LE POUVOIR ALGÉRIEN REFUSE DE S’ÉLEVER AU NIVEAU DE L’ ÂGE ADULTE DE LA PENSÉE, DE LA RAISON ET DU BON SENS UNIVERSEL

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          Abdellah CHEBBAH                                                                          Juin, 2021

Naguère, on se fiait aux conseils des sexagénaires, des septuagénaires et parfois même des octogénaires. Ce n’est plus le cas depuis le 16 février 2019. De jeunes Algériens épris de libertés et de droits ont détruit ce mythe qui a fait stagner l’Algérie pendant 60 ans. Ils viennent de démontrer que l’âge n’était plus une référence mais un handicap, d’autant plus que, le monde d’aujourd’hui évolue à une vitesse vertigineuse où l’information virtuelle circule à la nanoseconde à travers les réseaux sociaux.

La génération actuelle a empiété le pas sur la précédente. Il ne s’agit plus de conflit de générations mais de ‘’tasse-toi que je m’y mette, les temps ont changé’’.

La maturité acquise par cette génération au fils du temps et la négligence des autorités de son pays, ont démontré au monde entier que la bêtise humaine incarnée par les hautes instances du pays a abouti à un effet de sidération.  

En Algérie, le pouvoir funeste refuse de se hisser, catégoriquement, au niveau de la maturité de son peuple, qui a prouvé pendant plus de deux ans sa capacité, son souhait et sa détermination à changer le cours de l’histoire dans un climat pacifique et apaisé. L’obstination, l’arrogance, le mépris et la haine de ce pouvoir ont poussé ces jeunes à aller vers la mise à nu du système dans lequel il gère le pays. Acculé de toute part, ce dernier n’a d’autres choix que d’utiliser la violence, ce qui est un signe de faiblesse de sa part, lui qui n’a plus aucun argument à faire valoir. Incapable par conséquent de garder la tête froide.

Jusqu’où ira ce pouvoir pour se maintenir ?

Dans ce pays, ceux qui incarnent le pouvoir ont tout utilisé pour dissuader le peuple de la bienfaisance de sa révolution. Malheureusement pour eux, la résistance se fortifie de plus en plus. Leurs moyens s’affaiblissent et ceux du hirak s’amplifient. Incapable de se renouveler proprement, ce pouvoir revient, tête baissée sur ses pas en adoptant les mêmes scénarios et les mêmes réflexes de soumission d’une certaine frange inculte, analphabète, faux dévots de la société dont leurs seuls buts sont immédiats, sonnants et trébuchants, avec zéro vision pour le pays.     

Ce qui est navrant, c’est que les plus hauts gradés de notre armée qui n’est plus une armée de libération mais plutôt une armée de mercenaires, constituée de soldats,  enfants du peuple, au service de celle-ci, s’attribue des prérogatives politiques dans la gestion des affaires du pays allant jusqu’à désigner des présidents et des gouvernements afin de leur dicter ce qu’il faut faire et dire. N’y a-t-il pas de hauts gradés éduqués, cultivés et patriotiques pour mettre un holà à cette façon de s’immiscer dans le politique? Doutent-t-ils des capacités et des compétences de ce peuple qu’ils n’arrêtent pas d’infantiliser et que celui-ci n’arrête pas de lui donner des leçons de civisme et de dévouement pour sa patrie? Pourquoi refusent-t-ils de l’accompagner dans un processus de transition et lui donner la chance de gérer ce pays suivant ses désirs et ses aspirations ? Pourquoi ce refus ?

Les réponses sont multiples et convergent toutes vers la gestion politique du pays. 

Les problèmes du peuple sont des problèmes politiques et les problèmes politiques sont les problèmes du peuple.     

C’est par l’usure que ce pouvoir tombera car ce peuple est déterminé à en finir avec, d’une façon pacifique et pédagogique. Le monde entier en est témoin pour approuver la démarche de ce peuple.

1 COMMENTAIRE

  1. Oui effectivement le probleme du pays est politique et demeurera politique car l itineraire de la gouvernance algerienne n a jamais connu de reformes politiques et les seules tentatives operees dans les annees 88 ont failli faire mouches le systeme en est conscient et c est a ce prix qu il avaient noye toute la nation dans une ere de barbarie jamais atteinte
    pour y rester …Il s agit d un probleme d emancipation de l etat et de ses institution de l emprise des hommes qui avaient pris du gout a imposer un mode d organisation qui leur offrait de disposer et de jouir de tous les privileges sans assumer la moindre responsabilité …l elite algerienne a demontré qu elle pouvait exceller et s imposer ailleurs donc ce qui arrive au pays ne peut etre que la determination d un groupe d interet qui tient a conserver sa main mise sur ses richesses…..la determination du peuple algerien a s emanciper n est plus a demontrer il a trop endure pour rester insensible aux aspirations de sa jeunesse….

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