يومية الجزائر
Édition du
13 December 2019

La présidentielle du 12 décembre : le peuple se dit non concerné.

Ait Benali Boubekeur
Jusque-là, tous les présidents sont préalablement désignés par le haut commandement militaire. Si la prochaine échéance du régime se tient conformément au calendrier du chef des armées, le futur président ne sera pas l’émanation du peuple. il incarnera indubitablement la volonté du pouvoir réel. En tout cas, à la veille du lancement de la campagne électorale, les pratiques du régime demeurent inchangées. Bien que le peuple algérien, dans sa majorité, refuse, depuis le 22 février 2019, toute tutelle, le calendrier politique est fixé par l’homme fort du pays, Gaid Salah. En mobilisant la clientèle traditionnelle du régime, il tente de maintenir le statu quo au nom de l’intérêt national. Et c’est ce que vont défendre, à partir d’aujourd’hui, ses cinq chargés de mission.
Dans la réalité, que peuvent apporter de positif les cinq candidats au pays ? Absolument rien. Ils le prouvent indirectement à chaque sortie médiatique. Ainsi, quand on leur pose la question sur la libération de la justice, ils se disent tous prêts à œuvrer dans ce sens. Mais, quand on leur demande de commenter les arrestations abusives des manifestants, ils refusent d’émettre le moindre avis sur les décisions de la justice « de téléphone ». Cette contradiction suffit amplement à les discréditer tous. Dans ces conditions, on peut dire, sans risque de se tromper, que le nouveau « président » ne servira pas les intérêts du pays, mais les intérêts du clan vainqueur, en mars 2019. La question qui se pose désormais est la suivante: le chef des armées réussira-t-il à faire plier le peuple ? Pour le moment, il ne lésine pas sur les moyens.

Car, dans l’esprit des caciques du régime, il est intolérable qu’un peuple qui a été humilié depuis des décennies puisse remettre en cause leur hégémonie. En plus, depuis des décennies, quand le régime est traversé par une crise interne, il suffisait qu’il résolve la crise intestine pour régner ensuite sur le pays. Or, depuis le 22 février 2019, une nouvelle donne s’additionne à l’équation du pouvoir. Désormais, le peuple algérien veut exister et participer à la gestion des affaires du pays. C’est ce qu’il rappelle depuis 39 semaines à un régime sourd à toutes les demandes de changement. Bien qu’il ait tablé sur l’usure –le mois de ramadan, la fournaise de l’été et maintenant les pluies diluviennes –, le peuple algérien ne recule pas. Et il a raison de le faire. Car, après 57 ans où il a laissé le même régime gérer ses affaires, le pays se retrouve en situation de quasi-faillite, et ce, en dépit des richesses dont dispose le pays. Pour sauver le pays, il faudrait commencer par refuser de se faire imposer des dirigeants non contrôlés par ses soins. D’où le rejet de cette consultation qui vise à garantir la pérennité du système. Pour ce faire, il n’y a qu’une seule méthode face aux dictateurs : le mouvement doit rester pacifique, quoi qu’il arrive.


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Un commentaire

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  • wahid
    19 novembre 2019 at 12:18 - Reply

    L’histoire

    La mémoire

    Les erreurs

    Les leçons

    Pour ne pas faire du 12 Décembre…….le 09 février 1992

    Neuf février, jour de la haine et du malheur algérien !

    Le neuf février en Algérie, et depuis 1992, ne peut ni ne doit vouloir dire autre chose que la peur, la colère et la haine. Et comme dit George Lucas: “La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance”. Me voilà donc, une boule de colère, après avoir été pris pour cible par la peur, un certain neuf février ; je hais la vie comme je souffre de mal être.

    Que s’est-il donc passé ce neuf février ? Rien de plus qu’une confiscation de latitudes à un peuple auquel on refuse le droit de choisir de vivre sa vie. Depuis ce jour, une junte militaire s’empara de nos libertés et fit de nous un paquet de sujets sans vie. Depuis ce jour l’Algérie libre fut transformée en prison à ciel ouvert et les Algériens, y compris les geôliers sont réduits en captifs.

    En effet, une équipe de bandits décida comme à la française, de nous museler et de nous isoler en décrétant l’état d’urgence.

    Voici brièvement le film des événements ayant mené à notre perte et notre malheur :

    1992

    Janvier : Chadli est poussé à démissionner sous la pression de l’armée et le second tour des élection est annulé. Création d’un Haut Comité d’Etat (HCE) sous la présidence de Mohamed Boudiaf, un des artisans de l’indépendance, rappelé d’exil.

