8 MAI 1945, 8 MAI 2022 : LE COMBAT CONTINUE

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Abbes Hamadene

La période 1936-1945 est déterminante dans l’histoire de la décolonisation de notre pays. C’est une période qui a élargi le fossé entre l’administration coloniale et la société algérienne. De façon obstinée, la France coloniale rejetait toute proposition de réforme susceptible de mettre en cause la suprématie de la communauté européenne sur les Algériens, suprématie consacrée et institutionnalisée par le code de l’indigénat du 28 juin 1881.Ce rejet catégorique, l’administration française l’avait de nouveau exprimé en 1936 en faisant échouer le projet Blum-Violette avec ses propositions pourtant très timides.

LE 8 MAI 1945 : LA RUPTURE

Alors qu’ils subissaient de plein fouet la famine, la misère, les épidémies, les Algériens furent mobilisés par dizaines de milliers pour libérer la France de l’occupation nazie. Ils ressentirent d’autant plus l’injustice criarde dont ils étaient victimes.C’est dans ce contexte que les manifestations du 8 mai 1945 furent organisées par le PPA (Parti du peuple algérien) et les Amis du Manifeste et de la Liberté (AML) pour rappeler à la France coloniale et les alliés anglo-saxons, encore présents sur le sol algérien, les revendications du peuple.

Grâce à la formidable capacité de mobilisation du PPA, des manifestations massives eurent lieu dans toute l’Algérie, sans aboutir à la répression sanglante vécue à Sétif, Guelma et Kherrata. En guise d’indignation, un mouvement insurrectionnel de grande envergure gagna toute l’Algérie dans les jours qui suivent ce jour du 8 mai 1945. Une insurrection écrasée, dans le sang et sans état d’âme, par l’armée et des milices déchaînées constituées de civils européens.Le bilan de ces massacres est difficile à établir avec précision du côté algérien, les récentes recherches parlent de 40 000 victimes. En définitive, ce bilan désastreux sur tous les plans, marque la rupture définitive entre la France coloniale et la société algérienne.Le 8 mai 1945 créa les conditions objectives d’une poussée spectaculaire du nationalisme et une accélération de la politisation des masses. Dans ce climat d’effervescence révolutionnaire, de jeunes militants du PPA montèrent au créneau, réclamèrent de leur direction jugée trop attentiste, la création d’une Organisation Spéciale pour préparer la lutte armée. Ce sont eux qu’on retrouvera à l’initiative du déclenchement de la guerre de libération le 1er novembre 1954.

AUJOURD’HUI, L’HISTOIRE CONTINUE

Il y a un lien fondamental entre les diverses luttes menées et les sacrifices consentis pour l’ensemble de notre histoire. Des luttes, au nom desquelles a été projeté l’idéal d’une Algérie libre, démocratique et sociale. Cet idéal a été trahi dès l’indépendance par le clan de Oujda (Boumediene, Ben Bella et Bouteflika) qui a pris le pouvoir par la force en s’appuyant sur la puissante armée des frontières et en menant la guerre contre les maquisards de l’intérieur et les structures issues de de la révolution.

Qu’il est triste de constater que 60 ans après l’indépendance, notre pays se retrouve dans une configuration politique et sociale qui rappelle à bien des égards la période coloniale : les citoyens algériens continuent d’être exclus de la décision politique, humiliés, délaissés, opprimés et privés de leur liberté et de leur dignité.

La violence d’Etat continue de fonctionner comme une incurable pathologie concrétisée par le mépris, le mensonge et l’oppression physique et psychologique des citoyens. Le combat pacifique engagé le 22 février 2019, s’inscrit bel et bien dans la continuité du temps historique. Il poursuit le combat inachevé pour libérer le pays et le peuple.Depuis quelques mois, le combat pacifique engagé par le Hirak traverse une période de doute, d’interrogations et de découragement. Une situation que la police politique et ses relais ne manquent pas d’exploiter pour semer la zizanie dans les rangs du Hirak, souffler sur les braises de la division, fomenter et nourrir les discordes.

Or, nous savons que les épreuves sont inhérentes à la vie des individus, des groupes humains, des sociétés, des révolutions. Il faut les accepter et les affronter avec sérénité en essayant d’en tirer les leçons.Honneur à ceux qui refusent de faire le jeu du pouvoir en se livrant à des querelles stériles, totalement étrangères au débat d’idées utile pour faire avancer le combat politique de tout un peuple martyrisé.

Honneur à ceux qui ont décidé de garder le cap avec sérénité et responsabilité dans cette période de turbulences Ils contribuent ainsi à maintenir intacte cette espérance lumineuse pour laquelle se sont sacrifiés les martyrs du 8 mai 1945 et ceux de la guerre de libération.

1 COMMENTAIRE

  1. d’accord d’accord, allah yarham echouhada! mais si se relèvent de leurs tombe et voient l’état actuelle du pays « je vous rappel que j’ai vu des choses en algérie qu’ils n’existent nul par ailleurs par exemple même pas a ghaza ni en somalie porblème d’éducation du peuple, problème économique malgré la richesse naturel du pays en Algérie on fait la queue pour avoir du lait, les bus du transport urbain au delà d(alger sont d(un autre temps; tous le monde s’en fout dans ce pays…

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