Édition du
20 October 2017

Rien n’est jamais acquis, tout se transforme !  

 

Salim METREF

L’euphorie du premier tour passée, la mère des batailles commence pour les deux candidats à la magistrature suprême en France. Et tout semble indiquer que la machine qui a mis en orbite le candidat Macron au premier tour ne pourra pas l’y maintenir aussi facilement au second tour que certains le prétendent. Et ce dernier devra nécessairement démontrer que les remèdes qu’il veut prodiguer sont ceux qui conviennent le mieux à une société française qui comme partout ailleurs dans le monde est en pleine ébullition.

Quels sont donc les éléments dont on ne parle pas souvent et qui peut-être feront la différence au second tour de ce scrutin présidentiel?

Comme tout phénomène de mode où de bulle, l’effet Macron aura une courte durée de vie et s’estompera au fur et à mesure que les réalités politiques enracinées dans l’hexagone depuis de nombreuses décennies et la force de l’attente sociale imposeront leur tempo et reprendront le dessus sur la réalité virtuelle dans laquelle a baigné la campagne du premier tour.

Plus que jamais, le face à face Le Pen Macron opposera non pas une vieille France à celle du renouveau, le statu quo qui ronronne à la réforme assumée mais paradoxalement la France des élites à celle du peuple.

Et contre toute attente et puisque les forces de gauche ne seront pas représentées à ce second tour, Marine Le Pen apparaît désormais comme dépositaire des aspirations du peuple, des classes laborieuses indépendamment du positionnement politique qui a été jusqu’à présent le leur.

En s’abstenant de donner des consignes de vote à ses partisans, l’inspirateur du mouvement La France Rebelle rend implicitement inopérant toute tentative de rapprochement du candidat Macron avec l’électorat populaire.

La mèche de la diabolisation de Marine Le Pen que serait tenter de rallumer le complexe médiatico-mondialiste en articulant notamment les menaces de la sortie de l’Euro et de ses conséquences  sera immanquablement vouée à l’échec d’autant plus que le brexit brittannique a rendu cette tentation de rupture avec la monnaie unique concevable et même plus, garante de reconquête d’une souveraineté perdue et malmenée par les technostructures supranationales.

La candidate Marine Le Pen a incontestablement gagné en respectabilité et le soutient que manifestement Vladimir Poutine a voulu lui apporter en la recevant à Moscou montre bien que la possibilité de son intronisation au palais de l’Elysée est déjà actée par certains acteurs majeurs de la scène politique internationale.

L’idée du pacte républicain ne veut plus rien dire. Elle sera inéluctablement vidée de son sens par le melting-pot de personnalités politiques issues d’horizons divers, souvent en situation d’échec idéologique et électoral, qui en s’agrégeant autour du candidat Macron affecteront sérieusement l’image du renouveau qu’il souhaite incarnée.

En effet, Marine Le Pen commence déjà à apparaître comme la représentante d’un spectre politique dont l’amplitude, semble–t-il, a été jusqu’à présent sous-estimée et qui pourra cristalliser autour d’une double incarnation, la défense des classes populaires et le dernier rempart contre le dépouillement de ce qui reste encore de la souveraineté nationale.

Le candidat Macron est incontestablement à l’antithèse de cette représentation. Proche des élites et des milieux financiers, il suscite déjà sur le plan symbolique l’ire si ce n’est la répulsion des classes populaires l’obligeant à se concentrer sur l’électorat du centre droit et de ce qui reste des partisans du candidat défait François Fillon. Mais l’électorat proche de ce dernier est fortement divisé et le récent ralliement à Marine Le Pen du mouvement populaire La manif pour tous constituera certainement pour elle un levier puissant surtout lorsque l’on connait les capacités logistiques et technologiques de mobilisation populaire de ce puissant mouvement de défense de la famille proche des milieux catholiques conservateurs.

Il ya quelques années de cela, un président nouvellement élu et qui voulait rassembler au-delà de sa famille politique commis deux erreurs symboliques. La première de diner avec un groupe d’amis dans un restaurant huppé de Paris, la seconde de partir en croisière sur un voilier appartenant à un richissime homme d’affaires français. Ces deux erreurs ne furent jamais oubliées notamment par l’électorat populaire. Non encore élu, le candidat Macron vient d’en commettre une première qui ne manquera pas peut-être devenir le marqueur d’un itinéraire présidentiel qu’il n’a pas encore entamé.

Les intentions de vote au second tour mises récemment en exergue par certaines enquêtes d’opinion font déjà sourire certains. L’équation du second tour contient beaucoup d’inconnues et certains affirment que la victoire de Donald Trump et le brexit britannique que personne notamment les fameux sondeurs d’opinions n’ont pas vu venir pourraient s’inviter au soir du second tour.

Le pouvoir des oligarchies devient insupportable pour la planète. La machine à broyer les nations et le couperet des medias ne pourront pas, une fois de plus encore, faucher le rêve de ceux qui veulent un nouvel ordre du monde. L’enjeu est là. Les anglais ont déjà fait leur choix. Les français feront dans quelques jours le leur surtout que rien n’est jamais acquis et que tout se transforme.


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UN COMMENTAIRE

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  • Nordine
    27 avril 2017 at 13 h 16 min - Reply

    C’est le président français qui va changer l’Algérie en Allemagne de l’Afrique, les franc-Mac de chez nous sont déjà à la manœuvre, son conseiller special bernard mourad à ses entrées ici à Alger dont vous n’avez pas idée !!!!!!!!!!!!!




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