يومية الجزائر
Édition du
13 December 2019

Le régime algérien est-il une dictature militaire ?


Addi Lahouari.

La dictature militaire est un régime où le pouvoir est exercé au nom de l’armée qui, dans les exemples de l’Amérique Latine, défend une classe sociale privilégiée. Dans le gouvernement, les principaux ministères sont dirigés par des officiers supérieurs en tenue. Régime autoritaire, l’Algérie n’est pas une dictature militaire dans le sens décrit ci-dessus. A l’indépendance, la hiérarchie militaire a confisqué le pouvoir au nom du peuple, affirmant qu’elle est issue du FLN historique et qu’elle a la mission de réaliser son programme. Le colonel Houari Boumédiène qui, en devenant ministre de la défense et ensuite Chef de gouvernement, a enlevé la tenue militaire pour prétendre être un militant du FLN. Il avait lancé une politique économique et sociale qui lui avait valu le soutien d’une grande partie de la population : nationalisation des hydrocarbures, industrialisation, réforme agraire, médecine gratuite, etc. Quelques années après, ce projet n’a pas tenu ses promesses, menant le pays vers des difficultés financières et vers l’appauvrissement de la société. Il y a été mis fin avec la réforme constitutionnelle qui a suivi les manifestations d’Octobre 1988. Théoriquement, un nouveau régime devait naître, avec comme conséquence le retrait des officiers supérieurs du comité central du FLN. Mais la hiérarchie militaire n’a pas pour autant renoncé à être source de pouvoir à la place de l’électorat. C’est pour sauver la nation (contre l’électorat ?) que la hiérarchie militaire a annulé les élections en janvier 1992. Le paradoxe du régime est qu’il prétend parler au nom du peuple contre le peuple. Tous les discours de Gaid Salah depuis mars 2019 reproduisent chaque semaine ce paradoxe.
Le régime n’a pas la cohérence de la dictature militaire où l’armée arrête les opposants et réprime les manifestations. Pour s’assurer la fidélité des magistrats, Gaid Salah n’a fusillé aucun juge comme cela se fait dans les dictatures militaires ; il a par contre a décidé d’augmenter les traitements des magistrats, utilisant ainsi le budget de l’Etat pour les corrompre, alors que, théoriquement, ils doivent rendre la justice au nom du peuple. Si demain, les juges prennent conscience et refusent de condamner arbitrairement les manifestants, les policiers cesseront d’arrêter les citoyens et Gaid Salah sera obligé de partir pour laisser l’Etat-Major négocier une transition pacifique avec le hirak.
En Algérie, la hiérarchie militaire utilise la justice et la police pour réprimer. Autrement dit, la hiérarchie militaire soumet à sa volonté des institutions de l’Etat pour s’imposer comme source de pouvoir. Sans la police et la justice, l’Etat-Major n’aurait aucun moyen d’exister politiquement. C’est ce qu’ont compris les manifestants qui scandent les vendredis « les généraux à la poubelle et l’Algérie teddi l’istiqlal ». Ils veulent dire que les institutions de l’Etat (présidence, assemblée nationale, ministères, justice, police) sont colonisées par la hiérarchie militaire qui nomme les civils à la tête de ces institutions. Ils veulent dire que l’Etat n’est pas indépendant. Face au hirak, qui a montré une maturité politique indéniable, le régime est faible parce qu’il repose sur une fiction à laquelle plus personne ne croit. L’Algérie n’est pas une dictature militaire ; c’est un régime populiste autoritaire qui a épuisé sa dynamique politique et qui n’a plus de pertinence historique. C’est un fruit mûr qui préfère pourrir dans l’arbre et tomber sur le sol avec fracas.


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5 Commentaires sur cet articles

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  • DRIA
    4 décembre 2019 at 9:14 - Reply

    Le regime algérien est atypique; inclassable, indescriptible. Seul les algériens vivant sous son joug savent vraiment de quoi il s’agit. Il échappe à toute classification, étude ou analyse. Pour le schématiser, c’est une pieuvre sans tête. Créer à l’origine par des militaires et leurs services secrets. Changeant d’appellation selon les époques, du MALG, à la sécurité militaire, au DRS au D….( à se demander vraiment si ce n’est pas une ramification de la DST française).