    Février
    : instauration de l’état d’urgence.

    Mars
    : dissolution du FIS.

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    J’ouvre la parenthèse ( Les camps d’internement du sud en Algérie (1991-1995). Contextualisation et enjeux)

    « Tout a commencé juste après l’arrêt du processus électoral et la venue de Boudiaf bien sûr » m’a dit Karim au début de notre entretien1.

    Qu’est-ce qui commence ? En quoi la venue de Mohamed Boudiaf joue-t-elle un rôle si important ? Karim est un ancien interné des camps du sud algérien. Entre 1991 et 1995, ils sont des milliers, comme lui, à avoir passé quelques mois ou quelques années dans des camps d’internement situés au milieu du désert. Tout a commencé. L’expression est polysémique. Elle concerne aussi bien sa trajectoire personnelle et son arrestation que la séquence historique dans laquelle l’Algérie entre à l’hiver 1991-1992. De ce fait, elle pose la question des bornes chronologiques d’une guerre civile qui refuse de dire son nom – les textes officiels désignant cette séquence par l’expression de « tragédie nationale »2 – tout en interrogeant le moment où la trajectoire de ces hommes a pris la direction des camps du sud

    Ces derniers sont relativement connus des Algériens et, pour beaucoup, leur création est un point de bascule de l’histoire contemporaine de l’Algérie, prémices de la guerre civile. Pourtant, force est de constater qu’ils n’ont pas encore été investis par la recherche. Certains artistes s’en sont emparés, à l’image de l’humoriste et écrivain Fellag qui, dans son roman L’allumeur de rêves berbères, évoque « les militants du parti victorieux [qui] s’insurgèrent. […] Des milliers d’entre eux furent arrêtés et emmenés dans des camps de toile érigés en plein désert où ils furent incarcérés pendant des années. […] La plupart d’entre eux rejoignirent les premiers maquis »3. Son ouvrage est une fiction. Toutefois, ce passage propose une hypothèse partagée par de nombreux observateurs, à l’instar de Luis Martinez qui, dès 1998, écrit que « l’hypothèse que les prisonniers des camps du sud, libérés à partir de 1993-94, lui [l’Armée Islamique du Salut – AIS] ont fourni l’essentiel de ses troupes est la plus probable »4 (Martinez, 1998, p. 308). En 2002, Messaoud Ouziala, ancien détenu des camps du sud, paraît corroborer ces dires, expliquant que « très souvent les gens se sont organisés dans les camps pour aller au maquis par la suite »5.

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    Je ferme la parenthèse

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    Juin
    : assassinat de Mohamed Boudiaf. Début de l’escalade de la violence.

    Juillet
    : Liamine Zeroual remplace le général Khaled Nezzar à la Défense.

    1993
    Août : assassinat de Kasdi Merbah, ancien Premier ministre et ex-chef de la Sécurité militaire.

    Apparition du sigle GIA, Groupes islamiques armés, composé d’anciens volontaires formés à la guérilla en Afghanistan qui va progressivement privilégier un terrorisme médiatique.

    1994

    Janvier : le général Liamine Zeroual est nommé chef de l’Etat par le HCE.

    Septembre-octobre
    : échec du dialogue entamé par le pouvoir avec le FIS. Mise en résidence surveillée des dirigeants du FIS, Abassi Madani et Ali Belhadj.

    Novembre
    : colloque pour l’Algérie organisé à Rome par la communauté catholique de Sant’ Egidio. Désapprouvé par le gouvernement, il réunit la plupart des partis d’opposition (FIS, FLN, FFS, MDA, PT, Ennhada et maître Ali Yahia Abdenour, président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme).

    Décembre
    : prise d’otages dans un Airbus d’Air France sur l’aéroport d’Alger. Les agents du GIGN libèreront l’appareil sur l’aéroport de Marseille-Marignane. Les quatre terroristes seront tués.

    1995

    13 janvier : signature d’un “Contrat National ” destiné à mettre un terme aux violences, par les principales forces de l’opposition réunies par la Communauté de Sant’Egidio de Rome. Le pouvoir rejette ce texte.

    30 janvier
    : un attentat à la bombe devant le commissariat central d’Alger fait 42 morts et près de 300 blessés. Il est revendiqué par les Groupes islamiques armés (GIA).

    25 juillet
    : attentat revendiqué par les GIA dans le RER parisien. 7 personnes sont tuées et plus de 80 blessées.

