NON AU PROTECTORAT INFORMEL DE LA FRANCE SUR L’ALGERIE!

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Le collectif «Libérons l’Algérie» dénonce, avec la plus grande fermeté, l’interdiction de la marche, prévue le dimanche 6 juin 2021 de la place de la République à la place de la Bastille, par la préfecture de police de Paris.

Le collectif «Libérons l’Algérie» rappelle qu’un rassemblement se tiendra à la place de la République, le même jour de 13h00 à 18h00.Le collectif «Libérons l’Algérie» rappelle l’importance de rester fidèle à l’esprit de la Silmiya, le caractère pacifique de notre révolution.

Le collectif «Libérons l’Algérie» insiste sur l’importance d’agir dans la légalité. La marche n’étant qu’un moyen de lutte parmi tant d’autres, nous tiendrons notre rassemblement pour :Dénoncer fermement le protectorat informel du pouvoir exécutif français sur la junte militaire d’Alger qui met, sérieusement, en danger la souveraineté nationale.

Manifester notre rejet massif et actif de la «galoufa» électorale du 12 juin prochain.Exiger :

La libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus d’opinion.

L’acquittement de tous les détenus d’opinion déjà condamnés.

L’arrêt de toutes les poursuites judiciaires contre les manifestants pacifiques.

La vérité sur la torture et les sévices sexuels subis par les détenus d’opinion.

La dissolution de la police politique.

Le démantèlement de la junte militaire.Une transition démocratique indépendante du système.L’élection d’une Assemblée Nationale Constituante.

Un État sécularisé, protecteur de toutes les communautés de vie sur le territoire national, garant des droits de la personne humaine et de la justice sociale.

Soyons nombreux à la Place de la République de Paris, à partir de 13h

DECLARATION-APPEL

Scandaleux ! La France officielle, via la préfecture de police de Paris, vole encore une fois au secours de la junte militaire d’Alger !!A quelques jours seulement de la tenue du simulacre électoral des «législatives» du 12 juin, la préfecture de police de Paris n’a pas trouvé mieux que d’interdire la marche unitaire des Algériens résidents en France, prévue le 6 juin de la place de la République à la place de la Bastille.

L’arrêté n° 2021-00522 et signé le 4 juin 2021, porte sur l’«interdiction partielle de l’itinéraire déposé de cinq manifestations déclarées pour le dimanche 6 juin 2021», alors qu’en réalité, l’interdiction vise l’unique marche dont l’itinéraire (place de la République-Place de la Bastille) a été déclaré.

La première demande de cette manifestation, adressée par le collectif «Libérons l’Algérie» à la préfecture de police susmentionnée date du 14 mai.dernier. N’ayant pas reçu de récépissé, le collectif a relancé la préfecture par la voie d’une autre demande envoyée par courriel, le 3 juin. En ce sens, les délais fixés par la loi pour une demande d’autorisation d’une manifestation ont été respectés. Pour justifier cette atteinte au droit de manifester, la préfecture de police avance le motif fallacieux de «risques d’atteintes à l’ordre public». De quels risques s’agit-il puisque, depuis le 17 février 2019, plus de 200 manifestations ont été organisées par les Algériens, sans que l’ordre public ne soit troublé. Le 1er novembre 2019, une marche d’ampleur historique a eu lieu de la place de la République à la place de la Bastille. Cette marche a marqué les esprits par son caractère pacifique.

L’incident qui a eu lieu le 24 mai précédent à la place de la bataille de Stalingrad à Paris, ne peut en aucun cas remettre en question l’esprit de la Silmiya, le caractère pacifique de notre révolution. Ce choix stratégique est celui du peuple algérien, c’est le nôtre aussi. Un regard rétrospectif sur les manœuvres de la préfecture de police de ces dernières semaines suffit pour comprendre que l’interdiction de la marche du 6 juin à Paris était dans son viseur. En réalité, elle était dans le viseur du pouvoir exécutif français par ce qu’elle porte le mot d’ordre du rejet du massif et actif du simulacre des élections législatives du 12 juin prochain.