    C’est pire qu’une dictature militaire. Une dictature, c’est visible, structurer, avec une idéologie derrière, des principes, ayant un code et des lois à ne pas transgresser. Le regime algérien après un demi siècle de gouvernance, de mue et de metamorphose est devenu incontrôlable. Ce système échappe même à ces concepteurs. Le cœur du système est composé d’une poignée de généraux ripoux qui tienne le pays et l’armée en otage. La théorie des Sofliners et Hardliners ne tiens plus la route. Après un bras de force de dix mois aucune réaction de la part des militaires. Il faut se rendre à l’évidence qu’il ya comme dans le civil : des Soumis et des Insoumis. Tous les militaires en poste sont des soumis sous couvert, de discipline, de l’application des ordres émanant des hierarchies supérieurs, de la non ingérence dans la politique du fonctionnement militaire… Les insoumis quant à eux; sont soit radier, mis en retraite anticiper, démissionnaire, voir emprisonner quand ils n’arrivent pas à déserter et s’ils ne sont pas éliminer physiquement. Ce sont ceux qui s’élèvent contre l’ordre établi pour dénoncer les injustices, les dépassements et la Hogra dans l’institution militaire.

    En résumé, les Softliners sont des militaires qui ont accepter l’ordre établi et tirent profit du système. Le changement ne les intéresse pas. Les Hardliners représente le gang des généraux actuellement en guerre de succession et de leadership. Gaid, Ouassini, BenAli, Ghris, Chengriha, Bechar… et les déchus Nezzar, Toufiq, Tartag, Zerrad, Beleqsir, Chentouf…..

    Existe t-il parmi les sofliners des éléments qui veulent bouleverser l’ordre établi ? Qui Tourneront le dos aux Hardliners ? Qui basculeront en faveur du Hirak et du peuple ? Prendront conscience de la gravité de la situation et de l’importance de leur action pour l’avenir du pays. C’est un espoir minime qui ne risque pas de voir le jour de sitôt. S’ils n’ont pas réagi à ce jour, ca veut dire que ce sont des Hardliners potentiels qui attendent le moment propice pour prendre le contrôle à leur tour.

    Ceci dit le peuple et le Hirak sont condamné de poursuivre le combat seul pour libérer le peuple et l’armée. Une armée prise en otage par des militaires (Hardliners “ripoux” et sofliners “soumis”).

    Une seule arme la lutte pacifique. La bataille du 08 décembre sera decisive et cruciale pour l’avenir du pays. Ne sombrons pas à la colère ni à la peur. La declaration du voyou ministre de l’intérieur en est le parfait exemple. Sans colère, ni peur, je lui répondrais par “je suis felon, mercenaire, pervers, homosexuel, mais je ne serais jamais un traître à ma patrie. Je ne serais jamais au service des généraux ripoux. Je ne serais jamais un lahass de rangers. Nous sommes des algériens libres de nos actes et de nos pensées. Nous sommes des algériens qui ne voterons pas le 12. Nous sommes des algériens qui ne vous laisserons plus gouverner. Nous sommes des algériens qui entamerons en plus des marches une gréve générale pour vous faire déguerpir et nous réussirons بإدن االه bande de voyous. Cette fois c’est vous qui payerons la facture et non pas les fils du peuple comme ce fut l’usage depuis 62.

    • DRIA
      6 décembre 2019 at 1:59 - Reply

      La détermination du peuple est grande. La grève a partir du 08 est unanime. Pour lever toute ambiguïté nous appellons tous les syndicats a faire des déclarations dans ce sens. Les syndicats de l’education après des promesse de passer à l’échelle 12 et des augmentations en vue risque de débrayer et de reprendre m. Ce sera un coup de poignard comme ce fut le cas avec le syndicat fantoche des magistrats.

      Avec ou sans vos déclarations le peuple optera pour la grève. Il n’y aura pas d’école et pas d’université et pas de boulot pour tous les Algériens. Le débrayage aura lieu. C’est l’ultime et légitime recours du peuple algérien, il y va de son existence et de son avenir. Alors, autant être solidaire de cette mobilisation citoyenne.

