Édition du
21 November 2017

‘’Si seulement  le peuple s’engageait pour une assemblée nationale constituante. ‘’

Aujourd’hui, il n’est plus un secret pour personne que le jeu démocratique et plus largement politique est biaisé. Les acteurs sensés produire l’alternative et le contre-pouvoir sont dans la majeure partie des cas à la solde du système. Une minorité essaye tout de même d’échapper au contrôle des cercles du régime, et par la force des choses, se retrouve contrainte de lutter au détriment de sa vie pour préserver et arracher des espaces d’expression et d’organisation. Des acteurs armés de courage et de conviction luttent comme ils le peuvent pour redonner espoir et reconstruire l’alternative.

Il est aberrant de croire que le pays va bien ou qu’il est sur la bonne voie. Force est de constater que le mal est partout, que le désarroi grandit chaque jour, que le marasme et le ras-le-bol étouffe la société. Désormais, le pays est au bord de la faillite et de l’explosion, une faillite sur tous les plans, une faillite d’alternative et de résistance pacifique et civique. Une crise multidimensionnelle et multiforme ronge le pays, une crise qui est à la fois politique, morale, culturelle, sociale et économique. Les institutions sont fragilisées par la corruption. Elles sont illégitimes aux yeux des franges sociales, éloignées du vécu et des aspirations des masses populaires.

Des paramètres à la fois exogènes et endogènes interpellent les consciences vives sur l’urgence d’agir pour sortir le pays de la dérive et le remettre sur la voie du salut et du progrès. L’urgence de sauvegarder les intérêts et les ressources naturelles pour les générations à venir doit nous interpeller. Les appétits des prédateurs impérialistes, les guerres de positionnement et d’accaparement des richesses qui se développent à nos frontières affaiblissent davantage le front national et nous rappellent combien les dangers sont imminents et combien la solution est vitale pour la survie du pays et du peuple.

Quand on élargit notre champ de vision, on s’aperçoit que les solutions existent et peuvent venir de nous, comme elles peuvent venir d’ailleurs. En effet, on peut s’inspirer des dynamiques qui se déroulent autour de nous. L’exemple tunisien en ce sens est édifiant, quoi qu’on puisse dire et malgré les insuffisances et les difficultés, les tunisiens ont opté majoritairement pour un processus re-constitutionnel, en occurrence une assemblée nationale constituante souveraine.

Auparavant, Hocine Ait Ahmed leader de l’opposition démocratique algérienne et Ali Mécili, tout au long de leur combat pour une Algérie nouvelle et plurielle ont prôné le chemin de l’élection d’une assemblée constituante. Toutefois, cette voie plaidée par ces deux hommes et tant d’autres n’est pas fortuite, elle est guidée par la conviction ferme que seul le retour au peuple et sa mobilisation pérenne autour d’un projet social porteur du progrès sont capables de dresser un rempart vis-à-vis des dangers qui guettent le pays. Elle servira de garantie pour la souveraineté du peuple et des institutions et permettra par voie de conséquence de résoudre la crise institutionnelle et constitutionnelle que vit l’Algérie.

En effet, la voie de la Constituante assurera la refondation de la nation, la consolidation et la  réconciliation de ses institutions avec les citoyens. Par ailleurs, et comme préalable à l’élection de l’assemblée, le champ politique et médiatique devra exercer son rôle en toute liberté et responsabilité. Autrement dit, un processus libérateur de l’espace, de la parole et de l’opinion publique doit accompagner le mouvement de transformation constitutionnelle. A priori, les élus de l’assemblée auront la charge de reconfigurer le jeu politique et de changer ses règles et ses institutions. Les candidats doivent absolument jouir d’une crédibilité inouïe et d’un engagement avéré. Il est nécessaire que les futurs représentants du peuple soient des citoyens issus des milieux populaires divers, ne jamais faire partie des assemblées précédentes ou être impliqué de près ou de loin dans des affaires de corruption. Ces exigences renforceront la représentativité et assureront la crédibilité de l’assemblée.

A travers cette voie, le peuple décidera en toute liberté et adoptera les règles qu’elles lui sont propres et répondront à ses inspirations. Le peuple aura le contrôle permanent sur ses institutions et pourra en connaissance de cause révoquer les élus si jamais ils trahissent les engagements sur lesquels ils ont été élus.

Enfin, cette constituante redonnera pleins pouvoirs au peuple et garantira ses droits. Désormais l’assemblée constituante est une issue cohérente et même une condition sine-qua-non pour atténuer la crise Algérienne et amorcer le processus transitoire. Il actera par la suite, la naissance et le passage à la deuxième république, une république démocratique populaire et sociale ou le citoyen participe pleinement à la construction politique.  Si seulement si, l’Algérie empruntait la voie de la constituante, le peuple arrachera son droit d’exercer son pouvoir constitutionnel, le pays s’engagera sur la voie de la reconstruction et de la démocratisation. Ce jour là, les droits humains,  l’autodétermination, la bonne gouvernance et l’Etat de droit triompheront sur la dictature, le totalitarisme, le radicalisme, l’extrémisme,  le mépris et la répression.

Moh Yacoub


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2 Commentaires sur cet article

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  • Abdellah Chebbah
    15 mars 2017 at 12 h 55 min - Reply

    Je pose uniquement une question. A-t-on d’abord un peuple conscient de sa perte? Nous n’avons pas. La minorité consciente est étouffer par la médiocre majorité. Pour les éclairer cela prend un personnage légendaire.




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  • bas
    31 mars 2017 at 12 h 23 min - Reply

    C’est un point de vue que je ne partage pas




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  • Congrès du Changement Démocratique