A titre de rappel, le 20 mai 2021, le collectif «Libérons l’Algérie» a déposé une demande d’autorisation pour un rassemblement dominical, à la Place de la République, le dimanche 23 mai 2021.Dans le «récépissé de dépôt de déclaration » qui nous a été adressé le vendredi 21 mai 2021, il nous a été signifié que notre demande n’était pas recevable « Conformément à l’article L.211-2 créé par l’ordonnance n°212-351 du 12 mars 2012 la déclaration de rassemblement de voie publique doit être portée à la connaissance du Préfet de police trois jours francs au moins et 15 jours francs au plus avant la date de la manifestation. »Entre-temps, une autre déclaration d’autorisation de manifestation a été déposée pour la tenue d’un rassemblement statique à la place de la bataille de Stalingrad, dans les mêmes délais que la première qui a été rejetée.

Curieusement, la préfecture de police nous a, cette fois-ci, autorisé à tenir ce rassemblement! La suite des éventements a montré que le motif du risque de «troubler l’ordre public» était en préparation pour justifier l’atteinte au droit des Algériens résidents à marcher, à Paris.Il est utile de rappeler que la préfecture de police avait interdit une marche prévue le 22 février dernier pour empêcher les Algériens résidents en France de célébrer le second anniversaire de la Silmiya dans la lutte pacifique, à Paris.

En d’autres villes, le même jour, des marches ont eu lieu, notamment, à Marseille. Aucun incident n’a été signalé.

LE PROTECTORAT INFORMEL DE LA FRANCE SUR LA JUNTE MILITAIRE SE CONFIRME !

Il est un secret de polichinelle que Paris protège la junte militaire. Pire encore, elle exerce sur elle un protectorat informel.Le simulacre électoral du 12 juin, en Algérie, retient particulièrement l’attention de la France. Dans l’immédiat, ce qui l’intéresse, c’est la possibilité de rendre applicables deux articles de la constitution qui, rappelons-le, est illégitime :

– L’article 31 qui stipule que : «L’Algérie peut, dans le cadre du respect des principes et objectifs des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la Ligue des Etats Arabes, participer au maintien de la paix.»

– L’article 91 qui attribue au Président le pouvoir de décider «de l’envoi des unités de l’Armée Nationale Populaire à l’étranger après approbation à la majorité des deux tiers (2/3) de chaque chambre du Parlement.» En ce sens, il devient urgent pour le commandement militaire français que l’armée algérienne lui offre ses propres militaires comme de la chair à canon dans le Sahel et dans d’autres régions où continue de sévir la françafrique. En clair, la junte militaire est prête à fournir les nouvelles unités des «tirailleurs» au néocolonialisme.

L’arrêté de la préfecture de police s’inquiète «que du fait du contexte électoral tendu en Algérie, notamment en raisons des élections législatives du 12 juin prochain, il existe des risques sérieux de troubles à l’ordre public sur le parcours des manifestations susvisées». Pour la forme, ce motif entretient l’ambiguïté de la pluralité des manifestations, alors, qu’en vérité, les différentes demandes ont convergé sur la marche dont le parcours a fait l’unanimité. Si l’inquiétude de la préfecture de police sur «les troubles à l’ordre public sur le parcours» de la marche était justifiée, pourquoi, dans ce cas, nous a-t-elle autorisé la tenue d’un rassemblement, en ce samedi 5 juin, à la place de Narvik, non loin du siège de l’ambassade d’Algérie à Paris ?

Dans le fond, Paris montre ainsi que le simulacre des législatives se déroulera sous sa protection. Car, ce que prépare la junte militaire sert ses intérêts, au détriment de ceux de l’Algérie!En ce contexte, deux généraux de la soldatesque d’Alger jouent un rôle important :

1- Le général-major Mohamed Kaidi nommé, par décret présidentiel du 26 mars dernier, chef du «département emploi-préparation», au niveau du ministère de la Défense nationale. C’est à ce dernier qu’ a été confiée la mission d’envoyer des militaires algériens tuer et/ou se faire tuer en dehors des frontières. Ainsi, le «Mendjel» des fumeux «badissistes-novembristes» tient le rôle principal dans la fabrique des nouveaux «tirailleurs». Au prix des services rendus à la France, il est pressenti pour succéder à Said Chanegriha, général des corps d’armée, à la tête du commandement militaire. Seulement, la guerre des gangs au sein de la junte militaire est loin de connaître son épilogue.