    19 octobre
    : le FIS appelle ses membres à quitter les GIA, dirigés par “une bande d’extrémistes “, selon El Hayat.

    22 octobre
    : le président Zeroual annule la rencontre prévue avec Jacques Chirac au siège des Nations unies à New York après les vives critiques émises en France contre cette réunion.

    16 novembre
    : élection présidentielle. Liamine Zeroual remporte 61% des voix. Le taux de participation est élevé (75,6% des voix), malgré l’appel au boycott des partis de l’opposition signataires des accords de Rome.

    1996

    17 janvier : Abbdelahmid Mehri est évincé de son poste de secrétaire général du FLN. La nouvelle direction du Front rompt avec les partis qui avaient signé à Rome un appel à la paix.

    Mai
    : sept moines français enlevés en mars dans leur monastère de Tibéhirine par les GIA de Djamel Zitouni sont retrouvés égorgés.

    Juillet
    : Djamel Zitouni est assassiné. Antar Zouabri lui succède à la tête des GIA.

    28 novembre
    : référendum constitutionnel, qui donne les coudées franches au président Zeroual.

    1997

    Janvier : série de massacres dans la Mitidja, qui font environ 450 victimes.

    5 juin
    : élections législatives largement remportées par le nouveau parti présidentiel, le Rassemblement national démocratique (RND).

    15 juillet
    : libération conditionnelle du dirigeant du FIS Abassi Madani après six ans de détention.

    Eté 1997
    : recrudescence des massacres, principalement dans les environs d’Alger, qui font plus de 1200 victimes. Tous les observateurs s’interrogent sur les responsabilités de l’armée.

    21 septembre
    : l’Armée islamique du Salut, bras armé du FIS, appelle à cesser les combats à partir du 1er octobre.

    25 décembre
    : élections au suffrage indirect du Conseil de la Nation, chambre haute du Parlement. Le parti présidentiel remporte 80 des 96 sièges.

    Décembre 1997-Janvier 1998
    : après une relative baisse d’intensité pendant l’automne, les massacres reprennent quelques jours avant le début du ramadan, faisant plus de mille victimes. Les violences se déplacent notamment vers l’ouest algérien.

    1998

    25 juin : le chanteur kabyle Lounes Matoub, victime d’une embuscade, est assassiné près de Tizi Ouzou. Les émeutes qui se produisent en Kabylie les jours suivants prennent un caractère anti-gouvernemental.

    11 septembre
    : le président Zeroual décide d’abréger son mandat et annonce une élection présidentielle anticipée.

    Novembre
    : une scission au sein des GIA donne naissance au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), dirigé par Hassan Hattab.

    1999

    Janvier : début de la campagne présidentielle pour l’élection du 15 avril. 7 candidats sont en lice. Ce scrutin paraît plus ouvert que les précédents.

    14 avril
    : retrait de six des sept candidats pour protester contre des tentatives de fraude.

    15 avril
    : élection d’Abdelaziz Bouteflika

    Le lien avec le 12 décembre 2019.

    Pour quoi les militaires veulent coûte que coûte élire un président et le plutôt serait le mieux.
    Simplement pour passe à la phase deux de leur plan (avorter la révolution du sourire).

    La phase une (terminé)

    Après avoir confisqué directement le pouvoir par l’appliquant de l’Article 102, cela qui a permit à Gaid salah de justifier le coup de force contre l’ex président impotent, et confisqué le pouvoir, pourtant l’ex président lui rester moins d’un mois pour finir son quatrième mondât, et le Hirak pouvait imposer de nouvelle règles de succession et le peuple aurait pu élire son nouveau président.

    La phase deux du plan, c’est d’organiser des élections pipées d’avance. Une fois élu un des cinq candidats retenus (les cinq candidats tous sans aucune exceptions, sont coopté par les militaires), le désigné par les militaires et plébiscité par une ‘élection’ cd dernier aura la sale besogne d’ordonner aux forces de sécurité de tous les moyens dont dispose l’État, même user de la force sous le prétexte de la sécurité des institutions et des citoyens et au nom de la sécurité et la cause de l’état. Les manifestants , les militants du Hirak et les opposants seront systématiquement arrêté, harcelé, et intimidés, enfin ce président servirait à légitimer la répression, les arrestations et même la la guerre contre Elhirak, si jamais ce future président refuse d’exécuter le plan des militaires il subirait le sort du défunt Boudiaf.

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