ALGÉRIE : QUI A PEUR DU PEUPLE?

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«L’Algérie, nation blessée, entourée d’une meute de loups, peut-elle se permettre de nouvelles effusions de sang? »

Ferhat Abbas – Homme d’État Algérien (1899 – 1985)

On se trompe toujours sur la signification à donner au présent, si on ne le replace pas dans cette continuité entre le passé, le présent et l’avenir.

L’Algérie en 1962, était sortie d’une colonisation meurtrière suite à une guerre de libération toute aussi terrible. Il est important de souligner que c’est grâce à la conjugaison de l’effort militaire et politique dans une grande mesure que l’Algérie accéda à son indépendance.

Ceci d’une part, d’autre part il est tout à fait honnête de dire que devant la violence de l’occupant français, il lui a été fait face une résistance nationale d’une violence égale sinon supérieure.

Il est clair, que cette violence ; nécessaire et justifiée au cours du combat libérateur ; et ses mécanismes furent modulés par les dirigeants algériens dans le pays post indépendance.
C’était un héritage dont que les nouveaux maîtres du pays ne pouvaient se d’y détacher.
Le peuple algérien en fut la première victime.

Dans un État de Droit, l’emploi de la violence d’État, soigneusement codifié, bénéficie d’une présomption de légalité, même si sa légitimité suscite nécessairement des contestations, ne seraient-ce que réduites au groupe-cible.

Au source de la violence de l’État, il y a d’abord un type de discours construit sur les manigances, les ruses et la duplicité.

Ce discours est érigé en un véritable art du mensonge.

A l’opposé, toute action affirmative se doit de véhiculer une procédure de vérité , et que la politique doit être organiquement liée à la catégorie de la justice.

Pour  faire  de la politique, il faut non seulement avoir une vision réfléchie et soumise à la discussion générale de ce que la collectivité peut et doit devenir, mais expérimenter cette idée, cette vision, à l’échelle où on peut le faire. 

En Algérie, le pouvoir a de tout temps eu peur de la collectivité (héritage d’une vision unitaire de la société soudée autour d’un seul but mais nécessaire au combat pour l’indépendance).

Du fait de cette distorsion, il voit dans la grande richesse et diversité de la nation algérienne une protubérance qu’il faut vaincre sinon réduire.

Cette cécité renvoie l’élite gouvernante en Algérie à ses propres démons, ceux qui dans les nuits sombres complotent pour elle afin de lui faire prendre le pouvoir et de le garder contre la volonté du peuple dont elle se dit pourtant qu’elle s’en inspire.

Les tensions terribles qui secouèrent la nation algérienne après indépendance nous renvoient à la question centrale: « Qu’est-ce qu’un pouvoir juste ? »

Et le débat sur la politique ne concerne pas tant l’exercice du pouvoir que les normes auxquelles ce pouvoir est soumis, sa relation à la collectivité et les objectifs qui sont les siens.

Entre la politique définie comme pouvoir, c’est-à-dire basculée entièrement du côté de la puissance de l’État, et la politique définie comme justice, c’est-à-dire basculée du côté de questions comme « Qu’en est-il dans cette affaire de la collectivité, de la relation entre ses membres, des inspirations qui sont les siennes ?

Qu’en est-il de catégories comme l’égalité ou la liberté ? », il y a la fois un lien et un conflit. Il y a un lien parce que, en définitive, il n’est quand même pas vrai que la justice puisse rester une idée purement abstraite qui n’a aucune prise sur le réel de l’État.

Donc la question de la justice est aussi, nécessairement, la question du pouvoir juste. Et d’un autre côté, il y a un conflit, parce que le pouvoir séparé de la notion de justice est exposé aux dégénérescences que l’on a constatées tout au long des récents procès, qui ne sont qu’un épisode. Épisode qui d’ailleurs, en matière de corruption et de rebondissements sinistres, a relevé non pas un fossé mais un abysse entre le peuple et l’élite dirigeante.

Le peuple algérien dans dans sa grande diversité et richesse a la capacité politique de se gouverner à travers une élite qu’il enfantera lui-même de ses entrailles ; pour le triomphe et le bien de tous.

Élite dont les trois impératifs sont : Fidélité, Mérite et Devoir.

Ceux qui en doutent freinent l’essor de cette nation et musellent une jeunesse aux immenses potentialités qui piaffe de construire son destin, le destin de l’Algérie de demain.

Ils sont aussi ceux qui ont nié, nient et nieront que le peuple est la source de tout pouvoir et que les algériens et les algériennes ont droit à la liberté et à l’égalité.

Se sont ceux-la qui ont peur du peuple et qui agitent le spectre de la violence politique, leur unique argument.

A cet effet et à travers l’Éveil National, le peuple veut faire naître dans la société algérienne la possibilité et la vision d’un autre destin, dans lequel la peur est bannie à jamais et où politique aura la place qui lui choit, celle de batailler pour le justice.

Khaled Boulaziz

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