LE CARACTÈRE ET L’AMBIVALENCE DE CERTAINS DE MES COMPATRIOTES

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  Abdellah CHEBBAH   Fév. 2020

Certaines personnes ont des valeurs et des principes auxquels elles y tiennent et s’y attachent. Elles sont généralement intègres et honnêtes. Leurs visions et leurs décisions sont formelles, sans détours et positives. Leur personnalité est unique. On les appelle dans le jargon intellectuel, l’élite. D’autres, sont dans un tumulte de controverses où elles broient du noir et du blanc, indécises et se positionnent dans une partie grise en stationnement éternel. Elles sont ainsi ambivalentes du matin au soir entre ce que disent les uns et ce que disent les autres. Ces dernières qui se croient élites, refusent d’avancer.

Ce genre de personnes ambivalentes n’a généralement pas de repères, ni d’objectifs, ni d’avis personnels à émettre. Elles se meuvent au train des évènements quotidiens, de la rumeur et de la propagande. Elles aiment colportés ce qui se dit mais jamais ce qu’elles en pensent à cause de cette déchirure qu’est leur subconscient. Leur conscience n’est nullement utilisée de peur de ne pas pouvoir la justifier et la défendre avec raison, par incertitudes, ignorance et hésitations à se prononcer sur leurs arguments personnels.

Il m’arrive parfois de buter sur ce genre de personnes frontalement ou par médium interposé qui n’émettent aucune pensée personnelle mais bien au contraire puisent  dans un virtuel d’anecdotes de personnes d’autrefois à une autre époque, qui ont émis des avis et des opinions. Elles sont alors là à monopoliser les discussions sans intérêt pour s’entendre parler dans le vide et abrutirent leurs interlocuteurs. Rien n’incite à la conversation, ni à la correspondance. Autant ignorer.

La singularité d’une personne est primordiale dans les débats. Les avis, les opinions et les arguments personnels animent les discussions. Elles déblayent le terrain qui permet d’être en accord ou pas. On ne peut pas se positionner sur ce qui se dit par la masse. Dans cette masse s’infiltrent des idées et des propos manipulateurs et néfastes au positivisme. Et c’est ainsi que s’instrumentalisent les masses et que les vraies élites s’engouffrent.

D’une façon générale, mes compatriotes ont cette notoriété de savoir tout, d’être au courant de tout et d’être partout. Pourraient-ils un jour apprendre à écouter les érudits, les spécialistes, les penseurs?

Se référer à des époques et à des contextes lointains dépassés par le temps et l’espace, aboutit généralement à la stagnation. Le monde va vite et ce temps et cet espace sont restreints. Il sont dans la mobilité du XXI siècle. Les solutions doivent être promptes et immédiates. La pensée géniale doit transcender les esprits.

La révolution qu’entreprend en ce moment les Algériens est dans ce cas de figure. Ils viennent de constater que le monde leur échappe à cause d’une cristallisation de leur histoire confisquée par une bande d’incultes octogénaires illégitimes qui détient le pouvoir par les armes et réduit le peuple à une obéissance et une obédience aveugles et uniques sans aucuns droits ni libertés d’émettre un contraire.                                                                                                                                                                    

L’ Algérien n’a d’autre choix que d’aller de l’avant. Stagner sur une position d’attente mène à un suicide collectif. L’émergence d’idées nouvelles éclaboussantes et secouantes est le leitmotiv de toute révolution. Il ne s’agit pas de changer pour changer mais de changer pour le meilleur qui sied avec l’époque et notre société. La nouvelle génération a soif. Elle veut s’abreuver de modernité et de progrès. L’Algérie a toutes les capacités d’offrir cela. Malheureusement l’esprit de certains réfractaires n’y est pas. Ils ne savent pas encore comment y accéder. Le temps d’adaptation leur fait peur. Ils préfèrent stagner dans un acquis malheureux. Le passif est trop lourd et les risques sont nombreux, disent-ils.

Il suffit parfois de petites choses insignifiantes mais époustouflantes et extravagantes pour changer les choses. 

La sagesse, la raison, la non violence, l’honnêteté et l’intelligence de propos persuasifs sont les moteurs d’une révolution.

L’Algérie a besoin de personnes qui savent secouer les cocotiers, à l’instar de Ben Mhidi, Boudiaf, Ait Ahmed et tant d’autres.

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