يومية الجزائر
Édition du
5 April 2020

Le “Système”.

Adel Herik

Beaucoup de gens se demandent ce qu’est le “système” en Algérie. Pour ma part, je pense que c’est une certaine “culture”, des manières de penser et des comportements qui règnent au “dernier étage” de la hiérarchie politico-administrative, dans ce cercle restreint – cette grande famille – où se retrouvent le Chef de l’État, le Chef du Gouvernement, le Président de l’APN et celui du Sénat, les ministres, le Chef de l’EM, etc. Les individus qui occupent les postes changent, mais cette culture reste et se transmet à travers les époques. Et plus un haut responsable se maintient dans le “circuit”, plus il s’imprègne de cette culture jusqu’à en devenir un des “gourous”. Après plusieurs décennies de pratique assidue, il finira par devenir un des piliers du système. Tel est le cas de Abdelmadjid Tebboune, par exemple.

Une des caractéristiques fondamentales du système est qu’il tend vers la fossilisation. Les piliers du système sont incapables d’innover, de concevoir de nouvelles manières d’appréhender les problèmes. Ils reproduisent inconsciemment les mêmes schémas de pensée et utilisent toujours les mêmes méthodes, celles que tous les piliers du système finissent par maîtriser parfaitement. Et le résultat importe peu, puisque le système fonctionne en vase clos et n’est contrôlé par aucune instance externe. Les tenants du système ne rendent compte à personne en dehors du cercle restreint de l’étage supérieur, dont les occupants se connaissent tous depuis longtemps et maîtrisent l’art de mentir en permanence au “peuple”.

L’opacité et le mensonge, voilà une autre caractéristique du système qu’on retrouve toujours et que les “grands commis de l’État” se font un devoir de maintenir vivante. Toujours brouiller les pistes, diffuser de fausses informations et des rumeurs afin de décourager toute tentative d’investigation. Le système n’a pas besoin de gens compétents, il a besoin de gens qui savent mentir, travestir la vérité, détourner les regards. Un Ouyahia, un Sellal, un Saadani: voilà de bons modèles pour tous ceux qui veulent faire carrière dans le système. Le système ne cherche pas à réaliser quelque chose de valable, il cherche à se maintenir. Il dissimule, il ment, il triche, il ruse, il manipule afin de toujours sortir indemne.

Une autre constante du système est la “manie” de confectionner des lois, des textes, etc. qui semblent faits pour servir l’intérêt général alors que le but premier qui a motivé leur promulgation est de servir les intérêts particuliers conjoncturels de la caste qui se trouve au sommet et tient les commandes, ceux de ses barons et ses clients. Le système n’est pas un organisme de bienfaisance, même si sa mission principale est la distribution de la rente. Sa raison d’être est d’assurer la continuité d’un état de fait qui profite en premier lieu à une minorité de privilégiés. Il n’y a pas une rationalité économique globale qui sous-tend l’activité du système, puisque la rente pétrolière finance tout. Il y a seulement une logique de survie et de maintien et une perversion générale de plus en plus profonde. Et chaque fois que le prix du baril de pétrole descend en dessous de 50$, c’est la panique.

Le système tel qu’on le voit en 2020 est le produit de toute la période historique qui va du 5 juillet 1962 à ce jour. Chaque phase (1962-65, 65-79, 79-92, 92-99, 99-2019, 2019…) y a laissé une empreinte; certaines choses ont été effacées et d’autres renforcées. Certaines personnes, tout comme le journal El-Moudjahid et le FLN, ont survécu à toutes les phases et on les voit encore aujourd’hui s’affairer dans les cercles du pouvoir ou sa périphérie, malgré tous les changements et toutes les volte-face qu’a connus la scène politique algérienne et malgré leur âge avancé (70-80 ans). C’est pour cela que la maîtrise de l’art de mentir et l’amnésie sont des qualités essentielles chez les cadres supérieurs du système et que les gens qui réfléchissent et posent trop de questions gênantes n’ont aucune chance d’y faire carrière.

Il y a le peuple algérien, l'”État” algérien, l’armée algérienne, le tissu “économique”, les hôpitaux, les écoles, lycées et universités, etc., et greffé sur tout cela, cerveau artificiel malade qui décide de tout, il y a le système.


