62 ANS APRES L’INDEPENDANCE : DIRIGEANTS OU NOUVEAUX COLONS

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Abbes Hamadene

En ce 62 ème anniversaire de l’indépendance, notre pays se retrouve dans une configuration qui rappelle à bien des égards la période coloniale : les Algériens continuent d’être exclus de la décision politique, humiliés, délaissés, opprimés et privés de leur liberté et de leur dignité.

L’indépendance d’un pays n’est pas celle qui se résume à un drapeau et à un hymne national, mais celle qui respecte la souveraineté populaire et garantit la liberté, la justice, la dignité et les droits fondamentaux des citoyens.

UNE INDEPENDANCE VOLEE

Dès l’indépendance, le clan d’Oujda, conduit par Boumediene, Ben Bella et Bouteflika, s’empare du pouvoir par la force en s’appuyant sur l’armée des frontières. La révolution est trahie et toutes ses structures et instances sont dissoutes au profit d’un clan qui impose un système despotique dans lequel l’état-major décide de tout.

Un système toujours en place avec une constante : L’accaparement de toutes les décisions politiques par une poignée de décideurs.

La violence d’Etat continue de fonctionner comme une incurable pathologie caractérisée par le mépris, le mensonge et l’oppression physique et psychologique des citoyens. Elle poursuit le même objectif depuis 1962: une mainmise totale sur la société, le pays, ses richesses, son histoire et sa mémoire.

La corruption est partout, irréparable, omniprésente, elle a gangrené ou plutôt métastasé toutes les institutions.

L’ALGERIE NOUVELLE : REPRESSION ET PENURIES

Ces dernières années, l’Algérie est entrée dans une phase dictatoriale qui rappelle la période tyrannique sous Boumediene : Fermeture du champ politique et politique et verrouillage total de tous les canaux d’expression libre.

Chaque jour qui passe, les Algériens découvrent un peu plus et avec effroi le visage d’un pouvoir capable de faire recours aux méthodes répressives les plus atroces contre des citoyens pacifiques : détentions arbitraires, procès fabriqués et expéditifs, cas de torture avérés, traitements cruels et inhumains, interdictions de sorties du territoire, instrumentalisation politique de l’accusation de terrorisme (fameux article 87 Bis du code pénal …

Pénuries d’eau et de produits de première nécessité et de médicaments, incendies criminels, misère sociale galopante et détresse psychologique sont devenus le lot quotidien de millions de familles algériennes.

Des milliers de cadres de haut niveau attendent l’occasion pour partir vers d’autres horizons, des milliers de Harragas (jeunes, moins jeunes, hommes, femmes et enfants) risquent chaque jour leur vie pour fuir le pays devenu un enfer pour des millions d’Algériens.

L’ALGERIE NOUVELLE : LA KAKISTOCRATIE A TOUS LES NIVEAUX

La kakistocratie signifie l’arrivée au pouvoir des plus mauvais et des plus incompétents. L’Algérie aujourd’hui semble plus que jamais livrée aux plus médiocres, l’incompétence s’est glissée à tous les niveaux des sphères décisionnelles.

L’Algérie est devenue aux yeux du monde, un pays moqué et une caricature de par la médiocrité de ses représentants, sa politique intérieure défaillante et sa politique extérieure extravagante, incohérente et contre-productive.

Par leur politique chaotique et autoritariste, les décideurs actuels ont conduit le pays à une dégradation alarmante et brutale de la situation politique, économique et sociale, sans qu’aucune perspective crédible de sortie de crise ne soit proposée.

L’Algérie donne l’impression de vivre en dehors du monde et du siècle.

Seul le retour de la mobilisation active et pacifique des citoyens peut redonner vie à cette même espérance lumineuse pour laquelle se sont sacrifiés les martyrs : une Algérie libre et démocratique qui se réapproprie les valeurs de fraternité, solidarité et justice sociale.

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