يومية الجزائر
Édition du
28 March 2020

LA SILMIYA… UNE SECONDE NATURE

Amine Kabrane

La révolution populaire est un engagement pour un changement volontaire et radical, à la discipline de rigueur, nommée “Silmiya”, autrement dit, pacifisme. Cette révolution qui célèbre sa première année s’inscrit dans un processus de rupture totale avec un système qui ne jure que par la violence : être en rupture ne signifie pas, seulement, être à l’affût de ce que propose un pouvoir de fait, c’est surtout, refuser de lui ressembler au moindre détail et bannir foncièrement, tout acte ou parole légitimant ses fausses allégations à propos du mouvement populaire. Tel est l’engagement raisonné que rien ne saurait abolir ; cet engagement sera valable, tant que révolution il y aura, et être engagé signifiera, jusqu’à l’infini, résister patiemment, responsablement, aux tentations insidieuses, et se résigner aux arcanes divinatoires régissant une dynamique populaire d’envergure, autrement dit, respecter le caractère naturel du mouvement, qui – comme tout mouvement physique – obéit à des lois logiques, qu’il ne faudrait pas enfreindre, ou chercher à contourner. Dans la nature, les contraintes sont respectées, et cela s’appelle compromettre avec la nature, en respectant ses limites, et en s’engageant responsablement, moralement, à fixer les siennes. Ces frontières unanimes, concordantes, qui en découlent, subissent “passivement” le cours de la dynamique qui s’opère autour d’elles, en respectant, encore et toujours, les mêmes lois qu’impose la physique, càd, suivant un “gradient”, qui aujourd’hui, est en faveur de la révolution populaire.

Recentrons-nous pour dire que aux choses naturelles, il faut accorder le temps nécessaire… Aux choses naturelles, il faut éviter la brusquerie ; cette dernière risque de cryogéniser un état de déséquilibre, qui va pérenniser le désordre entropique. La résultante de tout cela, pourrait être une exacerbation frontale difficile à supporter, insurmontable, et aux préjudices incommensurables…

Il est vrai que la Silmiya a su trouver son ancrage tout au long d’une année, et on en comprend, par là, que c’est le fruit mûr d’un processus non brusqué, et que si nous nous évertuons à en récolter d’autres, il faudra faire preuve de patience : la patience de celui qui est en quête du savoir contextualisé (prenant en considération les éléments intrinsèques et extrinsèques au mouvement), lequel sert à mieux comprendre les choses, sans y mettre trop de sentiments affligeants…

Je termine – mais, le sujet est sans fin – en disant, qu’outre l’évidence de la brusquerie qui a marqué l’amorcement de cette dynamique populaire, qui a pris au dépourvu tout le monde, y compris ceux qui l’avaient pressentie, il y a encore du remous, et qu’en l’état, il faudrait faire preuve de raison, de sagesse, afin de ne pas se ruiner.

Amine Kabrane
(Texte et photo)


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