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5 Commentaires sur cet articles

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  • Ait Amar
    31 janvier 2020 at 1:43 - Reply

    Système, dites-vous ?

    Le terme , vocable ou mot ‘ système ‘ à lui seul est ambivalent, ambiguë, vague et j’en passe. Il faut dire la nature réelle de ce système de pouvoir, sinon le mot/vocable est inefficace, voire impropre. Nous avons affaire à un Système (de) / Pouvoir ‘ dictatorial, militaire, mafieux / militaro-mafieux, qui repose sur un ‘ trépied ‘ : La Police politique secrète, le Commandement militaire (SM-DRS & Etat-major), les Clans mafieux, unis contre la populations bien que désunis entre eux…. Ses caractéristiques : la répression permanente, l’ultra autoritarisme, le mépris et la haine contre les civils / la population civile, l’accaparement et le pillage des richesses, les manipulations et les provocations, le bradage de la souveraineté nationale au profit des Puissances impériales et néocoloniales occidentales…

  • amar mokhnache
    31 janvier 2020 at 1:47 - Reply

    NON! le systeme ca doit surement etre ” nesses es-stah”ces gens d en haut que l on ne peut pas voire meme si on devrait les connaitre…c est a peu pres le marché officieux, celui de port said ! est -ce le DZ-10 ou le DZ 100 ou peut etre le DZ-1000 , le systeme doit comprendre de nombreux pontes …c est ce systeme la qui a ramené BOUDIAF et il ne s est embarassé d aucunes scrupules pour le tuer lorsqu il a tenté de s echapper a leurs emprises…c est ce meme systeme qui a tué BENHAMOUDA LORSQU IL A VOULU prendre possession “des plateformes” de production des facades civiles de la politique…”le systeme” a surement des “liens” forts et puissants avec quelques nations-barboues…ces nations dominantes qui imposent les lignes de conduites a tenir et qui cherchent des fournisseurs de gaz meme de schiste du petrole et des matieres premieres…ces nations qui deshabillent meme un ministre de “souverainete “pour le fouiller comme un vulgaire voleur …ces nationas comme par exemple les emirats qui exercent de nombreux chantage sur les dirigeants et meme sur les economies comme pour exprimer unestrategie de domination que l on pousse jusqu au bout………………….

  • Dria
    31 janvier 2020 at 9:21 - Reply

    Comme disent les Kabyles “ifuk wawel” , ya plus de mots, ça ne sert a rien de parler. Quand nous avons a faire à des Traîtres, des égoïstes, Harkis et néo-Harkis qui ne pensent qu’à leur ventre et bas ventre. Un seul remède,il faut s’en debarrasser. Chaque seconde qui passe sous ce règne est une seconde de trop car elle apporte son lot de malheur au pays. Chaque seconde qui passe “le gang des généraux ” la fructifie pour saper le Hirak, pour museler le peuple, pour réduire les Algériens dignes et libres au silence. Pour sécréter de nouveaux mensonges et de nouvelles menaces. Pour nous faire taire ou mieux nous pousser à leur faire la guerre.

    Chaque vendredi nous fait oublier son précédent. Dites vous que les vendredis qui vont suivre seront particulier et les plus durs pour “le gang”, vos jours sont comptés le peuple, la police, la gendarmerie le savent car ils sont sur le terrain contrairement a vous.

    La source du mal est localisée et votre extraction devient une nécessité. Vous êtes pris au piège car il faut passer sur le corps de tout un peuple pour garder vos privilèges.

    On vous ceuilleras bientôt, les jours à venir seront trop durs pour le “gang”. Les actions du Hirak vont se durcir et la mobilisation s’accroître. Vous allez découvrir le génie de ce peuple d’ici le 22 fevrier.

    Continuer dans votre déni, mentez par le biais de votre président et des ses minitres, voler et piller tant qu’il ya des marchés, incarcerer et emprisoner les innocents, terroriser la population , distribuer les postes et avantages a vous anciens et nouveaux serviteurs …Ce peuple n’a plus peur de vous, il vient de vous le rappeller en ce 50 Vendredi …

    A vous d’avoir PEUR car votre compte a rebours a commencer réellement en ce vendredi et inch’Allah on fêteras l’anniversaire de la première année du mouvement sans vous. Vous allez bientôt comprendre ….