      Tout les syndicats doivent se prononcer sur la grève par des appels clairs pour rejoindre le mouvement de grève. Il ne s’agit plus des revendications socio-professionnelles uniquement, mais pour appuyer le CHOIX et la VOIX du peuple.

      Le train de l’histoire est en marche , la semaine prochaine est crucial pour le Hirak pour, le pays il est temps de libérer pacifiquement notre peuple et de récupérer pacifiquement notre armée.

      En plus des arrêts de travail des sit-in. Il y aura des actions pour fermer les ports et aéroports. Le bataillon de l’ouest ( casbah, bab El oued…) s’occupera du blocage du port et le bataillon Est (El-harach, badjerrah babezour ..)
      s’occupera du blocage de l’aéroport. Les automobilistes et piétons peuvent également participer en fermant les accès aux toutes et autoroutes menant vers les ports et aéroports …les actions de feront crescendo PACIFIQUEMENT jusqu’à la chute du Gang.

  • mokhnache
    4 décembre 2019 at 11:32 - Reply

    “oui SI LA JUSTICE et les services de securité echapent au controle de l etat major” ils n auront plus de pouvoir et pourront meme s enfuir puisqu ils ne sauront se defendre et c est ca le probleme!
    Donc la question principale qui se pose et que le hirak devrait resoudre c est comment persuader la justice et les services de securité a n obeir qu a la loi ?
    Bouteflika, pour permettre a son ami khelifa n a pas hesite a faire voter une loi par les faux representants du peuple les traitres a la nation , une loi qui OTE L’autonomie a la banque centrale et une autre qui reduit les pouvoirs du conseil sur la monnaie et le credit ..il n y a pas eu de reaction de la classe politique qui a avalisé une felonie de plus! comment faire en sorte que le peuple puisse convaincre ses enfants de n etre au service que du pays et pas des hommes qui le mene la ou ils veulent????

  • Amir_djazair
    4 décembre 2019 at 3:58 - Reply

    Important ***important*** URGENT

    ABSOLUMENT, POUR UNE MEILLEURE VISIBILITÉ ET D’IMPACT, LE HIRAK A BESOIN DE MILLIERS DE PANCARTES ET BANDEROLES QUI EXPRIMENT LES REVENDICATIONS DU PEUPLE ÉCRITE EN ARABE, FRANCAIS ET ANGLAIS

    # # # # # # #

    Important ***important*** URGENT

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    S V P NE PAS SE TENIR EN AVANT DES BANDEROLES REVENDICATIVES *******

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  • Abdellah CHEBBAH
    4 décembre 2019 at 6:02 - Reply

    IL FAUT LIBÉREZ LA JUSTICE ET LA PRESSE

    Le pouvoir qu’incarne l’état major militaire pour se maintenir en sclérosant la justice et la presse ne pourra en aucun cas faire fléchir la détermination du peuple Algérien. Nous assistons de jour en jour à une politique du bâton et de la carotte pour brouiller l’opinion publique et semer ainsi la discorde.
    Ce régime morbide essaye par tous les moyens de s’introduire dans des espaces dont il n’a aucune expertise, ni droit, ni légitimité. Il bafoue les fondements même d’un état. Dans sa logique, il faut maintenir le peuple loin des décisions qui le concerne.

    L’exécutif et le législatif, vitrines de notre démocratie ont toujours été aux services et aux ordres de ce pouvoir qui les crée, les façonne, les recycle et les gâte. Ils ont toujours été des supports sans contre pouvoir.

    La justice et la presse par contre devraient fonctionner suivant une éthique et une déontologie de conscience. La justice en général doit être juste, équitable et partiale ainsi que la presse qui doit informer, analyser, critiquer et débattre pour le bien de tous. Pourquoi l’épée de Damoclès est aux dessus des ces derniers par une mise à mort?

    Pour désarmer ce pouvoir de despotes, il faut soutenir et libérez impérativement les magistrats et la presse. Il ne restera que l’armée et la police qui, je ne le pense pas, s’aventureront à tuer leurs frères.
    Il faut désarmer ce pouvoir, l’affaiblir par tous les moyens.

    IL NE PEUT Y AVOIR POUVOIR QUE S’IL Y A OBÉDIENCE ET SUBORDINATION.

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