يومية الجزائر
Édition du
22 January 2020

LES SEMEURS DU DOUTE.

Hacene Loucif

Curieuse est la facilité dont font preuve certaines figures de l'”élite” à démentir ce qu’elles disent et ce qu’elles écrivent par ce qu’elles font. D’autres encore semblent avoir enterré leurs vies d’avant le 22 février 2019 pour essayer de s’accrocher au coup d’accélérateur donné par le peuple à l’histoire.

Se déroule, alors, devant nos yeux le spectacle des vraies fausses projections où l’on troque ses convictions et sa lucidité pour les faux semblants de l’élan de libération qui traverse la société.

La preuve par les faits :

Certains de ceux qui étaient contre le coup d’État des Janvieristes contre la le processus démocratique en 1992 sont, aujourd’hui, pour le coup d’Etat du 12 décembre 2019 contre La Silmiya.

Certains de ceux qui étaient pour le coup d’État de 1992 sont contre le coup d’État du 12 décembre dernier.

D’autres encore soufflent le chaud et le froid, au gré des manœuvres de la junte militaire visant à discréditer la Révolution populaire en lui déniant tout intelligence agissante.

Le hic est que personne parmi cette “élite” n’a remis en question ses précédents choix pour expliquer son revirement et le sens des positions qu’il donne l’impression de prendre actuellement.

Dans ce clair-obscur se trouvent des “écrivains”, des “journalistes”, des “analystes”, des “faiseurs d’opinion” (quelle supercherie ! ) pour tenter de semer le doute au sein du peuple. Ils le font au nom du droit à la critique, à la liberté d’expression.

Sans doute, ces semeurs du doute à tout va ont le droit de s’exprimer. Seulement, ils sont aussi tenus à la responsabilité d’être à la hauteur de l’exercice de la parole publique auquel ils ont accès.

Une belle expression de chez nous dit “Win id-inetqen ad ittuxetti, win issusmen ad ittuxetti” (sera tenu à l’amende quiconque porte atteinte à la parole publique en l’exerçant sans ouvrir de perspective à une prise de résolution servant l’intérêt général ou qui s’abstient de l’exercer tout en ayant une proposition éclairante à présenter, privant ainsi l’intelligence collective de son apport).

C’est sous le poids de cette responsabilité que s’exercait la parole publique au sein de la société traditionnelle. Ainsi, l’assemblée du village, de la tribu ou de la confédération des tribus, était préservée comme espace souverain de délibération.

Quand s’effilochent les rapports de la conscience à la morale et à l’éthique, l’intelligence devient une proie facile pour l’imposture. Dans ces conditions, il pleut des “intellectuels” comme vache qui pisse.

Le drame, c’est que certains esprits lumineux sont pris au vice attractif de ce jeu sans s’en rendre compte.

Ils ne savent pas que balle au canon, la roulette russe n’est plus un jeu.
Hacène LOUCIF.


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Un commentaire

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  • Bombardier
    21 janvier 2020 at 6:58 - Reply

    En plus de semer le doute, certains ne cachent plus leur mépris du peuple traité de tous les noms.

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