  • salah
    1 février 2020 at 10:57 - Reply

    Réponse à Dria
    Je pense qu’il faut distinguer les motivations des différents acteurs. Les traîtres (ayant tous une double nationalité) sont connus (Bouteflika, Chakib Khelil, Ould Kaddour, Bouchouareb..). Ils bénéficient de la protection de leurs parrains étrangers. Ils aspirent à détruire l’Algérie. L’argent ne les intéresse pas sauf pour financer (grâce à la corruption) l’adhésion de certains. Tous les autres ne sont que des exécutants grassement rémunérés et transformables en fusibles à tout moment. Pourquoi est-ce que la disparition de Gaid Salah et la mise à l’écart de tous ces traitres n’a rien changé. La réponse est simple, on a remplacé des personnes par d’autres qui acceptent d’exécuter la MEME FEUILLE DE ROUTE. Seuls les traitres (peu nombreux) connaissent les véritables objectifs de cette feuille de route. J’en ai déduit que Chakib Khelil et ses parrains continuent à diriger les exécutants locaux.
    LE PREMIER OBJECTIF DU HIRAK DEVRAIT ETRE D’EXIGER LE JUGEMENT DE CES TRAITRES car on ne peut pas juger « la source du mal ».
    Quand je lis : « La source du mal est localisée et votre extraction devient une nécessité. Vous êtes pris au piège car il faut passer sur le corps de tout un peuple pour garder vos privilèges », je me rends compte que l’on n’a pas la même vision du complot en cours.
    L’objectif du complot de cette feuille de route est de faire imploser le pays en le privant de toute ressource. Le temps joue contre le Hirak.
    La baisse des niveaux de réserves de change mène à l’impasse et au chaos dans deux ans.
    LE DEUXIEME OBJECTIF DU HIRAK DEVRAIT ETRE D’EXIGER LE DEPART DE TOUS LES EXCUTANTS DE LA FEUILLE DE ROUTE
    Mais attention : la situation est devenue dangereuse. La maffia a fait taire la plupart des médias, les partis politiques et même les réseaux sociaux. Le Hirak reste le dernier obstacle. La maffia n’hésitera pas à avoir recours à la violence.

  • wahid
    2 février 2020 at 9:30 - Reply

    C’est toujours un plaisir de lire tes écrits sur LQA

    Pour ma part, je pense que c’est une certaine “culture”, des manières de penser et des comportements qui règnent au “dernier étage” de la hiérarchie politico-administrative, dans ce cercle restreint – cette grande famille – où se retrouvent le Chef de l’État, le Chef du Gouvernement, le Président de l’APN et celui du Sénat, les ministres, le Chef de l’EM, etc. Les individus qui occupent les postes changent, mais cette culture reste et se transmet à travers les époques. Et plus un haut responsable se maintient dans le “circuit”, plus il s’imprègne de cette culture jusqu’à en devenir un des “gourous”. Après plusieurs décennies de pratique assidue, il finira par devenir un des piliers du système. Tel est le cas de Abdelmadjid Tebboune, par exemple.

    @ Adel
    Je partage ta pensée, j’ajoute que cette culture; leur progénitures l’héritent aussi, la preuve dans les dernières nominations il y a l’ombre des boutef, du groupe de Ouajda, les criminelles et les putschistes toujours présente entre autres ce lien…

    La culture du clan et l’esprit de la mute…….en son et en image……..

    Le père:

    https://www.youtube.com/watch?v=0FXhf0xzgBg

    https://www.youtube.com/watch?v=C0STx-4zfpU

    Le fils:

    https://www.tsa-algerie.com/un-nouveau-secretaire-general-pour-le-ministere-des-affaires-etrangeres/
    La culture du clan et l’esprit de la mute…….en son et en image……..

    http://www.limagris.com/wp-content/uploads/2016/04/embajador-de-argelia.png

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