ALGÉRIE : LE VIVRE-ENSEMBLE COMME IMPÉRATIF MORAL

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« La tolérance n’est pas une concession que je fais à l’autre, elle est la reconnaissance du principe qu’une partie de la vérité m’échappe. »

Paul Ricœur, Philosophe Français (1913 – 2005)

A l’échelle de l’histoire humaine, les sociétés homogènes quant à leurs origines sont l’exception plutôt que la règle.

A l’indépendance de l’Algérie, le pouvoir en place dans sa cécité révolutionnaire imposa une vision moniste du corps social, utilisant toute la capacité de l’État à homogénéiser les populations qui vivaient sous son autorité, occultant ainsi la grande diversité de la nation algérienne.

Dans sa tentative de reproduire le consensus qui prévalut durant la révolution, il amorça le début d’un malaise sociétal et politique qui mine la nation jusqu’a aujourd’hui.

Jouant sur les différences culturelles, certes réelles, il n’engagea aucune réflexion pour canaliser ces énergies différentielles dans la sauvegarde de l’imaginaire millénaire de cette terre.

De part le monde, plusieurs pays ayant eu une histoire aussi tumultueuse que celle de l’Algérie et combattu le même colonialisme, ont su élaborer les approches justes pour consolider le vivre-ensemble dans leur société. Le Vietnam est le cas le plus illustre.

Dire et écrire vrai l’histoire du pays, fut le slogan des ces approches, en faisant du vivre ensemble un impératif moral.

Cette hardiesse fut le catalyseur qui a permet à un pays comme le Vietnam de s’épanouir au niveau moral, intellectuel, physique, esthétique, d’acquérir les compétences de base, de développer un potentiel, un dynamisme, et une créativité, formant ainsi la personnalité de l’homme vietnamien et sa responsabilité citoyenne.

Ces approches insistèrent aussi sur le fait qu’au Vietnam, l’histoire joue un rôle extrêmement important lié à la survie de la nation.

Les jeunes générations qui n’aiment pas l’histoire nationale et ne maîtrisent pas les nécessaires connaissances de base en matière d’histoire et de culture nationale et de l’humanité ne sauront pas exprimer leur fierté nationale ni hériter des traditions nationales.

Pour ceux et celles qui visiteront ce grand pays remarqueront que les vietnamiens n’abhorrent aucune rancune.

Le pardon est un fait incrusté dans leur quotidien. Leur fierté dérive de la droiture de leur acte leur permettant ainsi de s’affirmer et d’accepter le passé.

Leur regard sur ce même passé, ne reflète aucune honte, mais une acceptation de ce que la Providence leur a destinée.

A l’exemple du Vietnam, L’Eveil National en cours en Algérie doit être guidé en premier par le vivre-ensemble comme impératif moral que rien, absolument rien ne doit transcender.

La perception sous-jacente, qui n’est pas fausse, est que rien ne se résout finalement par le conflit. La violence étant en soi considérée comme destructrice. La terrible décennie est plus que présente dans la mémoire des algériennes et algériens.

De ce fait la responsabilité dévolue à l’Eveil National est immense dans la conduite des prochaines étapes et la consécration de l’effort salvateur porté par des millions d’algériennes et d’algériens chaque semaine, pendant 10 mois consécutifs.

De plus celles et ceux qui œuvrent pour ce vivre-ensemble doivent le généraliser pour qu’il devienne une expérience individuelle, démontrant ainsi que tous les conflits inter-sociétaux sont des signes d’immaturité.

Cette démarche verra dans l’obligation de vérité, le «s’obliger à la vérité», et par le «dire-vrai » un exercice de la liberté… et l’exercice le plus haut de la liberté.

Ce courage de dire et d’écrire vrai conjugué à la certitude de la justesse de l’Eveil National à construire une société équitable soutenu par tout le peuple mettra ainsi et une fois pour toute, ceux qui le regardent face à leurs propres contradictions et immaturité !

Khaled Boulaziz

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