2- Le nouveau Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Farid Zinedine Bencheikh. Originaire de Bordj Bou Arreridj, ce dernier a eu un cursus universitaire remarquable en France, notamment à l’université de Paris-II Panthéon-Assas où il a obtenu un doctorat d’État en criminologie et à l’université de Paris-VIII où il a eu un diplôme de troisième cycle en psychanalyse. Le plus remarquable, c’est qu’ il a été conseiller auprès de la Maison centrale de Poissy et du centre de détention de Melun, entre 1989 et 1992, sous l’autorité du ministère de l’Intérieur français. Durant la guerre contre les civils des années 1990, il est rentré en Algérie pour s’assigner à la besogne dans les départements chargés de ce qui était appelé «la lutte antiterroriste».Les «fumeux réseaux» d’ Oran et de Tébéssa, la désignation du MAK et de Rachad comme mouvements terroristes, la répression des manifestations pacifiques généralisée de façon méthodique, les obstacle mis aux Algériens résidents en France pour rendre difficile leur mobilisation, spécialement à Paris, l’importance que requiert la «galoufa» électorale du 12 juin pour la France…tout s’explique!

LES ACQUIS DE LA SILMIYA

Depuis le 22 février 2019, la révolution pacifique du peuple algérien a mis en évidence l’émergence d’une conscience citoyenne nationale, indissociable de la mobilisations des peuples pour un ordre mondial réhabilitant leurs souverainetés. La notion de peuple a, ainsi, été revitalisée et celle de la solidarité mise à l’ordre du jour. Le contexte de la pandémie de la Covid-19 a, certes, rendu difficile le combat pour un ordre mondial des peuples. Mais, il n’a en aucun cas remis en question la lame de fond des sociétés avides de justice et de liberté.

La récente victoire du peuple palestinien contre l’occupant colonial d’Israël a rendu visible cette lame de fond.Les inquiétudes suscitées par la «réélection» du sanguinaire Bachar Al Assad à la tête d’une Syrie exsangue et le coup d’État au Mali sont, certes, deux mauvais signaux envoyés à tous les peuples, en ce contexte mondial d’atteintes graves aux libertés, notamment, ceux de la rive sud de la méditerranée. Mais, ils ne peuvent pas changer le cours de l’histoire.

La Silmiya a montré les vertus de l’intelligence collective qui sait reculer pour mieux rebondir. La Silmiya, c’est le renouveau de l’être collectif dans le combat pacifique, la réhabilitation de l’humain en l’être humain, la démonstration faite qu’un autre monde est possible.La mobilisation du peuple algérien a rendu aphone la diplomatie de la junte militaire. Pour ne citer que des exemples tout récents, à Paris, devant le siège de l’UNICEF, celui de la Croix Rouge et et celui d’Amnesty International, à Strasbourg, devant le siège de la Cours Européenne des Droits de l’Homme, à Genève, devant le siège du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, les Algériennes et les Algériens ont su faire entendre la voix du peuple, celle d’un changement démocratique radical et pacifique en Algérie.

Dans une tribune publiée le 3 juin dernier par Libération, un collectif de 44 parlementaires français ont publié une tribune de soutien au mouvement populaire algérien. Sans ambages, ils ont dénoncé la répression sauvage des manifestations pacifiques en Algérie. Une répression qui n’a pas épargné le 120e vendredi de la Silmiya :«Nous souhaitons ainsi réaffirmer notre préoccupation quant à cette offensive à l’encontre du peuple algérien, à cette judiciarisation de l’exercice politique, ainsi que notre soutien aux manifestants pacifiques qui revendiquent un Etat de droit, aux journalistes et militants arbitrairement placés en détention. C’est au peuple algérien seul de décider de son destin politique : quel qu’il soit, cet avenir doit garantir le respect du droit d’opinion, de réunion et d’association, la liberté de la presse et la liberté d’expression, valeurs démocratiques fondamentales qui doivent transcender tous les débats politiques.»

A ce jour, plus de 210 détenus d’opinion répartis sur 33 wilayas subissent les affres d’une incarcération arbitraire. Said Chetouane, un mineur de 15 ans, et sa maman continuent de subir l’injustice d’une séparation prononcée par une juge sans scrupules pour permettre à la police politique de se venger d’eux.

Soyons à la hauteur de la patience de notre peuple et de son intelligence!

Soyons à la hauteur de ses aspirations!

Soyons à la hauteurs de ses sacrifices!

Nul ne peut arrêter un peuple déterminé à se battre pour sa liberté!

VIVE L’ALGERIE LIBRE, CITOYENNE, HUMAINE, PLUTIELLE, DIVERSE ET HEUREUSE.VIVE LA SILMIYAGLOIRE A NOS MARTYRS.

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