Prenons, au moins, la liberté de ricaner

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Ghania Mouffok

Quand on me propose une nouvelle Constitution au lendemain de la prolongation de la garde à vue, en pleine pandémie, sous des chefs d’inculpation » aussi folkloriques « qu’atteinte à l’Unité Nationale » et « attroupements » non autorisés contre des jeunes gens qui ont pensé qu’ils avaient le droit de s’exprimer, avec les millions d’algériennes et d’algériens sortis dans la rue pour justement sauver l’état /nation, armés de drapeaux, contre des mangeurs de pays et des menteurs, et pour défendre l’intérêt général contre les intérêts particuliers de prédateurs au sommet de l’état, la preuve par les procès scandaleux du patron de la police et de la ribambelle de chefs du gouvernements, de ministres et de hauts commis de l’état, je ricane vert.

Quand on me propose une nouvelle Constitution au lendemain de l’enrichissement du code pénal par des lois liberticides, qui veulent jusqu’à nous interdire le droit de savoir écrire et lire sans trembler, et qui avant même d’être adoptées ramassent le soir, en plein ramadan au goût de covid 19, précédé par l’odeur de la mort, de braves gens qui exercent le droit d’écrire dans l’intimité de leurs foyers ce qui leur passe par la tête, prenant le risque d’ d’être déclarés idiots par ceux qui les lisent sans avoir besoin de la police pour en décider, je ricane blanc.

Quand on me propose une nouvelle Constitution en me donnant en guise de Nation une prison quadrillée par une conception sécuritaire du monde extérieur, gardée par des militaires en armes et du fric noir, pendant que ceux qui nous gouvernent signent et re/signent leur soumission au désordre mondial scellée par des accords économiques dans l’espoir de donner envie aux états capitalistes, aux multinationales de venir piller l’Algérie et de continuer à faire la guerre aux rebellions qui, sur toute la planète, les dénoncent et s’organisent pour arrêter la déshumanisation du monde, sa marchandisation, incapables de fournir un chiffon en guise de masques à la majorité de la population mondiale, incapables de lui fournir du travail, la santé, la sécurité et la liberté de s’en indigner, je ricane rouge.

Quand on me propose une nouvelle Constitution alors qu’on m’interdit de choisir mes solidarités internationales, mes priorités nationales, mes intérêts particuliers et mes solidarités collectives, en m’assénant l’ordre de bien vouloir confondre « l’état », puissance désincarnée et le « pouvoir», puissance humaine, (exorbitante et sans limite si ce n’est celle de ma citoyenneté même pas reconnue et protégée), en décidant par la violence policière, juridique, administrative, économique et symbolique que toute critique de ceux qui nous gouvernent menacerait l’état/nation, alors que je suis sortie pour le défendre contre cette logique implacable qui m’interdit de le faire au jour le jour, au quotidien, qui m’interdit le droit de m’organiser, de compter les miens unis contre une classe de rentiers et de pilleurs, de faire un journal, de parler, de me taire, de pleurer, de marcher, de refuser d’être humiliée et offensée, alors que ceux qui nous gouvernent veulent m’interdire de penser le monde librement et d’agir en conséquence et en mon âme et conscience, ce qui nous aurait peut-être permis de ne pas jeter 1000 milliards de dollars par les fenêtres, 1000 MILLIARDS DE DOLLARS et aujourd’hui les caisses sont vides, je ricane vert, blanc et rouge.

2 Commentaires

  1. l’assechement des ressources et la contradiction des interets finiront par provoquer l implosion du systeme ! il ya trop de barbous et il y a quelques choses qui s appelle desormais societe civile elle finira bien par se reapproprier ses droits …le hirak s en sortira plus fort….

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