La répression comme seul mode de gouvernance

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Ait Benali Boubekeur

 Depuis le vendredi 117, le hirak subit une répression aveugle et des arrestations massives. Qui est-ce qui peut les justifier ? Et pourtant, ces manifestants pacifiques ne menacent pas directement les intérêts du régime. En effet, bien que le pouvoir se maintienne sans le consentement populaire et s’empare de la rente pétrolière, les Algériens ne cherchent pas à le déloger. Pour étayer la thèse de l’exploitation de la rente pétrolière à des fins politiques, on peut citer le financement de la campagne électorale de tous les candidats ayant moins de 40 ans. En guise de retour sur investissement, les « élus » sur les listes libres sont les premiers à soutenir le programme du chef de l’État.

En tout état de cause, cette vague de répression ne peut s’expliquer que par les velléités de contrôler la société. Même si le discours officiel parle de manifestations ne drainant pas plus de 20000 personnes à l’échelle nationale –Tebboune oublie de parler de l’arsenal répressif dissuasif –, toutes les consultations électorales démontrent le contraire. Ainsi, si on décomptait les bulletins blancs –ce sont des gens que le régime oblige à voter et qui expriment leur rejet du système à leur manière –, le taux d’abstention, lors des élections législatives du 12 juin 2021, dépasserait les 80% du corps électoral.

Hélas, au lieu de tirer des conclusions qui s’imposent, le régime décrète « la guerre » à la majorité du peuple. Pour les tenants du pouvoir, les institutions du pays n’ont pas besoin de l’adhésion du peuple. Leur message est clair à ce propos : si les Algériens ne voulaient pas adhérer à cette construction, ils devraient se taire. Et si par malheur quelqu’un ose remettre en cause leur approche, il fera alors face à leur arsenal sécuritaire, le seul investissement fait depuis 1962.

Ainsi, en s’appuyant sur les services de sécurité et en utilisant les ressources du pays dans le seul but de se maintenir au pouvoir, le régime emprisonne sans vergogne. Parmi les personnes arrêtées, on en trouve plusieurs universitaires, à l’instar de Fatiha Briki, Sara Ladoul, Mehana Abdesselam, Mohamed Yagouni, dont le tort est d’activer au sein du hirak et de défendre les détenus au sein de la CNLD (coordination nationale pour la libération des détenus). Au total, il y aurait près de 300 détenus depuis la reprise du hirak en février 2021.

Qu’en est-il des soutiens du régime ? Le régime accueille à bras ouverts toutes les organisations qui le soutiennent. Tous les moyens leur sont offerts pour accéder aux institutions. En acceptant les règles du régime, ils sont assurés de bénéficier d’une part conséquente du gâteau. Pour donner un semblant de crédibilité à ces consultations, ce sont donc les sous-traitants qui attaquent avec véhémence les adversaires de cette construction. Lors de la campagne électorale, plusieurs chefs de partis participationnistes ont développé des discours haineux, voire racistes, contre la grande majorité du peuple algérien, qui a refusé de céder, pour une période indéfinie, les institutions du pays. Leur tort in fini est de considérer, dès février 2019, que le régime a définitivement échoué dans sa mission.

Malheureusement, les systèmes autoritaires n’ont qu’une seule réponse : la répression.

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