histoire.

Souverainisme, société civile, droits de l’Homme, liberté du culte, laïcité, paix sociale, liberté du blasphème, sans oublier la sempiternelle tarte à la crème de la réconciliation mémorielle, ces mots de l’errance indigène dans une mondialisation imposée par les guerres, ont déclassé indépendance nationale, souveraineté nationale, histoire nationale, langue nationale, justice sociale, qui balisent la terre ferme de notre propre individualité, mais qui sont, à présent, dénigrés pour cause, dit-on, de péremption.

Est-ce pensable qu’une personne qui a quitté l’Algérie à l’âge de 12 ans puisse connaitre l’histoire d’Algérie mieux que les Algériens ?

Comment après avoir écrit une pléthore de livres sur la Guerre d’Algérie, Benjamin STORA n’arrive toujours pas à comprendre les raisons du choix de son départ et celui des siens d’Algérie vers la métropole après l’indépendance.

Comment un membre influent du CRIF qui lui a publié un nième texte d’une histoire qu’on veut avec violer la conscience et l’imaginaire de l’Algérie, puisse prétendre à une impartialité quelconque.

Ignore-t-il le silence assassin de sa communauté, la Communauté Israélite à l’appel du FLN du 1er octobre 1956 rédigé par le feu Abane Ramdane.

A-t-il oublié que c’est lui (Benjamin STORA) qui a écrit qu’à l’approche de l’indépendance et dans la rancœur et la colère contre la France, les juifs d’Algérie sont allés grossir les rangs de l’OAS.

Est-ce un oubli, lui l’historien « partiel » de n’avoir pas rapporté un fait historique capital : la visite le 27 Mai 1957 de Moshe DAYAN et Shimon PERES respectivement Chef d’Etat Major des Armées et Directeur Général aux AE d’Israël à Béchar dans le sud algérien afin de sceller l’alliance militaire franco-israélienne.

Cette visite fait suite à un accord entre l’entité israélienne, la France et le Royaume-Uni conclu le 24 octobre 1956 à Sèvres, France.

Israël s’y engagea à fournir du renseignement sur les dirigeants du FLN à la France. En contrepartie celle-ci promit d’armer l’État hébreu et une coopération totale dans le domaine nucléaire.

Ignore-t-il que le Mossad s’est impliqué pleinement durant la guerre d’indépendance, contre le FLN sur le sol algérien.

Conséquemment, les allogènes et les allochtones peuvent-ils prétendre à connaitre l’histoire de la Numidie, des Berbères, de l’avènement de l’Islam et surtout de l’insurrection nationale, mieux que les autochtones et les indigènes ?

Les Algériens, acceptent-ils de vivre encore en étrangers dans leur pays, mis dans l’ignorance de leur propre histoire.

Les Berbères des Aurès, peuvent-ils demeurer muets alors que leur contrée fut le fief de Mostefa Ben Boulaïd.

Les Constantinois, peuvent-ils continuer à se taire alors que leur ville fut le dernier bastion défait par le colonialisme dix ans après qu’il ait établi sa suprématie sur le territoire algérien déserté par les bourgeoisies ottomanes et les tribus algériennes (fautes d’armement et d’argent).

Les Kabyles qui se réclament d’El-Mokrani et de Fatma N’Soumer qui ont inondé la terre algérienne du sang des martyrs de l’indépendance peuvent-ils être déposséder de leur nationalisme et de leur Islam ?

Les Touaregs descendants de la grande Reine Tin Hina qui furent en relation permanente depuis des millénaires avec l’Afrique subsaharienne et ses Ksours, peuvent-ils laisser un manipulateur de l’histoire parler en leur nom, en affirmant l’ascendance de fantomatiques tribus juives dans le grand Sahara ?

Les gens de l’Oranie descendants de Youssef ben Tachfine as-Sanhaji et Ibn Toumert, fondateurs des premières dynasties berbères des Almoravides et des Almohades, bâtisseurs des grandes cités berbères d’Algérie et des grands centres de rayonnement islamique, peuvent-ils devenir des fossiles zombies et se taire ?

Les gens de Tihert, la région des lions, la terre de combat de l’émir Abdelkader, sont-ils réduits à devenir des proies livrées aux prédateurs ?

Et les Mozabites de Ghardaïa et de Beni-Isguen qui a donné naissance à l’enfant terrible de la révolution algérienne le poète Moufdi Zakariya et dont la fougue lyrique réverbère cet épique couplet aux relents révolutionnaires :

Algérie, si ce n’était ta beauté inscrite dans tous les cieux ;
Je n’aurais jamais su le chemin vers mon Dieu.

Ces Mozabites sont-ils condamnés à voir leur histoire falsifiée ?

Où sont nos historiens qui non seulement n’ont pas la fougue de répondre, mais citent et véhiculent les élucubrations de falsificateurs de l’histoire, de ceux qui se sont liés au colonialisme et ont bénéficié de ses privilèges alors que l’Algérien était renvoyé au code de l’indigénat.

Nous voyons les forgeurs de l’histoire, les prophètes de la discorde et de la partition de l’Algérie se manifester à chaque fois que l’État devient fragile et que les Algériens luttent pour achever leur indépendance et tentent de se réconcilier.

Abdelaziz MEDJAHED, DG de l’INESG, qui dans une interview récente a occulté tout le travail des diffèrent groups politiques pour unifier le peuple algérien contre son ennemi de toujours La France, nous présente la genèse de la sécurité de l’Algérie comme un des hauts faits de Massinissa… Quelles élucubrations.

Ou bien le site du MDN où la présentation de l’Histoire de ANP fait fi complétement du rôle fédérateur qu’a joué l’Islam durant les étapes décisives des différentes insurrections du peuple algérien.

Et plus récemment, l’intervention directe du Français Dominique ROUSSEAU dans l’écriture de la dernière constitution non-plébiscité par le peuple.

Les maitres de ce dispositif de la pensée révisionniste portée par l’ennemi de toujours est en marche en Algérie en épousant partout les formes qui lui permettent de violer les jeunes consciences.

Le seul moyen de lui faire barrage, c’est établir d’une manière sérieuse un autre cadre pour informer notre peuple afin que notre nation se dégage de ce web de mensonges et autres équivoques historiques.

Ces équivoques sont distillées sciemment par de pseudo-érudits pour faire glisser le peuple dans le désarroi et l’absurde.

Benjamin STORA & Co sont les membres incontestables de cette tribu de prestidigitateurs de l’histoire.

Khaled Boulaziz

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    Vous écrivez :  » Est-ce pensable qu’une personne qui a quitté l’Algérie à l’âge de douze ans puisse connaître l’histoire d’Algérie mieux que les Algériens ? » Ma réponse : OUI, s’il s’agit d’un historien de profession qui a travaillé la question et si… un grand nombre Algériens a reçu un enseignement médiocre ! (cf. les formidables lacunes de la diaspora)
    Pauvre Benjamin Stora !… Vilipendé par les nostalgiques de l’empire français pour ne pas vanter le mérites de la colonisation et reconnaître comme légitimes les objectifs du FLN, vous lui reprochez pour votre part… d’être juif, c’est-à-dire comptable des vilenies des Bacri, responsable des actions du Mossad, admirateur de Moshe Dayan, que sais-je ? Si l’Algérie suit, hélas, l’exemple de la France… en légiférant sur la légitimité de la recherche historique, on pourra s’en désoler !

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